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Nouvelles

An 1 Talon 2/ Enseignements maternel et primaire : une extension de 75 % des cantines scolaires réalisée
Accès, équité et rétention. Le Bénin a réalisé des progrès au niveau de chacun de ces trois axes dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire, selon le ministre Salimane Karimou intervenant sur le bilan de l’an 1 Talon 2, ce dimanche 5 juin sur la Télévision nationale.
Le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, s’est prêté à l’exercice de reddition de comptes dans son sous-secteur, un an après le démarrage du second quinquennat de Patrice Talon. Sur l’émission « Le gouvernement en action » sur la Télévision nationale, son intervention a porté sur trois axes à savoir la facilité d’accès au système scolaire, l’équité et la rétention notamment des filles. Il indique que l’amélioration des performances ces dernières années est essentiellement liée aux progrès réalisés à chaque niveau.
En relevant que les résultats scolaires se stabilisent autour de 75 % de taux de réussite, il fait focus sur les cantines scolaires qui ont connu également une extension à hauteur de 75 % du taux de couverture en 2022, soit un élargissement de 25 %, avec une incidence financière passant de 6 milliards à 15 milliards F Cfa. Ainsi, les 1 802 nouvelles écoles sélectionnées, en plus des 3 500 bénéficiaires actuelles, seront fonctionnelles dès la rentrée prochaine.
« Parce que les vivres sont déjà en place dans la plupart de ces écoles. Ça participe de la politique d’accélération de la scolarisation et de la qualité dans les écoles. L’objectif du gouvernement, c’est un taux de couverture de 100 %...», a déclaré le ministre. Il explique que le gouvernement a promis de réduire ou d’annuler totalement le déficit en infrastructures scolaires.
Dans ce cadre, plus de 6 000 salles de classe ont été construites durant le premier quinquennat, grâce à l’Etat qui a joué sa partition, en mettant à la disposition des collectivités territoriales, à travers le Fonds d’appui au développement des communes (Fadec), les ressources nécessaires passées d’environ 3 milliards à 7 milliards F Cfa. « Nous avons prévu la réfection de 15 000 salles de classe. A ce niveau également, c’est totalement réalisé aujourd’hui.

Effecience

En termes d’accès, nous pouvons vous dire que nous avons plus de 3 000 salles de classes inoccupées », souligne Salimane Karimou. Cela est dû au fait que des fusions ont été faites au niveau des complexes scolaires situés généralement au niveau des chefs-lieux d’arrondissement, afin de respecter les normes du ratio 50 apprenants pour un enseignant, et fermer les classes de 10 élèves. Le déficit en enseignants a donc été réduit et de plus de 12 000 en 2017, le pays est passé à 4 000 environ avec le recrutement de 3 601 en 2021. Et le programme des aspirants a permis de combler entièrement le vide.
En termes de qualification, le ministre fait observer que ce sont des professionnels rompus à la tâche qui sont envoyés devant les élèves. Dans les rangs des aspirants, le baccalauréat reste le plus bas niveau pour la sélection en attendant un recrutement formel.  « Nous avons satisfait aux exigences en termes de construction d’infrastructures scolaires, mais cela ne veut pas dire que la totalité est comblée.
Il y a encore des disparités par régions ou par endroits. Par exemple dans certains établissements à Cotonou, vous verrez des salles de classe à effectif normal ou pléthorique et des salles de classe sans grand effectif », a déclaré le ministre avant d’ajouter : « Vous verrez des salles de classe en matériaux précaires. Nous avons essayé de répertorier tout cela. C’est pour cela que le gouvernement a fait l’option de transférer aux collectivités territoriales les ressources pour la réalisation des infrastructures scolaires, parce qu’elles sont censées savoir quels sont les besoins réels ».
A l’en croire, malgré les efforts fournis par le gouvernement en matière de financement de l’éducation à travers les diverses subventions, les cantines scolaires, la distribution des kits scolaires, les effectifs notamment au niveau des filles sont en chute. D’où l’organisation, en mars dernier, d’un forum national sur la scolarisation des filles pour recenser les maux et trouver les solutions qui conviennent.
Pour ce quinquennat donc, le gouvernement maintient le cap en termes de réalisation d’infrastructures, de réfection des salles, de défi de l’éducation des filles, de la scolarisation universelle.
Actualités 07 juin 2022


Augmentation illicite du prix de l’huile végétale : plusieurs supermarchés épinglés
 Les contrôles effectués dans les supermarchés à Cotonou et à Abomey-Calavi, samedi dernier, ont conduit à la mise sous convocation de nombreux commerçants pour augmentation illicite du prix de vente de l’huile végétale raffinée.
« La répression aura lieu». Et c’est désormais une réalité. Les « commerçants indélicats » l’ont appris à leurs dépens lors des missions de contrôle dépêchées sur le terrain par le ministère du Commerce. Après les présentations, l’agent démarre son inspection comme une ménagère qui ferait ses courses. Devant les étagères, il s’en tient aux évidences des prix affichés, ou non affichés exprès.
Le constat dans les rayons d’une surface à Fidjrossè est que l’huile est cédée à 1 500 F le litre au lieu de 1300 F. «Je ne fabrique pas l’huile, je lai payée à 19 500 F à Dantokpa. Ça fait 1300 F le litre. Je revends à 1 500 F pour gagner un peu de bénéfice et payer l’impôt. Je peux vous conduire à l’endroit où je l’ai payée », justifie la propriétaire de la boutique. Mais les explications ne lui feront pas éviter la convocation.
« Notre objectif est de nous assurer que la population bénéficie de la mesure gouvernementale prise. Celle qui consiste à plafonner le prix de l’huile végétale raffinée à 1 300 F. Il est de bon ton que nous passions dans les supermarchés pour voir si ces mesures sont respectées», explique Louis Dansou, administrateur du commerce.
En effet, depuis le 19 mai 2022, le prix de cession de l’huile végétale raffinée est plafonné par un arrêté interministériel signé de la ministre du Commerce, Alimatou Shadiya Assouma, et du ministre de l’Économie et des Finances intérimaire, José Didier Tonato. Selon cette réglementation, la chaîne de Tva s’arrête au niveau des producteurs locaux. Mais cet arrêté qui s’appuie sur la loi 2016-25 du 4 novembre 2016 portant organisation de la concurrence n’est pas respecté par les commençants, dans leur grande majorité.
Les uns disent ne pas être informés. Les autres avouent être informés mais pensent ne pas pouvoir vendre au prix plafonné au regard du prix auquel ils auraient payé le procduit. Par endroits, notamment dans une surface à Agla, les discussions ont été vives. Le contrôle n’est pas aussi simple à faire.

Fermeté contre résistance

Cependant, à la résistance, les contrôleurs opposent, eux, la fermeté. « Majoration illicite de prix (1 625 F Cfa),  non-présentation d’une carte professionnelle de commerçant, facture de vente et d’achat des huiles végétales, enseigne non conforme », lit-on sur l’une des convocations. Le scénario est quasiment le même durant toute l’opération, de Fidjrossè à Cocotomey, en passant par Agla. Dans la majorité des supermarchés contrôlés, samedi dernier, les écarts sont grands.
Chacun des responsables des supermarchés est invité à se présenter dans les locaux de la direction de la Concurrence, ce jour, pour affaire les concernant. En cas de non-présentation, l’intéressé sera soumis aux sanctions prévues par les textes en vigueur. « Le prix plafonné par le gouvernement n’est pas respecté. Ces opérateurs vont subir la rigueur des textes en vigueur. La procédure est déclenchée par la délivrance des convocations. Ils vont répondre. On va établir les procès-verbaux. Les sanctions vont jusqu’à des amendes à payer », fait remarquer Louis Dansou, administrateur du commerce.
Selon l’article 71 de la loi 2016-25 du 4 novembre 2016, suivant la nature et la gravité des infractions relevées, le procès-verbal donne lieu à un avertissement, à une transaction pécuniaire ou à des poursuites judiciaires.  L’article 72 précise qu’en cas de transaction pécuniaire, un procès-verbal de transaction est dressé et les services de recouvrement le notifient à la personne verbalisée. Cette notification indique le montant et le motif de l’amende, le texte appliqué ainsi que les délais et les modalités de paiement.
D’un autre côté, la saisie fictive concerne les produits ou les biens, objet de la saisie, mais qui sont confiés au contrevenant qui en assure le gardiennage, après avoir évalué les quantités, les coûts et dressé le procès-verbal de saisie.
Actualités 07 juin 2022


Impacts de la Covid-19 et de la crise russo-ukrainienne : les mesures préconisées face à la poussée inflationniste
L’inflation engendrée par la pandémie de Covid-19 et aggravée par la guerre russo-ukrainienne fait craindre des conséquences désastreuses sur l’économie. La crise appelle à des mesures idoines pour atténuer les impacts sur la croissance, le niveau d’insécurité alimentaire et la pauvreté.
Outre les conséquences macroéconomiques, la guerre en Ukraine pourrait accroître le niveau d’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’extrême pauvreté au Bénin, a alerté la direction de la Recherche et des Etudes stratégiques (Dres) du ministère de l’Economie et des Finances.
A travers une étude intitulée « Crise russo-ukrainienne : enjeux et effets potentiels sur l’économie béninoise » (mars 2022), elle a annoncé « une flambée historique des prix des matières premières », notamment des produits vivriers et pétroliers, qui fragiliserait davantage le pouvoir d’achat des populations.
En fait, précise le document, le Bénin importe beaucoup de pétrole russe, soit 134,4 milliards de francs Cfa sur la période 2016-2021 et affiche une dépendance vis-à-vis de certains produits dont le blé (95 %), les houilles (37,7 %) et les engrais (20 %), d’après l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad, 2022).
Le pays est relativement dépendant de l’Ukraine pour certains produits : 25,1 % des importations en « fil machine, en fer ou en aciers non alliés » pour 26,3 milliards F Cfa, 16 % des « Barres en fer ou en aciers non alliés » pour 5,5 milliards F Cfa, près de 11 % des engrais minéraux ou chimiques azotés sur la même période.
La Russie ne constitue pas un débouché prépondérant pour les produits béninois ; en revanche l’Ukraine compte pour 2 % dans les exportations du Bénin (coton, or, etc.) pour un montant de 56 milliards F Cfa entre 2016 et 2021.
Malgré une résilience avérée de l’économie nationale, le Bénin n’échappe pas aux conséquences fâcheuses de la crise. « Le conflit induit une amplification des pressions inflationnistes au Bénin,
bien qu’éloigné du théâtre de la guerre », constate la Dres.
« Outre les produits pétroliers, la hausse des prix des produits alimentaires fait redouter une inflation domestique forte et potentiellement durable », ajoute-t-elle. Les simulations indiquent une hausse de l’inflation comprise entre 1,2 à 2,6 points en 2022, et qui se ressentirait davantage dans les zones urbaines (entre 1,4 et 3,1 points).

Incertitudes et précarité

L’envolée des prix aggrave la précarité sociale ambiante, laquelle pourrait être marquée par une insécurité alimentaire, anéantissant les progrès notés ces dernières années dans la lutte contre la pauvreté et l’extrême pauvreté. De ce fait, les ménages subiraient une perte significative de leur pouvoir en raison de l’augmentation des prix. Les simulations au plan national projettent une baisse des revenus disponibles de 1,9 à 5,6 % pour les ménages ruraux et de 2,04 à 5,8 %
pour les ménages urbains.
Par conséquent, leur consommation réelle régresserait dans des proportions comprises entre 2,3 à 5,85 % pour les ménages ruraux contre 2,6 à 6,3 % pour les ménages urbains. Il en est de même pour leur épargne qui baisserait également. Le Fonds monétaire international (Fmi) a annoncé la révision à la baisse des perspectives de croissance pour 2022. L’Organisation de Coopération et de Développement économiques (Ocde) se fait plus précise, tablant sur une baisse de la croissance mondiale d’environ 1 point et une hausse de l’inflation de 2,5 points de pourcentage au niveau mondial. Au Bénin, le déficit extérieur devrait se creuser davantage.
La croissance sera impactée avec le renchérissement des taux d’intérêt sur les marchés financiers, ce qui constituerait un obstacle pour le financement des investissements. Les hypothèses simulent une perte de croissance économique en 2022 de l’ordre de 0,4 à 1,2 point, avec la diminution de la valeur ajoutée ainsi que des taxes sur la production.

Mesures 

Dans le but de limiter l’effet dépressif du pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres, de prévenir les pénuries de produits de dépendance identifiés et de limiter l’impact de la crise sur la croissance économique, les économistes ont préconisé, entre autres, la réduction voire la suppression de droits de Douanes sur les importations de produits de grande consommation. Selon eux, le blocage des prix de l’énergie (essence, gaz), en particulier le prix de l’électricité à partir d’un seuil jugé de rupture, permettra de limiter l’impact de la hausse des prix mondiaux du pétrole et du gaz sur le pouvoir d’achat d’une grande majorité de Béninois.
Une diminution temporaire des taxes sur le pétrole pour les petites entreprises fortement dépendantes des produits pétroliers permettrait de baisser les coûts de production et de préserver l’emploi et l’activité dans ces sociétés qui pourraient autrement faire faillite. Des facilités devraient être envisagées en faveur des importateurs de blé russe, notamment dans la recherche immédiate de fournisseurs de substitution. Dans le même temps, il est préconisé de maintenir, voire d’amplifier les restrictions à l’exportation des produits vivriers afin de « confiner » l’offre locale et assurer la sécurité alimentaire. La subvention des coûts des intrants agricoles (engrais, pesticides, provendes, vaccins, etc.) favorisera également le maintien et le développement de la production agricole.
A moyen et long termes, l’accent devra être mis sur les mécanismes d’amélioration de la productivité et de la production des cultures vivrières avec des superficies emblavées plus conséquentes. Pour ce faire, il est suggéré la mise en place d’un accompagnement technique, matériel et financier en faveur des producteurs mais aussi des jeunes diplômés des filières agricoles afin de faciliter leur installation effective y compris dans des zones agricoles de l’Etat. Il convient aussi d’investir massivement dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance du pays à l’importation de produits pétroliers.

-------------------- Effet domino ! ----------------------------

Quand deux éléphants se battent, ce sont les herbes ou les fourmis qui en souffrent, dit le proverbe. Les conséquences de la guerre russo-ukrainienne sont perceptibles, d’autant plus que la Russie reste le premier producteur mondial de combustibles, assurant 10 % de l’approvisionnement mondial dont 11 % du pétrole et ses produits dérivés et 13 % des houilles, cokes et briquettes (des produits de charbons et de gaz). Elle contribue également à 5,23 % à l’approvisionnement mondial de céréales, notamment le blé, l’orge, le maïs moulu.
Par ailleurs, le pays de Vladimir Poutine occupe une place prépondérante dans l’exportation des métaux non ferreux, du fer et de l’acier, des engrais bruts et spécifiques ainsi que des huiles, graisses et cires d’origine animale ou végétale. Quant à l’Ukraine, elle tient le 7e rang avec 4,7 % de l’approvisionnement mondial de céréales et la 5e place des exportateurs d’huiles, graisses et cires d’origine animale ou végétale, etc.
Eu égard au poids et au rôle majeur des deux pays en guerre, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement dues au conflit devaient logiquement faire grimper les prix des hydrocarbures et des matières agricoles. Il est craint que le prix du baril du pétrole qui frôle déjà les 120 dollars ne grimpe pour atteindre le record de 147,5 dollars de 2008, si la mésintelligence perdure n
C. U. P.
Economie 07 juin 2022


Cherté du la vie : « Le gouvernement mène un combat corps-à-corps », selon Wilfrid Djidonou
Dans la présente interview, Arnaud Wilfrid Djidonou, ancien directeur de cabinet du ministre de la Communication et de la Poste et acteur politique, se prononce sur la récurrente question de la cherté de la vie qui défraye la chronique.

La Nation : La cherté de la vie défraye aujourd’hui la chronique. Qu’en dites-vous ?

La cherté de la vie ! C’est regrettable. Hier, la Covid-19, aujourd’hui la guerre qui fait rage en Ukraine. Deux malheureux événements qui compliquent la vie à tout le monde, en Afrique comme en Europe, en Amérique, en Asie, en Océanie, sur tous les continents, partout. Faisant suite à la pandémie de la Covid-19, la guerre en Ukraine vient encore plus hypothéquer le fonctionnement des grandes usines de production du gaz, du pétrole...
C’est le lieu d’indiquer que le grand problème du Bénin, c’est la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. C’est pourquoi le président de la République travaille avec acharnement à réduire cette dépendance. Dans le Pag I, il a pris des options pour asseoir et renforcer les bases de l’économie nationale. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, on note les mesures prises pour la sécurisation des terres, la promotion des cultures à haute valeur ajoutée, la transformation locale, la mise en place de grands magasins et de grands marchés.
Dans le Pag II, on note les mesures fortes pour la facilitation de l’accès aux semences, intrants et marchés, les mesures fiscales et non fiscales incitatives en faveur de l’importation, des intrants agricoles et de l’exportation des produits agricoles. Le même Pag II mentionne également l’appui au développement des filières lait et viande, etc. Il faut encourager les populations qui ont aujourd’hui la vie dure. Dans le même temps, il faut les apaiser et les rassurer, car le gouvernement ne baisse pas les bras.

Les populations partout s’en inquiètent pourtant, on ne peut nier cette évidence…

On ne peut la nier. Personne ne peut la nier. Le panier de la ménagère a pris un coup. Les prix ont flambé de façon vertigineuse sur le marché. Une inflation galopante est observée. Les produits de première nécessité coûtent les yeux de la tête. Personne ne le nie. Mais le gouvernement est tous les jours en guerre contre ce phénomène.
Ça aussi, c’est une réalité. Il est à pied d’œuvre et livre un combat sans merci pour protéger les populations et atténuer ses effets. Et ce gouvernement que nous connaissons déjà, ne reculera pas tant que les populations ne seront pas soulagées dans leur quotidien et ne se sentiront pas mieux.

Les critiques cependant ne manquent pas quant aux initiatives gouvernementales. Qu’en dites-vous ?

Je dois d’abord rappeler  l’engagement pris par le chef de l’Etat, au cours de la prestation de serment, pour un mandat hautement social. Ce hautement social est quotidiennement traduit dans les faits. Je saisis l’occasion pour saluer le génie du président de la République qui a su prendre, avec le gouvernement, de fortes mesures pour faire face à la cherté de la vie.
Ainsi, pour contenir l’inflation, il a pris des mesures pour soutenir les populations en fixant les prix de vente de certains produits et denrées alimentaires. Notamment, la farine de blé importée de 50 kg qui passe de 25 000 F Cfa à 20 000 F Cfa. Celle produite localement de 23 500 F Cfa à 19 915 F Cfa. Le riz importé de 50 kg (ordinaire) passe de 20 500 F Cfa à 18 450 F Cfa ; L’huile végétale importée est plafonnée à 1 300 F Cfa, le litre.
Des mesures d’exception ont été donc prises pour contrôler les prix des denrées de première nécessité, comme le riz, le blé, les produits manufacturés importés (le lait, le sucre, la tomate en boîte). Des mesures ont été également prises pour supprimer les redevances, pour exonérer la Tva sur les produits importés et réduire de 80 % les taxes sur le riz importé, tout ceci, sans occulter les 68 millions de dollars injectés dans les produits de grande consommation et toutes les autres mesures pour sécuriser l’approvisionnement. Ce n’est pas fini. Le gouvernement a revu les impôts. Le nombre d’impôts a été sensiblement revu à la baisse. De 52, le gouvernement a passé le nombre à 34, soit 18 impôts mis en suspension.
En outre, de façon ciblée, le gouvernement a procédé à la répartition d’une enveloppe de vingt milliards de F Cfa aux entreprises formelles et informelles en guise de soutien face aux effets de la crise sanitaire engendrée par la Covid-19, je n’omets pas la constitution d’un stock de gasoil et le maintien de son prix de cession à la pompe à 600 F Cfa ; au maintien des prix de sortie d’usine du ciment.
Mais les esprits malveillants, les commerçants véreux sont décidés à profiter de la situation. La flambée des prix aujourd’hui est le fait des chocs ou facteurs exogènes et de la spéculation artificielle. Nos denrées produites localement font objet d’approvisionnement par les pays voisins. Par exemple, le Niger et le Nigeria viennent surpayer ces produits ici. Ainsi, les nôtres préfèrent écouler leurs produits dans ces pays ou font des transactions en direction de ces zones.
Certains travaillent même pour et réussissent à créer une fausse pénurie en gardant les produits afin de les vendre par d’autres canaux savamment mis en place aux voisins limitrophes. Heureusement, le gouvernement est en train de traquer ces commerçants véreux. Aussi, régulièrement, les forces de l’ordre et les douaniers arraisonnent des tonnes et des tonnes de produits subventionnés ou alimentaires destinés à l’exportation. Preuve que les initiatives gouvernementales portent leurs fruits.
Actualités 07 juin 2022


Programme d’adaptation des villes aux changements climatiques : des chèques de compensation aux populations affectées de Comé 
Des chèques de compensation sont remis, mercredi 1er juin dernier, aux personnes affectées, à Comé, par le Programme d’adaptation des villes aux changements climatiques. En marge de ce geste, les bénéficiaires ayant répondu présents au siège de l’arrondissement central ont été invités par le coordonnateur du Programme d’adaptation des villes aux changements climatiques (Pavicc), Abraham Avakoudjo et le maire Bernard Adanhokpe à jouer leur partition.
D’un montant global de 56 823 750 francs Cfa, des chèques sont remis, à Comé, aux personnes affectées par le Programme d’adaptation des villes aux changements climatiques (Pavicc). Quelque cent personnes sont concernées par ce geste du Pavicc qui encourage ainsi à libérer les emprises de ses projets destinés à améliorer les conditions de vie à Comé. Précisément à Kandé, Hongodé, Azannou, Nongo et à Djacoté, cinq localités d’où sont issus les bénéficiaires.
Les montants inscrits sur les différents chèques représentent l’intégralité de ce qui est retenu, au titre de compensation, entre chacune des personnes affectées par le Pavicc et les parties prenantes de sa mise en œuvre, explique le coordonnateur Abraham Avakoudjo. Comé étant la première des quatre communes ciblées par le Pavicc, où la remise de chèque est devenue réalité, le coordonnateur a tenu à saluer l’adhésion des populations aux actions de développement de leurs localités. Ses mots de gratitude sont allés aussi au maire et aux élus pour leur implication dans les négociations.
La remise des chèques fera place à l’exécution physique des projets du Pavicc dans la cité des Waci. A cet effet, le coordonnateur invite à procéder à la libération effective des emprises. Il souligne que «La prochaine étape consiste en ce que l’entreprise adjudicataire des chantiers entame la construction des ouvrages d’assainissement, le pavage des voies sélectionnées, suivi de l’aménagement paysager et la pose des lampadaires». Font également partie des projets, l’aménagement des placettes traditionnelles ainsi que la construction de salles de classe et de bloc administratif au Ceg4.
Bernard Adanhokpe, maire de Comé et le secrétaire exécutif de la mairie, Touré Djaloud Boni Tessi, soulignent que la réception des chèques marque l’accord définitif des bénéficiaires à dégager les emprises. Ils les ont exhortés, à tour de rôle, à jouer leur partition, celle de sauvegarder ce qui peut l’être au risque de faire face à la pression des engins de l’entreprise en charge de l’exécution des travaux. Pour eux, il est question de faire en sorte que Comé demeure dans le même élan. Celui d’une commune disciplinée, modèle d’engagement pour la vision de développement du gouvernement, allusion faite au premier rang qu’occupe la commune dans la facilitation du paiement des compensations.
Environnement 03 juin 2022


Fin des audiences foraines du Médiateur de la République: un taux de couverture encourageant de 81,81 % enregistré
  Le Médiateur de la République a clos, ce jeudi 2 juin à Parakou, les audiences foraines thématiques dans les départements de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Commencé depuis mardi 25 janvier dernier, le travail accompli a permis de réaliser un taux de couverture des arrondissements à hauteur de 81,81 %. Lancées le 25 janvier dernier dans les départements du septentrion, les audiences foraines du Médiateur de la République, édition 2022, ont pris fin hier jeudi 2 juin à Parakou. C’est au cours d’une cérémonie placée sous la présidence du Médiateur de la République, Pascal Essou. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme régional d’appui aux pays côtiers (Prapc) financé par les Usa à travers l’Usaid, le Médiateur de la République a organisé des audiences foraines dans l’Alibori, l’Atacora et la Donga. C’est en vue de la sensibilisation des populations de ces départements à la nécessité de la cohabitation intercommunautaire, la prévention des risques liés à l’extrémisme violent, la gestion pacifique des questions foncières et des conflits opposant les agro-éleveurs. Tenues de janvier à mai 2022, ces audiences ont permis, selon le médiateur de la République, Pascal Essou, de sensibiliser près de 6 000 personnes dans 110 arrondissements au niveau des trois départements ciblés. Les objectifs visés par cette campagne, a-t-il rappelé, étaient de sensibiliser les populations afin de les protéger contre les risques potentiels du phénomène de l’extrémisme violent, puis de promouvoir les valeurs du vivre ensemble. Appréciant la démarche du médiateur de la République, le secrétaire général de la préfecture du Borgou, Sanni Bio Bayé, a indiqué qu’elle s’inscrit dans le cadre de la promotion de la culture de la paix et de la non-violence. Selon lui, le taux de couverture de 81,81 % est un résultat encourageant. « Appelé à produire un grand impact au sein des communautés, il dénote du succès obtenu et nécessite une extension de ce projet aux communes du Borgou », insiste-t-il. Il s’est ensuite réjoui des dispositions prises en vue de l’intégration de cinq communes du Borgou dans la deuxième phase. Mission accomplie A sa suite, le manager du Programme régional d’appui aux pays côtiers, Simplice Kuassi, a remercié le médiateur de la République pour sa franche collaboration et son investissement personnel pour la réussite du projet. «Tout en nous satisfaisant des résultats obtenus, l’une des leçons apprises de ces audiences foraines est la soif des populations pour un dialogue accru avec les autorités. Nous restons donc conscients qu’il y a encore du travail à faire », a-t-il poursuivi. L’ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, Brian Shukan, abonde dans le même sens. Il réaffirme l’engagement de son pays à œuvrer au profit des communautés du Bénin, pour soutenir les initiatives de renforcement de la paix et de la cohésion sociale. C’est le directeur de cabinet du Médiateur de la République, Pascal Tchiwanou, qui a présenté les résultats des audiences. Les 45 arrondissements concernés dans l’Atacora ont tous été parcourus, soit un taux de réalisation de 100 %. Dans la Donga, les 22 arrondissements programmés ont également été parcourus, soit 100 %. Sur les 43 prévus dans l’Alibori, des audiences n’ont eu lieu que dans 23. Les conflits liés aux droits successoraux, l’occupation sauvage des terres par des populations étrangères et le non-respect des textes sur la transhumance sont les autres problèmes posés par les populations rencontrées. Elles sont également préoccupées par les questions de la délimitation des frontières intercommunales et celles avec le Nigeria. Actualités 03 juin 2022


Renforcement de capacités de 54 guides touristiques : de nouveaux profils pour faire rayonner la destination Bénin
Le programme de renforcement de capacités de 54 guides touristiques rentre dans sa phase active. Il a été lancé, ce mardi 31 mai, à Cotonou, par le ministre du Tourisme, des Arts et de la Culture, Jean-Michel Abimbola, soutenu par son collègue de l’Enseignement technique, Kouaro Yves Chabi. La cérémonie a eu lieu en présence des bénéficiaires, partenaires et autres acteurs impliqués.
Professionnaliser les guides touristiques pour des services qui font rayonner la destination Bénin. C’est l’un des objectifs du programme de renforcement de capacités de 54 guides touristiques, lancé mardi dernier.
Pendant dix semaines, ces acteurs vont se familiariser avec de nouveaux outils et techniques leur permettant de mieux accomplir leur mission. Ils seront aguerris sur des thématiques concoctées par des experts confirmés par l’Organisation mondiale du Tourisme (Omt). A travers ces thématiques, 24 modules ont été préparés dont l’histoire, le patrimoine et la culture ; les techniques de guidage ; la déontologie ; etc.
Des apprentissages pratiques sont également au menu, et les sites de Ouidah, Abomey et Ganvié serviront de cas pratiques au cours des travaux. « Les différentes sessions de formation permettront aux participants de découvrir les meilleures pistes et pratiques pour améliorer la qualité technique et la productivité de leurs talents », explique la directrice du développement du Tourisme, Faizath Kora.
En initiant ce programme de renforcement de capacités des 54 guides sélectionnés après appel à candidatures, le gouvernement béninois entend corriger les insuffisances qui ont prévalu pendant plusieurs années dans le secteur du tourisme en termes de ressources humaines de qualité, et proposer une solution durable aux questions liées à l’accroissement du tourisme transfrontalier et aux investissements du secteur privé dans certaines destinations et chaînes de valeurs.
Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale, partenaire du Bénin, salue les efforts du gouvernement et rappelle le rôle crucial du guide dans la promotion du tourisme. «…Sans les guides, il n’y aura pas de valorisation… En tourisme, il faut que la personne qui est venue revienne. Et c’est le guide qui fait revenir la personne…», insiste-t-il.
Le ministère de l’Enseignement secondaire, Technique et de la Formation professionnelle, contribue à la mise en œuvre du programme. Son premier responsable, Kouaro Yves Chabi, s’estime heureux, car le programme traduit, en partie, la vision du gouvernement béninois de faire de l’enseignement technique le principal levier de la transformation de l’économie nationale. « Ce que nous faisons aujourd’hui participe de cela (…) et cela va se poursuivre », rassure Kouaro Yves Chabi.
Après avoir reprécisé le contexte et l’importance du programme, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, des Arts et de la Culture, rappelle que « l’objectif du gouvernement à travers le déploiement de ce programme de formation intensive est de disposer in fine de ressources humaines qualifiées en vue de soigner l’image de la destination Bénin et d’accroître sa fréquentation ».
Il exhorte donc les participants à être assidus, attentifs pour capter les enseignements qui feront d’eux, des guides de tourisme de type nouveau pour le rayonnement du tourisme béninois.
Actualités 03 juin 2022


Mathias Tégbé dit ‘’Gentile’’, international de football: phénoménal footballeur de charme
  Joueur offensif, passeur invétéré, Mathias Tégbé appartient à la classe des attaquants qui offrent du plaisir aux spectateurs et de la fierté à leurs coéquipiers en jouant. Courte mais riche a été la carrière qui l’immortalise. C’est comme toute autre scène banale dans la vie d’un homme. Mais Mathias Tégbé a toujours du mal à se débarrasser de la sienne si « précieuse, et si marquante » dans sa vie et dont les souvenirs lui collent aux méninges comme une sangsue. Il aime à raconter que son géniteur, bien que non alphabétisé en français, a suivi depuis les gradins une de ses rencontres de football. Les oreilles collées au poste transistor, il criait et donnait régulièrement des coups de pieds dans le dos des spectateurs assis devant lui. Il ne comprenait pourtant rien à la retransmission si ce n’est le nom de son fils que le reporter hurlait régulièrement et parfois avec frénésie. Au terme de la rencontre, le sexagénaire a attendu que son rejeton sorte des vestiaires pour le congratuler et lui « donner sa bénédiction », ajoute Mathias Tégbé, ancien international béninois, l’un des plus doués techniquement de sa génération. Le fait a marqué le joueur. Et il avoue en garder le souvenir comme le plus précieux des trophées de sa carrière. Svelte, taille moyenne et la démarche altière, Tégbé est un joueur de charme. Il est un fin technicien, dont le talent a contribué à l’écriture des plus belles pages de l’histoire du football béninois des années 80-90. « Des qualificatifs, même au superlatif pour raconter les prouesses de Mathias Tégbé dans le football béninois, n’auraient pas suffi pour rendre compte de l’immensité du talent du sportif aux allures d’un Sahélien !» s’exclame Martin Falola, un des férus supporters des Requins. Si plus d’un quart de siècle après sa retraite sportive, son nom est déjà rangé aux oubliettes, Mathias Tégbé est, sans conteste, l’un des meilleurs footballeurs de sa génération. Et il dit avoir « souffert pour atteindre le sommet ». Fils d’un pêcheur (Tégbé Lokossou) et d’une ménagère (Gbéssi Galoba), l’écolier footballeur de la Mission catholique d’Akodéha ; petit village des bords du lac Ahémé dans le Mono, a très tôt délaissé les classes pour s’accrocher à son jeu favori dans les rues des quartiers de Cotonou (Sikècondji-Hindé-Akpakpa), en tant que jeune apprenti électricien-auto. Passionné des petites rencontres de football inter-quartiers, Mathias a toujours traîné sa silhouette de gamin désœuvré dans les environs des aires de jeux. Sociétaire du club de quartier Hindé retenu parmi ceux devant prester en lever de rideau des matches des championnats nationaux et autres grandes rencontres internationales, la chance lui a souri. Et l’une de ces rencontres finit par révéler, sur le tard, Mathias Tégbé Moussoukoko. L’ex-joueur de Sikècondji à Cotonou tape dans l’œil des dirigeants du mythique club de Cotonou : les Requins de l’Atlantique. Vu son âge avancé, le natif d’Akodéha bénéficie d’abord d’une dispense d’âge, avant d’intégrer les « Awissi Wassa ». Autre vie, autre facette Au sein de la famille des Rouge et Blanc des Requins de l’Atlantique, le joueur a d’abord évolué dans les rangs des juniors. Puis la sélection nationale junior l’enrôle aussitôt. Ainsi, le très longiligne joueur fera merveille avec les Antoine Zinsalo, Blaise Codjia, Abel Mensah…. Sans tarder, le longiligne avant-centre a totalement explosé et se révèle. Attaquant retors, fin dribbleur doté d’une force de frappe impressionnante, Mathias Tégbé est également réputé être un excellent finisseur et surtout passeur décisif. Les Requins et la sélection nationale en font l’éloge. Alors que beaucoup craignaient une rivalité entre le nouvel arrivant et la vedette du club, ce fut plutôt une complémentarité hors pair entre Gentile et Dossou Gbété. Car durant toute sa carrière, le lutin d’Akodéha a été plutôt le complice avéré du leader et star Expédit Dossou Gbété, l’un des plus grands joueurs de tous les temps de ce club : «Mathias est un joueur complet. Un partenaire de tous les temps », reconnait-il. Des joueurs les plus proches l’un de l’autre aussi bien en club qu’en sélection. Expédit Dossou Gbété raconte avec sourire l’anecdote d’une rencontre livrée à Niamey au cours de laquelle les deux acolytes étaient remplaçants, malgré leur statut de leaders. Le club était en difficulté, le coach a fini par les lancer. Comme des zombis, ils ont marqué chacun un but sur des actions similaires. Signe tangible de leur complicité. « Mathias, c’est un joueur complet. C’est un bon joueur. S’il décide de jouer, alors il vous régale… », ajoute, tout sourire, son coéquipier et acolyte, Expédit Dossou-Gbété. Sur les qualités de Mathias Tégbé, l’ancien capitaine des Requins, Bernard Hounnouvi ne tarit pas d’éloges : « Outre sa bonne pointe, une pointe de vitesse, Mathias est un joueur complet. Il est doté d’une bonne frappe. Et avec sa morphologie féminine, il se faufile bien entre ses adversaires et marque de buts. Il joue lorsque l’envie lui prend de jouer ». Mathias Tégbé, ancien attaquant des Requins, fait donc partie de la génération de footballeurs de classe exceptionnelle des Requins d’antan qui ont donné du piquant aux épiques confrontations Requins-Dragons qui ont longtemps marqué l’histoire du foot du Bénin dans les années 80 et 90. La période de gloire de ce club avec des joueurs comme : Euloge Sacramento, le phénoménal gardien de but Oumorou Soumaïla, l’opportuniste Charles Ahouandjinou ou autres grands noms comme les frères Cosme et Damien Folly, et le capitaine: Bernard Hounnouvi. C’était la période faste du club de l’Atlantique. Et Mathias Tégbé, chouchou du public, faisait la pluie et le beau temps. Les aficionados l’ont adopté pour sa vision simpliste du jeu, ses frappes puissantes, son calme et surtout le charme qu’il dégage. C’était un joueur élégant tout simplement ! Et sa morphologie nourrissait la comparaison avec deux éminents docteurs dans le football africain et mondial : Théophile Abéga (Cameroun) et Socrates (Brésil). Et cela lui a valu le surnom de « Gentile » en référence au redoutable défenseur italien des années 80. Mais pour l’ancien sociétaire des Requins, l’explication est autre. Le surnom est venu lors d’une séance d’entrainement où il s’est transformé en défenseur taclant et rudoyant tout sur son passage. « Sois moins rude. Tu n’es pourtant pas Gentile ! », ont vociféré certains coéquipiers à l’endroit du faux défenseur d’occasion, faisant référence au rugueux défenseur italien Claudio Gentile ; un des plus intraitables à son poste à l’époque. C’est là l’origine de ce surnom à consonance italienne qui a fait disparaître l’identité réelle du frêle attaquant des Requins. « Se sentir aimé et adulé par le public, en ajoutait davantage à ma responsabilité. Puisque j’en avais déjà une de très lourde ; celle de remplacer au poste, mon ainé et grand joueur Johnson Fernando », confie le joueur pour qui jouer au foot est un plaisir. Des souvenirs au sein des Requins, Mathias Tégbé dit Gentile évoque les nombreuses joutes africaines infructueuses auxquelles aussi bien son club que la sélection nationale ont pris part : Bénin -Mali, Bénin- Côte d’Ivoire, Burkina Faso - Bénin, Requins- Africa Sports d’Abidjan de la Côte d’Ivoire. Requins-As Sogara du Gabon …. Le phénomène,… un capricieux ! Talent irréprochable, homme calme, blagueur à souhait et bouffon quelquefois, Mathias Tégbé a aussi les qualités de ses défauts. Il lui est souvent reproché ses sauts d’humeur et son caractère primesautier. Vedette adulée, le numéro 10 des Requins appartient à la catégorie des joueurs lunatiques sur qui il est difficile de compter. Beaucoup le prennent pour un sportif difficile, capable qu’il est de choisir ses matches. « Lors d’un tournoi à Lomé, au Togo, le jour du match contre Asko de Kara, Mathias passe du baume, s’attache des rameaux de palmier au cou et refuse de jouer sous prétexte qu’il est malade », confie son ancien capitaine Bernard Hounnouvi qui évoque les nombreux prétextes fallacieux du joueur pour éviter de jouer certains matches. Il est coutumier des faits, ajoute son alter ego, Expédit Dossou Gbété, qui précise, que parfois, « quand l’envie lui prend de ne pas jouer des rencontres, vous pouvez tout dire, il n’exécutera pas ». C’est dire que rien ni personne n’arrive à le convaincre… Encadrement technique, coéquipiers, staff médical, dirigeants se sont résignés à accepter le «phénomène» tel qu’il se présente, regrette Bernard Hounnouvi qui insiste que c’est là, le défaut du sportif. Des faits reconnus par le joueur qui refuse d’y apporter des explications. « Moi, je joue mes matches. Parfois, je joue mieux sans avoir pris part à aucune séance d’entrainement », confie-t-il, l’air intéressé. Caprice de star ou superstition ? Mystère ! Mathias Tégbé cumule plus d’une quinzaine d’années de présence dans l’élite du football au Bénin dont une dizaine en sélection nationale. Après avoir ébloui de son talent le championnat national et certains tournois internationaux, sous-régionaux ainsi que des compétitions statutaires de la Confédération africaine, « Gentile » ne nourrit aujourd’hui que des regrets : n’avoir rien gagné dans le foot. « Je n’ai gagné que renommée et popularité », se résigne-t-il, le regard perdu dans le vide. Puis, il sanglote un instant avant de fondre en larmes. « C’est le destin », lâche-t-il en guise de consolation. Avant de raccrocher définitive-ment les crampons vers la fin des années 90, Mathias s’est résigné à faire un bref détour en 2e division, avec l’Association sportive du Port autonome de Cotonou (Aspac), et en a même été le capitaine. Il a également traîné, plus tard, sa bosse à Sobemap Fc avec les Didier Adoukonou, Antoine Dékpato….. Aujourd’hui footballeur retraité, et sans emploi donc sans revenu fixe, Mathias Tégbé, sportif adulé et socialement affable et sympa, vivote. Et comme la plupart des sportifs de sa génération, l’espoir du mieux-vivre semble être un vain mot. Découragé de tout, l’ex-vedette des Ecureuils s’est retranché dans l’un des quartiers populaires de Cotonou. Il dit ne plus vouloir «perdre son temps pour aller au stade ni même regarder le foot à la télé ». Signe certain de l’indicible dépit de ce joueur pour la chose sportive. Lui qui pourtant a fait la pluie et le beau temps dans le foot béninois dans les années 80. Archives et autres souvenirs matériels de sa longue carrière de footballeur, le sportif confie ne pas en avoir et ne souhaite même plus en parler. Pour Mathias, «le football, c’est du passé ». Et le souvenir de ce passé, glorieux soit-il, loin de le réjouir, semble lui être nocif. Lui qui était un bon viveur aimant l’ambiance, les blagues, les moments de discussions biens arrosés entre copains, se retrouve maintenant dans un autre monde: celui de la discrétion. Il passe ses journées en famille ou dans des activités ludiques. « Passer sa jeunesse à égayer le peuple et se retrouver plus tard dans l’anonymat et l’indigence est le propre des sportifs africains », regrette un de ses anciens coéquipiers. « Même si Mathias n’est pas si heureux dans sa vie après le foot, il garde néanmoins la tête sur les épaules et demeure dans la vie ordinaire un monsieur calme, cultivant simplicité, honnêteté et loyauté. Nos liens vont au-delà de la simple amitié. Nous sommes plus que des frères jumeaux. Nous nous voyons tout le temps. Notre complicité va au-delà des aires de jeux », confie son ancien capitaine Expédit Dossou Gbété qui exhorte les autorités sportives à prêter une oreille attentive aux doléances des anciens internationaux. Société 03 juin 2022


Protection de l’enfant au Bénin: renfoncer les investissements dans le secteur devient nécessaire
De la nécessité d’investir Investir dans la protection de l’enfant va au-delà d’une œuvre sociale ou d’une obligation légale et morale. C’est une stratégie de développement économique qui garantit une meilleure contribution des enfants à l’âge adulte, au développement socio-économique et politique de leur pays. Les coûts économiques directs et indirects liés aux différents méfaits et privations (les abus et la négligence, le travail, le mariage et les grossesses précoces des enfants, y compris les enfants handicapés et ceux en conflit avec la loi) à l’endroit des enfants, impactent négativement leur vie, le développement de la communauté et du pays dans son ensemble. Conscient de ces risques, le Bénin a pris diverses mesures à travers la ratification de lois supranationales, l’adoption de lois protégeant les enfants et l’élaboration de plusieurs documents de stratégie, à court, moyen et long termes, dans plusieurs secteurs touchant la protection de l’enfant. Les défis à relever La protection de l’enfant fait intervenir une approche systémique qui implique huit (08) ministères dont le principal acteur est celui des Affaires sociales et de la Microfinance (MASM) doté d’une Direction de la Famille, de l’Enfant et de l’Adolescent (DFEA) et des Centres de Promotion sociale. Aussi, les ministères en charge de l’éducation (MEMP et MESTFP), de la Justice et de la Législation (MJL), de l’Intérieur et de la Sécurité publique (MISP), de la Santé (MS), du Travail et de la Fonction publique (MTFP), du Numérique et de la Digitalisation (MND) participent à travers différentes interventions à la protection de l’enfant. Malgré les efforts conséquents que le Bénin a déployés ces dernières années dans le domaine de la protection de l’enfant, il reste d’importants défis à relever. En effet, on note une progression inquiétante entre 2019 et 2021 des cas de mariages précoces enregistrés (de 283 à 675); des cas de grossesses précoces enregistrées dans les structures de prise en charge (de 402 à 1435) ; du nombre d’enfants recensés en situation de travail (de 257 à 827) ; du nombre d’enfants face à la justice reçus par les structures de répression (de 165 à 658) et du nombre de filles victimes d’excision recensées (de 2 à 92). Baisse des ressources accordées par l’Etat au secteur de la protection des enfants Les allocations budgétaires en faveur de la protection de l’enfant varient en faible proportion du Budget général de 0,35% à 0,26 % avec une tendance à la baisse sur la période 2017-2021. En moyenne annuelle, elles représentent 0,29 % du budget général. Les allocations en faveur des interventions sensibles représentent en moyenne 0,21 % du budget général soit 3142,9 millions FCFA contre 0,08 % soit 1132,4 millions FCFA pour les allocations aux interventions spécifiques à la protection de l’enfant. Entre 2019 et 2021, les allocations budgétaires pour la lutte contre les violences, les abus et les négligences à l’endroit des enfants, ont connu une évolution mitigée en baisse passant de 404,5 millions à 242,7 millions. En ce qui concerne la lutte contre le travail des enfants, la tendance est à la baisse, passant de 303,6 millions en 2019 à 76 millions en 2021. Le constat est le même pour la prise en charge des enfants en situation de handicap dont les allocations budgétaires sont passées de 81 millions en 2019 à 53,1 millions en 2021. Les allocations spécifiques à la protection des enfants contre les mariages et grossesses précoces ont enregistré une baisse sensible, passant de 158,4 millions FCFA en 2017 à 17,1 millions FCFA en 2018. Elles ont évolué à la hausse jusqu’en 2020 et ont atteint 120,6 millions FCFA avant de chuter à 74,4 millions FCFA en 2021. Les activités de protection des enfants en conflit avec la loi ont bénéficié d’une allocation budgétaire de 1815 millions FCFA en 2017, mais cette allocation a baissé pour afficher 246,9 millions FCFA en 2018 avant d’augmenter pour atteindre 368,4 millions FCFA en 2021. L’idéal aurait été d’allouer des ressources pour la prévention de ces fléaux à travers l’éducation des enfants et l’orientation des ressources vers l’insertion socioprofessionnelle des enfants en conflit avec la loi. Le financement du secteur de la protection de l’enfant est quasi entièrement pris en charge par les ressources propres du pays car 91% des allocations budgétaires proviennent du financement intérieur entre 2017 et 2021. Notons qu’en 2020, 29 % des ressources allouées au secteur proviennent du financement extérieur, notamment l’appui financier de l’UNICEF à travers le Programme Cash plus care afin de réduire les cas de mariages des enfants qui se sont accrus à la suite de la fermeture des écoles en réponse à la propagation du virus de la COVID-19. Le ministère de la Législation et de la Justice a la plus grande contribution (608 millions de FCFA en moyenne par an) aux allocations spécifiques à la protection de l’enfant et le MASM a la grande contribution (244,4 millions de FCFA) aux dépenses spécifiques à la protection de l’enfant. Quelques pistes d’actions pour améliorer la protection des enfants La situation de la protection de l’enfant appelle des actions des acteurs en charge de la budgétisation et de la mise en œuvre des actions de protection. Il est donc recommandé : - la vulgarisation du code de l’enfant et le plan d’action de la Politique Nationale de Protection de l’Enfant (PNPE) pour une appropriation par les structures de mise en œuvre ; - le renforcement de la coordination des interventions en matière de protection de l’enfant afin d’assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre du nouveau plan d’action de la PNPE ; - une extension aux autres départements des actions du Partenariat Mondial pour l’Education qui finance dans les départements du Zou et des Collines des activités qui facilitent l’inscription des enfants en situation de handicap dans les écoles et leur encadrement afin de renforcer l’éducation inclusive au Bénin ; - des actions de sensibilisation, de vulgarisation des droits des enfants, d’éducation et de formation des communautés en vue de la mobilisation des populations pour un changement de comportement et le respect des droits des enfants ; - la planification dans son budget et l’exécution par le ministère du Numérique et de la Digitalisation (MND) à travers la Direction des Médias des actions de sensibilisation des communautés et de vulgarisation des droits des enfants à tous les niveaux ; - l’inscription des dépenses pour la prise en charge des enfants en conflit avec la loi comme dépenses sociales prioritaires et donc entièrement exécutées. 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Développement durable du Bénin: l’élaboration du cadre de coopération enclenchée
  Le Système des Nations unies réaffirme son engagement et sa disponibilité à accompagner le gouvernement à ne laisser personne de côté dans le processus de développement durable du Bénin. Dans ce cadre, un atelier s’est tenu, jeudi 2 juin, entre les parties prenantes en vue de recueillir leurs attentes et suggestions quant à l’élaboration du cadre de coopération. Acteurs de proximité, société civile, acteurs privés, syndicats, médias, organisations de personnes vivant avec un handicap, de femmes et de jeunes expriment leurs attentes et suggestions dans le cadre de l’élaboration d’un nouveau document de coopération entre le Système des Nations unies et le gouvernement du Bénin pour la période 2023-2026. C’est au cours d’un atelier tenu, ce jeudi 2 juin à Cotonou. En effet, ce nouveau document dénommé ‘’Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable’’ constitue l’instrument de référence des Nations unies au niveau du pays pour contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable. Salvator Niyonzima, coordonnateur résident du Système des Nations unies au Bénin, note qu’en tant qu’acteur de développement, le Système des Nations unies accorde une grande valeur à la coopération et au partenariat avec d’autres acteurs. Pour permettre d’atteindre le plus grand nombre, les acteurs du Système des Nations unies ont conçu cette concertation qui va se dérouler en deux phases. La première est une large consultation en ligne où ils utilisent un questionnaire pour recueillir des suggestions sur les priorités à inscrire dans leur prochain cadre de Coopération. Cette phase a commencé depuis quelques jours déjà. « Je remercie celles et ceux parmi vous qui ont répondu au questionnaire. Je vous encourage à diffuser le lien de l’enquête en ligne dans vos organisations et vos réseaux pour recueillir le plus de points de vue possible », a fait savoir le représentant résident du Système des Nations unies au Bénin. La deuxième phase, c’est l’atelier qui s’est tenu, ce jeudi. Sa conception en mode présentiel permet d’une part de discuter et d’expliciter les aspirations ; et d’autre part de les enrichir en les confrontant avec les aspirations des autres. « Il est impossible de promettre que chaque aspiration individuelle soit visible comme telle. Mais l’approche ‘’Développement durable’’ fait que les 17 Odd sont interconnectés. L’action intégrée qu’ils requièrent permet de répondre à plusieurs défis à la fois », a noté Salvator Niyonzima. S’adressant aux participants, il affirme qu’à travers cet atelier, ils contribuent déjà à l’élaboration du cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable au Bénin. Il reste aussi persuadé qu’ils ne ménageront aucun effort pour l’atteinte des objectifs. Actualités 03 juin 2022


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