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Nouvelles

Musique: Michel Pinheiro en concert ce dimanche à Cotonou
Il revient aux sources pour égayer son public. Le salséro béninois Michel Pinheiro sera sur scène, ce dimanche 9 avril, à l’espace Bamboo numerik à Cotonou. L’artiste promet de plonger les mélomanes dans une ambiance enivrante au rythme des tambours d’Afrique de l’Ouest, sur les cadences de la salsa afro et au son de son trombone et de sa voix.« La salsa afro-cubaine made in Benin », voilà le style dans lequel Michel Pinheiro va faire vibrer son public, ce dimanche, à l’espace distractif Bomboo Numerik sis à Cadjèhoun. Organisé par Laboratorio Arts contemporains, ce concert consacre le retour sur scène d’un ambassadeur de la culture béninoise qui a su intégrer la richesse artistique de ses origines Yoruba aux rythmes modernes. L’homme de Pobè entend bien le démontrer sur scène ce dimanche avec une bonne partie de salsa afro cubaine aux tambours d’Afrique. Ce concert n’est pas la première production de Michel Pinheiro devant le public béninois. Pour rappel, l’artiste a donné son premier concert grand public au Bénin en 2008. Il reviendra en 2010 pour présenter à son public, son troisième album baptisé «Bénin» et qui a été réalisé entre les villes d’Abidjan et de Paris. Avant cet album, l’artiste a lancé sa carrière de compositeur en 1999 avec un premier album solo dénommé «Espoir», dont le titre phare est «Paysan». A Paris où il vit désormais, il monte son premier groupe dénommé «Ayo’mbè» qui signifie : « Il y a de la joie ». C’est avec ce groupe que Michel Pinheiro va sortir en 2004, son deuxième album dénommé «Agoh». Originaire du Plateau, Michel Pinheiro est né à Pobè, une commune du sud Bénin. En 1992, alors qu’il avait 27 ans, il se rend à Abidjan en Côte d’Ivoire où, entre rencontres intéressantes et curiosité, il va parfaire son art et apprendre à jouer du trombone à coulisse… Michel Pinheiro sera pendant plus d’une quinzaine d’années, le chef orchestre du reggae man Tiken Jah Fakoly qu’il accompagne sur toutes les scènes mondiales. Depuis 2014, Pinheiro évolue avec le groupe African Salsa Orchestra (Aso), un ensemble de 8 musiciens d’origines béninoise, camerounaise, congolaise, cubaine et française dont il est le chef. En 2017, dans une formation élargie à 15 musiciens, le groupe Aso a sorti son premier album éponyme qui a fait le tour de plusieurs festivals à travers le monde. Sports 07 avr. 2023


Dr Fifamè Houssou Gandonou, pasteure et spécialiste en féminisme: « La protection de la femme est urgente parce qu’elle est une personne vulnérable … »
Auteure des ouvrages « Les fondements éthiques du féminisme: réflexion à partir du contexte africain » et « La violence sexuelle parmi les adolescents : une réflexion théologique et éthique », Dr Fifamè Fidèle Houssou Gandonou est pasteure de l’Église protestante méthodiste du Bénin, depuis 1998. Cette militante des droits humains, présidente d’Ong et directrice de complexe scolaire à Porto-Novo, apprécie positivement les nouvelles lois protectrices de la gent féminine et propose des compléments d’actions. La Nation : Pasteure et féministe, n'est-ce pas deux professions incompatibles puisque a priori, le pasteur est pour tous les chrétiens, hommes et femmes ? Dr Fifamè Houssou Gandonou: Comme vous le dites si bien, beaucoup pensent que les deux professions sont opposées, incompatibles. En réalité, en tant que pasteure féministe, nous pensons qu'elles se complètent et ont bien plus en commun qu'on ne l'imagine, surtout par rapport à la justice sociale. La Bible rend compte du salut pour tous en Jésus Christ. Et lorsque nous la lisons, les thèmes de justice et de dignité pour l'humanité nous interpellent. L’attitude de Jésus vis-à-vis de la femme participe à cette mission de libération. C’est vrai que le féminisme porte plusieurs définitions et traîne également plusieurs connotations négatives. Or, le féminisme développe une approche qui n’est plus isolée et individuelle. Geneviève Fraisse précise clairement la vision du féminisme quand elle déclare, l’égalité entre les sexes est l’utopie nécessaire du féminisme. En tant que chrétienne, pasteure, notre féminisme est préoccupé par la dignité et les droits de tout être humain, femme ou homme. Quels que soient notre sexe, notre nationalité, notre religion, nos compétences ou toute autre chose, nous sommes tous et toutes dignes de contrôler nos vies, d'être rétribués de manière égale pour le travail que nous accomplissons et d'avoir les mêmes chances de connaître le bonheur et le succès dans la société qui est la nôtre. C’est pourquoi au-delà du discours, le féminisme doit se traduire dans les actions concrètes. Au-delà du discours revendicatif, il s’oriente vers le vécu des femmes elles-mêmes en vue d’un changement. Dans ce sens, nous faisons nôtre la pensée du Cercle des Théologiennes africaines engagées : passer progressivement d’une théologie de la revendication et de la protestation à une théologie de la créativité et de la vitalité inventive qui prône l’avènement d’une femme capable de construire une nouvelle société, d’imaginer un avenir radicalement différent de notre présent.

Vous menez depuis quelques années une campagne contre les violences. Qu’en est-il concrètement ?

L’inégalité des sexes dans la société est l’une des principales variables auxquelles l’on peut relier les violences faites aux femmes. Ces violences constituent un problème crucial de développement et affectent la femme dans sa dignité. Un certain nombre de violences dont sont victimes les femmes et les filles à travers le monde et principalement en Afrique subsaharienne sont souvent banalisés au sein des églises. Parfois, une certaine lecture de la Bible est faite pour stimuler et renforcer ces violences. Les femmes, aujourd’hui, sont encore limitées à une vie de dépendance; certaines vivent au quotidien des violences multiformes (viols, harcèlements, bastonnades, brimades, enlèvements, mutilations sexuelles…) ; des petites filles sont livrées au commerce sexuel. Des questions qui se posent sont celles de savoir : qui sont les véritables acteurs des violences faites aux femmes ? Est-ce les hommes ou les femmes elles-mêmes ? Est-ce la culture ou l’éducation ou encore la religion ? Quelles en sont les séquelles sur les femmes et les conséquences sur la société entière ? Que font l’Etat et l’Église pour remédier à ces violences ? Quelles sont les lois qui protègent contre ces violences ? Voilà pourquoi, écrire et nous engager pour un monde sans viol ni violence en collaboration avec l’Ong Déborah a été le plus grand geste que nous puissions accomplir pour unir notre engagement pastoral au féminisme. Il y a toutes sortes de manières d'être pasteure et féministe : la nôtre, c’est en écrivant, en soutenant la « campagne de jeudi en noir, du Conseil œcuménique des églises (Coe) ». La campagne « Thursdays in Black » ou « Jeudis en Noir » est simple mais profonde. Elle consiste à porter des vêtements noirs, tous les jeudis, porter un badge et montrer ainsi que vous faites partie du mouvement mondial qui s'érige contre les attitudes et les pratiques autorisant le viol et la violence, rendre hommage aux femmes qui résistent à la culture de l'injustice et de la violence et encourager d’autres à rejoindre la campagne. Le noir a souvent été utilisé avec des connotations diverses et de façon négative. Dans le cadre de cette campagne, le noir représente la couleur de la résistance et de la résilience. En dehors de cette campagne de Jeudis en noir, nous organisons aussi des Echanges et Apprentissage avec et pour les adolescents (es) et jeunes : Rien pour nous sans nous. Nous organisons aussi des activités de sensibilisation, d’information et de communication pendant les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre. Cette campagne annuelle internationale démarre le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et prend fin le 10 décembre, qui marque la Journée des droits humains.

Votre lutte reçoit un soutien de taille avec les dernières lois votées et l'élan du gouvernement à protéger davantage la femme. Quelles observations faites-vous sur ce nouveau cadre légal ?

Comme vous le dites bien, le vote de ces lois constitue un nouveau cadre légal pour réduire les violences faites aux filles et aux femmes et leur vulnérabilité. C’est un exploit qui est fait mais il reste encore à faire à savoir: sensibiliser les femmes et la société béninoise à la portée de ces lois, veiller à la maitrise de ces lois et à leur mise en application, identifier et maitriser les diverses lois qui préviennent et réprimandent ces violences, échanger sur les impacts de ces lois sur la communauté et réduire les écarts entre ces lois et les réalités sur le terrain.

Insistez-vous sur l’importance de la protection de la femme ?

La protection de la femme est urgente parce qu’elle est une personne vulnérable. Elle est celle qui porte la vie. Il n’y a pas de développement sans la femme. C’est en étant vis-à-vis et des collaborateurs que l’homme et la femme pourront accomplir leur mission sur terre et dans la société. C’est en allant à l’école de Jésus qui n’a fait acception de personne que la promotion des droits de la femme et sa protection seront une réalité. C’est par les principes de l’éthique qui voudraient que les êtres humains (femme et homme) soient égaux. C’est donc une motivation éthique qui donne sa force au respect et à la promotion de la femme. Elle veut que lui soit reconnue la dignité inaliénable de l’être humain. Les comportements immoraux vis-à-vis de la femme sont en grande partie le fruit d’une absence d’éducation à l’éthique; une telle éducation, en effet, permet de prendre en compte la différence et de l'utiliser pour l'épanouissement de tous et de toutes. C’est-à-dire que la femme doit être utile à la société et dans son rapport avec l'homme, la reconnaissance de son existence et de ses droits n’est pas à négocier mais doit être une réalité. Elle ne peut pas être dans un rapport où elle se sent absente. Si la femme est vue comme le sujet dont la société a besoin pour son développement aux côtés de l'homme, elle ne doit plus être considérée comme citoyenne de seconde zone appelée à satisfaire ses propres besoins et ceux des hommes, mais comme une personne avec laquelle entretenir une relation de communication, de coopération et de partage. Dans le discours du féminisme, nous relevons une éthique de l'égalité, une éthique de la liberté, une éthique de la dignité et une éthique de la responsabilité. Ces notions d'égalité, de liberté, de dignité et de responsabilité traversent toute la Bible, de la Genèse à l'Apocalypse. Et donc, le féminisme n'est qu'un mouvement qui rappelle que ces notions doivent être le partage de tous, et particulièrement il veut que la femme, tout comme l'homme, soit un sujet actif de la société.
Société 06 avr. 2023


Manuel de procédures de reddition de comptes publics: Alcrer renforce les compétences des acteurs communaux
Des responsables à charge des finances au niveau des communes prennent part, depuis hier mercredi 5 avril à Bohicon, à un atelier de renforcement des compétences sur le manuel de procédures de reddition de comptes publics à l’usage des acteurs publics communaux. Initiée par l’Ong Alcrer avec le soutien de la Coopération Suisse à travers le Projet d’appui à l’apurement juridictionnel des comptes de gestion des communes (Paajcog), cette session de formation s’étendra à plusieurs communes.L’un des principaux domaines d’intervention de l’Ong Alcrer est la gouvernance en vue de la promotion de la transparence, de la reddition de comptes et de la lutte contre la corruption à tous les niveaux de la vie publique. C’est dans cette perspective que l’Ong a fait la demande d’inscrire dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 2 du Programme redevabilité financé par la Direction du développement et de la coopération (Ddc) de la Suisse au Bénin, le Projet d’appui à l’apurement juridictionnel des comptes de gestion des communes en vue de contribuer à l’amélioration de la redevabilité financière et la performance des institutions de régulation et de contrôle. La présente session de formation a pour objectif le renforcement des compétences sur le manuel de procédures de reddition de comptes publics à l’usage des acteurs communaux afin que les acteurs concernés s’imprègnent des exigences en matière de reddition de comptes. En effet, au regard des dispositions du Code de l’administration territoriale, deux acteurs sont visés par la reddition de comptes. Il s’agit du Trésorier communal qui produit en fin de gestion le compte de gestion et du Secrétaire exécutif qui produit le compte administratif. A l’ouverture des travaux, Martin Vihoutou Assogba, directeur exécutif d’Alcrer, fait observer que l’argent public est le bien de tous. C’est pourquoi, dit-il, il est important de s’engager dans la gestion participative et mettre la redevabilité financière au cœur de la bonne gouvernance. La direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (Dgtcp) l’a si bien compris, se réjouit-il, pour avoir conduit le processus d’actualisation du manuel de procédures de reddition des comptes publics communaux en intégrant, dès le démarrage des travaux en juillet 2022 jusqu’à la validation en octobre 2022, les acteurs provenant des administrations nationales, communales et de la société civile avec l’accompagnement des partenaires techniques et financiers en coproduction avec un consultant. La loi ayant été votée et promulguée, le manuel ayant été élaboré pour servir de référence aux acteurs communaux (ordonnateurs et comptables), que reste-t-il pour l’application optimale des dispositions de la reddition de comptes, qui incombe aux différents acteurs au titre de leurs fonctions respectives si ce n’est la formation ? s’interroge Martin Vihoutou Assogba. C’est ce qui justifie l’organisation de cette série de formations pour le renforcement des capacités des acteurs en charge de mettre en œuvre les diligences essentielles, les outils et points de contrôle des comptables publics.

Axe majeur

Appuyant le directeur exécutif d’Alcrer, Edouard Dannoudo, représentant du directeur général du Trésor et de la Comptabilité, reconnait que la reddition de comptes est l’une des obligations qui incombent à tous ceux qui sont investis d'une autorité publique. Elle constitue un axe majeur sur lequel le Bénin met un point d’honneur, en vue d’assoir une bonne gouvernance et la transparence dans la gestion publique. Edouard Dannoudo explique que l’ordonnancement juridique national relatif à la mise en œuvre de la décentralisation au Bénin, dont le chantier est ouvert depuis 2003, a prévu l’obligation de reddition de comptes par les acteurs de la gestion publique à la base, à travers la production des comptes publics communaux, notamment le compte de gestion produit par le Trésorier communal et le compte administratif produit par l’ordonnateur de la commune. Il reconnait qu’en vue de renforcer le cadre règlementaire favorisant la transparence et répondant au devoir de redevabilité, les réformes structurelles intervenues dans le secteur de la décentralisation avec l’entrée en vigueur de la loi n°2021-14 du 20 décembre 2021 portant code de l'administration territoriale en République du Bénin ont rendu désuètes les dispositions du manuel de procédures de 2008. Ainsi, un nouveau manuel de procédures a été conçu et mis en œuvre. Dès lors, il est important de former les acteurs concernés. D’ailleurs, précise-t-il, afin de procéder à cette mise à jour, la direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, a bénéficié de l’appui du projet Paajcog mis en œuvre par l’Ong Alcrer. Il faut noter que les travaux de cette session prendront fin demain vendredi.
Actualités 06 avr. 2023


Situation monétaire dans la zone Uemoa: 46 161,8 milliards F Cfa en circulation à fin décembre 2022
La masse d’argent en circulation a augmenté de 11,3 % en un an, en s’établissant à 46 161,8 milliards F Cfa à fin décembre 2022 dans l’Umoa et ce, malgré un recul des actifs extérieurs nets de l’Union.Le rythme de progression annuelle de la masse monétaire a diminué pour s’établir à 11,3 % à fin décembre 2022, après 12,4 % à fin septembre 2022, d’après le dernier Rapport sur la politique monétaire dans l’Umoa (Bceao, mars 2023). La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) explique cette décélération par « la contraction des actifs extérieurs nets de 3 288,7 milliards F Cfa (soit -42,5 %), dont l’effet a été atténué par la hausse des créances intérieures de 8 679,9 milliards F Cfa (+ 20,1 %). Selon l’institut monétaire, l’augmentation des créances intérieures résulte de l’accroissement combiné des créances nettes des institutions de dépôt sur les Administrations publiques centrales (Apuc) de 4 729,1 milliards (+30, 2 %) et des créances sur l’économie de 3 950,8 milliards (+14,4 %). La Bceao indique que le taux de progression annuelle de la circulation fiduciaire est resté constant à 9,7 % à fin décembre 2022 par rapport à sa valeur du trimestre précédent (fin septembre). La croissance annuelle des dépôts est de 11,8 % à la même période, après 13,2 % un trimestre plus tôt. Les concours des institutions de dépôt aux agents économiques résidents ont essentiellement porté la progression de la masse monétaire en rythme annuel. En effet, les actifs extérieurs nets (Aen), résultant des flux transactionnels avec le reste du monde, ont eu une contribution négative à la croissance de la liquidité globale. Ils se sont consolidés de 387,6 milliards, soit 9,5 % au cours du quatrième trimestre 2022, sous l’effet de l’augmentation combinée des Aen de la Bceao de 350,3 milliards et de ceux des autres institutions de dépôt pour 37,3 milliards. Le recul des Aen de l’Union reflète le solde déficitaire du compte courant sur la période, insuffisamment couvert par les entrées nettes de capitaux, indique le rapport de la Bceao.

Créances intérieures

L’encours des créances intérieures a augmenté de 8 680 milliards F Cfa, soit une hausse de 20,1 % en 2022. Il est noté un accroissement de 4 729,1 milliards pour les créances nettes des institutions de dépôt sur les Apuc et de 3 950,8 milliards pour celles sur l’économie, soit un accroissement de 14,4 % en un an. A fin décembre 2022, les créances nettes de la Banque centrale et des banques sur les Apuc se sont établies à 20 380 milliards F Cfa, soit une hausse annuelle de 4 729,1 milliards représentant un taux d’accroissement de 30,2 %. L’encours des crédits déclarés à la Centrale des risques bancaires de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) est chiffré à 17 013,6 milliards F Cfa à fin décembre 2022 et 15 372,5 milliards un an plus tôt, une hausse de 10,7 % en glissement annuel. La part de cet encours dans les crédits à l’économie est évaluée à 56,9 %. L’encours total des crédits octroyés aux 400 plus Grosses entreprises utilisatrices de crédits bancaires (Geucb) s’est établi à 8 421,3 milliards F Cfa à fin décembre 2022, contre 7 629,2 milliards à fin décembre 2021, soit une augmentation de 10,4 % en un an. Il représente 49,5 % des crédits déclarés à la Centrale des risques bancaires de l’Union et 29,4 % des crédits à l’économie à fin décembre 2022 contre 29,2 % à fin décembre 2021. L’encours des financements transfrontaliers au sein de l’Union en faveur de l’ensemble des plus gros utilisateurs de crédits est estimé à 246,5 milliards à fin décembre 2022, correspondant à 2,9 % du total des gros risques contre 198,7 milliards un an plus tôt (2,6 %). Situation monétaire à fin décembre 2022 (en milliards F Cfa) La situation monétaire est marquée par une modération du rythme de progression annuelle de la masse monétaire, selon la Bceao
Economie 06 avr. 2023


Complexe hôtelier de la Marina: L’option d’une gestion optimumale
En prélude à la réception du complexe hôtelier de la Marina de Cotonou, situé à quelques encablures de l’aéroport international, le Conseil des ministres a décidé, ce mercredi 5 avril, de la création d’une société qui aura la charge de l’exploitation pour le compte de l’Etat. Favoriser l’exploitation efficace d’un réceptif hôtelier qui exprime l’ambition touristique que porte le Bénin. C’est ce qui sous-tend la création en Conseil des ministres, de la société d’exploitation du complexe hôtelier de la Marina de Cotonou, et l’approbation de ses statuts. Il s’agit d’une société à caractère industriel et commercial détenue à 100 % par la Société des Patrimoines immobiliers de l’Etat (SoPIE S.A). Selon le gouvernement, cette société aura pour principales activités, la définition et le suivi des objectifs d’exploitation, l’identification des leviers de développement et d’attractivité, la gestion des aspects techniques, commerciaux et administratifs liés à l’exploitation, la définition des cahiers des charges d’exploitation et le suivi de la performance des opérateurs. La société aura aussi en charge la gestion de l’entretien et des réparations des biens mis en location, la gestion contractuelle des partenaires intervenant dans le complexe hôtelier, la structuration et le suivi de la gestion locative à travers la recherche de partenaires, la contractualisation, l’estimation de la valeur locative et la révision des loyers, le recouvrement, etc. En effet, dans le cadre du renforcement de l’offre de réceptifs hôteliers et d’infrastructures de rencontres de haut standing, suivant les normes et convenances internationales, le gouvernement a initié en 2019 le projet de construction de l’hôtel de la Marina et de rénovation du Centre international de conférences de Cotonou. Les travaux étant achevés, et la réception de l’ouvrage imminente, le gouvernement prépare sa mise en service dans les meilleures conditions, à travers la création de la Société d’Exploitation. Il s’agit d’un complexe de référence qui comprend un hôtel de catégorie 5 étoiles d’une capacité d’environ 200 chambres, un Centre international de conférences et un bâtiment multifonctionnel comprenant la gastronomie, le cinéma, les salles de jeux, etc. Il faut noter que le gouvernement a opéré le retour de ce patrimoine dans le giron de l’Etat, selon le Conseil des ministres du 15 février 2017. « L’État a confié la gestion de son patrimoine hôtelier à des opérateurs économiques. Aux termes des différentes conventions liant ces opérateurs privés à l’État, ceux-là devraient réaliser des programmes d’investissement, des projets de modernisation et/ou d’agrandissement. Ces partenaires privés ont manqué à leurs obligations essentielles dans l’exploitation de ces hôtels. Alors que certaines de ces obligations constituent des conditions résolutoires des contrats », avait soutenu le gouvernement qui a prononcé la résolution des conventions de cession ou de gérance de quatre hôtels dont Bénin Marina Hôtel. Le ministre de l’Économie et des Finances a été, en outre, instruit à l’effet de faire procéder à la réintégration de tout le patrimoine foncier, objet de conventions résolues, par voie de mutation au profit de l’État. Avec l’achèvement des travaux, l’Etat a accompli son devoir, et ce joyau national reprend des couleurs pour des gains sur le plan touristique. Bénin Marina Hôtel a été cédé en mars 2004. Et le concessionnaire avait pour obligation de réaliser un programme d’investissement sur une période de 26 mois en procédant à la rénovation et la modernisation du bâtiment existant, et en construisant un bâtiment annexe avec 54 suites présidentielles et 108 chambres. Plus de 10 ans après, les aménagements prévus n’avaient pas été réalisés. Fort de ces constats, l’Etat a pris ses responsabilités, et dans les prochains jours, les Béninois auront de quoi se réjouir avec l’inauguration de ce complexe hôtelier 5 étoiles. Actualités 06 avr. 2023


Samuel Atindogbé au sujet de la plateforme ‘’Bline Africa’’: « Nous simplifions et améliorons l'accès aux produits et services essentiels… »
La plateforme ‘’Bline Africa’’ offre des services dans tous les secteurs de l’économie et des solutions modernes pour répondre aux demandes des utilisateurs. Dans cette interview, Samuel Atindogbé, manager de la start-up ‘’Bline’’ ayant conçu ladite plateforme évoque les solutions de cette innovation à l’ère du digital.

Vous êtes le manager de la start-up ayant conçu la plateforme ‘’Bline Africa’’. Présentez-nous davantage cette innovation.

Cette plateforme est dénommée ‘’Bline Africa’’. En effet, nous sommes une start-up cofondée par trois jeunes africains, vivant en Allemagne. Il s’agit de Lucien Okouagbé de nationalité togolaise, Abdourahamane Salim de nationalité kényane et Renaud Martins de nationalité béninoise. Notre plateforme a été spécialement conçue pour le marché africain et se concentre sur l'aide aux personnes pour trouver et réserver des produits et services.

Quelles sont les solutions qu'apporte cette innovation ?

Nous simplifions et améliorons l'accès aux produits et services essentiels. Aujourd’hui, tout le monde ou presque a un smartphone. Nous avons voulu nous servir de cet outil pour permettre aux utilisateurs d’avoir un accès facile aux produits et aux professionnels qualifiés et ce, depuis le confort de leurs maisons ou lieux de travail. Vous avez la possibilité de choisir la date, l’heure, le lieu, le prestataire ou le vendeur pour chaque commande effectuée sur la plateforme. Cette flexibilité se traduit aussi par une multitude de moyens de paiements disponibles (Mobile money, Flooz, masters carte et autres). Nous priorisons aussi la transparence. Les clients et prestataires sont informés en temps réel de la progression de chaque commande du début jusqu’à la fin de celle-ci. Enfin, nous permettons aux petites, moyennes et grandes entreprises de proposer leurs services et produits sur notre plateforme, afin d’avoir une visibilité internationale, d’augmenter leurs ventes et par la même occasion leurs revenus.

Quels sont les domaines dans lesquels cette plateforme intervient ?

La particularité de notre application, c’est qu’elle est multisectorielle. Nos portes sont grandement ouvertes à toutes les personnes. Nous avons des catégories dans la restauration, le tourisme, l’électroménager, les salons de beauté et de coiffure, les artisans (électriciens, maçons, plombiers, menuisiers, etc.), les services juridiques, les locations de voitures et d’appartements meublés, les formations, l’agroalimentaire pour ne citer que celles-ci.

Quelle garantie offrez-vous en matière de fourniture de vos services ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec nos prestataires de services et fournisseurs de produits au niveau local afin de nous assurer que les produits et services que nous offrons sont fiables, sûrs et faciles à utiliser. De plus, avant de rendre visibles les produits d’un marchand ou d’un prestataire de services sur la plateforme, nous procédons à certaines vérifications pour nous rassurer de la compétence et de la qualité des produits et services.

Quels sont les impacts de cette innovation sur les consommateurs ?

L'impact de notre innovation sur les consommateurs est positif et immédiat. Vous avez la possibilité d’avoir accès à une multitude de produits et services en une même application, et donc vous gagnez énormément en temps lorsque vous utilisez notre solution. Le consommateur peut désormais comparer les prix de différentes offres et faire son choix en fonction de son budget pour le service ou le produit désiré. Le consommateur note le prestataire à la fin de chaque prestation et donc d’une certaine manière, fait entendre sa voix et son avis. Ce qui n’est pas possible lors d’une transaction physique. Il y a donc une transparence sans précédent dans le processus et qui encourage les prestataires à bien honorer les demandes des clients afin d’être mieux notés sur la plateforme. Mieux vous êtes noté par les utilisateurs et meilleure est votre visibilité sur l’application.

Qu'est-ce qui vous motive à être le solutionneur des défis liés aux Tic ?

Notre inspiration d'être la solution aux défis liés aux services quotidiens en Afrique provient de notre conviction que la technologie peut être une force de transformation pour l'Afrique. Nous sommes convaincus que la technologie peut contribuer à améliorer l'accès aux services quotidiens et à faciliter la vie des Africains. Nous nous efforçons d'exploiter les avantages de la technologie pour l'Afrique et de développer des solutions innovantes qui améliorent la qualité de vie des gens. Le gouvernement, depuis quelques années, investit énormément dans la transition numérique du Bénin et nous aimerions aussi apporter notre pierre à l'édifice. ■ Par Isidore A. GOZO
Numérique 05 avr. 2023


Visite à l'ambassade des Etats-Unis près le Bénin: Aurélie Adam Soulé Zoumarou échange avec les alumni du Yali
Ancienne boursière du programme Mandela Washington Fellowship, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, a partagé sa vision sur la promotion des femmes dans les domaines Science-technologie-ingénierie-mathématiques (Stim ou Stem) avec Brian W. Shukan, ambassadeur des États-Unis près le Bénin. En marge de cette visite, elle a échangé avec les alumni du programme Young African Leaders Initiative (Yali) ainsi que les étudiants d'Africa Design School et d'Epitech Bénin sur l'accès des femmes au numérique.Avec la ferme conviction que le numérique joue un rôle de premier plan dans l’émancipation des femmes, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, n’a ménagé aucun effort pour partager son expérience dans le secteur avec Brian W. Shukan, ambassadeur des États-Unis près le Bénin. Après cette rencontre avec le diplomate américain, elle a échangé également avec les alumni du programme Young African Leaders Initiative (Yali) ainsi que les étudiants d'Africa Design School et d'Epitech Bénin sur la thématique de l'accès des femmes au numérique. Pour elle, que ce soit en inclusion financière, santé sexuelle et reproductive, commerce et autres, le numérique apporte beaucoup aux femmes. A l’en croire, le gouvernement de la République du Bénin accorde une place importante à l'inclusion numérique des femmes. Plusieurs programmes et projets ont été mis en œuvre dans ce sens : le microcrédit Alafia dont la digitalisation permet aujourd'hui d'impacter plus de femmes au sein de leurs communautés, « Amazones du Digital » qui outille chaque année les femmes entrepreneures dans le numérique, le programme LeARN qui permet entre autres à des femmes issues de formations diverses de bénéficier d'une formation pointue dans un métier du numérique pour favoriser leur reconversion professionnelle,etc. « De même, sur le plan international comme à l'échelle nationale, plusieurs initiatives sont prises afin d'accroître l'intérêt des femmes et des jeunes filles pour les secteurs de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques », indique-t-elle sur son compte LinkedIn. C’est le lieu pour elle de rassurer les étu-diantes que de nombreux efforts sont faits pour réduire la fracture numérique, même si l'écart entre les genres dans l'accès à la technologie est encore grand. « Nous avons donc tous un rôle à jouer pour créer un environnement où les femmes peuvent bénéficier équitablement des services du numérique mais aussi réussir dans le secteur », conclut-elle. Economie 05 avr. 2023


Initiation à la cybersécurité: Les compétences de 24 jeunes filles renforcées
Vingt quatre de jeunes filles ayant entre 18 et 25 ans ont été initiées du 27 au 31 mars dernier à la cybersécurité à Cotonou. Au cours de cette formation qui s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de la troisième orientation stratégique de la Stratégie nationale de la sécurité numérique (Snsn), leurs compétences ont été renforcées pour leur permettre de faire face aux vulnérabilités du cyberespace béninois.Les compétences d’une vingtaine de jeunes filles ont été renforcées en cybersécurité du 27 au 31 mars dernier à Cotonou pour leur permettre de faire face aux vulnérabilités du cyberespace béninois. Organisée par l’Agence des Système d’Information et du Numérique (Asin), cette formation contribue à l’atteinte des objectifs de la troisième orientation stratégique de la Stratégie nationale de la sécurité numérique (Snsn) « Développement des compétences et de la culture de la sécurité numérique », selon Roland Ekpé, manager de la Bjcsirt, l’équipe nationale de réponse aux incidents de sécurité informatique. Pour lui, les participantes ont été outillées pour connaître le domaine de la cybersécurité qui constitue de nos jours un secteur pourvoyeur d’opportunités et d’emplois. « Comme les jeunes filles sont rares dans le secteur de l’informatique et de la cybersécurité, nous les avons amenées à s’y intéresser », a-t-il déclaré. A l’en croire, c’était l’occasion de leur démontrer qu’elles disposent non seulement des aptitudes nécessaires mais aussi du niveau intellectuel requis pour exercer les métiers de la cybersécurité. Abondant dans le même sens, Aristide Sossou, formateur et analyste en cybersécurité à l’Asin, salue cette initiative qui a permis de former ces jeunes filles sur le top 10 des vulnérabilités les plus répandues en matière de sécurité numérique comme Xss, Sql injection et autres. « Nous les avons aidées à avoir toutes les connaissances pour continuer à s’exercer », a-t-il indiqué. Au nom des participantes, Dona Sagbohan, étudiante en sécurité informatique à l’Esgis-Bénin, témoigne sa gratitude à l’Asin pour avoir initié cette formation. « Cette formation nous a permis d’avoir des notions théoriques et pratiques pour être des ambassadrices de la cybersécurité au Bénin », poursuit-elle. Ouanilo Fagla Médégan, directeur du pôle sécurité numérique de l’Asin, félicite les participantes pour leur assiduité tout au long de cette formation. Pour lui, elles viennent de faire leurs premiers pas dans un secteur aux multiples débouchés. « La cybersécurité, c’est le domaine où il y a beaucoup de métiers et plus de certifications », a-t-il ajouté. Il s’engage à accompagner ces jeunes filles dans leur volonté de devenir des ambassadrices de la cybersécurité. « Nous allons réfléchir à comment pérenniser cette initiative de manière à avoir non seulement des ambassadrices mais aussi des expertes en cybersécurité », a-t-il conclu avant de leur remettre les attestations de participation.

Elles ont dit…..

Jédidia Hounguè, étudiante en 2e année à Ifri
« Je sors grandie de cette formation où nous avons eu toutes les notions sur les vulnérabilités possibles en matière de cybersécurité. Je peux désormais continuer à travailler pour connaître davantage ce domaine. C’est pourquoi, je remercie l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique pour cette initiative que je l’invite à rééditer pour notre bien.» Choukourath Bankolé, étudiante à Esgis « L’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique a bien fait de nous avoir initiées à la cybersécurité. C’est un domaine qu’on ne connaissait pas. Maintenant, nous sommes habituées aux vulnérabilités les plus répandues pour la sécurité de notre cyberespace. On souhaite que cette formation soit pérennisée pour nous permettre de continuer dans ce secteur où les filles ne sont pas nombreuses ». Sheila Houmey, étudiante en 2e année à Epitech « Je suis très heureuse d’avoir participé à cette formation en cybersécurité. C’est une aubaine pour moi, étant donné que je suis étudiante en expertise informatique. Je ne m’attendais pas à tout ceci lors de cette formation qui m’a permis de découvrir le domaine de la cybersécurité et toutes les opportunités y liées. J’ai eu des notions qui peuvent m’aider dans le cadre de mes études à Epitech » ■  
Numérique 05 avr. 2023


Projet carbone au Bénin: La Bouche du Roy brûle d’impatience
Au cours des trois dernières décennies, le Bénin a perdu des centaines d'hectares de mangroves le long de la côte en raison des coupes illicites. Cependant, les choses changent, grâce à la répression, la sacralisation et le reboisement. Des projets attendus pourraient rapporter des millions de dollars au pays et aux communautés.Grand-Popo est la porte d'entrée de l'Aire communautaire de conservation de la biodiversité (Accb) de la Bouche du Roy. Ce sanctuaire paisible et inspirant de près de 10 000 hectares, situé au sud-ouest du Bénin, voit les mangroves reprendre du terrain et recouvrir la lagune côtière. Avec les actions de conservation en place, il est désormais fabuleux de parcourir le cœur de cette réserve, reconnue par le Programme sur l'homme et la biosphère de l'Unesco, en se délectant du gazouillement d'oiseaux migrateurs. Des circuits touristiques sont en développement pour valoriser l'estuaire où la lagune de Grand-Popo se jette dans l'océan Atlantique. Mais les populations locales brûlent d'impatience de monétiser leurs efforts de conservation grâce à un projet carbone. « Nous attendons des retombées qui pourraient encourager les communautés. Elles sauront que les mangroves doivent être protégées car elles génèrent des ressources financières », confie Bertin Amadjezo, l'un des responsables de l'Accb de la Bouche du Roy. Soif de projet carbone Le mécanisme évoqué par Bertin Amadjezo est une forme d'échange de carbone, inspiré du Protocole de Kyoto. Tout d'abord, une partie de la forêt ou des mangroves doit être conservée pour stocker une certaine quantité de dioxyde de carbone. Par exemple, un projet de reboisement capable de séquestrer 1000 tonnes de Co2 se verrait attribuer 1000 crédits carbone, en fonction de critères précis. Le potentiel est énorme avec les efforts de restauration des mangroves dans le sud du Bénin. Selon Dr Valère Salako, coordonnateur scientifique du Laboratoire de Biomathématique et d'Estimations forestières (Labef), un écosystème de mangrove qui est bien conservé peut stocker jusqu'à 220 tonnes de carbone par hectare. En revanche, lorsque l'écosystème est dégradé et perturbé par des activités anthropiques telles que la récolte de bois, il stocke au maximum 130 tonnes à l'hectare, soit 90 tonnes de moins, précise le chercheur. Alors, tout comme ses administrés, Jocelyn Ayicoué Ahyi, maire de la commune de Grand-Popo, est impatient de voir se concrétiser un projet carbone sur son territoire. « Si c’est bien planifié, il y aura une valeur ajoutée, mais aussi des profits pour assurer le développement local. Avec le changement climatique, nous demandons aux populations de mettre en place des instruments de résilience. En contrepartie, le projet carbone est l'une des pièces de rechange que nous pouvons expérimenter», déclare-t-il.

Pas un jackpot

Cependant, il ne suffit pas d'avoir une idée du potentiel pour se lancer dans le développement d'un projet carbone. Selon le décret 2022-698 du 7 décembre 2022, qui fixe les modalités d'enregistrement des projets carbone, plusieurs étapes doivent être franchies. Ainsi, tout promoteur doit enregistrer son projet dans le registre des projets carbone. Le dossier doit comporter entre autres, une copie certifiée d’un document officiel attestant du statut juridique des terres ou des forêts concernées par le projet. La copie des contrats passés avec les communautés est aussi requise dans le dossier, de même que la démonstration de la cohérence du projet avec les objectifs de l’Accord de Paris, les Contributions déterminées nationales (Cdn) et les objectifs de développement durable. « Les projets carbones ne sont pas faciles. Ce n’est pas un jackpot tel que brandi », commente Gauthier Amoussou, coordonnateur national de Eco Bénin. Cette Ong a eu à mener une étude sur le bilan du carbone en 2014. Le stock réel de carbone dans les zones de mangrove non dégradée avait été estimé à 219 tonnes de carbone par hectare. Pour soutenir l’investissement et la durabilité des actions dans les zones humides du Sud Bénin, une seconde étude de faisabilité pour un projet de financement du carbone a été menée par CO2logic en 2019. Le processus suit son cours. « Nous souhaitons que les communautés reçoivent davantage les bénéfices du sacrifice qu’elles font aujourd’hui pour sauvegarder les mangroves», précise Gauthier Amoussou.

Défis de transparence

La mise en œuvre d’un projet carbone n’est donc pas un long fleuve tranquille. Dans le monde entier, les projets liés au carbone sont souvent confrontés à des soupçons dans différents domaines. Au Bénin, la question de la sécurité foncière est susceptible de surgir lors des discussions. Jocelyn Ayicoué Ahyi, maire de Grand-Popo, prévoit cette problématique et s'implique pour éviter des conflits futurs. Une implication des communautés est nécessaire pour que, dit-il, la mise à disposition des espaces se fasse dans un climat apaisé. « Si cette étape n'est pas bien exécutée, le projet risque de s'enliser. Ce serait bien que les populations installées autour de la Bouche du Roy soient suffisamment informées des implications », ajoute l’autorité locale. L'autre préoccupation dans ce secteur concerne les méthodes de comptabilité des compensations. "Pour que les marchés carbones puissent réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est essentiel que ces émissions soient correctement comptabilisées et que les données soient vérifiées et sécurisées", a souligné la Banque mondiale en mai 2022. Au Bénin, le décret 2022-698 du 7 décembre 2022 encourage la transparence. Les informations fournies pour une demande d'enregistrement seront rendues publiques, à l'exception de celles qui sont confidentielles ou protégées par le secret des affaires. Le même décret prévoit l'annulation du certificat d'enregistrement du projet carbone en cas de fausses informations ou de non-respect du plan de partage des bénéfices■
Environnement 05 avr. 2023


Transferts monétaires aux filles élèves vulnérables: Eligibilité
Le processus est conduit avec tact et minutie. « Il s’agit de remobiliser toutes les filles ayant bénéficié des kits scolaires. Dans l’Atlantique, nous avons eu 3 750 filles ayant reçu les kits scolaires au début de l’année, dont 650 filles du primaire (Cm1 et Cm2) et au niveau des collèges, 3 100 filles, identifiées au regard de leur niveau de vulnérabilité. Elles sont réparties dans cent quarante-deux écoles primaires publiques et quatre-vingt-dix-huit collèges du département. Toutes ces filles sont éligibles pour recevoir le transfert monétaire conditionnel », explique Nadège Ahoga Codo. Le processus obéit à une logique. Il a déjà beaucoup évolué dans l’Atlantique. « Il s’agit d’enrôler les filles en attribuant des cartes Sim à celles qui ont plus de 18 ans afin de faciliter les transferts monétaires. Celles qui ont moins de 18 ans reçoivent les Sim et les transferts par l’intermédiaire de leurs tuteurs. Nous avons déjà atteint 96 % des enrôlements dans l’Atlantique, soit 3 612 filles sur les 3 750 attendues », développe-t-elle. Au total, c’est une bagatelle de près de neuf milliards et demi que le gouvernement débloquera à travers le projet Sweed sur une durée de trois ans pour accompagner trente mille filles identifiées dans des familles en situation difficile dans tout le Bénin. Il s’agira de transférer la somme de 450 F Cfa à chaque bénéficiaire du primaire et 600 F pour les filles du secondaire par jour sur 3 ans ■ Actualités 05 avr. 2023


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