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Processus d’intégration régionale dans l’Uemoa: Des avancées significatives en dépit des écueils

Economie
Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 15 juil. 2019 à 07h12

Par Claude Urbain PLAGBETO depuis Abidjan

Le président Patrice Talon a pris part, aux côtés de ses pairs, à la vingt-et-unième session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa, qui s’est déroulée le 12 juillet dernier à Abidjan en Côte d’Ivoire. A l’occasion, les progrès réalisés dans le processus d’intégration économique et financière ont été magnifiés et des engagements pris pour conduire à bon port les chantiers entrepris pour le bonheur des populations.

« Des avancées significatives sont enregistrées dans le processus d'intégration de l’Uemoa, notamment dans les domaines de la gestion macroéconomique, de la convergence économique, de l’approfondissement du marché commun, du renforcement des infrastructures et de la mise en œuvre des politiques sectorielles », a souligné Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Cceg/Uemoa). C’était à l’occasion de la vingt-et-unième session ordinaire de cet organe, tenue le vendredi 12 juillet dernier à Abidjan en terre ivoirienne.
L’activité économique y est demeurée dynamique au cours de l’année 2018. « Pour la septième année consécutive, la croissance économique est restée largement au-delà de la barre de 6%, s’affichant à 6,6 % en 2018, comme en 2017 », salue Romuald
Wadagni, président du Conseil des ministres statutaire de l’Union.
Se félicitant de ces « bonnes » performances enregistrées, le président de la Cceg/Uemoa explique cette résilience par «la bonne qualité » des politiques conduites par les gouvernements des Etats et par les organes et institutions communautaires. «Cette performance est imputable notamment au renforcement de la production agricole et à la bonne tenue des activités dans tous les secteurs », renchérit le ministre Wadagni. Ce dernier relève un bon approvisionnement des marchés en produits alimentaires de grande consommation qui a permis de contenir le niveau général des prix. La hausse des prix est restée modérée, le taux d’inflation de l’Union étant ressorti en moyenne à 0,9 % en 2018 contre 1,1% en 2017, à en croire le ministre béninois de l’Economie et des Finances. Des efforts de consolidation budgétaire notés dans tous les Etats membres de l'Union ont fait reculer de 0,3 points de pourcentage le déficit budgétaire base engagements, dons compris ; lequel s’est établi à 4,0% du Produit intérieur brut (Pib) en 2018.

Perspectives heureuses

« Pour les années à venir, les perspectives sont tout aussi favorables », affirme le président ivoirien Alassane Ouattara. Pour ce faire, il insiste sur le respect par les pays des critères de convergence retenus au titre de la surveillance multilatérale, avec un accent particulier sur la mobilisation des ressources intérieures, nécessaire à l'accroissement des dépenses prioritaires. C’est un défi majeur, appuie Romuald Wadagni qui fait savoir qu’à la veille de l’échéance de 2019, fixée par le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité dans l’Union, le Conseil des ministres statutaire qu’il préside, a engagé des réflexions sur l’évaluation de ces critères au regard des enjeux des Etats, notamment en matière de prise en charge des dépenses de sécurité et de mise en place d’investissements structurants visant à soutenir la croissance.
Pour atténuer les risques liés à ces financements, il est arrêté des orientations de politique économique des Etats membres en vue de préserver la viabilité de la dette publique au sein de notre espace communautaire. A cet effet, un plan d’actions a été adopté pour accroître la mobilisation des recettes fiscales dans la zone, rappelle-t-il.
L’approfondissement du processus d’intégration économique s’est fait sentir à travers les résultats de la revue des réformes, politiques, programmes et projets communautaires en 2018. «Le taux global de mise en œuvre des réformes au sein de l’Union est de 69 % en 2018 contre 62 % en 2017, soit une augmentation de 7 points de pourcentage », indique M. Wadagni.
Selon le ministre, la consolidation du marché commun ouvert et concurrentiel est en bonne voie, avec la validation du projet de Code communautaire des douanes et le renforcement de l’application uniforme du Tarif extérieur commun (Tec) au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dont font partie les Etats membres de l’Uemoa.
Outre les chefs d’Etat Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, les assises d’Abidjan ont connu la participation des présidents Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Macky Sall du Sénégal, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Faure Essozimna Gnassingbé du Togo et le premier ministre Aristides Gomes représentant la Guinée-Bissau.