La Nation Bénin...
Nouvelles

Lien juridique entre une personne et l’Etat dont il est ressortissant, par naissance, par acquisition, par naturalisation ou autre procédé, la nationalité est essentielle à la jouissance de tous autres droits. C’est donc le droit d’avoir des droits. Ainsi, l’absence de nationalité, appelée apatridie, est préjudiciable à qui en est victime.
D’après les statistiques, 10 millions de personnes sont concernées par le phénomène dans le monde, dont 1 million en Afrique de l’Ouest, au nombre desquelles on retrouve 600.000 enfants. La question préoccupe les Nations Unies. C’est dans ce cadre que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), dont le mandat s’étend aussi à la lutte contre l’apatridie, a organisé courant décembre 2014, un atelier média sur l’apatridie. Objectif : sensibiliser les acteurs des médias pour qu’ils s’engagent dans le plaidoyer autour de la thématique.
Situation d’une personne qui ne peut être considérée par aucun Etat comme son ressortissant, en application de sa législation, l’apatridie est une notion mal cernée par le public et par les décideurs. Elle découle généralement de questions liées à la nationalité. Les causes principales relevées sont relatives aux insuffisances contenues dans les lois sur la nationalité, à la privation arbitraire de la nationalité, au phénomène juridique de succession d’Etats ; de même qu’à des pratiques administratives restrictives, notamment en matière de délivrance de documents prouvant la nationalité d’une personne...
Il s’ensuit que la jouissance de l’essentiel des droits leur est inaccessible. Par exemple, renseigne le HCR, il leur est souvent impossible d’obtenir des documents d’identité, ils sont susceptibles d’être détenus pour des raisons liées à leur statut d’apatrides, ils se voient refuser l’accès à l’éducation, aux services de santé de base ou à l’emploi…
C’est pourquoi ont été adoptées la Convention de 1954 relative au statut des apatrides, et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie.
Aux termes de la première, certaines mesures spéciales sont édictées en faveur des apatrides. Ainsi, elle leur garantit le droit à une aide alimentaire (article 25), le droit à des pièces d’identité et à des titres de voyage (articles 27 et 28) ; et les autorise à bénéficier de la dispense de réciprocité (article 7). Des dispositions spéciales qui visent à répondre aux problèmes particuliers que rencontrent les apatrides en raison de leur absence de nationalité. C’est le cas du titre de voyage qui leur est fourni et qui est mutuellement reconnu comme faisant office de passeport. Toutefois, la jouissance des droits garantis par la Convention de 1954 n’équivaut pas à la possession de la nationalité. Aussi cette Convention demande-t-elle aux Etats de faciliter la naturalisation des apatrides.
Quant à la Convention de 1961, elle prévoit des garanties concrètes et détaillées devant être mises en œuvre par les Etats pour prévenir et réduire l’apatridie dans plusieurs domaines principaux. Il s’agit d’abord, pour les Etats, d’accorder leur nationalité aux enfants qui, autrement, seraient apatrides et qui ont des liens avec eux soit parce qu’ils sont nés sur le territoire ou d’un parent ayant la nationalité de l’Etat concerné (articles 1 à 4). Il s’agit ensuite d’empêcher l’apparition de l’apatridie à un stade ultérieur de la vie en exigeant qu’une personne acquière au préalable ou ait l’assurance d’acquérir une autre nationalité avant de perdre sa nationalité ou d’y renoncer (article 5 à 7). Il s’agit par ailleurs d’éviter l’apatridie liée à la privation de la nationalité.
A ce propos, il est interdit aux Etats de priver un individu de sa nationalité pour des raisons d’ordre racial, ethnique, religieux ou politique. De même, la privation de la nationalité aboutissant à l’apatridie est interdite, sauf si l’individu a obtenu la nationalité au moyen d’une fausse déclaration ou de tout autre acte frauduleux. Par suite, les Etats peuvent conserver le droit de priver un individu de sa nationalité même si cette privation aboutit à l’apatridie, si la personne concernée a commis des actes incompatibles avec le devoir de loyauté à l’égard de l’Etat, a prêté serment ou a fait une déclaration formelle d’allégeance à un autre Etat.
Cependant, l’Etat est invité à considérer la proportionnalité de cette mesure, en tenant compte de l’ensemble des circonstances se rapportant au cas en question. Il s’agit enfin de prendre des mesures visant à éviter l’apatridie dans le contexte de la succession d’Etats.
En effet, la succession d’Etats, comme la cession d’un territoire par un Etat à un autre Etat ou la création de nouveaux Etats, peut aboutir à l’apatridie si des garanties appropriées ne sont pas en place. Il est ainsi demandé aux Etats, dans le cadre de la succession d’Etats, de prévoir des dispositions assurant la prévention de l’apatridie dans tout traité relatif à la cession d’un territoire. Et lorsqu’aucun traité n’est conclu, le ou les Etats concernés doivent accorder leur nationalité aux individus qui, sans cela, deviendraient apatrides du fait de la cession.
Qui peut être apatride ?
Diverses causes sont à la base de l’apatridie. Par exemple, certains apatrides sont des migrants échoués ou d’anciens réfugiés dont la nationalité n’a pas été confirmée par leur pays d’origine. D’autres sont des personnes ayant été déchues de leur nationalité pour des raisons liées à la discrimination. On retrouve aussi, dans le lot, des personnes ayant renoncé à leur nationalité originelle pour acquérir celle d’un autre pays ne tolérant pas la double nationalité, mais qui se retrouvent à perdre la nationalité acquise pour une raison ou une autre (divorce par exemple). Il existe aussi des personnes à risques d’apatridie.
Ce sont les personnes sans certificat de naissance, les démarches pour l’obtenir pouvant se révéler infructueuses ; les enfants abandonnés et les migrants échoués sans papiers ; ou encore les personnes vivant dans les zones frontalières lorsque la délimitation des frontières n’est pas chose effective…
L’Afrique de l’Ouest n’est pas épargnée par le phénomène. Son histoire ayant été marquée par des mouvements de populations, les situations de migration prolongée, notamment dans le cadre de l’asile, exposent les personnes concernées à la perte des preuves de rattachement légal à leur pays d’origine ; et les conflits de lois contribuent à des situations d’apatridie. WLH

La maladie à virus Ebola a été le mal de l’année 2014. Plusieurs pays africains en ont fait les frais. Pour mieux prendre la mesure de la situation, il a été mis en place un important dispositif de prévention au niveau des frontières avec le Nigeria.
L’année 2014 a été sérieusement perturbée au plan sanitaire par la maladie à virus Ebola. Telle une mer en furie, l’épidémie a déversé son flot sur certains pays africains, notamment la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia qui malheureusement ont enregistré de nombreuses pertes en vies humaines.
Le Nigeria, pays limitrophe du Bénin, n’est pas resté en marge de ce tumulte. Il a enregistré également son lot de victimes, même si son bilan paraît moins alarmant comparativement aux autres pays. Face à cette menace, le Bénin a pris d’importantes mesures au plan sanitaire afin d’éviter d’éventuels cas sur son territoire.
Dispositions spéciales
Les zones frontalières bénino-nigériannes de Sèmè-Kraké, d’Ifangni et d’Owodé ont été placées sous haute surveillance sanitaire, afin de prévenir la maladie. A ce jour, le Bénin n’a enregistré aucun cas de décès lié à cette épidémie à virus Ebola. Toutefois, le pays assure la veille permanente en vue de conserver cette tendance.
Au niveau de chacune des trois frontières précitées, la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure. En témoignent les dispositifs qui y ont été installés. Toutes les mesures semblent être prises pour contrôler l’infiltration sur le territoire béninois, de ce fléau que l’on pourrait qualifier comme étant le "mal de l’année 2014".
La frontière de Sèmè-Kraké, classée 2e du Bénin au rang des frontières, enregistre le flux migratoire le plus important comparativement aux autres. Selon les données du Commissariat de police de la localité, les statistiques à l’entrée de la frontière présentent 1600 personnes manifestées et à la sortie 1200 comme flux manifesté dans une semaine. Pour maîtriser cette masse humaine, le ministère de la Santé a délégué des agents de santé en leur assignant des objectifs bien spécifiques : prise systématique de température des passants, règles d’hygiène obligatoires à respecter…
Depuis le début de l’épidémie, le Bénin a pris des dispositions sanitaires en vue de mieux maîtriser la situation, informe Sylvère Dégbélo, infirmier à la frontière de Sèmè-Kraké. «Le ministère de la Santé nous a fourni des habits de protection et nous sommes également tenus de respecter les mesures d’hygiène», a-t-il expliqué. «Ces habits leur permettraient de se mettre en conditions réelles en cas de survenue d’un cas réel», a-t-il poursuivi.
Aussi, la sensibilisation fait-elle partie des mesures de prévention pour lesquelles le Bénin a opté. Des affiches et un dispositif de sonorisation ont été installés pour mieux informer les populations des manifestations de cette maladie. L’entrée par la frontière des dépouilles mortelles sur le sol béninois est systématiquement interdite.
Même combat, mêmes moyens
Owodé, l’autre frontière située à quelques kilomètres de Sèmè-Kraké, s’est aussi inscrite dans cette logique. Ici, la frontière est presque inanimée, mais ‘’Ebola’’ constitue un souci permanent. Des mesures sanitaires sont mises en place notamment par la partie nigériane pour un contrôle efficace de la situation. Bien mieux qu’à Sèmè-Kraké, la frontière d’Owodé a élargi sa gamme de sensibilisation au profit des usagers. Un dispensaire y est installé à cet effet.
Mais les frontières de Sèmè-Kraké et d’Owodé ne sont pas les seules à maintenir la veille contre l’épidémie à virus Ebola. Igolo, première zone frontalière reliant le Bénin au Nigeria ne perd également pas de vue la nécessité de préserver ses usagers de ce virus. Tout comme la frontière de Sèmè-Kraké, celle-ci est également poreuse. Les données indiquent environ 150 personnes à l’entrée et à la sortie tous les jours de la semaine. Ici, des agents en blouse blanche maintiennent la garde contre ‘’le mal de l’année 2014’’. Les mesures de prévention et de protection ne diffèrent pas de celles prises au niveau des autres frontières. Au niveau de cette frontière aussi, le combat contre ‘’Ebola’’ bénéficie des mêmes moyens de prévention. Jusque-là, les dépouilles mortelles sont interdites de passage. Un dispositif de lavage des mains y a été mis en place.
Les affiches pour la sensibilisation, couplées avec la prestation des animateurs musicaux pour la sensibilisation en anglais, français et en yoruba avec l’appui du ministère de la Santé, viennent en appui au dispositif de lutte, renseignent Victor Koukpakou et Apollinaire Agbangla, tous deux, agents de santé à la frontière d’Igolo.
Si la tendance de contamination de la fièvre à virus ‘’Ebola’’ a baissé depuis quelques temps dans les pays touchés, il ne demeure pas moins que le Bénin a cerné l’enjeu et maintient intact son dispositif de prévention contre le phénomène.

Les acteurs du système sanitaire béninois se réunissent depuis hier lundi 26 janvier à Bohicon dans le cadre de la revue annuelle du Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN). L’objectif principal de cette rencontre est de faire le point des activités de la lutte en 2014 et envisager les perspectives pour 2015.
Pour les présentes assises, les médecins de zones ainsi que les divers acteurs intervenants comme relais communautaires du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles sont mobilisés durant les quatre jours que dureront les travaux de cette revue annuelle. Les affections les plus fréquentes au niveau de la population béninoise sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les affections gastro-intestinales, les lésions traumatiques, les diarrhées, les anémies, les affections dermatologiques, l’hypertension artérielle, les affections urogénitales, les affections respiratoires, sans oublier des affections oculaires. S’agissant des maladies tropicales négligées dites MTN, elles sont un groupe de maladies transmissibles qui sévissent dans les pays pauvres comme le Bénin et pourrissent la vie aux personnes vulnérables en mettant en péril leur santé. On dénombre dans le monde, plus d'un milliard de personnes dont des milliers au Bénin, souffrant d'une ou plusieurs maladies tropicales négligées. La plupart de ces maladies sont des maladies parasitaires dues à des protozoaires ou des helminthes. Au Bénin, c’est le Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMT) dirigé par Dr Wilfrid Batcho qui travaille à l’éradication de ces maladies dites des pauvres.
A l’ouverture des travaux de ces assises, Dr Jean-Jacques Tougoué, conseiller technique en charge du Bénin pour le RTI / Washington aux USA, a indiqué qu’il n’est un secret pour personne aujourd’hui que ces maladies dites MTN impactent disproportionnellement les populations pauvres et rurales qui n'ont pas accès à l'eau potable, à l'assainissement, et aux médicaments essentiels. Il a saisi l’occasion de cette revue annuelle pour saluer la volonté du Bénin à venir à bout de ces maladies en se dotant d’un plan national de lutte intégrée contre les maladies tropicales négligées pour les prochaines années. Il s’agira au cours de cette rencontre, poursuit-il, non seulement de faire le bilan de l’année 2014 mais aussi de tracer les perspectives pour la nouvelle année. Cependant, ceci interviendra après la mise en échelle des activités dans ce secteur. Une mise à l’échelle qui aura permis de partir de zéro cartographie à huit cartographies avec l’espoir de voir tout le Bénin être cartographié au cours de cette année 2015 sans occulter les traitements de masse.
Toutefois, pour Dr Jean-Jacques Tougoué, le véritable défi, c’est la qualité des résultats. Il convie donc les participants à beaucoup insister sur la qualité des résultats.
Invité à prendre la parole pour procéder à l’ouverture de cette rencontre en lieu et place du ministre de la Santé empêché, le directeur départemental de la Santé (DDS) du Zou-Collines, François Kossouoh devait rappeler l’importance de cette rencontre qui vise à faire le bilan des actions menées sur le terrain en 2014 par le Projet de lutte contre les maladies tropicales. Il a précisé que les données recueillies lors des différents traitements de masse de 2014 seront mises à jour. Aussi, faut-il faire le point de l’expérience de la collaboration avec le réseau MTN dans le cadre de la motivation des relais communautaires et du personnel de santé.
Outre les communications qui seront présentées par des spécialistes sur des activités exécutées, les participants auront également droit à des présentations par zones sanitaires des actions de lutte contre les MTN. Des maladies qui rôdent dans notre environnement où elles détruisent silencieusement et sûrement des vies innocentes étant donné que les conditions de vie et d'hygiène ne sont pas encore celles désirées.

Au nombre des réformes engagées pour assainir le baccalauréat béninois, figure celle consistant à exiger l’obtention du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) ou du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) des candidats en lice. Mais cette mesure qui vise, selon le directeur de l’Office du baccalauréat, à réduire le taux d’échec à cet examen n’est pas du goût de tous les acteurs de l’éducation nationale.
A compter de cette année, aucun candidat libre ne saurait être admis sur la liste des candidats à l’examen du baccalauréat au Bénin, s’il n’est détenteur du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) ou du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Il s’agit d’une mesure prise par les autorités chargées de l’organisation du premier diplôme universitaire au Bénin.
C’est en vertu de cette mesure qu’il est exigé, parmi les pièces constitutives du dossier de candidature au baccalauréat, l’attestation du BEPC ou du CAP. Selon Alphonse da Silva, directeur de l’Office du Baccalauréat, cette exigence ne concerne pour le moment que les candidats libres. Mais avec le temps, elle sera étendue à tous les candidats. Sur les motifs qui la sous-tendent, il soutient qu’elle vise à limiter le taux d’échec. Ainsi, chiffres à l’appui il rappelle que les résultats du BAC depuis quelque temps, sont en régression. A titre d’exemple, il se réfère à la session de 2014 qui a enregistré un taux d’admissibilité de 24%. Ce qui signifie que moins d’un candidat sur quatre a été déclaré admissible. Evaluant à plus de 12.000 le nombre de candidats ajournés, il souligne que les trois-quarts relèvent du lot des candidats libres. Parmi eux, figurent des candidats qui ont réuni 1,22 comme moyenne. «Ce sont des candidats qui n’ont pas le niveau», se désole-t-il avant d’ajouter que ce sont eux qui ont plombé le BAC 2014. Dès lors, avec la mesure consistant à empêcher les candidats libres n’ayant pas le BEPC ou le CAP, on pourrait parvenir à réduire le taux d’échec. Car, au nombre des candidats libres, on n’en compte qui n’ont jamais fait le collège et qui viennent tenter leur chance au BAC. Or, insiste-t-il, le candidat titulaire de l’un ou l’autre de ces deux diplômes est susceptible d’avoir les pré-requis pour affronter les épreuves du BAC.
Par ailleurs, poursuit Alphonse da Silva, la mesure n’est pas propre au Bénin. Elle vise plutôt à mettre le pays en harmonie avec les dispositions en vigueur au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) au sujet de cet examen. Au Togo, explique-t-il encore, il faut d’abord être admis au probatoire avant d’être candidat au BAC.
Tous ne sont pas pour…
Angelo Agossou, un autre candidat libre, n’apprécie pas cette mesure. Selon lui, cette décision manque de réflexion. Car poursuivit-il, un examen est une question de chance. «Nous avons aujourd’hui des candidats qui ont fait la classe de Troisième et qui ont le niveau mais malheureusement n’ont pu obtenir le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) ou le CAP», fait observer Angelo Agossou. «Cette décision va recaler plusieurs candidats qui ont juste besoin du diplôme de BAC pour évoluer dans la vie active. Le niveau d’un candidat ne se juge pas par rapport à ces diplômes antérieurs mais plutôt par rapport aux épreuves proposées par l’Office du Baccalauréat. L’institution doit tenir compte du niveau du programme d’études pour proposer les épreuves d’examen», souligne ce candidat.
Abondant dans le même sens qu’Angelo Agossou, Chantal Zokpodo, une candidate libre, propose quant à elle, qu’on range cette décision. Pour elle, les candidats qui ont abandonné l’école et qui reviennent pour avoir le diplôme du BAC ne sont pas moins intelligents. «Ce sont des gens qui reviennent pour avoir le diplôme et trouver un job pour évoluer dans la vie active. Il y a des élèves qui sont encore sur les bancs et qui composent mais qui malheureusement sont ajournés. Je n’admets pas cette mesure, car des jeunes brillants sont là sans le brevet mais utilisent convenablement leur Baccalauréat pour faire des activités», soutient Chantal Zokpodo, candidate libre au baccalauréat 2015.
A quoi servirait la mesure?
Anselme Amoussou, secrétaire général adjoint de la Confédération des Syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin) et enseignant du secondaire, n’approuve pas non plus cette mesure. Il rappelle que la direction de l’Office du baccalauréat prend depuis l’an dernier certaines mesures pour accroître la crédibilité du BAC béninois. Mais ces mesures ne lui paraissent pas comme «des solutions justes». Elles sont relatives comme l’exigence du BEPC ou du CAP ou de tout autre diplôme admis en équivalence lui semblent «superflues, pas assez réfléchies», voire «non pertinentes». Pour lui, un candidat libre est un déscolarisé et qui est déjà dans la vie active mais n’a pas eu la chance de finir ses études et cherche à se cultiver. Dans ce lot, on retrouve des gens qui ont fait la Troisième et même la Terminale sans avoir obtenu le BEPC. Mais aujourd’hui, poursuit-il, ils décident de passer le BAC. On ne saurait les empêcher de réaliser leur ambition, laisse entendre Anselme Amoussou, ajoutant que lorsqu’on grandit en âge, on atteint une certaine maturité permettant de décrocher le BAC sans avoir eu le BEPC. Alors, il se demande à quoi servirait la mesure imposant aux gens d’avoir forcément le BEPC avant le BAC, s’ils sont déjà dans la vie active et qu’ils ont seulement besoin de ce diplôme pour pouvoir poursuivre leurs études. Par rapport à la réduction du taux d’échec au BAC, il souligne que la mesure est «une mauvaise solution à un réel problème». A ce propos, il relève que les échecs massifs au BAC ne datent pas d’aujourd’hui. «On a rarement atteint 30%, 50%», soutient l’enseignant. Ainsi, la réduction des taux d’échec doit conduire les autorités à se demander comment les apprenants sont encadrés pour passer de classe en classe jusqu’à atteindre la Terminale. Par ailleurs, il ajoute que la mesure rejoint celle prise pour empêcher les enfants n’ayant pas atteint la Terminale de se présenter au BAC. «Où met-on le cas des surdoués ?», s’interroge Anselme Amoussou. La mesure vise tout simplement à empêcher des citoyens dans leur épanouissement, conclut-il. Celui-ci n’approuve pas le fait que l’on accuse les candidats libres de constituer le gros lot des ajournés. Sinon, nuance-t-il, cela revient à dire que la majorité des candidats est constituée des candidats libres.
Une mesure à soutenir
Brice Dahoui, directeur du Collège d’enseignement général Sainte Rita de Cotonou, dit n’être pas associé de façon officielle comme d’autres collègues à une telle mesure. Néanmoins, cela ne l’empêche pas de la trouver pertinente. Ainsi, développant le même argumentaire que le directeur de l’Office du baccalauréat, il indique que la mesure est prise après un constat. Selon lui, au fil des ans, «le nombre de candidats ajournés va crescendo». Ainsi, soutient Brice Dahoui, cette mesure permet-elle d’avoir des candidats plus ou moins fiables en ce qui concerne le niveau intellectuel. Il invite les acteurs de l’éducation à encourager cette disposition. A ce propos, il relève qu’un apprenant qui n’a pas pu obtenir son BEPC en classe de Troisième, peut se rattraper en Seconde ou tout au plus en Première. Sinon, dit-il, poursuivre deux diplômes en Terminale, n’est pas une bonne chose. «A l’avenir, il faudra étendre la mesure aux candidats officiels dans les établissements publics et privés reconnus», plaide-t-il.
Donatien Houdéhou, un candidat libre rencontré au centre de Gbégamey pour le dépôt de son dossier, a pour sa part approuvé la mesure. Pour lui, c’est très juste cette décision de la direction de l’office du baccalauréat. «Les choses doivent se faire dans l’ordre selon le programme du pédagogue. Sans le BEPC ou le CAP, on ne peut pas prétendre avoir le Bac», indique le candidat.
La mauvaise habitude prise, durant des années, par les candidats et qui consiste à abandonner ou à négliger un diplôme au détriment d’un autre doit cesser. Dans la pédagogie, le CEP précède le BEPC et le BAC, soutient Donatien Houdéhou. Selon lui, c’est certainement la fin de la récréation que la direction de l’Office du BAC veut siffler en mettant en œuvre cette mesure. Si les relevés ou certificats de ces diplômes font partie des pièces à fournir pour le dépôt des dossiers au Bac pour les candidats libres, cela permettra, selon lui, de faire le tri et de savoir qui peut affronter cet examen.
Actualités 21 janv. 2015

Le ministre en charge de la Sécurité publique, Simplice Dossou Codjo, reconnaît et salue les efforts du personnel civil de son département ministériel. A cet effet, il a procédé, hier lundi 19 janvier, dans l’enceinte du ministère, à la remise des lettres de félicitation aux agents méritants, au titre de l’année 2014.
Environ une centaine d’agents membres du personnel civil du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes (MISPC) a été distingué et félicité pour son dévouement au travail. Au titre de l’année écoulée, ils ont notamment contribué à l’atteinte de certains résultats. Ils ont œuvré pour qu’«à la date du 30 septembre 2014, le taux d’exécution du budget hors-dépenses du personnel est de 83,51% sur la base des engagements, et de 68,12% sur la base des ordonnancements». La réalisation de ces performances force l’admiration du ministre qui s’est dit satisfait des efforts que ne cessent de fournir ses collaborateurs, les membres de son cabinet, et autres agents des structures sous tutelle.
«En prenant l’initiative d’adresser des lettres de félicitation au personnel de mon département, j’ai voulu encourager des agents à différents niveaux de la hiérarchie, pour les efforts louables qu’ils ont accomplis en 2014», a fait savoir le ministre Simplice Dossou Codjo.
En effet, c’est depuis sa prise de service en août 2014 qu’il s’est inscrit dans la dynamique de l’évaluation des performances au sein du MISPC. Laquelle évaluation, avait-il souligné, doit aboutir à des sanctions positives ou négatives.
Selon lui, la présente remise de lettres de félicitation se situe dans le cadre de la sanction positive. Par le biais de ses propres services de renseignements, de comptes rendus et autres rapports de l’Inspection générale du ministère, il constate que certains agents ont bien reçu l’appel à un changement de comportements, et sont devenus ponctuels et assidus au travail. Et, c’est sur la base de ces qualités que les récipiendaires ont été identifiés par leurs supérieurs hiérarchiques, comme agents méritants.
Cependant, le ministre dit ne pas être satisfait du reste des agents qui continuent de venir en retard au travail. Pour lui, l’agent qui vient en retard, est déjà dans la contre-performance.
Il a alors invité tout le personnel à percevoir la présente distinction comme une sorte d’émulation au sein du ministère, afin d’aller plus loin dans l’atteinte des objectifs.
Il exhorte les récipiendaires à travailler davantage afin de continuer à être des agents modernes pour toute la nation.
Simplice Dossou Codjo attend surtout que le taux d’exécution du budget exercice 2015 du MISPC soit amélioré à 95%, voire à 100%.
Le ministre annonce, par ailleurs, que des réflexions sont en cours aux fins d’identifier, par semestre ou par an, le meilleur agent, et de le gratifier en conséquence. La conscience du travail bien fait, soutient-il, ne doit pas rester sans récompense au sein du ministère. Dans cette perspective, il n’y aura pas que le personnel civil à distinguer. Et pour cause, l’autorité entend également récompenser les agents de sécurité méritants.
Pour sa part, le porte-parole des récipiendaires, Bertin Dossou, a salué un «acte d’une grande portée en matière de motivation du personnel». Il souhaite qu’un accent particulier soit accordé à la motivation du personnel, car, rappelle-t-il, les ressources humaines constituent le capital le plus précieux de toute structure.
Il s’engage, au nom de ses collègues, à redoubler d’ardeur et d’efforts pour le rayonnement du ministère.
Il importe de préciser qu’au titre de l’année écoulée, le tableau d’honneur est revenu au directeur général de l’Agence béninoise de Gestion intégrée des Espaces frontaliers (ABeGIEF), Marcel Ayité Baglo, pour ses nombreuses initiatives.

Mécontents du calendrier des examens, les étudiants de l’Ecole des sciences et techniques du bâtiment et de la route (ESTBR) entité du Centre universitaire d’Abomey, l'ont bruyamment manifesté dans la matinée d’hier jeudi 15 janvier. Très tôt à l’aube, ils se sont mobilisés dans l’enceinte de l’établissement en bloquant toutes les issues avant d’allumer le feu.
L’ambiance qui a régné hier matin sur le site l’ESTBR était inhabituelle. La surprise, l’étonnement et l’inquiétude étaient bien perceptibles sur les visages. La situation était telle que les éléments de la Gendarmerie s’étaient déployés sur les lieux pour sécuriser l’essentiel et assister les autorités académiques menacées.
En effet, les étudiants ont bloqué tôt le matin toutes les portes avec un mélange de colle super-glue et du sable, puis ils ont disposé des tas de pneus aux entrées avant d'y mettre le feu. Face à un tel acte, les responsables académiques n’en reviennent pas de savoir que des étudiants contestent le calendrier des examens et en proposent un autre sous le prétexte qu’ils n’ont pas eu le temps nécessaire pour étudier.
Depuis le 4 décembre 2014, en effet, le calendrier des examens programmés a été rendu public pour démarrer le 5 janvier du retour des congés pour les fêtes de fin d'année. Mais à la reprise des activités le 5 janvier dernier, les étudiants se sont entendus pour ne pas venir composer. Raison avancée: les fêtes qui ne leur auraient pas donné le temps d’étudier. Ainsi, ont-ils exigé aux responsables de l’école de reporter les compositions à une date ultérieure.
Selon El Awal Mohamed Yékini, responsable des étudiants, ce mouvement vise à réclamer une semaine supplémentaire pour pouvoir composer dans de bonnes conditions. Car, dit-il, le calendrier tel qu’il se présente, ne permet pas aux étudiants de bien rendre ce qu’ils ont appris durant des mois.
Rencontré sur les lieux hier, le directeur de l’école ESTBR, le professeur Edmond Adjovi s’étonne de cette exigence des étudiants. Il soutient que nulle part, ce ne sont pas les étudiants qui fixent la date des examens. Il indique leur avoir servi en son temps que ce n’est pas possible et que l’école est tenue par un calendrier académique strict. D’ailleurs, ajoute-t-il, des contrôles continus ont été déjà faits dans les matières en question. Selon lui, les étudiants sont donc déjà préparés à cet effet, il ne leur reste qu’à faire un petit effort supplémentaire. Mais ceux-ci ont choisi de boycotter les examens et se sont plutôt organisés pour mettre le feu aux infrastructures universitaires.
Pour le directeur Edmond Adjovi et le recteur Norbert Awannou, c’est clair qu’on est ici dans une école professionnelle où les règles académiques sont strictes. Et dans le cas d’espèce, la sanction ne fait l’objet d’aucun doute. L’étudiant qui n’a pas composé a zéro comme note. Il n’y a pas à transiger là-dessus. Ils sont libres de ne pas composer, mais ils n’ont pas le droit de mettre le feu aux bâtiments de l’école, concluent les deux responsables.

Le palais du roi Houégbadja situé à l’arrière-plan du palais central de Wéhondji à Abomey a été entièrement consumé par le feu dans l’après-midi d’hier mercredi 14 janvier. En l’espace de quatre ans, c’est la troisième fois que le feu dévore ce palais rénové à coût de centaine de millions grâce à l’appui des bailleurs allemands et retenu comme patrimoine mondial de l’UNESCO.
Après le dépôt de bois des Chinois à Bohicon et un magasin au marché Houndjro à Abomey qui ont été dévorés par le feu la semaine écoulée, c’est le tour hier mercredi 14 janvier, dans l’après-midi, du palais rénové du roi Houégbadja d’être consumé. L’incendie qui serait parti, selon les témoins, d’un feu de brousse, s’est déclaré aux alentours avant de gagner l’enceinte même du palais du roi Houégbadja. Par ces temps de sécheresse, les flammes attisées par l’harmattan ont tout ravagé sur leur passage. Le palais n’étant pas habité, personne n’a pu sonner l’alerte pour que le feu soit maîtrisé à temps. Les riverains aussi sont restés impuissants. L’arrivée des sapeurs-pompiers sur place n’a pas servi à grand-chose non plus. Très tôt, ils étaient à court d’eau et ont dû replier, laissant le feu achever son œuvre. Le bilan ne fait état d’aucune perte en vie humaine. Mais pour avoir subi trois fois en l’espace de quatre ans les assauts des langues de feu, ce palais qui avait pourtant bénéficié de plus de cent millions de F CFA n’a plus rien d’un palais. D’ailleurs, avant l’incendie d’hier, il n’abritait que les hautes herbes et autres reptiles qui y ont conçu leurs habitats, cadre idéal ou de choix pour les enfants qui s’exercent à la petite chasse. Et, même la devanture tient lieu de bistrot puisqu’il accueille régulièrement les tables et les chaises d’une buvette installée juste en face.
Les riverains des lieux qui visiblement ne semblent pas surpris de l’incendie d’hier, peut-être parce que habitués désormais, incriminent plutôt les responsables qui ne feraient rien à leurs yeux pour protéger le site. A preuve, le conservateur des lieux, face à l’ampleur des flammes et à l’impuissance des sapeurs-pompiers qui ne disposaient plus d’eau, a rapidement décampé. Puis, joint un peu plus tard au téléphone par notre équipe, il a préféré se débiner en confiant qu’il a perdu son père, donc qu’il n’est pas présent, alors qu’il était sur les lieux un peu plus tôt.
Face à ce drame qui se répète tous les ans au niveau de ce palais, il urge de faire le bilan et de tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne faut pas oublier que c'est ce même palais qui a été réhabilité récemment grâce à l'appui de la République fédérale d'Allemagne avec une contribution à hauteur de 116 millions de F CFA et que les précédents incendies avaient été qualifiés d’intentionnels. Pour quelle cause ? En tout cas, à Abomey, les guéguerres entre les clans pour la succession au trône ou son contrôle ne manquent guère.
Sur place, la représentante de la Coopération allemande, Renate Kraub-Pôtz était désespérée face à ce drame. Elle n’a pas pu contenir ses émotions en lâchant "Mon pays, la République fédérale d'Allemagne a investi près d'une centaine de millions de FCFA pour la réhabilitation de ce musée incendié".

Le chef de l’Etat s’est entretenu, mercredi 24 décembre dernier, avec les acteurs de la filière ananas. Il leur a annoncé la mise en place d’un programme intégré pour les aider à atteindre l’objectif de production à 600 000 tonnes.
Comment réorganiser les producteurs pour booster la filière ananas ? Quels types de soutien l’Etat doit-il apporter aux acteurs à divers niveaux afin de faire de l’ananas, une culture d’exportation à forte valeur ajoutée ? Ces questions ont meublé mercredi dernier les échanges entre le président de la République et les responsables d’organisations professionnelles de producteurs, transformateurs et exportateurs d’ananas. «Nous avons fait le point sur l’évolution de la filière et nous nous sommes engagés dans la vision de porter la production d’ananas à 600 000 tonnes à l’horizon 2017», confie Athanase Akpoé, président de la Fédération nationale des coopératives de producteurs d’ananas au Bénin. Actuellement, environ 7000 hectares d’ananas sont emblavés pour une production de 300 000 tonnes. Les difficultés liées au développement de la filière ont été passées au peigne fin, et le président de la République a annoncé la mise en place d’un programme intégré de développement de la filière ananas. «Nous sommes actuellement confrontés à la dégénérescence variétale. Il faut renouveler les souches pour introduire de nouvelles variétés d’ananas. Il nous faut aussi augmenter le volume de rejets. Pour atteindre cet objectif de 600 000 tonnes, il faut produire un million de rejets », fait observer Athanase Akpoé qui indique que la recherche se penche déjà sur la question des variétés, avec l’appui du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD). Au titre des exportations, le Bénin souffre toujours du manque d’équipements, du problème d’emballage et de la certification de l’ananas par des organismes régionaux et internationaux. «Notre aéroport ne répond pas aux normes. Mais actuellement, le ProCAD est en train de nous aider à mettre en place les installations frigorifiques», tempère Athanase Akpoé qui exprime une forte attente des producteurs à la mise en place de ce programme intégré.
Actualités 24 déc. 2014

Mercredi 24 décembre, veille de la fête de la Nativité, la communauté chrétienne a commémoré la naissance du sauveur Jésus-Christ. Les fidèles de l’église catholique Saint Jean-Baptiste de Cotonou n’ont pas dérogé à la tradition. Ils se sont rappelé l’événement à travers la messe de nuit à l’occasion de laquelle le curé, père Pamphile Fanou a mis leur conscience en phase avec la grande leçon d’amour que Dieu donne à l’humanité.
Tout est lumineux et scintille depuis la cour de l’église Saint-Jean Baptiste jusqu’à l’intérieur. Et sur l’autel, la crèche vivante symbolisant la naissance de l’Enfant Dieu. C’est la fête de la naissance de Jésus-Christ, lumière du monde et signe de l’amour de Dieu pour l’humanité. En témoignent les textes bibliques lus à l’occasion, à savoir Esaïe 9, 1-6; Tite 2, 11-14 et Luc 2, 1-14.
Après la lecture des trois textes, l’abbé Pamphile Fanou, curé de la paroisse, revient, dans son homélie, sur le sens de Noël. Cette célébration signifie la fête de l’espérance, de la joie malgré les difficultés ayant marqué la vie des humains tout au long de l’année. C’est pourquoi, dit-il, partout tout respire la fête et la joie avec la lumière qui brille. Mais au-delà, cette célébration interpelle quand on sait que c’est par amour pour les hommes que Dieu a fait don de son Fils unique par son incarnation. La naissance de Jésus est la manifestation vivante de l’amour de Dieu. Cet amour, a-t-il poursuivi, obéit à trois lois fondamentales. D’une part, il fonctionne selon la loi de la présence. Car, en envoyant Jésus, Dieu a pris chair et s’est fait homme pour être avec nous les hommes. C’est donc le signe de sa présence avec l’humanité. Quand on aime quelqu’un, a-t-il souligné, on aime être en sa présence. Et c’est ce que Dieu a fait en se faisant porter par la Vierge Marie.
Le nom de Jésus révélé par les anges, c’est Emmanuel qui signifie Dieu avec nous, a rappelé le curé.
D’autre part, cet amour a conduit Dieu dès l’origine à faire l’homme à son image. Mais avec l’avènement de Jésus, c’est Dieu lui-même qui prend la condition humaine, excepté le péché. A ce niveau, le père Pamphile Fanou a noté que quand on aime quelqu’un, on doit chercher à être comme lui, à vivre ses réalités, à lui ressembler. Selon lui, quand une femme et un homme qui s’aiment vraiment vivent ensemble, ils finissent par se ressembler. Enfin, la troisième loi de l’amour de Dieu, n’est rien d’autre que le don. Dieu, à travers la personne de Jésus, s’est donné à l’humanité afin de la sauver.
C’est donc l’amour qui est la clé de lecture de Noël, a insisté l’abbé Pamphile Fanou, avant d’exhorter la communauté des fidèles et même tout le peuple béninois à s’inspirer de cette démarche de Dieu. Dans tous les domaines, l’amour doit être la priorité de la vie. Préoccupé par la situation politique du pays, il a fait savoir que, malgré les divergences et les différences, l’amour doit prendre le pas sur tout. «L’amour abolit les distances. Pas de gauche, pas de droite. Pas de Nord, pas de Sud. Nous sommes les mêmes», a-t-il martelé au regard de la situation socio-politique actuelle du Bénin. Et donnant lui-même l’exemple, il a invité à la célébration un fidèle de l’église protestante, père d’un bébé né quelques heures à la maternité Saint-Jean non loin de l’église catholique. Il a demandé et obtenu de lui de baptiser l’enfant à l’église catholique hier jeudi 25 décembre à 11h. «L’enfant
s’appellera Emmanuel Noël», a-t-il annoncé. Des cadeaux ont été offerts au nouveau-né par le biais de son père au cours de la messe sous les ovations de fidèles qui criaient de joie.

Le Parti communiste du Bénin (PCB) a organisé, mercredi 24 décembre dernier à son siège à Cotonou, un point de presse sur les grands sujets brûlants de l’actualité socio-politique nationale. Du blocage du processus électoral à la nécessité d’un dialogue politique, en passant par la recomposition du paysage politique et le récent forum sur l’éducation, rien n’a été occulté au cours de ce point de presse animé par le Premier secrétaire du Parti, Philippe Noudjènoumè.
Depuis quelques mois et dans l’attente des élections, on assiste à une recomposition de l’échiquier politique national avec la création de nouvelles formations politiques dont récemment l’Alliance «Soleil» et l’Alliance nationale pour la démocratie (AND). De l’analyse faite par le Parti communiste du Bénin (PCB), il ressort que ces derniers regroupements politiques ont des relents régionalistes. Sur ce, le Premier secrétaire du parti, Philippe Noudjènoumè, dénonce «des conciliabules souterrains, des complots de toutes sortes en dehors et à l’encontre des intérêts du peuple». Il va jusqu’à s’interroger sur le statut d’opposition au pouvoir en place, des nouveaux regroupements.
Un ensemble hétéroclite
Philippe Noudjènoumè précise que la Plate-forme des Organisations pour des élections crédibles dont fait partie le PCB, n’est pas à proprement parler un regroupement politique. Elle est, à l’en croire, un ensemble hétéroclite de partis, d’organisations politiques et sociales visant à renforcer la veille démocratique jusqu’au départ de l’actuel chef de l’Etat au plus tard le 6 avril 2016.
La non disponibilité de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI) en vue d’aller aux élections n’est pas du goût des communistes. Le PCB déplore l’attitude de la structure chargée d’actualiser le fichier électoral national, en l’occurrence le Conseil d’orientation et de supervision de la LEPI (COS-LEPI), Philippe Noudjènoumè invite le Parlement à sonner le glas du COS-LEPI qui, rappelle-t-il, est en train de passer plus d’un an et demi au lieu de six mois au départ. Il propose alors la confection d’une liste ad’ hoc manuelle en dehors de cette structure, mais sous la responsabilité de la Commission électorale nationale autonome (CENA) en concertation avec les différentes forces politiques toutes tendances confondues. L’objectif est d’éviter l’impasse sur les élections législatives constitutionnellement prévues dans quelques mois.
Le PCB souhaite par ailleurs que tout candidat à l’élection présidentielle ait, au préalable, fait ses preuves au sein d’un parti politique. «Notre peuple a trop souffert d’oiseaux rares sortis de nulle part», pense le Premier secrétaire du PCB.
La question du dialogue politique
Le dialogue politique que réclament l’Opposition et la Majorité présidentielle a été également passé au peigne fin par Philippe Noudjènoumè qui estime que «l’appel au dialogue par le gouvernement est une manœuvre pour gagner du temps face à l’impasse». Toutefois, en dehors du «désaccord sur la liste électorale», le PCB accepte d’aller audit dialogue sur la base des autres points retenus par la Plate-forme.
En effet, la proposition de loi du député Bruno Amoussou consistant à prendre «la version optimale de la LEPI» pour l’organisation des élections en 2O15 ne reçoit pas l’assentiment du PCB. Cette proposition, indique Philippe Noudjènoumè, n’engage pas non plus le Parti ni la Convention patriotique des forces de Gauche (CPFG) dont il est le président.
Il a saisi l’occasion pour signaler que le dernier forum national sur l’éducation n’a pas permis de diagnostiquer les véritables maux du secteur, de préconiser les mesures de rupture avec le système éducatif en cours.