La Nation Bénin...
Nous voici à nouveau avec la Cananéenne en train de « lutter » avec Jésus Notre-Seigneur. Elle est venue l'implorer en faveur de sa fille qui était tourmentée par un démon. Mais – dit l'Évangile – « Jésus ne lui répondit pas un mot. » L'attitude de Jésus est de celles qui peuvent rapidement nous décourager car, humainement parlant, elle semble profondément méprisante. Pourtant cette femme, qui n'est pas juive, fait preuve d'une grande persévérance dans sa demande. Finalement, sa persévérance touche le cœur de Jésus qui dit : « Femme, grande est ta foi ! Qu'il te soit fait comme tu le veux. »
L'enseignement de l'Évangile d'aujourd'hui est clair : nous devons persévérer dans notre prière, même si nous semblons ne pas être exaucés par le Seigneur, même si nous pouvons ressentir ce qui a poussé le psalmiste à s'écrier : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? » Le silence du Seigneur ne doit pas nous décourager. Il doit plutôt renforcer notre persévérance. Il doit faire de nous des guerriers de la prière, des femmes et des hommes qui ne se laissent pas décourager par le silence apparent du Seigneur. Il est vrai que lorsque le silence dure trop longtemps, la situation peut paraître déstabilisante.
Mais le véritable but de la prière chrétienne n'est pas de forcer la main du Seigneur. Il s'agit plutôt d'entrer dans sa volonté telle que cela apparaît lorsque Jésus lui-même priait au Calvaire : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. » Et nous savons que la coupe n'a pas été retirée, et qu'il est entré dans sa Passion, est mort, et est ressuscité d'entre les morts ! Dieu a finalement exaucé sa prière en le ressuscitant d'entre les morts. Même si le Seigneur semble silencieux à nos prières, nous devons continuer à ne chercher qu'une seule chose : la volonté de Dieu. Et nous ne serons jamais déçus. Qu'il en soit ainsi pour chacun d'entre nous par l'intercession de notre Mère, la Très Sainte Vierge Marie et de tous les saints. Amen !
Frère Clément Sobakin du Monastère Notre-Dame de Kokoubou, Parakou, Bénin.