La Nation Bénin...
La deuxième édition de l’Africa Bamboo Expo s’est ouverte ce mercredi 16 septembre à Cotonou. Organisée autour du thème « Le bambou, une alternative pour le développement durable en Afrique », la rencontre, qui se poursuit jusqu’au 18 septembre, entend passer de la sensibilisation à l’action, en mettant l’accent sur la formation, la transformation et la structuration d’une véritable filière bambou au Bénin.
Donner au bambou une place plus importante dans les stratégies de développement durable au Bénin. C’est l’ambition affichée à l’ouverture de la deuxième édition de l’Africa Bamboo Expo, qui réunit à Cotonou producteurs, artisans, chercheurs, entrepreneurs, étudiants, institutions et autres acteurs intéressés par la valorisation de cette ressource. Elle est organisée à l’occasion de la Journée mondiale du bambou, célébrée chaque 18 septembre. Après une première édition consacrée principalement à la découverte et à la sensibilisation autour du bambou, les organisateurs entendent désormais encourager les initiatives concrètes susceptibles de favoriser l’émergence d’une filière structurée.
Pour la présidente du comité d’organisation, Kadirath Ahlin, l’enjeu est désormais de passer de la connaissance de la ressource à sa valorisation. «L’année dernière, notre ambition était avant tout de faire connaître davantage le bambou et de susciter l’intérêt autour de cette ressource. Aujourd’hui, nous constatons qu’elle est connue un peu plus et le chemin reste encore très long », a-t-elle relevé. Cette deuxième édition prévoit notamment des formations pratiques sur les méthodes de propagation du bambou et sur le lamellé-collé. La disponibilité de plants de qualité constitue, selon elle, l’un des premiers défis à relever pour assurer le développement d’une filière durable. La transformation constitue également un enjeu majeur, le bambou pouvant servir à fabriquer des matériaux de construction, des meubles, des objets décoratifs et une multitude d’autres produits. Pour Kadirath Ahlin, il ne suffit donc pas de planter le bambou. « Il faut aussi savoir le transformer, le valoriser et créer de la valeur à partir de cette ressource», a-t-elle insisté. L’objectif à terme est de renforcer les compétences, développer la transformation, créer des débouchés et permettre au bambou de contribuer davantage à l’économie, à l’emploi et à la préservation de l’environnement.
Initiative saluée
Représentant le directeur général des Eaux, Forêts et Chasse, Ulrich Adounvo a salué une initiative qui contribue, selon lui, à mieux faire connaître cette ressource et ses multiples usages. « Répondre à l’invitation de Bamboo Expo, c’est répondre à l’invitation de la nature », a-t-il déclaré. Pour lui, la découverte des produits fabriqués à partir du bambou constitue une porte d’entrée vers une meilleure connaissance de la plante et de son potentiel. Instruments de musique, objets liés à l’alimentation, fourrage, mobilier et matériaux divers, les possibilités d’utilisation sont nombreuses. Il a insisté sur le potentiel du bambou dans le contexte des changements climatiques. Sa valorisation pourrait contribuer à diversifier les solutions de résilience et, dans certaines utilisations, à réduire la pression exercée sur les ressources forestières. Il précise que le développement de la filière nécessite toutefois une approche globale. Production de plants, transformation, qualité, accès aux marchés, recherche, formation et organisation des acteurs devront être pris en compte. «Le potentiel du bambou ne suffit pas à lui seul à créer une filière», a-t-il souligné.
La rencontre met également en avant la nécessité de rapprocher recherche scientifique et connaissances endogènes. Les participants sont appelés à explorer davantage les usages traditionnels du bambou, notamment dans les domaines culturel et artisanal, tout en recherchant des moyens de mieux les documenter et de les valoriser. Le bambou pourrait ainsi contribuer à la sauvegarde de certaines pratiques culturelles, notamment à travers la fabrication d’instruments de musique. Son potentiel dans la recherche de solutions alternatives au plastique et dans la restauration des terres figure également parmi les pistes évoquées. Pour Ulrich Adounvo, la structuration de cette filière devra aussi s’accompagner d’un travail sur les comportements et les habitudes de consommation. L’université, les chercheurs et les spécialistes des sciences sociales sont appelés à contribuer à cette dynamique afin de favoriser l’adoption de produits issus du bambou.