La Nation Bénin...
L’évêque de Kandi, Mgr Clet Fèliho, a écrit au président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, pour appeler à l’ouverture d’un vaste débat national sur les pratiques funéraires au Bénin. Selon la note, des veuves, des orphelins ainsi que des filles et fils du Bénin sont soumis à des exigences financières et coutumières parfois insupportables en matière de funérailles, au nom de la tradition.
Les contributions imposées et les dépenses ostentatoires finissent, à l’en croire, par transformer le deuil en une épreuve économique et sociale. « Au lieu de consoler les familles, on les accable ; au lieu de partager leurs peines, on aggrave leurs souffrances », dénonce l’autorité religieuse dans son courrier en date du 2 août dernier. La correspondance a été lue ce lundi au titre des dossiers de communication, en marge de la cérémonie d’ouverture des travaux de la deuxième session extraordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale. L’évêque de Kandi précise, dans sa correspondance, que son appel s’adresse aux autorités publiques, aux chefs traditionnels, aux responsables religieux, aux élus locaux et à toutes les personnes attachées à l’avenir de la société béninoise. Pour lui, il devient urgent d’engager ce vaste débat national afin de réglementer les pratiques funéraires, d’en limiter les abus et de protéger les familles contre toutes les formes d’exploitation et de pressions abusives. « Réformer les funérailles, ce n’est pas combattre la tradition, c’est sauver les familles, préserver la jeunesse et préparer un avenir où nos coutumes demeurent des sources de vie plutôt que des causes de pauvreté et de division », explique l’évêque. Le prélat insiste sur la nécessité d’agir dès aujourd’hui dans le domaine des pratiques funéraires afin de préserver la cohésion sociale et l’unité des familles. Les députés ont pris connaissance du contenu du courrier et pourraient lui donner une suite dans le cadre de leurs travaux.