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Nouvelles

Appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé: Les acteurs du Paia-Vo font le bilan à mi-parcours

Les parties prenantes du Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (Paia-Vo) procèdent à l’évaluation des réalisations à mi-parcours. Les travaux de cette revue d’étape ont été lancés, ce lundi 10 décembre à Cotonou, par le directeur de cabinet du ministre en charge de l’Agriculture, Bonaventure Kouakanou.

Faire le bilan du chemin parcouru, identifier les goulots d’étranglement et faire des recommandations, c’est à cet exercice que se livrent les acteurs du Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (Paia-Vo), après trois ans et demi de mise en œuvre. Cette revue à mi-parcours démarrée le 29 novembre dernier et qui s’étend jusqu’au 13 décembre a été marquée hier à Cotonou par un atelier d’échanges entre les parties prenantes sur le rapport d’état d’avancement.
« Le Paia-Vo a déjà amorcé des transformations rurales perceptibles au niveau de la basse et moyenne vallée de l’Ouémé à travers notamment des aménagements hydro-agricoles, des infrastructures de stockage et marchandes, des infrastructures de désenclavement, des acquis aux producteurs à travers l’encadrement technique, l’appui-conseil, l’accès aux intrants et aux équipements agricoles et l’entrepreneuriat agricole », se réjouit le directeur de cabinet représentant le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Bonaventure Kouakanou. Malgré ces avancées, il importe d’apprécier les actions menées, à travers les résultats obtenus, les progrès réalisés, les difficultés rencontrées et les perspectives visant à corriger les imperfections et à obtenir des résultats de meilleure qualité, estime-t-il.
Pour le chef de mission de la Bad, Dr Eklou Attiogbévi-Somado, « Cette revue est un exercice capital en ce sens qu’il permet d’évaluer la pertinence des objectifs ; de voir si le projet est toujours sur le bon chemin et répond encore aux besoins des bénéficiaires ; d’identifier les contraintes qui, d’une manière ou d’une autre, empêcheraient le projet de ne pas atteindre ses objectifs et de proposer des solutions».
Un documentaire de 26 minutes projeté hier lors de l’atelier tenu à Cotonou, suite aux visites de terrain, retrace les performances en matière de maîtrise d’eau, de mise à disposition des semences, de promotion des techniques pour la fabrication d’engrais naturels, de sécurisation des terres agricoles, de formation des jeunes, d’autonomisation des femmes. Les bénéficiaires directs, de vive voix, expriment leur satisfaction ainsi que leurs attentes non encore comblées.

Résultats prometteurs

Cofinancé pour un coût total de 37,742 milliards de F Cfa par le groupe de la Banque africaine de développement (Bad), l’Etat Béninois et les bénéficiaires, le Paia-Vo vise l’accroissement durable de la productivité et des productions agricoles par la promotion des filières porteuses telles que le riz, le maïs et les cultures maraîchères, rappelle Sènou Jean Kokoyè, coordonnateur du projet. C’est à travers le développement des
infrastructures agricoles structurantes et des chaînes de valeurs et la professionnalisation des acteurs dans quinze communes réparties dans trois départements (Ouémé, Zou et Atlantique).
Le projet lancé le 18 février 2015 a une durée de six ans et devra impacter directement une population estimée à plus de 420 000 personnes et indirectement environ 1,4 million d’habitants.
A mi-parcours, tous les contrats sont signés et les activités majeures sont réalisées, à en croire Sènou Jean Kokoyè qui informe que le projet a enregistré un taux d’exécution physique de 43% contre 50% attendu au terme de sa première moitié de vie. Le taux d’exécution financière s’élève à 24% pour la même période ; l’indice d’efficacité est de 86% et l’indice d’efficience, 56%, souligne-t-il.
En termes d’aménagement gravitaire avec maîtrise totale de l'eau portant sur 1000 ha, le niveau d’exécution des travaux a atteint les 44 %. Aussi, 742,5 ha de bas-fonds sont aménagés et le processus est enclenché pour 943 ha sur de nouveaux sites.La quantité totale de semences certifiées produites est estimée à 355,42 tonnes contre 350 tonnes attendues au terme du projet.

Société 11 déc. 2018


Enseignement secondaire dans le Borgou: La grève de 120 heures des vacataires suivie

Une grève de 120 heures par semaine paralyse depuis hier, lundi 10 décembre, la plupart des établissements de l’enseignement secondaire du Borgou. Tacitement reconductible, elle a été déclenchée par la section Borgou du Syndicat national des enseignants vacataires de l’enseignement secondaire du Bénin (Synaves). C’est pour réclamer le paiement immédiat de leurs primes de juin et de juillet 2018, puis des trois premiers mois de l’année scolaire en cours.

Mécontents de n'être pas entrés en possession de certaines de leurs primes de vacation, les enseignants honoraires du Borgou observent, depuis hier lundi 10 décembre, un mouvement de grève de 120 heures par semaine. Conséquence, les activités pédagogiques n’ont pas eu lieu dans les classes où ils interviennent. Aux heures où ces enseignants étaient censés être avec eux, à leur dispenser les cours, les élèves étaient abandonnés à eux-mêmes.
Que ce soit au Lycée Mathieu Bouké et dans les Ceg Titirou, Zongo, Albarika, Guéma et Komiguéa, le mouvement est très suivi. Il en est de même dans la plupart des autres établissements de l’enseignement secondaire du Borgou.
Regroupés au sein de la section départementale du Borgou du Syndicat national des enseignants vacataires de l’enseignement secondaire du Bénin (Synaves), les enseignants honoraires concernés justifient leur mouvement d'humeur par la non-satisfaction de leurs revendications. Ils réclament le paiement de leurs heures de vacation de juin et de juillet 2018, puis des trois premiers mois de l’année scolaire en cours.
Evoquant les motifs de leur mouvement de débrayage, le secrétaire général du Synaves Bénin, section du Borgou, Roger Yarigo, indique que le premier point de leurs revendications est relatif à la signature et à la publication sans délai de l’arrêté interministériel portant règlementation de la vacation dans les établissements publics des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle. Le deuxième point, c’est le paiement immédiat des primes de vacation des cinq mois qui leur sont dues. Quant au troisième point, il porte sur la prise en compte des enseignants vacataires par rapport aux primes de rentrée, de formation et d’animation, puis leur recrutement dans la fonction publique.
Les grévistes reconnaissent être désormais payés. Seulement, ils s’inquiètent de ne pas être entrés en possession de ce qui leur reste encore dû. « Cela ne nous rassure pas. C’est seulement dans le Borgou que nous avons ces imperfections », laisse entendre Roger Yarigo.
Pour le secrétaire général du Syndicat des enseignants honoraires du Ceg Guéma, Missibaou Balogoun, l’autorité a déjà pris connaissance de leur plateforme revendicative. Il espère la voir leur donner satisfaction, afin qu'ils puissent à surseoir à leur mouvement. « Nous travaillons à la tâche et n’avons aucun intérêt à rester à la maison », explique-t-il.
Professeur des Svt au Ceg Albarika, Clément M’Po est un de ces enseignants vacataires. « De nombreux collègues sont laissés sur le carreau. Ils ne sont pas encore entrés en possession de ces primes de vacation. Nous sommes obligés d’entrer en mouvement pour exiger ces droits», se plaint-il. « C’est pitoyable, ce que ces enseignants vivent comme difficultés. Il y en a qui sont contraints d’aller se réfugier chez leurs parents, parce qu’ils n’arrivent plus à payer le loyer et leurs propriétaires les ont vidés des lieux. Pour certains, l’humiliation a tellement atteint son comble qu’ils ont honte de rencontrer leurs pompistes. Ils leur doivent tellement et prennent par des détours pour les éviter », poursuit-il.
Les enseignants vacataires du Borgou souhaitent donc le règlement de leurs émoluments sans délai. Ils invitent, par ailleurs, les autorités à revoir leur mode de paiement.

Société 11 déc. 2018


Albinisme au Bénin: L’Ong Valeur albinos en guerre contre les préjugés à Lalo

L’organisation non gouvernementale « Valeur Albinos » a organisé, samedi 8 décembre dernier, à la maison des jeunes de Lalo, dans le département du Couffo, une sensibilisation sur l’albinisme. Cette séance s’inscrit dans le cadre des activités du projet dénommé « Luna ».

La séance de sensibilisation des jeunes de Lalo, samedi dernier, vise à mettre fin aux préjugés et stéréotypes relatifs aux personnes atteintes de l’albinisme. Pour ce faire, l’Ong Valeur Albinos a mobilisé les parents des enfants albinos, des sages et têtes couronnées de la commune. Ceux-ci ont été sensibilisés à considérer des personnes atteintes de l’albinisme comme des êtres humains ayant droit à la vie. La séance a été soutenue par la projection d’un téléfilm réalisé grâce à l’appui de l’Ong Happy made by et Fondation Antoine Metternich Zandhuis (Amz). Le choix de Lalo pour abriter cette activité n’est pas anodin.
Selon la présidente de l’Ong Valeur albinos, Pamela Capo-Chichi, Lalo fait partie des communes béninoises où le crime contre les personnes vivant avec l'albinisme persiste encore. A ses dires, elle attend de la rencontre de Lalo un changement de comportement. « Nous devons protéger ces personnes vulnérables. Ensemble, nous sommes sûrs de gagner ce combat que l’Ong Valeur Albinos mène depuis 2009 », a-t-elle lancé à l’endroit de ses invités. A l’en croire, les six communes du Couffo (Djakotomey, Dogbo, Aplahoué, Toviklin, Klouekanmey et Lalo) puis Bopa et Houeyogbé dans le Mono ainsi que Abomey et Covè sont concernées par cette campagne de sensibilisation sur l’albinisme.
Saluant cette initiative, le maire de la commune de Lalo, William Fangbédji, promet de s’engager aux côtés de l’Ong Valeurs albinos pour la protection de ceux-ci. « Je vois parmi ces enfants, de futurs ministres, des ambassadeurs,… », a soutenu le maire en regrettant le classement de sa commune dans « la zone rouge» de la carte du rejet des personnes vivant avec l'albinisme.
A son tour, le chargé de mission du préfet du département du Couffo, Marius Honoré Guigui, rétablit que les personnes atteintes d'albinisme ne sont «ni des malades, ni des divinités. Ils ne sont ni à stigmatiser, ni à sacrifier. C’est juste un pigment qui leur a manqué ». Pour finir, il a mis en garde toute personne qui tenterait encore de porter atteinte à la vie de ces personnes.

Société 11 déc. 2018


Accord triennal avec le Bénin: Le Fmi approuve un décaissement de 22 millions de dollars US

Au terme de la troisième revue de l’accord triennal avec le Bénin au titre de la facilité élargie de crédit (Fec), le 6 décembre dernier, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (Fmi) a pris la décision de décaisser 22 millions de dollars Us immédiatement en faveur de son partenaire.

Ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à environ 88,1 millions de dollars Us. Le Conseil d’administration a également approuvé la demande présentée par le Bénin d’établir la conditionnalité du programme pour 2019, et a accordé une dérogation pour non-respect du critère de réalisation continu relatif à la non-accumulation de nouveaux arriérés de paiement relatifs à la dette intérieure.
L’accord triennal avec le Bénin portant sur un montant d’environ 154,2 millions de dollars Us, approuvé le 7 avril 2017, a pour objectif de soutenir le programme de réformes économiques et financières du pays et vise principalement à relever le niveau de vie et à préserver la stabilité macroéconomique.
Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du Fmi et président par intérim dudit conseil n’a pas tari d’éloges quant aux efforts faits par le Bénin pour assurer la viabilité des finances publiques et aussi améliorer la gestion de la dette publique.
« La performance du Bénin dans le cadre du programme appuyé par la Fec reste solide. La position budgétaire s’est améliorée significativement, principalement en raison de la maîtrise des dépenses. La dynamique de croissance continue, et les perspectives économiques à moyen terme sont favorables, portées par la hausse de la demande émanant du Nigeria et un meilleur climat pour l’investissement privé », note-t-il à travers un communiqué parvenu à notre rédaction. Les autorités béninoises, relève-t-il, doivent poursuivre leurs efforts d’allongement de la maturité moyenne de la dette et de réduction des charges d’intérêts. L’opération récente de reprofilage de la dette constitue déjà, à son entendement, un pas dans la bonne direction.
Kokouvi EKLOU

Economie 11 déc. 2018


Projets de protection côtière et d’aménagement balnéaire: Vers la concrétisation des ambitions touristiques du Pag

Un an après l’ouverture du chantier de Cotonou, les travaux de protection et de valorisation côtière ont démarré à Avlékété, sur le littoral de la commune de Ouidah. Ce front de lutte contre l’agression de l’océan, ouvert jeudi dernier par le ministre du Cadre de vie et du Développement durable José Didier Tonato, vise à protéger l’écosystème lagunaire et mettre en place les conditions optimales de développement du tourisme balnéaire et écologique au Bénin.

Construction d’une digue immergée de 4 kilomètres de longueur et rechargement de la côte par dragage de 2 millions de mètres cubes de sable, le tout pour un coût global de plus de 78 milliards francs Cfa. C’est un vaste et précieux chantier que le ministre du Cadre de vie et du Développement durable José Didier Tonato a lancé jeudi 6 décembre dernier à Avlékété dans la commune de Ouidah. Mais la vision en vaut le coût !« La mise en œuvre du projet de protection et de valorisation du segment de côte à Avlékété va sécuriser les investissements importants et rassurer les investisseurs étrangers qui montrent de plus en plus d’intérêt pour le Bénin révélé en général et particulièrement la mise en valeur de la richesse écotouristique de cette zone classée zone humide d’importance écologique de la convention de Ramsar», a indiqué le ministre José Didier Tonato au lancement des travaux. En outre, il annonce que ces réalisations permettront d’accueillir des chaînes hôtelières de rayonnement international, comme le Club Med, Four Seasons, Bayan Tries…, en soutien au programme de développement touristique de Ouidah, projet phare du pilier 2 du Pag 2016-2021. Mais par-dessus tout, c’est la crainte des populations environnantes face à l’avancée de la mer qui est ainsi dissipée. Par ailleurs, c’est près de 2.000 emplois directs et indirects qui seront générés par la réalisation de ces travaux.

Minutie pour la qualité des œuvres

A en croire le ministre, tout est mis en œuvre pour que les travaux soient de bonne facture. « Les études pour la protection côtière du segment d’Avlékété ont été lancées dès février 2017 avec le Groupe Jande Nul. 420.000 tonnes de roches sur les 1.200.000 envisagées ont déjà été acheminées au Port de Cotonou. Le mixage de l’approvisionnement extérieur avec la production des carrières nationales, a permis de dépasser le stock minimal nécessaire pour le démarrage des travaux physiques en mer. La technique de protection retenue et la qualité des travaux ont requis de Jande Nul de mobiliser des équipements et engins lourds performants dont le POMPEÏ, un navire de construction équipé des spécificités qui permettent, au regard du caractère immergé de la digue, d’obtenir la précision voulue correspondant au concept du brise-lame submergé », informe-t-il. Il rassure aussi du dispositif de contrôle (le bureau d’études Antea Belgium) et du comité de suivi environnemental et social mobilisés pour la réussite du projet. Au regard de la spécificité des travaux de protection côtière à Ouidah et de la complexité de leur mise en œuvre, le ministre a appelé tous les acteurs du projet et les populations riveraines bénéficiaires à une collaboration sérieuse et franche et au respect strict des règles relatives à la protection de l’environnement, à la sécurité et l’accessibilité du chantier afin que les travaux se déroulent dans les meilleures conditions possibles, dans les règles de l’art et en respect du délai d’exécution fixé à 24 mois.

Le Pag Tourisme en marche

« Aujourd’hui, la 2e phase de la protection du premier segment de côte à l’Est de Cotonou est presque terminée ; nous avons enterré la psychose des populations riveraines des départements du Littoral, de l’Atlantique et de l’Ouémé, notamment à Akpakpa-Dodomè, Enagnon, Fifadji-Houto, Donaten, Finagnon, Tokplégbé, Agblangandan, PK 10 Marina et Ekpè, sécurisant définitivement 15 kilomètres de côte. L’espoir a réapparu dans les cœurs », dixit le ministre José Didier Tonato. Il précise que quatre nouveaux épis ont été construits, 1.500 000 mètres cubes de sable dragués et 40 milliards de FCFA mobilisés dans un délai record de 6 mois. Mais les projets du gouvernement pour cette zone côtière ne s’arrêtent pas à l’aménagement. « Pour développer les ressources touristiques et balnéaires existantes, un financement complémentaire vient d’être mobilisé en vue de créer un lac marin à Donaten PLM Alédjo, de développer un programme immobilier sur un périmètre de 10 hectares de la bande fluvio maritime d’Akpakpa-Dodomè », annonce le ministre Didier Tonato. Le deuxième segment du littoral, le chantier d’Avlékété lancé jeudi dernier promet tout aussi une importante affluence d’investisseurs.Quant au troisième et dernier front de protection côtière, il sera ouvert dans un an et embrasse 23 kilomètres de littoral à protéger et aménager de la frontière de Hilla-Condji jusqu’à l’embouchure du fleuve Mono, communément appelée La Bouche du Roy, dans la commune de Grand-Popo. Ce dernier segment côtier critique, regroupant le Bénin et le Togo,sera exécuté dans le cadre du programme régional Waca. Le montage technique et financier du projet est déjà mis en place et ratifié à hauteur de trente-cinq milliards de francs CFA.
Au terme des travaux, la route des pêches sera prolongée jusqu’à la Bouche du Roy. Les trois segments ainsi connectés favoriseront selon le ministre José Didier Tonato, le développement d’un tourisme durable qui s’appuie sur la croissance du potentiel des écosystèmes marins et lagunaires et l’enracinement des fondamentaux de l’économie bleue dans les valeurs endogènes. Tous ces projets s’inscrivent dans le cadre des projets de protection côtière et d’aménagement balnéaire en vue de la valorisation du potentiel touristique de la zone littorale du Bénin. Projets inscrits au Programme d’actions du gouvernement notamment en son pilier 3 (Améliorer les conditions de vie des populations), axe stratégique n°7 (Développement équilibré et durable de l’espace national).

Société 11 déc. 2018


Aéroport international de Tourou : Les premiers vols depuis la plateforme pour bientôt

Un groupe de Danois était, vendredi 7 décembre dernier, à l’aéroport international de Tourou, à Parakou. En présence des autorités politico-administratives béninoises, il a envisagé l’éventualité des premiers vols du tarmac de Tourou.

La question de la mise en exploitation de l’aéroport international de Tourou, dans le premier arrondissement de Parakou, est à nouveau d’actualité. En témoigne la promesse, d’y organiser les premiers vols, à partir de cette plateforme, faite par le président directeur général du groupe danois WAA, Michael Thorsen Niels. C’est au cours de la visite du site, vendredi 7 décembre dernier, la troisième qu’il y effectue.
« C’est un grand intérêt pour nous de prendre cet aéroport pour commencer rapidement par le gérer », a fait observer le président directeur général du groupe. « Les atouts recensés nous permettent d’y investir beaucoup. Il nous faudra avancer rapidement pour mettre l’aéroport en service », a poursuivi le partenaire danois. Les aéronefs, rassure-t-il, sont déjà disponibles. Pour le démarrage, le groupe qui entend également installer une académie pour la formation des pilotes en a prévu deux.
En effet, c’est au groupe que l’exploitation de cette infrastructure aéroportuaire devra être confiée. Au regard des dernières tractations qui ont lieu, tout est presque fin prêt pour le démarrage des activités. Il s’agit de la réception définitive de la piste et du matériel technique de navigation aérienne.
« Le partenaire que nous avons trouvé et avec lequel nous avons déjà signé un accord est ici afin de montrer tout son intérêt pour la reprise de cet aéroport », a expliqué le ministre de l’Eau, Samou Séidou Adambi, représentant son collègue en charge des Infrastructures. « Les études approfondies de rentabilité économique sont en cours à leur niveau. Une fois terminé et mis en service, l’aéroport va jouer ce rôle de liaison entre l’Est et l’Ouest », a-t-il assuré.
En plus des vols de l’intérieur, d’autres sont prévus pour desservir les pays de la sous-région comme le Togo, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Niger. Il y en aura également en direction des parcs nationaux.
Il y a quelques semaines, les responsables du groupe danois avaient eu le privilège de rencontrer le chef de l’Etat en Norvège. Ce dernier ne leur avait pas marchandé son soutien, en les encourageant.

Actualités 10 déc. 2018


Gbêhanzin : Le monument (1889-1894)
[caption id="attachment_31676" align="alignnone" width="1024"]Sa Majesté Dada Gbèhanzin à Blida en Algérie en novembre 1906[/caption]

De son petit nom Ahokponou, il est né en 1838 du roi Glèlè et de Nan Zèvoton, Nan Djètinsa. Il devient Vidaxo ou prince héritier en 1875 sous le nom de Kondo. Il succède à son père le 1er janvier 1890 sous le nom fort de Gbêhanzin, tiré de la phrase sacramentelle : ‘’ Gbèhinazinaïdjrè ‘’, c’est-à-dire «le monde tient l’œuf que la terre désire». C’est une magnification du pouvoir danxoméen désiré par beaucoup mais qui ne peut échoir qu’aux princes les plus valeureux, prédestinés par la volonté des ancêtres.
Le prince Kondo jouait dans l’armée de son père le rôle de Gaou, le Général en Chef. Combattant intrépide, il prit une part décisive dans l’organisation et la conduite des nombreuses campagnes du roi Glèlè.
Parmi les campagnes menées sous son propre règne, on peut citer surtout celles de Watchi en 1890, Wohomè en 1891 et Agla-Zoumè en 1892.
Mais le nom de Gbêhanzin est surtout passé dès 1892 à la postérité comme celui du grand résistant à la conquête française. Mêlé de près aux discussions entre son père, le roi Glèlè et les français à propos de la volonté de ces derniers de s’installer à Cotonou, il leur répéta au cours de leurs audiences et dans les correspondances, sa volonté de ne céder un pouce du territoire du Danxomè à des étrangers.
Or, on se trouvait alors au plus fort de la fièvre impérialiste née du développement de la révolution industrielle en Europe. La conquête de territoire Outre-mer était devenue une nécessité vitale pour les grands Etats capitalistes et ils devaient user de tous les moyens pour y parvenir.
La France tente de négocier par l’entremise du Révérend Père Dorgère. Elle parvient à obtenir de Gbêhanzin « l’arrangement» du 3 octobre 1890 par lequel le roi accepte le protectorat de la France sur le royaume frère et adversaire de Porto-Novo et l’installation des français à Cotonou contre redevance de Vingt Mille (20.000) Francs par an de cette époque.

Une guerre sanglante

Mais très vite, les relations franco-danxoméennes se détériorent. Refusant de s’en tenir au rôle de partenaires commerciaux du Danxomè, les Français empiètent de plus en plus sur les prérogatives politiques et administratives du roi sur la côte. Ces provocations débouchent sur une « guerre sanglante marquée par d’énormes pertes en vies humaines dans les deux camps». Sur les instructions du roi, et sous les ordres de leur chef dont en tête Gaou
Goutchili, le futur roi Agoli-Agbo, les soldats du Danxomè se battent avec rage, surtout à Cana (la ville sainte) où les soldats du Danxomè ont livré de grandes batailles face à l’Armée française puissamment équipée. Même désarmés et les mains nues, Guerriers et Amazones du Danxomè affrontent les canons français et s’engagent dans le corps à corps avec l’ennemi. Il faut rappeler que l’Armée du Danxomè a perdu plus de Deux mille (2000) de ses soldats.
La supériorité matérielle et la puissance de feu de l’armée française étaient trop grandes. Pour arrêter le martyre de ses soldats et de son peuple, Gbêhanzin décide de rencontrer le Général Alfred Amédée Dodds, le Commandant en Chef de la troupe française au Danxomè. Cette rencontre eut lieu le 25 janvier 1894 à Goho, à l’entrée de la capitale d’Abomey, appelé en ce moment Yègo. Auparavant, Gbêhanzin avait livré à ses combattants et compagnons réunis à Atchètchédigbé, un pathétique message de remerciement, d’exhortation au courage et à la fidélité à Houégbadja, le fondateur du Danxomè. Dada Gbêhanzin, en rendant hommage à ses soldats et à leurs chefs Godogbé, Chachabloukou, Godjila, n’a pas oublié de saluer le courage, la bravoure et la détermination des ardentes Amazones de l’Armée, « qu’enflammait une sainte colère face aux ennemis du Danxomè ». Leurs indomptables chefs Goudémè, Yéwè, et Kétungan faisaient partie des compagnons d’armes du souverain, qui ont poursuivi les troupes françaises tout autour de Cana. Pour le roi Gbêhanzin, « qui chantera désormais les splendides sacrifices de tous ces soldats et de ces Amazones? Qui dira leur générosité? ».
Pour le souverain du Danxomè, il n’est pas question de signer un quelconque papier du Général Dodds qui signifierait une abdication.
Après cette rencontre historique du 25 janvier 1894 à Goho, le roi Gbêhanzin fut déporté le 11 février 1894 à la Martinique, où il arriva avec onze autres personnes, constituant sa suite, le 30 mars 1894.
Dans la délégation, on pouvait remarquer quatre (04) de ses épouses, trois (03) de ses filles, le Prince Wanilo, Dah Adandédjan, l’interprète Fanou et son épouse.
Jusqu’à sa reddition, Gbêhanzin croyait pouvoir sauver son trône. Son projet était d’aller à Paris négocier directement la paix et l’amitié avec le chef d’Etat français, le président Sadi Carnot. Celui-ci fit semblant d’accéder à son souhait, avec la complicité et la ruse du Colonel Dodds devenu Général de Brigade après le départ de Dada Gbehanzin pour le maquis où il est resté pour combattre les troupes pendant quatorze (14) mois. Mais c’était pure tromperie. Embarqué donc à Cotonou, le roi est exilé en Martinique où il vécut du 30 mars 1894 au 02 avril 1906.

Le souverain-courage

Face aux nombreuses protestations et sa détermination à rejoindre la terre de ses ancêtres, le Danxomè, les autorités françaises acceptaient de le transférer en Algérie (un territoire d’Afrique du Nord sous domination française) où il est resté d’avril à décembre 1906.
Très malade et abandonné à son sort par les autorités françaises, Gbêhanzin est transféré à Alger, à l’Hôtel de Nice, le 8 décembre 1906. Il n’a pas pu recevoir à temps les soins nécessaires.
Gbêhanzin meurt le 10 décembre 1906 à Alger à l’âge de 68 ans à 7 heures 30 minutes du matin, entouré de ses enfants, dont le Prince Ouanilo Arini Béhanzin.
Durant tout son exil, Gbêhanzin n’a cessé de protester contre cet éloignement forcé de la terre aimée de ses ancêtres. Mais les Français craignaient beaucoup que son retour au pays ne galvanisât la résistance à l’administration coloniale.
Ce n’est qu’en 1928, après 22 ans d’attente, que sa dépouille mortelle fut rapatriée au Dahomey (actuel Bénin) et enterrée à Djimè dans son palais privé, à travers des cérémonies royales à l’image de la grandeur, de la bravoure et du courage du souverain, Image impérissable qu’il a été et qu’il continue d’être dans le cœur des fils du Danxomè. Mais aujourd’hui, la mémoire du Héros national est souillée par ses propres descendants, ses petits fils et arrières petits fils, sans honte, sans crainte, sans remords…
Tout se passe comme si DADA GBÊHANZIN AIIYIIDJRÈ n’existe plus. Deux camps s’affrontent, par personnes interposées. Tous veulent le pouvoir, et personne ne veut faire de concessions. Les deux camps refusent le dialogue, tout compromis. Malgré les nombreuses initiatives prises par le préfet Firmin Kouton, le maire Blaise Ahanhanzo – Glèlè, certains conseillers communaux, les enfants du roi GLÈLÈ et plusieurs dignitaires du Danxomè, comme Dah Sèkloka, Dada Kpanna, la paix n’est toujours pas revenue à Djimè. Le pouvoir, rien que le pouvoir ! La division, la haine, les calomnies, les humiliations, les provocations tous azimuts, les injures, les mensonges et autres actes dégradants se poursuivent tous les jours. Malgré le fait que la majorité des descendants de DADA GBÊHANZIN soient aujourd’hui du côté de Monsieur Edouard Camille Béhanzin alias Dada Houéwou Wèkèhon Gbêhanzin, son grand – frère, Monsieur Emmanuel Camille Béhanzin, alias Dada Finyankou Gbêhanzin continue à proclamer partout qu’il est le meilleur candidat pour succéder à Feu Houédogni Gbêhanzin au palais royal de Djimè. D’après les informations recueillies au niveau des descendants du roi GBÊHANZIN à Djimè comme à Cotonou, Dada Houéwou Wèkèhon Gbêhanzin a eu à subir toutes les cérémonies rituelles en la matière. Ce dernier a eu à intégrer le palais royal pour lesdites cérémonies rituelles avant d’être chassé par « une horde de voyous, de délinquants drogués à la solde de l’autre camp ». Toutes ces violences connues et constatées par les autorités judiciaires en fonction à Abomey n’ont accordé aucune poursuite judiciaire contre les auteurs de ces violences au moment des faits, entre 2014, 2015 et 2016. Nous venons, avec grand respect et sincères considérations, supplier le chef de l’Etat, son Excellence le président de la République, Patrice Athanase Guillaume TALON, de bien vouloir prendre personnellement le dossier en main. Nous le supplions de bien vouloir écouter les deux parties en conflits et de bien vouloir trouver une solution définitive et réaliste à cette crise qui n’a fait que trop durer. Il s’agit ici d’un dossier très important qui concerne toute la Nation béninoise, parce qu’il concerne le Héros national : Sa Majesté le roi GBÊHANZIN AIIYIIDJRÈ TCHADAKO GOUNDÓ…

Constant
Agbidinoukoun Glèlè

(Journaliste-Chercheur ; Spécialiste de l’Histoire du Danxomè ; Expert et Consultant en Sciences de Communication)

Culture 10 déc. 2018


Insertion professionnelle des jeunes : Le Dg Anpe Urbain Amégbédji échange avec les parents
[caption id="attachment_31674" align="alignnone" width="1024"]Pour Urbain Amégbédji, les parents ne doivent pas inculquer à leurs enfants la culture des diplômes mais celle des talents[/caption]

Le directeur général de l'Agence nationale pour l'emploi, Urbain Amégbédji, a échangé, samedi 8 décembre dernier, avec les parents d'élèves et d'étudiants sur la problématique de l'insertion professionnelle des jeunes. Une rencontre qui s'est tenue au Chant d'oiseau et qui s'inscrit dans le cadre de la Quinzaine nationale de l'emploi (Qne).

La responsabilité des parents dans les difficultés d'insertion professionnelle des jeunes ; c'est le thème dont les parents d'élèves et d'étudiants ont débattu avec le directeur général de l'Agence nationale pour l'emploi, Urbain Amégbédji. Dans son propos liminaire, le Dg Anpe a abordé la problématique sous trois angles. Primo, il fait remarquer qu'autant les parents que les enfants sont tournés vers l'extérieur, négligeant les potentialités et opportunités locales, et les besoins réels. Selon lui, c'est un paradoxe de consommer des produits importés et d'enrichir, de ce fait, l'extérieur. Deuzio, il a déploré l'habitude chez les parents de faire croire aux enfants que ce sont les diplômes qui leur donneront à manger, alors que ce sont leurs talents. L'orientation, à l'en croire, doit tenr compte des aptitudes de l'enfant et des besoins réels du marché. Cette orientation doit commencer à la base, dès le jeune âge. Tertio, le Dg Anpe a fustigé le comportement de certains parents qui se désengagent de l'avenir de leurs enfants dès lors qu'ils ont obtenu leurs diplômes. Pour ceux-ci, les diplômes sont déjà une fin. « On dépense dans les diplômes mais pas dans les ressources humaines et les projets de l'enfant », énonce-t-il tout en précisant qu'il ne veut nullement dire de ne pas avoir des diplômes.
Dans leurs interventions, quelques participants ont évoqué la forte responsabilité de l'État dans l'insertion professionnelle des jeunes. Reconnaissant cette évidence, le Dg Urbain Amégbédji a invité les parents à prendre leurs responsabilités. « Les institutions ont leurs responsabilités, l'État a ses responsabilités mais les parents ont aussi les leurs. Focalisons-nous sur notre part de responsabilités. C'est en assumant nos responsabilités que nous aurons une attitude nouvelle et nous pourrons dire à l'État : Nous, nous avons rempli notre part de responsabilité », leur a-t-il répondu.

Société 10 déc. 2018


Travaux budgétaires en commission au Parlement: Les budgets des ministères de l’Energie et des Affaires étrangères épluchés

Les députés membres de la commission budgétaire de l’Assemblée nationale ont bouclé, jeudi 6 décembre dernier, leurs travaux budgétaires avec l’étude des projets de budget 2019 des ministères des Affaires étrangères et de la Coopération et de l’Energie. Les deux budgets ont été passés au peigne fin par les députés avec les ministres concernés.

28 milliards FCfa pour les Affaires étrangères en 2019

Le budget du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération au titre de 2019 passe de 29 335 000 518 F Cfa à 28 329 000265 FCfa. Il a été revu à la baisse d’à peu près un milliard F Cfa, soit un taux de 3%.
Les grands axes de ces prévisions budgétaires ont été fournis par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération (Maec), Aurélien Agbénonci, qui était face aux députés de la commission budgétaire, dans l’après-midi de jeudi 6 décembre dernier, dans le cadre de l’étude du projet de budget général de l’Etat gestion 2019.
Pour le ministre, ce budget est la part que le ministère des Affaires étrangères donne à l’effort demandé à tous les départements dans le cadre des sacrifices à faire pour financer les priorités de son secteur. « Il est clair que réduire le train de vie de l’Etat ne doit pas épargner la diplomatie. Ce que nous entendons faire avec ce budget au cours de l’année 2019, c’est toujours continuer à faire rayonner notre pays avec une diplomatie de développement, une diplomatie qui permet à notre pays d’être présent au monde et une diplomatie qui permet de mobiliser les ressources pour notre développement national ; mais aussi une diplomatie qui permet à notre machine diplomatique d’être plus à même de répondre aux défis des temps modernes et aux défis de notre développement », précise le patron de la diplomatie béninoise. Cette ambition, à en croire le ministre, a été saluée par les députés qui se disent satisfaits du bilan de la diplomatie béninoise et de l’action diplomatique du président Patrice Talon. « Les députés ont salué les efforts qui ont été faits au cours de cette année en matière de diplomatie et particulièrement ce qui a été fait en matière de e-visa. Nous avons été classés premiers par une institution indépendante dans ce domaine », confie Aurélien Agbénonci. Selon lui, les députés ont également noté avec satisfaction les efforts qui ont été faits dans la délivrance, en un temps record, des visas aux compatriotes qui résident à l’étranger. Mais ils n’ont pas manqué de soulever quelques préoccupations notamment la nécessité pour le Bénin d’élargir sa carte diplomatique, un instrument dynamique qui évolue au gré des intérêts stratégiques et l’évolution géopolitique du monde. « Nous n’allons pas rouvrir notre ambassade en Inde, mais nous allons renforcer nos relations avec ce pays », assure Aurélien Agbénonci. Mieux, annonce le ministre, le gouvernement va ouvrir toujours au cours de l’année 2019, des ambassades itinérantes, c’est-à-dire des ambassadeurs qui seront accrédités près plusieurs pays à l’étranger, résidant à Cotonou et qui effectueront plusieurs missions ponctuelles. Ce mécanisme a déjà prouvé son efficacité lorsqu’il est bien mis en œuvre, conclut le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

53,5 milliards F Cfa alloués au ministère de l’Energie

Les crédits alloués au ministère de l’Energie pour le compte de l’année 2019 sont en régression de 4,5% environ par rapport à ceux de 2018. Ils tournent autour d’un montant de 53,5 milliards F Cfa, informe le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou, qui a présenté jeudi 6 décembre dernier, le contenu de ce budget à la commission budgétaire de l’Assemblée nationale.
Selon lui, cette baisse est surtout due à la scission en deux du ministère, le 27 octobre 2017, avec la création du ministère de l’Eau et des Mines en même temps que le ministère de l’Energie. Le budget 2019, explique Jean-Claude Houssou, traduit la volonté du gouvernement de renforcer les axes phares mis en place depuis 2016 dans le secteur de l’Energie, inscrit au rang des priorités du Programme d’actions du gouvernement (Pag). L’une des grandes actions a été l’élaboration du plan de redressement du secteur de l’énergie qui accorde près de 10% de projets phares pour près de 760 milliards F Cfa avec quatre axes clés. Le premier axe concerne l’augmentation de capacité de production énergétique à travers la construction notamment de la centrale de 120 mégawatts à Maria Gléta et dont les travaux sont à plus de 75% de réalisation physique pour près de 85% de réalisation financière. Il est prévu la construction d’une deuxième centrale de 120 Mw dont les travaux vont démarrer au plus tard le deuxième trimestre de 2019. En dehors de cela, une autre centrale de 25 Mw est également projetée pour l’horizon 2020-2021. Tous ces projets viendront renforcer les actions de réhabilitation dans le secteur énergétique que le gouvernement a entreprises et rendues opérationnelles aujourd’hui à Porto-Novo, Parakou, Natitingou pour près de 350 Mw, informe le ministre. Mieux, le gouvernement ne s’est pas arrêté à ce niveau. Il a décidé de mettre en place un mix énergétique responsable pour permettre au Bénin d’avoir de l’énergie renouvelable à côté du thermique. Ainsi, d’ici fin 2020 début 2021, l’équivalent de 100 Mw de solaire sera réalisé et disponible.  « C’est une première dans notre pays et qui va nous permettre à l’horizon 2021-2022 d’avoir une capacité installée dans notre pays autour de 400 Mw, c’est-à-dire largement au-dessus de ce dont on a besoin aujourd’hui et qui nous permet d’entrer déjà en anticipation », se réjouit Jean-Claude Houssou. Il est revenu avec force détails sur le troisième projet phare du gouvernement, en l’occurrence la restructuration de la Société béninoise de l’énergie électrique (Sbee) à travers la réalisation d’un certain nombre de réformes qui commencent déjà à se mettre en place et à porter leurs fruits. Une attention particulière est également accordée au secteur de l’électrification rurale, qui semble être aujourd’hui le parent pauvre de l’électricité. Beaucoup d’efforts ont été déployés, à en croire le ministre, pour mettre en place des dispositions claires qui permettent d’attirer les investissements privés pour accélérer le développement du secteur. Le ministre de l’Energie n’oublie pas non plus le quatrième et dernier projet phare à savoir l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’énergie. Tous ces différents projets, insiste le ministre, s’insèrent dans le cadre de la volonté du gouvernement de gagner le pari de l’autonomie énergétique à court et moyen termes.

 

Actualités 10 déc. 2018


Olivier Colas, directeur du Développement Blue Solutions du Groupe Bolloré: « Il y a une capacité à offrir des solutions à l’électrification rurale »

En marge du sommet international pour le développement de l’électricité en Afrique (SIDE-AFRICA), tenu du 6 au 8 décembre à Cotonou, Olivier Colas, directeur du Développement Blue-Solutions du Groupe Bolloré, s’est prononcé sur le défi de l’énergie renouvelable et les solutions que son groupe offre à l’Afrique et au Bénin. Interview.

Vous avez activement pris part au sommet international Side-Africa organisé la semaine dernière à Cotonou. Quel est l’intérêt d’un tel événement pour un groupe comme Bolloré ?

Olivier Colas : Vous connaissez l’engagement du groupe Bolloré en Afrique depuis plus de cinquante ans dans les domaines du transport, de la logistique et des médias en particulier avec Canal+. Sous la marque Blue Solutions, nous développons une activité récente autour du stockage d’énergie avec une batterie que nous fabriquons, et qui se trouve au cœur des défis pour le Bénin dans sa recherche des meilleures solutions pour augmenter sa production d’électricité et l’électrification de ses zones rurales. Participer à Side-Africa nous permet d’appréhender plus précisément avec les plus hautes autorités les véritables besoins du Bénin et de la sous-région pour y apporter des réponses concrètes et réalisables rapidement. Les contacts que nous avons eus avec les acteurs du marché, qu’ils soient internationaux et locaux, nous permettent aussi de construire des collaborations sur le long terme, gage des meilleures performances dans la durée.

Quelle est votre perception sur la question des énergies renouvelables?

Avec les accords de Paris, le monde entier se saisit des problématiques du changement climatique et de la réduction des gaz à effet de serre. L’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique est une partie de la solution. On parle de 50% d’électricité d’origine renouvelable en Afrique d’ici 2030. Photovoltaïque, hydraulique, éolienne, biomasse…ces énergies abondent dans tous les pays en Afrique et sont le plus souvent les moins chères du marché avec cette capacité unique de pouvoir être produites au plus près des besoins sans importations coûteuses de carburant. La combinaison de l’usage des énergies renouvelables avec de nouvelles technologies de stockage pour gérer leur intermittence et les mini-réseaux (mini-grid) est une opportunité exceptionnelle pour l’Afrique de prendre en main et de réussir sa transition énergétique, en particulier par l’électrification des zones rurales.

De quoi retourne réellement le concept Blue-Solutions ?

Blue Solutions est l’entreprise du groupe Bolloré qui conçoit et fabrique des batteries qui servent à stocker l’énergie. Par exemple, le stockage va permettre de charger les batteries avec l’énergie solaire produite en journée et de décharger l’électricité stockée pendant le pic de consommation la nuit entre 18 et 22 heures ou bien de faire fonctionner des bus électriques… Monsieur Vincent Bolloré a décidé, il y a vingt ans, de se lancer dans le développement des batteries dont personne ne parlait à l’époque…Aujourd’hui, le stockage d’énergie est une brique essentielle de la transition énergétique. Avec ses partenaires et intégrateurs, Blue Solutions a pour ambition de devenir un acteur de ce marché, en particulier en Afrique.

Qu’est-ce qui fait la particularité des batteries Blue-Solutions ?

Nos batteries de la famille Lithium reposent sur une technologie unique dite « tout solide » que nous sommes les seuls à maitriser. Cette technologie permet à nos batteries de supporter les hautes températures jusqu’à 60°c, sans avoir besoin de climatisation. Elles sont aussi extrêmement robustes et sûres, sans risque d’emballement thermique. Autant d’atouts qui augmentent leur performance, leur durée de vie avec une maintenance limitée. Ces batteries sont aussi utilisées par nous-mêmes et d’autres constructeurs dans la fabrication de bus électriques ou d’engins portuaires.

Quelles sont vos solutions concrètes orientées vers le continent africain ?

Nous avons apprécié les propos du ministre béninois de l’Energie sur l’importance de solutions concrètes à mettre en œuvre rapidement. Aujourd’hui, nous sommes le fabricant de batteries avec le plus de références en Afrique où la capacité de notre batterie à supporter la chaleur sans climatisation est un avantage décisif. Nous sommes fiers d’avoir plus de 25 systèmes et 6 MWh de stockage déjà opérationnels dans toute l’Afrique de l’Ouest. Ces batteries sont utilisées aujourd’hui dans des Bluezones comme à Zongo à Cotonou pour développer l’économie locale. A travers Canal Olympia, nous développons aussi avec Vivendi un réseau de plus de 50 salles de cinéma et de spectacles en Afrique, accessibles pour tous. Une quinzaine sont déjà opérationnelles dont une à Wologuêdé à Cotonou. Ce sont des installations complètement hors réseau, alimentées par 140 KW de panneaux solaires et 400 KWh de batteries. Il s’agit d’un exemple de ce que l’on fait aujourd’hui pour le Bénin. Avec nos partenaires locaux, nous allons nous engager dans d’autres projets de centrales photovoltaïques avec stockage et proposer notre expérience de solutions hors-réseau pour rapidement mettre en place des projets d’électrification rurale si importants pour le développement économique et social des habitants des zones rurales.

Que peut attendre le Bénin à la suite de ce sommet ?

Grâce à ce sommet, nous avons compris que le ministère de l’Energie du Bénin, avec le fort soutien du président de la République, a développé un plan très précis pour l’électrification du Bénin. Ce plan propose notamment un cadre réglementaire indispensable à l’engagement des acteurs privés dans des investissements gagnant-gagnant avec l’Etat. Nous ferons partie de ces acteurs dans des projets d’augmentation de la production renouvelable avec stockage connectée au réseau, mais aussi dans l’accès à l’énergie des communautés. Ce plan a aussi l’opportunité d’être appuyé par le Millennium Challenge Account qui produit un travail remarquable et concret. Ce sommet a permis de réunir tous les acteurs de l’énergie, de l’Etat ou du privé, engagés dans la réussite collective du développement indispensable de l’énergie au Bénin et en Afrique de l’Ouest.

Société 10 déc. 2018


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