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Fermeture des frontières nigérianes : Amertume et désolation à Sèmè-Kraké

Economie
Par   Anselme Pascal AGUEHOUNDE, le 05 nov. 2019 à 00h45
[caption id="attachment_34912" align="alignnone" width="886"]Avec la fermeture des frontières, personnes et biens agonisent à Sèmè-Kraké[/caption]

Avec la décision unilatérale de fermeture des frontières par le Nigeria le 20 août dernier, c'est le Schéma de libéralisation des échanges de la Cedeao qui est mis à rude épreuve dans tout l'espace. Cette mesure temporaire dictée par la nécessité de renforcer la lutte contre la contrebande et le trafic des armes prend l'allure d'une mesure punitive à l'égard des pays voisins dont le Bénin.

La fermeture des frontières par le Nigeria, comme on peut s’en douter, est déjà source de problèmes de divers ordres. En effet, des transporteurs arrivés à la frontière de Sèmè-Kraké depuis le 20 août restent bloqués avec leurs marchandises. « Il y a ici 1100 camions bloqués... C'est une situation qui engendre plusieurs autres phénomènes. On assiste à des actes de vandalisme, des vols de marchandises par les apprentis des transporteurs poussés par la faim... Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés et déposés déjà… C'est sans oublier les risques d'insécurité sanitaire... », a indiqué le Receveur des douanes de Sèmè-Kraké Honoré Padonou ce lundi 4 novembre lors de la visite de la Task Force de la Cedeao. A l'en croire, tout déplacement de marchandises est interdit depuis le 20 août. Ni les camions en provenance du Nigeria, ni ceux en provenance du Bénin et de pays voisins ne peuvent transiter par la frontière de Sèmè-Kraké. Pire la partie nigériane interdit tout retour aux transporteurs de marchandises qui ne sont pas en transit mais qui sont sur le site de la frontière alors même qu'ils n'ont pas encore traversé le Nigeria. « Les denrées périssables sont restées bloquées et sont pratiquement inconsommables actuellement. Les paysans et les agricultures ne peuvent plus passer avec leurs produits. Les marchandises exposées sont à la solde des intempéries, l'agglutination des camions rend difficile le contrôle... Nous sommes exposés à une situation qui pourrait conduire à une insécurité totale », a ajouté le Receveur des douanes de Sèmè-Kraké qui rassure du professionnalisme de la douane béninoise. A ces difficultés de circulation des biens, s'ajoutent celles relatives à la libre circulation des personnes. « Ceux qui ont la carte d'identité ne peuvent plus aller au Nigeria sans le passeport. Seuls ceux qui ont le passeport ou la carte biométrique Ecowas peuvent passer. Mais à partir de 18h, plus aucune circulation de personnes n'est admise. Et biens et personnes ne peuvent plus circuler entre 18h et 6h », fait savoir le commissaire du poste de Sèmè-Kraké Maylise Wannou. Face à l’ampleur de l’agonie infligée aux usagers de la frontière de Sèmè-Kraké, la Task Force de la Cedeao a exprimé toute son amertume et sa désolation. « Les choses ne peuvent pas rester en l’état. Le problème n'est pas personnel, c'est devenu le problème de la Cedeao et la Cedeao travaille pour une solution permanente », a rassuré le secrétaire permanent de la Task Force de la Cedeao Moustapha Gnankambary lors de la séance de travail entre la délégation de la Cedeao et les transporteurs.