La Nation Bénin...
L'Évangile d'hier s'est terminé sur cette déclaration : « Beaucoup de premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers.» L'Évangile d'aujourd'hui s'achève sur une affirmation presque identique : « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.» L'idée reste la même, même s'il existe une légère différence d'un point de vue formel entre les deux formulations. À travers ces deux déclarations, Notre Seigneur nous rappelle que rien n'est figé à l'avance. Le jugement dernier réserve de nombreuses surprises : ceux que nous considérons ou qui se considèrent eux-mêmes comme les premiers peuvent devenir les derniers et, à l'inverse, ceux qui sont jugés les derniers peuvent finalement devenir les premiers.
Cela rappelle l'histoire de Saint Silouane l'Athonite, l'un des plus grands moines que la terre ait jamais portés. Bien qu'ayant atteint un niveau spirituel très élevé, il se considérait continuellement comme le plus grand des pécheurs, implorant la miséricorde de Dieu et mendiant la sainte humilité de Notre Seigneur Jésus jusqu'à sa mort. Ainsi firent, avant lui, Guerric d'Igny — dont nous célébrons la mémoire aujourd'hui — et tous nos Pères cisterciens. Ils étaient profondément conscients que rien n'est définitif tant que nous sommes encore en vie. C'est une vérité profonde que les premiers peuvent devenir les derniers et les derniers peuvent devenir les premiers.
De plus, la position finale dépend uniquement de Dieu, qui fait miséricorde à qui Il veut. D'un point de vue spirituel, il est clair que nous devons suivre l'exemple des saints, en nous reconnaissant continuellement comme des pécheurs ayant besoin de la miséricorde et de la grâce de Dieu. Cela fait écho à la Règle de Saint Benoît et à sa célèbre échelle de l'humilité, où l'on s'élève en s'abaissant. L'ascension spirituelle est inversement proportionnelle à notre propre abaissement.
D'un point de vue humain, la promesse que les premiers deviendront les derniers et les derniers les premiers apporte un réconfort profond à ceux qui ont été réduits au rang de derniers depuis bien trop longtemps et de manière injuste. Cette promesse offre un espoir puissant qu'un jour, même ici en Afrique et même ici dans cette grande nation du Nigeria, les choses changeront pour que la vérité, la justice, la solidarité et la paix deviennent les fondements de la Nouvelle Afrique et du nouveau Nigeria. Pour participer à cette transformation en tant que chrétiens et en tant que moines, nous devons vivre notre vie dans l'humilité, en cherchant la volonté de Dieu jour après jour et en passant notre vie à faire le bien autour de nous.Qu'il en soit ainsi pour chacun d'entre nous ! Amen !
Frère Clément de l'Abbaye Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin.