La Nation Bénin...
700 heures d’enregistrements, plus de 2 400 contributeurs et plus de 20 zones et localités couvertes. Le projet « J’aime Ma Langue » a constitué une importante base de données vocales en fongbé. Cette collecte ouvre désormais un autre chantier : transformer ces voix en ressources et en outils numériques.
Avec les smartphones, la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle, une langue doit désormais pouvoir être comprise, écrite et traitée par les technologies pour occuper pleinement l’espace numérique. Le fongbé dispose déjà de travaux consacrés à sa numérisation, notamment en reconnaissance automatique de la parole. Les données nouvellement collectées peuvent contribuer à franchir une nouvelle étape.
1. Stabiliser l’écriture
Une orthographe documentée et cohérente facilite la création de ressources numériques.
2. Structurer les corpus
Les enregistrements doivent être transcrits, annotés, vérifiés et organisés pour être exploitables.
3. Diversifier les données
Âges, accents, zones géographiques et situations de communication doivent être représentés afin d’améliorer les performances des outils.
4. Développer la reconnaissance vocale
Des corpus vocaux plus importants peuvent renforcer les systèmes capables de convertir automatiquement la parole en texte.
5. Enrichir les ressources textuelles
Dictionnaires, corpus écrits, contenus éducatifs et publications numériques alimentent les technologies de traitement automatique de la langue.
6. Développer la traduction
La traduction fongbé-français et français-fongbé constitue l’un des usages permettant d’élargir l’accès aux contenus.
7. Produire des outils d’apprentissage
Applications, claviers, dictionnaires interactifs et ressources pédagogiques peuvent favoriser l’usage quotidien du fongbé.
8. Encadrer les données
La protection des contributeurs, les conditions d’utilisation et la gouvernance des corpus sont indispensables à un développement durable.
9. Passer aux services
L’enjeu final est de transformer ces ressources en solutions concrètes : écrire, apprendre, traduire, transcrire ou interagir avec des technologies en fongbé.
La démarche s’inscrit dans une dynamique internationale. Le 22 septembre 2026, l’UNESCO consacrera une rencontre au soninké et à son passage de l’oral à l’écrit, ainsi qu’à sa place dans les usages du XXIᵉ siècle.
Pour le fongbé, les voix sont désormais là. Le prochain défi est de les transformer en données, puis en technologies utiles aux locuteurs.