La Nation Bénin...
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L’ambassadeur de la France près le Bénin, Aline Kuster-Menager et le ministre en charge de l’Economie et des Finances, Komi Koutché, ont procédé, hier lundi 16 février à Cotonou, à la signature de deux conventions de financement relatives au Projet d’appui au développement de l’agriculture dans le département des Collines (PADAC), pour une agriculture durable. C’était en présence de la directrice de l’Agence française de développement (AFD), Catherine Bonnaud et du ministre en charge de l’Agriculture, Azizou El hadj Issa
7, 8 milliards FCFA. C’est le montant que la France met à la disposition du Bénin concernant le Projet d’appui au développement de l’Agriculture dans le département des Collines (PADAC) : pour une agriculture durable.
Ledit projet se propose d’accompagner les communes et associations dans la mise en œuvre d’investissements agricoles respectueux de l’environnement avec une vraie valeur ajoutée socio-économique (aménagement de bas-fonds, entretien des routes, création de marchés, de couloirs de transhumances, etc.)
En effet, le département des Collines situé au centre du pays et comprenant six communes, dispose d’un potentiel agricole important. Malgré cela, 47% de sa population est en situation de pauvreté et la zone est confrontée à des défis majeurs : faible compétitivité du secteur agricole, dégradation des terres, pression foncière croissante et fort taux de malnutrition. «Comme réponse à ces problèmes, seuls des investissements agricoles menés de façon participative sont à privilégier».
Dans son mot pour la circonstance, l’ambassadeur de la France près le Bénin, Aline Kuster-Menager a précisé que le projet s’inscrit dans le Plan stratégique de relance du secteur agricole et le Plan national d’investissement agricole. «Il contribuera simultanément à la mise en œuvre de plusieurs stratégies et instruments sectoriels élaborés par le Bénin» et viendra notamment renforcer les outils en cours d’opérationnalisation : le Fonds national de développement agricole (FNDA) pour l’investissement agricole et le Fonds d’appui au développement des communes affectés à l’Agriculture (FADeC agriculture) pour les investissements communaux.
«L’enjeu est donc de taille, car il s’agit d’une part, de conjuguer la promotion de modèles de développement durable et responsable permettant de réduire le gap des inégalités et de lutter contre la pauvreté et la malnutrition endémiques en zone rurale, d’autre part; de veiller à l’attractivité des métiers de la terre chez les jeunes pour assurer le renouvellement des générations agricoles futures», précise l’ambassadeur de France. Elle profite de cette occasion, pour réaffirmer l’engagement de son pays à soutenir les efforts entrepris par le gouvernement du Bénin, en vue de la mise en œuvre de sa stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté.
«Ensemble, nous devons rester ambitieux et engagés pour porter et permettre la pleine réussite du PADAC dans les prochaines années. Nous sommes attendus et regardés par les citoyens français et par les citoyens béninois. Il vous appartient d’utiliser au mieux les investissements que vous avez identifiés comme prioritaires pour offrir aux populations des Collines et aux futures générations, la possibilité de travailler la terre dans les meilleures conditions possibles», conclut la diplomate française.
Pour sa part, le ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation, Komi Koutché a salué ce geste provenant de la France. Car il est relatif à un domaine qui concerne une très grande partie de la population. Il promet au nom du gouvernement béninois que le projet sera concluant.

Six ans après leur dernier congrès les leaders et militants des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) définissent un nouveau cadre de vie et de fonctionnement pour leur alliance politique. Samedi 14 février dernier, en deux grandes activités à Cotonou, ils ont relancé ce groupe politique en lui prédisant un long avenir politique.
A l’appel du Comité d’organisation et des leaders de leur alliance, les militants des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont répondu favorablement, par un déplacement massif, à l’occasion du Congrès extraordinaire tenu samedi dernier au palais des Congrès de Cotonou. En réalité, c’est fort des acquis qui sont les leurs, que ceux-ci, eu égard aux élections en vue, ont pris la résolution de resserrer leurs rangs. Parlant des acquis, le président du Comité d’organisation dudit congrès, Komi Koutché, en a cité de nombreux pour illustrer combien les FCBE sont devenues incontournables sur l’échiquier politique national. En six élections successives, l’alliance a cumulé six victoires, et est «la première force politique au Bénin».
Mieux, elle s’est enracinée dans toutes les localités du pays et est devenue si proche et si soucieuse du bien-être des populations, qu’elle ne peut s’offrir le luxe d’abandonner les choses en si bon chemin, pense aussi le président du Comité d’organisation des assises. Face à un tel tableau, le défi «appelle à s’asseoir pour définir un autre idéal, surtout dans la perspective d’une poursuite des réformes en cours», souligne-t-il, projettant l’alliance sur les cent prochaines années, plus pérenne. «Nous ne subiront pas la mort subite que nous prédisent certains», apaise, par ailleurs, le président du Comité d’organisation. A sa suite, le coordonnateur national des FCBE, Eugène Azatassou, promet qu’à la fin du congrès, l’alliance sera un regroupement plus fort et plus organisé. C’est d’ailleurs dans cet esprit que se sont déroulés les travaux dudit congrès organisés autour de trois ateliers. Hier dimanche 15 février, le Comité d'organisation était face aux médias pour apporter plus de précisions sur quelques-unes des décisions prises au cours du congrès.
Objectif «50 députés» !
A la suite des travaux du congrès organisé dans la matinée du samedi 14 février dernier, les FCBE ont tenu un peu plus tard, un géant meeting de restitution au stade de l'Amitié à Kouhounou.
Le congrès des FCBE, selon le coordonateur Eugène Azatassou a, entre autres, adopté un document de déclaration politique à faire signer aux entités politiques encore membres de l’alliance. Un code de bonne conduite ainsi que des directives pour les élections législatives, municipales, communales et locales ont été aussi adoptés. Les congressistes se targuant de l’état des lieux actuel de l’alliance, (60 maires sur les 77, 877 élus communaux sur 1450 et 138 000 élus locaux sur 26 000), se projettent sur le futur «et s’identifient par rapport à l’idéal politique». Pour les législatives à venir, la barre est fixée à 50 députés, a annoncé Komi Koutché.
Dans la logique de la poursuite des réformes actuellement en cours, l’alliance FCBE insiste sur la relecture de la Constitution pour trois raisons essentielles. Il s’agit de la constitutionnalisation de la Commission électorale nationale autonome (CENA) et de la création d'une Cour en lieu et place de la Chambre des comptes, et ensuite de l’imprescribilité des crimes économiques. Une chose est certaine, les FCBE sont dans la logique de «déjouer la probabilité de ceux qui pensent que les FCBE disparaitront après les deux mandats constitutionnels de Boni Yayi», affirme Komi Koutché. Cette assurance à peine voilée a donné un goût de fête aux manifestations qui ont été ponctuées d’une série d’animations culturelles et artistiques.
« FCBE est une grande formation politique », dixit Boni Yayi
Le président Boni Yayi était présent au meeting organisé au stade de l'Amitié par les FCBE. Le leader charismatique de cette alliance, dit avoir répondu à un appel. «Puisque vous êtes la seule formation à m’avoir invité, j’ai tenu à vous honorer tout en étant le président de tous les Béninois», a nuancé le président de la République au sujet de sa présence sur les lieux. Et puisqu’il s’identifie à ce bloc politique, il n’a pas manqué de rappeler lui aussi l’importance des FCBE. «Je vous remercie d’avoir eu cette idée de consolider vos rangs.
La lecture que je fais de votre Congrès extraordinaire est que vous êtes décidés à continuer d’animer avec les autres forces politiques, la vie politique de notre pays», martèle le numéro 1 des cauris. Seulement, cette animation de la vie politique, aussi bien par les siens que par les autres acteurs politiques, exige que tout se passe «dans le respect des règles établies et de la démocratie». Bien qu’étant à la fin de ces deux mandats constitutionnels, le chef de l’Etat croit encore en l’avenir du groupe politique qui l’a porté depuis neuf ans.
«J’ai eu à entendre un certain nombre de fois que l’alliance FCBE est déjà morte. FCBE grandira toujours au même titre que les autres formations politiques. Elle est née pour ne pas mourir», lance-t-il, avant de faire ses exhortations à l’endroit des siens. Lesquelles, se résument en ces termes: «la nation attend beaucoup de vous depuis 2006 et elle attendra toujours de vous».
Actualités 16 févr. 2015

La convocation du corps électoral pour les élections législatives est imminente. C’est ce qui ressort de l’audience que le chef de l’Etat a accordée, hier mercredi 11 février, au président de la CENA.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) met les bouchées doubles afin que les élections législatives se tiennent dans les délais prescrits par la Cour constitutionnelle. Hier, son président, Emmanuel Tiando, a fait part au chef de l’Etat du niveau d’avancement des préparatifs et exposé les difficultés auxquelles l’institution est actuellement confrontée. «L’article 68 du Code électoral stipule que c’est le président de la République qui convoque le corps électoral. Nous sommes venus faire le point avec le président de la République et le rassurer que les conditions sont en train d’être réunies et sur cette base, il peut convoquer le corps électoral», confie-t-il.
Au sujet des préparatifs, Emmanuel Tiando informe que la CENA a déjà lancé le processus de recrutement des agents électoraux, validé le calendrier électoral et invité les candidats aux législatives à venir déposer leurs dossiers à partir du 20 février prochain.
Actualités 12 févr. 2015

Lien juridique entre une personne et l’Etat dont il est ressortissant, par naissance, par acquisition, par naturalisation ou autre procédé, la nationalité est essentielle à la jouissance de tous autres droits. C’est donc le droit d’avoir des droits. Ainsi, l’absence de nationalité, appelée apatridie, est préjudiciable à qui en est victime.
D’après les statistiques, 10 millions de personnes sont concernées par le phénomène dans le monde, dont 1 million en Afrique de l’Ouest, au nombre desquelles on retrouve 600.000 enfants. La question préoccupe les Nations Unies. C’est dans ce cadre que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), dont le mandat s’étend aussi à la lutte contre l’apatridie, a organisé courant décembre 2014, un atelier média sur l’apatridie. Objectif : sensibiliser les acteurs des médias pour qu’ils s’engagent dans le plaidoyer autour de la thématique.
Situation d’une personne qui ne peut être considérée par aucun Etat comme son ressortissant, en application de sa législation, l’apatridie est une notion mal cernée par le public et par les décideurs. Elle découle généralement de questions liées à la nationalité. Les causes principales relevées sont relatives aux insuffisances contenues dans les lois sur la nationalité, à la privation arbitraire de la nationalité, au phénomène juridique de succession d’Etats ; de même qu’à des pratiques administratives restrictives, notamment en matière de délivrance de documents prouvant la nationalité d’une personne...
Il s’ensuit que la jouissance de l’essentiel des droits leur est inaccessible. Par exemple, renseigne le HCR, il leur est souvent impossible d’obtenir des documents d’identité, ils sont susceptibles d’être détenus pour des raisons liées à leur statut d’apatrides, ils se voient refuser l’accès à l’éducation, aux services de santé de base ou à l’emploi…
C’est pourquoi ont été adoptées la Convention de 1954 relative au statut des apatrides, et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie.
Aux termes de la première, certaines mesures spéciales sont édictées en faveur des apatrides. Ainsi, elle leur garantit le droit à une aide alimentaire (article 25), le droit à des pièces d’identité et à des titres de voyage (articles 27 et 28) ; et les autorise à bénéficier de la dispense de réciprocité (article 7). Des dispositions spéciales qui visent à répondre aux problèmes particuliers que rencontrent les apatrides en raison de leur absence de nationalité. C’est le cas du titre de voyage qui leur est fourni et qui est mutuellement reconnu comme faisant office de passeport. Toutefois, la jouissance des droits garantis par la Convention de 1954 n’équivaut pas à la possession de la nationalité. Aussi cette Convention demande-t-elle aux Etats de faciliter la naturalisation des apatrides.
Quant à la Convention de 1961, elle prévoit des garanties concrètes et détaillées devant être mises en œuvre par les Etats pour prévenir et réduire l’apatridie dans plusieurs domaines principaux. Il s’agit d’abord, pour les Etats, d’accorder leur nationalité aux enfants qui, autrement, seraient apatrides et qui ont des liens avec eux soit parce qu’ils sont nés sur le territoire ou d’un parent ayant la nationalité de l’Etat concerné (articles 1 à 4). Il s’agit ensuite d’empêcher l’apparition de l’apatridie à un stade ultérieur de la vie en exigeant qu’une personne acquière au préalable ou ait l’assurance d’acquérir une autre nationalité avant de perdre sa nationalité ou d’y renoncer (article 5 à 7). Il s’agit par ailleurs d’éviter l’apatridie liée à la privation de la nationalité.
A ce propos, il est interdit aux Etats de priver un individu de sa nationalité pour des raisons d’ordre racial, ethnique, religieux ou politique. De même, la privation de la nationalité aboutissant à l’apatridie est interdite, sauf si l’individu a obtenu la nationalité au moyen d’une fausse déclaration ou de tout autre acte frauduleux. Par suite, les Etats peuvent conserver le droit de priver un individu de sa nationalité même si cette privation aboutit à l’apatridie, si la personne concernée a commis des actes incompatibles avec le devoir de loyauté à l’égard de l’Etat, a prêté serment ou a fait une déclaration formelle d’allégeance à un autre Etat.
Cependant, l’Etat est invité à considérer la proportionnalité de cette mesure, en tenant compte de l’ensemble des circonstances se rapportant au cas en question. Il s’agit enfin de prendre des mesures visant à éviter l’apatridie dans le contexte de la succession d’Etats.
En effet, la succession d’Etats, comme la cession d’un territoire par un Etat à un autre Etat ou la création de nouveaux Etats, peut aboutir à l’apatridie si des garanties appropriées ne sont pas en place. Il est ainsi demandé aux Etats, dans le cadre de la succession d’Etats, de prévoir des dispositions assurant la prévention de l’apatridie dans tout traité relatif à la cession d’un territoire. Et lorsqu’aucun traité n’est conclu, le ou les Etats concernés doivent accorder leur nationalité aux individus qui, sans cela, deviendraient apatrides du fait de la cession.
Qui peut être apatride ?
Diverses causes sont à la base de l’apatridie. Par exemple, certains apatrides sont des migrants échoués ou d’anciens réfugiés dont la nationalité n’a pas été confirmée par leur pays d’origine. D’autres sont des personnes ayant été déchues de leur nationalité pour des raisons liées à la discrimination. On retrouve aussi, dans le lot, des personnes ayant renoncé à leur nationalité originelle pour acquérir celle d’un autre pays ne tolérant pas la double nationalité, mais qui se retrouvent à perdre la nationalité acquise pour une raison ou une autre (divorce par exemple). Il existe aussi des personnes à risques d’apatridie.
Ce sont les personnes sans certificat de naissance, les démarches pour l’obtenir pouvant se révéler infructueuses ; les enfants abandonnés et les migrants échoués sans papiers ; ou encore les personnes vivant dans les zones frontalières lorsque la délimitation des frontières n’est pas chose effective…
L’Afrique de l’Ouest n’est pas épargnée par le phénomène. Son histoire ayant été marquée par des mouvements de populations, les situations de migration prolongée, notamment dans le cadre de l’asile, exposent les personnes concernées à la perte des preuves de rattachement légal à leur pays d’origine ; et les conflits de lois contribuent à des situations d’apatridie. WLH

La maladie à virus Ebola a été le mal de l’année 2014. Plusieurs pays africains en ont fait les frais. Pour mieux prendre la mesure de la situation, il a été mis en place un important dispositif de prévention au niveau des frontières avec le Nigeria.
L’année 2014 a été sérieusement perturbée au plan sanitaire par la maladie à virus Ebola. Telle une mer en furie, l’épidémie a déversé son flot sur certains pays africains, notamment la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia qui malheureusement ont enregistré de nombreuses pertes en vies humaines.
Le Nigeria, pays limitrophe du Bénin, n’est pas resté en marge de ce tumulte. Il a enregistré également son lot de victimes, même si son bilan paraît moins alarmant comparativement aux autres pays. Face à cette menace, le Bénin a pris d’importantes mesures au plan sanitaire afin d’éviter d’éventuels cas sur son territoire.
Dispositions spéciales
Les zones frontalières bénino-nigériannes de Sèmè-Kraké, d’Ifangni et d’Owodé ont été placées sous haute surveillance sanitaire, afin de prévenir la maladie. A ce jour, le Bénin n’a enregistré aucun cas de décès lié à cette épidémie à virus Ebola. Toutefois, le pays assure la veille permanente en vue de conserver cette tendance.
Au niveau de chacune des trois frontières précitées, la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure. En témoignent les dispositifs qui y ont été installés. Toutes les mesures semblent être prises pour contrôler l’infiltration sur le territoire béninois, de ce fléau que l’on pourrait qualifier comme étant le "mal de l’année 2014".
La frontière de Sèmè-Kraké, classée 2e du Bénin au rang des frontières, enregistre le flux migratoire le plus important comparativement aux autres. Selon les données du Commissariat de police de la localité, les statistiques à l’entrée de la frontière présentent 1600 personnes manifestées et à la sortie 1200 comme flux manifesté dans une semaine. Pour maîtriser cette masse humaine, le ministère de la Santé a délégué des agents de santé en leur assignant des objectifs bien spécifiques : prise systématique de température des passants, règles d’hygiène obligatoires à respecter…
Depuis le début de l’épidémie, le Bénin a pris des dispositions sanitaires en vue de mieux maîtriser la situation, informe Sylvère Dégbélo, infirmier à la frontière de Sèmè-Kraké. «Le ministère de la Santé nous a fourni des habits de protection et nous sommes également tenus de respecter les mesures d’hygiène», a-t-il expliqué. «Ces habits leur permettraient de se mettre en conditions réelles en cas de survenue d’un cas réel», a-t-il poursuivi.
Aussi, la sensibilisation fait-elle partie des mesures de prévention pour lesquelles le Bénin a opté. Des affiches et un dispositif de sonorisation ont été installés pour mieux informer les populations des manifestations de cette maladie. L’entrée par la frontière des dépouilles mortelles sur le sol béninois est systématiquement interdite.
Même combat, mêmes moyens
Owodé, l’autre frontière située à quelques kilomètres de Sèmè-Kraké, s’est aussi inscrite dans cette logique. Ici, la frontière est presque inanimée, mais ‘’Ebola’’ constitue un souci permanent. Des mesures sanitaires sont mises en place notamment par la partie nigériane pour un contrôle efficace de la situation. Bien mieux qu’à Sèmè-Kraké, la frontière d’Owodé a élargi sa gamme de sensibilisation au profit des usagers. Un dispensaire y est installé à cet effet.
Mais les frontières de Sèmè-Kraké et d’Owodé ne sont pas les seules à maintenir la veille contre l’épidémie à virus Ebola. Igolo, première zone frontalière reliant le Bénin au Nigeria ne perd également pas de vue la nécessité de préserver ses usagers de ce virus. Tout comme la frontière de Sèmè-Kraké, celle-ci est également poreuse. Les données indiquent environ 150 personnes à l’entrée et à la sortie tous les jours de la semaine. Ici, des agents en blouse blanche maintiennent la garde contre ‘’le mal de l’année 2014’’. Les mesures de prévention et de protection ne diffèrent pas de celles prises au niveau des autres frontières. Au niveau de cette frontière aussi, le combat contre ‘’Ebola’’ bénéficie des mêmes moyens de prévention. Jusque-là, les dépouilles mortelles sont interdites de passage. Un dispositif de lavage des mains y a été mis en place.
Les affiches pour la sensibilisation, couplées avec la prestation des animateurs musicaux pour la sensibilisation en anglais, français et en yoruba avec l’appui du ministère de la Santé, viennent en appui au dispositif de lutte, renseignent Victor Koukpakou et Apollinaire Agbangla, tous deux, agents de santé à la frontière d’Igolo.
Si la tendance de contamination de la fièvre à virus ‘’Ebola’’ a baissé depuis quelques temps dans les pays touchés, il ne demeure pas moins que le Bénin a cerné l’enjeu et maintient intact son dispositif de prévention contre le phénomène.

Un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles. C’est le bilan de l’affrontement sanglant survenu hier lundi 2 février entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants.
La crise latente entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants qui se regardaient en chiens de faïence depuis quelques jours, a fini par dégénérer hier lundi 2 février. Les deux protagonistes se sont affrontés pendant plusieurs heures, avec comme bilan un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles.
L’affrontement serait né de ce que les populations de Gangban, exploitants agricoles, ont surpris les troupeaux des peulhs transhumants en train de détruire leurs cultures. Voyant leur richesse en péril, ces agriculteurs ont décidé d’en finir avec ces peulhs transhumants qui seraient coutumiers du fait. Mais c’était sans compter avec la force de ces peulhs qui étaient plus aguerris au combat qu’eux. Coupe-coupe, gourdins et fusils de fabrication artisanale, rien n’a été omis par les peulhs au cours de l’affrontement qui serait d’une violence inouïe. En témoigne le bilan. Un décès a été enregistré dans le rang de la population de Gangban.
Le corps est déposé à la morgue de l’hôpital d’Adjohoun où sont également évacués certains des blessés. D’autres blessés dont les cas sont plus critiques ont été évacués sur l’hôpital de zone de Sakété pour une meilleure prise en charge. Face au bilan de l’affrontement, les peulhs transhumants ont pris la poudre d'escampette. Ils se seraient repliés vers la commune de Bonou.
Selon le premier adjoint au maire d’Adjohoun, Célestin Azonhoumon, contacté par téléphone, la situation serait actuellement sous contrôle. Il dit avoir réquisitionné des éléments parmi les Forces de l’ordre pour assurer la sécurité de la localité.
Un calme relativement précaire règne dans la localité où les gens sont toujours sous le choc dû au décès d’un des leurs.

Les acteurs du système sanitaire béninois se réunissent depuis hier lundi 26 janvier à Bohicon dans le cadre de la revue annuelle du Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN). L’objectif principal de cette rencontre est de faire le point des activités de la lutte en 2014 et envisager les perspectives pour 2015.
Pour les présentes assises, les médecins de zones ainsi que les divers acteurs intervenants comme relais communautaires du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles sont mobilisés durant les quatre jours que dureront les travaux de cette revue annuelle. Les affections les plus fréquentes au niveau de la population béninoise sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les affections gastro-intestinales, les lésions traumatiques, les diarrhées, les anémies, les affections dermatologiques, l’hypertension artérielle, les affections urogénitales, les affections respiratoires, sans oublier des affections oculaires. S’agissant des maladies tropicales négligées dites MTN, elles sont un groupe de maladies transmissibles qui sévissent dans les pays pauvres comme le Bénin et pourrissent la vie aux personnes vulnérables en mettant en péril leur santé. On dénombre dans le monde, plus d'un milliard de personnes dont des milliers au Bénin, souffrant d'une ou plusieurs maladies tropicales négligées. La plupart de ces maladies sont des maladies parasitaires dues à des protozoaires ou des helminthes. Au Bénin, c’est le Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMT) dirigé par Dr Wilfrid Batcho qui travaille à l’éradication de ces maladies dites des pauvres.
A l’ouverture des travaux de ces assises, Dr Jean-Jacques Tougoué, conseiller technique en charge du Bénin pour le RTI / Washington aux USA, a indiqué qu’il n’est un secret pour personne aujourd’hui que ces maladies dites MTN impactent disproportionnellement les populations pauvres et rurales qui n'ont pas accès à l'eau potable, à l'assainissement, et aux médicaments essentiels. Il a saisi l’occasion de cette revue annuelle pour saluer la volonté du Bénin à venir à bout de ces maladies en se dotant d’un plan national de lutte intégrée contre les maladies tropicales négligées pour les prochaines années. Il s’agira au cours de cette rencontre, poursuit-il, non seulement de faire le bilan de l’année 2014 mais aussi de tracer les perspectives pour la nouvelle année. Cependant, ceci interviendra après la mise en échelle des activités dans ce secteur. Une mise à l’échelle qui aura permis de partir de zéro cartographie à huit cartographies avec l’espoir de voir tout le Bénin être cartographié au cours de cette année 2015 sans occulter les traitements de masse.
Toutefois, pour Dr Jean-Jacques Tougoué, le véritable défi, c’est la qualité des résultats. Il convie donc les participants à beaucoup insister sur la qualité des résultats.
Invité à prendre la parole pour procéder à l’ouverture de cette rencontre en lieu et place du ministre de la Santé empêché, le directeur départemental de la Santé (DDS) du Zou-Collines, François Kossouoh devait rappeler l’importance de cette rencontre qui vise à faire le bilan des actions menées sur le terrain en 2014 par le Projet de lutte contre les maladies tropicales. Il a précisé que les données recueillies lors des différents traitements de masse de 2014 seront mises à jour. Aussi, faut-il faire le point de l’expérience de la collaboration avec le réseau MTN dans le cadre de la motivation des relais communautaires et du personnel de santé.
Outre les communications qui seront présentées par des spécialistes sur des activités exécutées, les participants auront également droit à des présentations par zones sanitaires des actions de lutte contre les MTN. Des maladies qui rôdent dans notre environnement où elles détruisent silencieusement et sûrement des vies innocentes étant donné que les conditions de vie et d'hygiène ne sont pas encore celles désirées.

A la suite du Groupe parlementaire Union fait la Nation, vendredi dernier, qui plaide pour un dialogue politique franc et sincère au sein de l’hémicycle afin de débloquer la crise électorale, les députés FCBE soutenant le chef de l’Etat n’ont pas tardé aussi à réagir. Ils ont fait une déclaration à la tribune de l’hémicycle par la voix du député Grégoire Akofodji.
Dans son adresse, celui-ci a tenté de démonter les arguments de ses collègues UN de l’Opposition accusant le camp présidentiel d’être responsable de l’impasse électorale que traverse le Bénin depuis 2013. Pour Grégoire Akofodji, l’Opposition joue à de l’autovictimisation. Car, la non organisation des élections à ce jour est due à l’indisponibilité de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI). Les difficultés liées à la réalisation de cette liste relève des contradictions internes au Conseil d’orientation et de supervision de la LEPI (COS-LEPI).
«Rien ne concerne le gouvernement encore moins le chef de l’Etat», martèle le député FCBE qui s’oppose à l’examen et l’adoption des différentes propositions de lois dérogatoires au Code électoral. Selon lui, celles-ci se heurtent au protocole de la CEDEAO sur les élections qui interdit la révision des lois électorales à six mois des élections sauf en cas de consensus de la classe politique.
Il est contre également la proposition de loi visant à suspendre le mandat des maires actuels élus en 2008. Grégoire Akofodji a déploré, par ailleurs, l’échec du dialogue politique suite à la désertion de l’Opposition de la table de discussion en proposant des préalables. Le député FCBE salue la décision de la Cour constitutionnelle fixant les dates des élections législatives puis municipales, communales et locales respectivement pour le 26 avril et 31 mai 2015. Il invite la haute juridiction, institution régulateur du bon fonctionnement des institutions de la République, à rester ferme dans sa décision. Il appelle le peuple à se mobiliser pour aller aux urnes à ces deux dates. Et ceci avec une liste électorale exhaustive, inclusive et fiable pour laquelle le député FCBE appelant le COS/LEPI à accélérer ses travaux de correction.

Mécontents du calendrier des examens, les étudiants de l’Ecole des sciences et techniques du bâtiment et de la route (ESTBR) entité du Centre universitaire d’Abomey, l'ont bruyamment manifesté dans la matinée d’hier jeudi 15 janvier. Très tôt à l’aube, ils se sont mobilisés dans l’enceinte de l’établissement en bloquant toutes les issues avant d’allumer le feu.
L’ambiance qui a régné hier matin sur le site l’ESTBR était inhabituelle. La surprise, l’étonnement et l’inquiétude étaient bien perceptibles sur les visages. La situation était telle que les éléments de la Gendarmerie s’étaient déployés sur les lieux pour sécuriser l’essentiel et assister les autorités académiques menacées.
En effet, les étudiants ont bloqué tôt le matin toutes les portes avec un mélange de colle super-glue et du sable, puis ils ont disposé des tas de pneus aux entrées avant d'y mettre le feu. Face à un tel acte, les responsables académiques n’en reviennent pas de savoir que des étudiants contestent le calendrier des examens et en proposent un autre sous le prétexte qu’ils n’ont pas eu le temps nécessaire pour étudier.
Depuis le 4 décembre 2014, en effet, le calendrier des examens programmés a été rendu public pour démarrer le 5 janvier du retour des congés pour les fêtes de fin d'année. Mais à la reprise des activités le 5 janvier dernier, les étudiants se sont entendus pour ne pas venir composer. Raison avancée: les fêtes qui ne leur auraient pas donné le temps d’étudier. Ainsi, ont-ils exigé aux responsables de l’école de reporter les compositions à une date ultérieure.
Selon El Awal Mohamed Yékini, responsable des étudiants, ce mouvement vise à réclamer une semaine supplémentaire pour pouvoir composer dans de bonnes conditions. Car, dit-il, le calendrier tel qu’il se présente, ne permet pas aux étudiants de bien rendre ce qu’ils ont appris durant des mois.
Rencontré sur les lieux hier, le directeur de l’école ESTBR, le professeur Edmond Adjovi s’étonne de cette exigence des étudiants. Il soutient que nulle part, ce ne sont pas les étudiants qui fixent la date des examens. Il indique leur avoir servi en son temps que ce n’est pas possible et que l’école est tenue par un calendrier académique strict. D’ailleurs, ajoute-t-il, des contrôles continus ont été déjà faits dans les matières en question. Selon lui, les étudiants sont donc déjà préparés à cet effet, il ne leur reste qu’à faire un petit effort supplémentaire. Mais ceux-ci ont choisi de boycotter les examens et se sont plutôt organisés pour mettre le feu aux infrastructures universitaires.
Pour le directeur Edmond Adjovi et le recteur Norbert Awannou, c’est clair qu’on est ici dans une école professionnelle où les règles académiques sont strictes. Et dans le cas d’espèce, la sanction ne fait l’objet d’aucun doute. L’étudiant qui n’a pas composé a zéro comme note. Il n’y a pas à transiger là-dessus. Ils sont libres de ne pas composer, mais ils n’ont pas le droit de mettre le feu aux bâtiments de l’école, concluent les deux responsables.

Le palais du roi Houégbadja situé à l’arrière-plan du palais central de Wéhondji à Abomey a été entièrement consumé par le feu dans l’après-midi d’hier mercredi 14 janvier. En l’espace de quatre ans, c’est la troisième fois que le feu dévore ce palais rénové à coût de centaine de millions grâce à l’appui des bailleurs allemands et retenu comme patrimoine mondial de l’UNESCO.
Après le dépôt de bois des Chinois à Bohicon et un magasin au marché Houndjro à Abomey qui ont été dévorés par le feu la semaine écoulée, c’est le tour hier mercredi 14 janvier, dans l’après-midi, du palais rénové du roi Houégbadja d’être consumé. L’incendie qui serait parti, selon les témoins, d’un feu de brousse, s’est déclaré aux alentours avant de gagner l’enceinte même du palais du roi Houégbadja. Par ces temps de sécheresse, les flammes attisées par l’harmattan ont tout ravagé sur leur passage. Le palais n’étant pas habité, personne n’a pu sonner l’alerte pour que le feu soit maîtrisé à temps. Les riverains aussi sont restés impuissants. L’arrivée des sapeurs-pompiers sur place n’a pas servi à grand-chose non plus. Très tôt, ils étaient à court d’eau et ont dû replier, laissant le feu achever son œuvre. Le bilan ne fait état d’aucune perte en vie humaine. Mais pour avoir subi trois fois en l’espace de quatre ans les assauts des langues de feu, ce palais qui avait pourtant bénéficié de plus de cent millions de F CFA n’a plus rien d’un palais. D’ailleurs, avant l’incendie d’hier, il n’abritait que les hautes herbes et autres reptiles qui y ont conçu leurs habitats, cadre idéal ou de choix pour les enfants qui s’exercent à la petite chasse. Et, même la devanture tient lieu de bistrot puisqu’il accueille régulièrement les tables et les chaises d’une buvette installée juste en face.
Les riverains des lieux qui visiblement ne semblent pas surpris de l’incendie d’hier, peut-être parce que habitués désormais, incriminent plutôt les responsables qui ne feraient rien à leurs yeux pour protéger le site. A preuve, le conservateur des lieux, face à l’ampleur des flammes et à l’impuissance des sapeurs-pompiers qui ne disposaient plus d’eau, a rapidement décampé. Puis, joint un peu plus tard au téléphone par notre équipe, il a préféré se débiner en confiant qu’il a perdu son père, donc qu’il n’est pas présent, alors qu’il était sur les lieux un peu plus tôt.
Face à ce drame qui se répète tous les ans au niveau de ce palais, il urge de faire le bilan et de tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne faut pas oublier que c'est ce même palais qui a été réhabilité récemment grâce à l'appui de la République fédérale d'Allemagne avec une contribution à hauteur de 116 millions de F CFA et que les précédents incendies avaient été qualifiés d’intentionnels. Pour quelle cause ? En tout cas, à Abomey, les guéguerres entre les clans pour la succession au trône ou son contrôle ne manquent guère.
Sur place, la représentante de la Coopération allemande, Renate Kraub-Pôtz était désespérée face à ce drame. Elle n’a pas pu contenir ses émotions en lâchant "Mon pays, la République fédérale d'Allemagne a investi près d'une centaine de millions de FCFA pour la réhabilitation de ce musée incendié".