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Nouvelles

Remise de nouveaux véhicules aux forces de sécurité: Les capacités opérationnelles de la Police républicaine renforcées
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a officiellement remis, ce mardi 6 décembre à l’état-major des armées, au directeur général de la Police républicaine quarante véhicules tout-terrain. Ces moyens roulants permettront aux forces de sécurité de mieux accomplir leur mission, dans un contexte de fin d’année et de tentatives d’actes terroristes aux frontières.Les forces de sécurité publique disposent davantage de moyens matériels et roulants pour mieux veiller à la quiétude des populations. Elles ont reçu, ce mardi 6 décembre, un lot de 40 véhicules pick-up tout-terrain des mains du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en présence de son collègue chargé de la Défense nationale. Ces véhicules destinés aux différentes unités permettront de renforcer leurs capacités opérationnelles pour intervenir dans différentes situations notamment en cette veille de fêtes de fin d’année et dans un climat de menace terroriste. « Pour mieux adapter les moyens roulants aux nouvelles menaces, le gouvernement a décidé d’augmenter la capacité opérationnelle de notre police en la dotant de moyens spécifiques et conformes aux exigences du terrain. Cette dotation qui intervient dans un contexte d’aggravation de la menace terroriste constituera, à n’en point douter, une bouffée d’oxygène dans l’amélioration de la mobilité des unités de la police et par ricochet de leur capacité de réaction», a indiqué Alassane Séidou, démontrant ainsi la capacité de ces véhicules à rouler sur tous les fronts quelles que soient la nature du sol et les intempéries. Cette dotation est aussi une marque de soutien aux efforts des éléments de la Police républicaine dont les résultats sont de plus en plus éloquents. C’était aussi l’occasion pour le ministre de rappeler les différentes mutations qui ont marqué la vie de ce corps de sécurité publique depuis quelques années et qui permettent d’améliorer ses performances. Alassane Séidou a ainsi rappelé que de 2016 à ce jour, 910 motocyclettes et 259 véhicules de type pick-up ont été acquis pour accroître le niveau de surveillance des corridors et assurer la réactivité dans les interventions. Aussi, 155 commissariats de police ont été construits dans les communes. Face aux nouvelles menaces, le gouvernement béninois veut accroître les effectifs de la Police républicaine à travers le recrutement de 2 000 élèves agents de police par an sur les cinq prochaines années. « A ce jour, 80 % des unités composant la Police républicaine sont dotées de moyens roulants leur permettant d’assurer une quiétude nécessaire à l’épanouissement des populations de nos villes et campagnes », a ajouté le ministre. En raison des nouvelles menaces qui pèsent sur notre pays, poursuit-il, le gouvernement a entrepris un accroissement des effectifs à travers le recrutement de 2 000 élèves agents de police par an sur cinq ans. Ceci améliorera de façon substantielle le ratio sécuritaire et contribuera à assurer la résilience nécessaire pour défendre les limites territoriales du pays aux côtés des forces de défense. Il finit en faisant savoir que pour le compte de cette année, une première vague de 1 300 élèves agents de police est déjà recrutée et mise en formation au centre de formation militaire de Bembèrèkè. La deuxième vague constituée de 700 élèves agents de police sera recrutée au cours du mois de mars prochain et sera suivie de 2 000 autres. Toutes choses qui permettront d’offrir de bonnes conditions sécuritaires aux populations tout en continuant à améliorer les conditions de vie et de travail des forces de sécurité? Actualités 07 déc. 2022


Lutte contre la menace terroriste: Un partage de renseignements pour une réponse transfrontalière
Une réponse conjointe transfrontalière pour endiguer la menace terroriste. C’est la thématique au cœur de la 10e réunion du comité de gestion de l’Unité régionale de fusion du renseignement (Rifu) qui se déroule du 6 au 8 décembre à Cotonou. Face à une menace terroriste diffuse et évolutive, les Etats africains optent pour la mutualisation de leurs efforts. « Endiguer ensemble la menace terroriste : réponse conjointe transfrontalière » est la thématique au cœur des réflexions de la 10e réunion du comité de gestion de l’Unité régionale de fusion du renseignement (Rifu). Les mécanismes de lutte mis en place aux niveaux national et régional par les États ont certes permis d’obtenir des résultats probants, mais ils présentent des limites, a renseigné Pamphile Zomahoun, directeur des Services de liaison et de la documentation (Dsld). Il s’avère alors essentiel de les repenser dans l’objectif de pouvoir contenir et éradiquer efficacement et durablement cette menace. Cela appelle à un changement véritable et profond de paradigme. Selon Pamphile Zomahoun, les actions devront être plus collectives, mieux concertées et davantage coordonnées en privilégiant le renforcement de la coopération entre les pays en termes de partage effectif et en temps opportun de renseignement. Alassane Séïdou, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, va insister sur le fait que l’atelier de Cotonou s’inscrit dans un contexte sécuritaire relativement critique pour l’ensemble des Etats. Il ajoute que cette menace terroriste, sévissant traditionnellement dans la région sahélienne et dans le Bassin du Lac Tchad, a entamé depuis peu une expansion remarquable vers les Etats côtiers du golfe de Guinée. Ainsi, le Bénin et d’autres pays du littoral du golfe de Guinée subissent, comme l’actualité sécuritaire de ces derniers mois le prouve, des attaques de plus en plus mortifères sur leurs territoires respectifs. Le ministre Alassane Séïdou fait savoir que les conséquences des actes terroristes sur la stabilité socio-politique et la sécurité des Etats demeurent désastreuses.

Conjuguer les efforts

Et au regard de l’évolution des dynamiques observées de l’Ouest à l’Est en Afrique occidentale, relève le ministre, il ne peut être exclu que les groupes terroristes sévissant dans le bassin du Lac Tchad et dans le Sahel travaillent à établir des connexions logistiques, voire opérationnelles, même s’ils sont géographiquement distants. Du fait même de l’éventualité de ces connexions, ne serait-il pas opportun que soient conjugués les efforts consentis par nos organisations sous-régionales et régionales dans le but de mieux contrecarrer la menace ? s’est interrogé le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’urgence de la situation et la nécessité d’y apporter une réponse efficace invitent les participants à la rencontre de Cotonou à envisager la mise en place de passerelles permettant les échanges et le partage de renseignements entre leurs différentes organisations. « La menace terroriste qui sévit sur les territoires de nos Etats se hisse au rang des priorités et des plus grands défis sécuritaires à relever. Nous y parviendrons en faisant en sorte que les services des renseignements mettent à disposition des autorités politiques les éléments leur permettant de prendre les décisions idoines pour prévenir toutes les forces d’expansion de la menace », a déclaré Pamphile Zomahoun. Il faut noter que l’Unité régionale de fusion du renseignement (Rifu) est un creuset de coopération entre le Bénin, le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad avec l’appui des pays partenaires stratégiques tels la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Amérique pour lutter contre Boko Haram et toute autre forme de terrorisme et de menace transfrontalière. Cette unité est créée en 2014 à l’issue du Sommet de Paris consacré aux défis sécuritaires dans la sous-région?
Actualités 07 déc. 2022


Accouchement: Les motifs du recours à la césarienne
La césarienne est une intervention chirurgicale qui a lieu au cours d’un accouchement à risque pour l’enfant ou la mère. Elle consiste à extraire le bébé par voie abdominale après incision de l’utérus, lorsqu’il ne peut passer par voie naturelle. N’importe quelle femme peut-elle avoir besoin d’une césarienne ? Dans quel cas recourt-on à cette opération ? Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision, nous ont révélé le gynécologue - obstétricien Bérenger Amadji et la sage-femme Sandrine Dénon. La césarienne est une intervention chirurgicale pratiquée pour sauver la vie de l’enfant et de la mère quand la voie basse est contre-indiquée. Elle permet de mettre au monde un nouveau-né sans danger lorsque le médecin estime qu’il s’agit d’une meilleure option comparativement à un accouchement par voie vaginale. Elle est réalisée par un gynéco-obstétricien dans un bloc opératoire et sous anesthésie. Les médicaments empêchent la mère de ressentir la douleur pendant l’intervention mais elle reste consciente pour accueillir son bébé.

Quand recommande-t-on la césarienne ?

Selon le gynécologue Amadji, un médecin peut opter pour la naissance de l’enfant par césarienne bien avant le début du travail. On parle d’une césarienne programmée. Cela arrive lorsque le bébé se présente en siège, ou en cas d’une grossesse gémellaire, d’un traumatisme au niveau du bassin qui empêche d’accoucher par voie basse, d’une affection comme le diabète, d’atteinte d’hypertension artérielle ou du Vih par la génitrice, d’un antécédent de trois césariennes ou pour d’autres raisons maternelles et fœtales. Il existe aussi des césariennes qui se font en cours de travail en urgence. Elles sont les plus fréquentes. Ce cas se présente lorsque le col ne veut plus s’ouvrir, qu’il stagne à 5 ou 6 cm, ou parce que le bébé n’arrive pas à s’engager dans le bassin. Parfois, même quand le col est dilaté, le bébé ne parvient pas à franchir le bassin, soit parce qu’il est trop gros ou que le bassin est étroit. La césarienne peut également intervenir en cours de travail lorsque l’on a des anomalies au niveau du rythme cardiaque du fœtus. Par ailleurs, l’intervention chirurgicale peut aussi être faite par convenance, c’est-à-dire faite à la demande de la future maman.

Qui peut subir une césarienne ?

Toute femme ne pouvant pas accoucher par voie basse peut subir une césarienne. Mais des variabilités au niveau du type d’anesthésie doivent être faites en tenant compte des conditions de la patiente, informe le spécialiste de l’appareil génital de la femme. La sage-femme Dénon renchérit : « Il n’y a pas de critères particuliers à remplir sur le plan physique ou sanitaire avant une césarienne dès lors que c’est une urgence ». Néanmoins, elle précise qu’avant une césarienne programmée, il est primordial de s’assurer de la pertinence de l’indication de la césarienne, de faire un bilan préopératoire. Il s’agit d’une analyse de sang pour vérifier certains paramètres de l’organisme. Il est également important de faire une consultation pré-anesthésique pour s’assurer que la patiente est apte pour l’anesthésie. Cet examen permet au médecin de savoir quel type d’anesthésie réaliser.

Risques liés à une césarienne

La césarienne élimine les douleurs dues à l’accouchement par voie basse, évite à la mère un travail trop long, les traumatismes des parties molles liées à la voie basse, diminue le risque de prolapsus génital et d’incontinence urinaire, a martelé l’obstétricien. Elle est pratiquée pour éviter les complications liées à un accouchement par voie basse quand celui-ci est contre-indiqué et pour réduire les décès maternels et fœtaux. En outre, cette intervention n’est pas sans conséquence sur la vie des sujets concernés, a souligné la sage-femme. À court terme, la mère peut sentir des douleurs post-opératoires. Elle peut contracter une infection de la plaie et de l’utérus. Un saignement accru peut se déclencher et nécessiter une transfusion sanguine. La femme peut connaître un traumatisme à la vessie, aux intestins et des infections urinaires. Elle peut aussi avoir un problème d’initiation et de maintien de l’allaitement. La mort peut également survenir au cours de cette intervention. À long terme, la future maman peut développer des problèmes d’adhérence qui peuvent causer une douleur persistante à l’endroit de la cicatrice et lors des relations sexuelles. Avec le temps, la césarienne peut provoquer des problèmes intestinaux graves et des difficultés lors d’une grossesse subséquente. Une femme qui a connu la césarienne peut être victime d’un décollement prématuré du placenta ou d’une rupture utérine. À court terme, le nouveau-né est exposé à une blessure causée par un instrument chirurgical, des troubles respiratoires transitoires, surtout si la césarienne est faite avant 39 semaines de grossesse. L’asthme et les allergies peuvent rendre pénible l’existence de cet enfant à long terme. Difficultés pour la sage-femme Il n’est pas aisé pour la sage-femme « d’aider le gynécologue obstétricien à faire le diagnostic de la césarienne à temps », a confessé Sandrine Dénon. Selon elle, « la non existence d’une trousse d’urgence pour vite faire une césarienne en cas d’urgence obstétricale nécessitant une césarienne» ne leur facilite pas la tâche. Parlant toujours des difficultés rencontrées pendant l’accou-chement par césarienne, les médecins ne sont pas épargnés. Le gynécologue révèle que les désagréments auxquels ils font face sont généralement liés à « l’extraction du bébé qui impose l’utilisation d’instruments ou la modification du type d’incision utérine, à la fermeture de l’utérus s’il y a une déchirure utérine ou une rupture des pédicules utérins ». La délivrance prolongée, le saignement anormal de la tranche utérine après suture, la plaie vésicale sont autant de situations qui font transpirer les agents de santé pendant l’intervention chirurgicale en question, a fait comprendre le gynécologue Amadji. Pour ce faire, il invite les patientes à toujours solliciter un agent de santé qualifié pour le suivi de leur grossesse. Uniquement le personnel soignant a la compétence requise pour évaluer les risques liés à la grossesse et les orienter pour une prise en charge adéquate, a-t-il déclaré en concluant que c’est le seul gage de la réduction de la morbidité et de la mortalité materno-foetale. Consciente que la peur de la césarienne est courante, l’assistante des futures mères pendant l’accouchement rassure que le fait qu’une femme a vécu un accouchement par césarienne ne signifie automatiquement pas qu’elle devra accoucher par césarienne lors d’une prochaine grossesse.
Santé 07 déc. 2022


Médecine traditionnelle au Bénin: Soif d’entrée en pharmacie
Les phytothérapeutes veulent repositionner la médecine traditionnelle et la pharmacopée béninoise. En s’appuyant sur la recherche scientifique, ils nourrissent l’espoir d’avoir des produits sécurisés accessibles au public. Mais, des efforts restent à faire.Phytothérapeute, Raphaël Yao Tchidimè n’a « jamais été si optimiste » sur le repositionnement de la médecine traditionnelle. Le rapprochement entretenu par les praticiens et les scientifiques lui fait croire à la fin prochaine de la traversée du désert. « Je me demandais si nous allons en arriver là un jour au Bénin. Aujourd’hui, ça devient réalité. Des professeurs d’université, praticiens de la médecine traditionnelle s’associent pour démontrer la possibilité d’avoir des molécules à partir des plantes en vue de soigner nos populations », confie-t-il, au détour d’un séminaire scientifique, vendredi 2 décembre 2022. Ce spécialiste en phytothérapie ne se fait pas non plus des illusions pour prétendre que le Bénin ait de sitôt la réputation chinoise en la matière. Cependant, il rêve que d’ici quelques années, des médicaments à base de plantes soient disponibles en grand nombre en pharmacie et acceptés en médecine moderne. « Combien avons-nous de phytomédicaments dans les rayons de nos pharmacies ? Nous pouvons faire en sorte d’avoir des produits dignes et des phytopharmacies dans nos rues au Bénin et en Afrique», croit Raphaël Yao Tchidimè. En effet, la médecine traditionnelle constitue, selon l’Organisation mondiale de la Santé, « la somme de toutes les connaissances, compétences et pratiques reposant sur les théories, croyances et expériences propres à différentes cultures, qu’elles soient explicatives ou non, et qui sont utilisées dans la préservation de la santé, ainsi que dans la prévention, le diagnostic, l’amélioration ou le traitement de maladies physiques ou mentales ». A travers le monde, cette médecine très ancienne constitue un mode principal de prestations de soins de santé. Selon l’Oms, 80 % de la population en Afrique dépend des plantes pour les besoins sanitaires essentiels. « Toutes les plantes sont majoritairement des médicaments. Lorsque nous prenons l’arsenal de la pharmacie dite moderne, tout part des plantes. C’est normal que l’Afrique et le Bénin qui regorgent de nombreuses familles de plantes puissent servir de vivier à cette situation », explique Dr Victorien Dougnon, responsable de l’Unité de recherche en microbiologie appliquée et pharmacologie des substances naturelles (Urmapha) de l’Uac.

Fin du déni

On le sait, une proportion importante de produits pharmaceutiques sont issus de substances naturelles. C’est par exemple le cas de l’aspirine découverte grâce à des formules de médecine traditionnelle utilisant l’écorce de saule. Mais, la médecine traditionnelle est souvent sous-estimée par les services de santé. Beaucoup de praticiens béninois déplorent le défaut d’une « saine collaboration » avec les autres acteurs de la santé et de la recherche. « Avant, on nous prenait pour des sorciers avec qui on n’a pas envie de rester, voire de collaborer. Aujourd’hui, nous sommes acceptés parce que la science entre en jeu. Nous avons maintenant des médicaments améliorés qui sont approuvés », explique Augustin Hontongnon Kouglo, responsable du département de l’Ouémé. Sur le continent, une dynamique est en cours. Plus de 40 pays disposent en 2022 d’une politique nationale sur la médecine traditionnelle contre huit en 2000. Le Bénin fait de petits pas à son niveau. « Des décisions sont prises pour permettre à ce que la médecine traditionnelle soit effectivement d’actualité dans notre pays. Le fait même d’avoir créé un programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle au niveau du ministère de la Santé, prouve l’importance qu’accorde le gouvernement à cette thématique », souligne Professeur Mansourou Moudachirou, chimiste académicien. Mais les unités de fabrication locale de médicaments à base de plantes agréées peinent à se mettre en place. Les tradithérapeutes, pour diverses raisons, ne parviennent pas facilement non plus à avoir une autorisation de mise sur le marché pour leurs produits. Le défaut de formation et la qualité des analyses effectuées sur leurs produits en sont pour beaucoup dans ces échecs. « Il y a beaucoup de tradithérapeutes qui ne savent pas comment monter un dossier d’autorisation de mise sur le marché. Et je crois que nous pouvons les aider dans ce sens, dans l’intérêt de la communauté», renseigne Dr Victorien Dougnon. Ainsi, le triangle formé par les chercheurs, la médecine moderne et la médecine traditionnelle a tout son sens. La cohésion entre les différentes parties est nécessaire pour aider le Bénin à tenir le pari, comme c’est le cas ailleurs. Au moins 34 instituts de recherche sont consacrés à la recherche et au développement de la médecine traditionnelle dans 26 pays africains. C’est un secteur que Dr Victorien Dougnon voit prometteur, se référant à la Chine. « La médecine traditionnelle chinoise s’est imposée même au-delà de la Chine, et on ne conçoit pas au niveau de notre pays, nous sommes à des années-lumière, faute de cohésion », note l’enseignant chercheur, Maître de conférences en microbiologie. L’une des plus grandes batailles à mener est de pouvoir disposer d’une autorisation de mise sur le marché pour faire entrer les produits en pharmacie.
Santé 07 déc. 2022


Jci Abomey-Calavi Sica: Le Dg de ‘‘Le Coursier’’ investi pour 2023
  Que d’émotions et de fierté, dimanche dernier, à la cérémonie de passation de charges entre Ajudelle Assogba et Ulrich Agnoun, respectivement président 2022 et président 2023 de la Jeune Chambre Internationale (Jci) Abomey-Calavi Sica ! Le prochain mandat s’annonce avec beaucoup d’opportunités. Accueilli à la Jci Abomey-Calavi en 2018 dans la promotion « Zédaga », Ulrich Agnoun sera, pour l’année 2023, le président de cette organisation locale. La soirée qui l’a vu investi, dimanche dernier, dans cette responsabilité a été solennelle et riche en couleurs. Sur des notes musicales de « A Midsummer Night's Dream » qui poussent à aller de l’avant, il a été paré du collier présidentiel, l’un des principaux attributs de président à la Jci, soigneusement ôté à la présidente 2022 Ajudelle Assogba. Le maillet, symbole de leadership et de commandement, lui a été transmis par la suite, avec des vœux de succès. Dans cette nouvelle posture, Ulrich Agnoun a les yeux rivés sur son mandat qui démarre en janvier 2023 et pour lequel il nourrit de grandes ambitions. Un centre d’affaires, qui servira aussi de siège pour la Jci Abomey-Calavi Sica, sera installé. Ce sera un cadre entièrement aménagé avec des espaces de travail, la connexion internet, un secrétariat, etc. permettant aux entreprises qui souffrent du coût financier de démarrage d’alléger leurs charges. « Notre objectif est d’appuyer ces entreprises qui pourront faire leurs premières années sans la menace de disparaitre sous le poids des charges fixes de fonctionnement de siège », a martelé Ulrich Agnoun. A l’en croire, le comité directeur local 2023 est « suffisamment engagé pour aller au-delà de ces défis ». Réputé dans le milieu des entreprises, copropriétaire de Le Coursier, une société qui fournit les services de distribution de courrier express, le nouveau président de la Jci Abomey-Calavi Sica pourra compter sur de nombreux partenaires présents à la soirée de passation de charges et d’autres à mobiliser. Son prédécesseur, Ajudelle Assogba, sera aussi de la nouvelle aventure. Le soutien de Christiane Kpohouégbé Ogouyomi, présidente nationale de la Jeune Chambre internationale Bénin, pur produit de l’École d’art oratoire de la Jci Abomey-Calavi Sica, ne lui fera pas non plus défaut. « Vous avez transformé beaucoup de personnes, et j’en suis un exemple. Chers Sicavis, soyez fiers de ce que vous faites au sein de la Jeune Chambre internationale. Nous serons là pour vous accompagner. Je suis sûr que le mandat sera une réussite », a-t-elle déclaré. La vision de la Jci est d’être le principal réseau mondial de jeunes leaders entreprenants. « Brillants dans l’innovation », les membres de la Jci Abomey-Calavi Sica capitalisent pour le compte du mandat 2022 un bilan « émouvant ». Beaucoup de réalisations ont été faites pour l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et pour des soins appropriés aux enfants en pédiatrie. La dynamique va se poursuivre en 2023 sous la thématique « Grandissons ensemble », promet Ulrich Agnoun, 10e président, une fierté à la tête de la Jci Abomey-Calavi Sica. Société 07 déc. 2022


Sécurisation des hautes autorités en temps de crise: Le dispositif de la Garde républicaine à l’épreuve
La compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine, dans le cadre de l’opération Sèmè 2022 a éprouvé, jeudi 1er décembre, son dispositif de sécurisation des hautes personnalités du pays. Au bout de trois incidents de personnels ennemis, elle a réussi sa mission et a, à chaque fois, pris le dessus. Qu’il s’agisse d’un contexte normal ou en temps de crise, les éléments de la compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine disposent des ressources et des moyens pour la sécurité des autorités. Ils en ont donné la preuve à l’occasion de l’opération Sèmè 2022. Différents incidents leur ont permis de jauger leur réaction en cas de situation conflictuelle. Entrainés, équipés et formés pour cette cause, les hommes du capitaine Amos Vigan, commandant de la compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine, ont apporté la preuve de leur savoir-faire en réussissant à chaque fois à déployer des stratégies pour prendre le dessus sur l’ennemi. Alors que la commune de Sèmè Podji en proie à des actions des personnels ennemis du Mouvement islamique de libération de Sèmè Podji venait d’être libérée par les éléments de la Garde républicaine, le maire de la localité a décidé de tenir une séance de travail avec les chefs d’arrondissements et chefs de village. Pour s’y rendre, l’autorité est escortée par des éléments de ladite compagnie. Mais ils étaient loin de se douter que sur le parcours, ils subiront divers incidents. Le premier incident est parti des populations de la localité elles-mêmes. « Contentes de l’action de la Garde républicaine, elles se sont mobilisées pour lui dire merci. La foule s’est amassée sur la route, empêchant le passage du maire », explique le capitaine Amos Vigan. Sous des slogans à la gloire de l’armée, de la Garde républicaine et du maire lui-même, les populations, sous la responsabilité d’un des leaders, ont imploré le maire de descendre. « Nous voulons le voir. C’est notre maire, il doit descendre et nous parler », exigeaient des éléments surchauffés qui empêchaient le passage. Pour contourner ce mouvement d’humeur, des éléments de l’escorte sont entrés en négociation avec les manifestants. Leur leader sera pris en aparté pour de longues minutes d’échanges avant d’entendre raison pour laisser l’escorte poursuivre sa route. Un peu plus loin, le maire et sa suite feront l’objet d’un deuxième incident. Alors qu’ils poursuivaient leur route vers le lieu de la réunion, des terroristes en quête d’une action d’éclat, malgré l’action du personnel de la Garde républicaine, se sont mis en embuscade et ont attaqué le convoi. La réaction de la compagnie d’escorte a été prompte. Des échanges de tirs entre les deux parties vont durer plusieurs minutes. Mais c’est surtout un des engins lourds de l’escorte qui fera baisser la tête à l’ennemi avec ses tirs nourris avant de rejoindre le reste du convoi.

Répondre à l’attente

Ces deux imprévus gérés avec tact et doigté, les éléments de l’escorte croyaient être au bout de leurs peines et le maire lui, espérait enfin tenir sa séance de travail. Mais ils seront accueillis sur les lieux de la réunion, en dépit des dispositions sécuritaires prises, par un élément infiltré qui, dès l’arrivée de l’autorité, a tenté de faire sauter l’engin explosif qu’il portait sur lui. Non seulement il sera neutralisé, mais la Garde républicaine a surtout réussi dans une action d’éclat, à exfiltrer l’autorité pour repartir en trombe avec lui des lieux. « Nous agissons ici dans le cadre d’une mission d’escorte et de sécurisation d’une autorité, notamment le maire de la commune qui a vu sa localité libérée après quelques jours d’action des personnels ennemis du Mouvement islamique de libération de Sèmè-Podji», explique le capitaine Amos Vigan au terme de l’exercice qui s’est déroulé sous le regard observateur du colonel Dieudonné Tévoèdjrè, commandant de la Garde républicaine et des officiers agissant sous ses ordres. « C’est à ces missions que nous sommes astreints. C’est le quotidien… Les hommes ont répondu à l’attente », se réjouit-il, par ailleurs. Le ton était également à la satisfaction du côté du chef d’état-major de la manœuvre Sèmè 2022, le commandant Boris Landjihounsounou. Le leadership pris par l’armée sur la zone, l’assurance aux populations constituent autant d’éléments de satisfaction relevés par le commandant en chef des opérations?
Actualités 07 déc. 2022


Campagne médiatique pour les législatives de 2023: La Haac sensibilise les partis politiques en compétition
Pour une campagne médiatique des prochaines législatives respectueuse des textes, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) a échangé avec les responsables des partis politiques en lice, ce mardi 6 décembre au siège de l’institution de régulation des médias à Cotonou. Par Roger KOCLANNOU (Stag.) Réglementer l’utilisation des médias par les partis politiques en lice pour les législatives. C’est l’objectif visé par l’Autorité de régulation des médias en initiant une séance d’échanges avec les représentants des partis. Pour les responsables de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), cette séance de travail s’inscrit dans le cadre des élections de janvier 2023. Pour Fernand Gbaguidi, 1er rapporteur de la Haac, cette séance se veut un cadre de discussion avec les partis politiques des dispositions à prendre pour une la campagne médiatique appropriée pour la qualité de l’information en cette période électorale et le cadrage à faire au niveau des militants. « Il y a deux semaines, nous avions sorti un communiqué parce que nous avions constaté que c’est vite parti dans tous les sens au niveau des partis politiques en toute violation de toutes les règles, d’abord du code et des règles de déontologie. Des personnes sont sorties au nom des partis en insultant les autres et en appelant déjà à voter pour tel ou tel parti. Ce qui est une violation fragrante », a-t-il indiqué. Pour lui, cette occasion permet aux conseillers de rappeler aux partis politiques leur rôle, et les inviter à recadrer leurs militants par rapport à ces genres de dérapages qui n’honorent ni les partis ni la démocratie. De même, il a attiré l’attention sur la qualité de l’information pendant cette période névralgique. « Si l’information est mal produite en période de paix, elle peut amener le feu. Ce que personne ne souhaite avoir en cette période sensible. La Haac a effectué des actions. Il reste que les vrais acteurs que vous êtes, participent de même pour privilégier la paix », indique-t-il. Toujours dans le cadre de cette séance de travail, le conseiller Franck Kpochémé est revenu sur l’obligation fait aux partis politiques de ne battre campagne que dans les organes officiels reconnus par la Haac et régulièrement établis au Bénin. Pour lui, il est flagrant d’observer une campagne précoce dans les médias et sur les réseaux sociaux menée par les partis politiques. Suivant les dispositions de l’article 47 du Code électoral, il rappelle : « Nul ne peut battre campagne en dehors de la période de campagne ». Aussi, invite-t-il les partis politiques à respecter les textes en vigueur. Présents à cette séance de travail, le Bloc Républicain, Moele Bénin, Les Démocrates, le Mouvement Pour la Libération, l’Union Progressiste le Renouveau et Force Cauris pour un Bénin Emergent, n’ont pas manqué d’apporter leur contribution. Ces différents partis ont bien apprécié la démarche de la Haac? Actualités 07 déc. 2022


De Hollywood à Cotonou: La nouvelle vie des amazones
Le gouvernement béninois, voulant faire de l’amazone un personnage à succès dans le monde, la nouvelle identité visuelle du pays, a érigé une géante statue de bronze en hommage. Hollywood vient en remettre une couche en redonnant vie aux féroces guerrières du Danxomè à travers une superproduction : The Woman King. Autant le film est adulé, autant il est soumis à de nombreuses critiques. De Cotonou à Hollywood, l’amazone se réveille à nouveau. Et pour l’histoire !Les derniers combats des amazones remontent à plus d'un siècle et pourtant leurs souvenirs restent vivaces. Abomey fut le lieu de résidence principale des amazones, même si, pour des raisons stratégiques et diplomatiques, quelques-unes vécurent à Zagnanado à partir du roi Glèlè (1858-1889). Lors de la première campagne contre la France, les 3 et 4 mars 1890, elles réaliseront un nombre impressionnant d'exploits. « Les amazones au front ne faisaient pas cas de leur vie, en n'ayant pas hésité à se jeter sur les canons en action, saisir les tireurs dans une célérité fulgurante et leur trancher la gorge, à l'aide de leurs dents, tout en étant déjà mortellement blessées ». Amélie Dégbèlo‚ historienne ayant soutenu sa thèse sur les amazones, ces fameuses « Agoojié », rappelle leur parcours avec brio et fierté. Son récit fait voyager dans le temps. « La guerre n'était pas pour elles un simple métier, mais plutôt un genre de vie. Elles pratiquaient la culture de l'excellence dans tous les domaines », appuie-t-elle. Maîtrise optimale de la formation, respect de l'ordre établi, esprit de solidarité, souci du travail bien fait, abnégation, endurance, obligation de résultat, quête permanente de l'intérêt supérieur… Pour ces braves guerrières d’antan, le Danxomê passait avant tout, y compris leur vie. L’historienne soutient en effet que « pour le royaume du Danxomè, la guerre n'était pas un luxe, mais une planche de salut, à cause de la permanence du rêve hégémonique de puissants voisins qui l'entouraient… Ce défi fait ressortir l’importance du corps d’armée des amazones ». C’est pourquoi, illustre-t-elle, le 17 novembre 1892, le colonel Alfred Dodds, en annonçant à Abomey la fin du Danxomè, a mentionné aussi celle des amazones, cauchemar de la colonne expéditionnaire. Cette déclaration n’aurait pas tenu compte du dévouement indéfectible des guerrières qui suivirent le monarque jusqu’à sa reddition volontaire le 25 janvier 1894. Aussi, rappelle-t-elle que les conditions particulières d'accès au trône du roi Guézo (1818-1858) l’ont obligé à baptiser l’armée féminine d'un extrait d'une phrase incantatoire signifiant qu'il est protégé par un rempart humain inexpugnable « Agododjié ». [caption id="attachment_90772" align="alignnone" width="240"] King Women[/caption] Selon Gabin Djimassè, historien chercheur, collectionneur d’art, culture et vodun, l’origine des femmes Agodjié, des femmes militaires du Danxomè, remonte aux difficultés qu’a connues la reine Tassi Hangbé, sœur jumelle du roi Akaba au pouvoir. Arrivée au pouvoir dans des conditions particulières, étant sœur jumelle du roi Akaba, comme la tradition l’exige à l’époque, elle a subi tous les rituels comme son frère jumeau Akaba. Et quand bien même elle a quitté le pouvoir, indique-t-il, ses différents successeurs ont compris l’importance de faire des femmes des guerrières, et progressivement ont amélioré cet embryon qui est né de la reine Tassi Hangbé et ont fini par en faire la seule armée régulière du Danxomè. On leur fait appel et après les campagnes militaires, elles retournent au champ travailler la terre, l’agriculture étant la première source de revenus du royaume. « Ces femmes ont été très utiles et très importantes dans le royaume de Danxomè. Ces femmes ont joué un rôle très important et occupé une place primordiale dans le royaume », assure Gabin Djimassè.

Superproduction hollywoodienne

Les Agodjié au cinéma ! L’unité d'élite de l'armée du royaume du Dahomey aux 18e et 19e siècles composée de redoutables guerrières prêtes à tout écraser sur leur passage est importée par le septième art à travers une méga production signée Hollywood. L’actrice oscarisée Viola Davis y joue en tête d’affiche. Elle incarne du haut de ses 57 ans, Nanisca, une guerrière passionnée et déterminée, une générale de troupe chargée non seulement de faire la guerre aux royaumes voisins, notamment celui d’Oyo, mais aussi de recruter et de former la relève. La réalisatrice Gina Prince-Bythewood s’est permis quelques libertés. Elle a recousu le film à sa manière en y ajoutant un chapitre esclavagiste sans grand lien avec les amazones, reprocheront certains. Applaudi au Bénin, en Afrique et un peu partout aux États-Unis depuis sa sortie en salle, le film au budget de 100 millions de dollars a également essuyé des critiques jugées parfois sévères. Les intonations de la langue locale Fongbé, le costume des actrices, certains pans de l’histoire, l’accent des acteurs, le décor et quelques détails ont fait l’objet de contestations de la part du public et des critiques. « Le film n’est pas exempt d’une touche hollywoodienne de bons sentiments, parfois un peu anachroniques. C’est un parti pris de la réalisatrice. Un parti pris artistique, car, il semble nécessaire de le rappeler, il ne s’agit pas d’un documentaire, mais d’une fiction. Il y a un souci visible de coller aux valeurs des spectateurs d’aujourd’hui, et c’est habilement fait, car cela permet aussi d’éviter d’indexer un pays, le Bénin, pour sa participation passée à la traite négrière », souligne dans un article l’historienne Sylvia Serbin, auteure de Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire. À Cotonou, cette visibilité de l’histoire africaine encore peu représentée à l’écran est partagée entre mille sentiments. Chacun y va de son émotion. « The woman King était très attendu depuis la bande-annonce. Nous étions déjà dans l’impatience. Avec The Woman King, il n’y a que de l’émotion, beaucoup d’émotions et de fierté… Un film spécialement dédié au seul peuple guerrier de femmes de toute l’Afrique c’est une fierté pour tous les Béninois », confie Aurélio Laine, Béninois de la diaspora. Pour ne pas se faire conter la super production hollywoodienne, la plupart des cinéphiles sont venus à l’heure, bien avant que la grande salle noire de Canal Olympia à Wologuèdè en plein cœur de la ville de Cotonou n’ouvre ses portes pour les accueillir. La cour est noire de monde, le parking bondé.

Un film habité par l’esprit des amazones

L’ambiance d’avant projection pour la première du film est habitée par l’esprit des amazones. Un bodypinter est présent sur les lieux pour des coups de pinceau au visage de ceux qui le désirent. La plupart des invités se sont soumis à l’exercice. Un sabre et une flèche décorés et ornés à l’identique de ceux utilisés dans le film et quelques autres ornements sont posés à quelques mètres de la salle de projection pour les séances photo devant une grande bâche reprenant l’affiche du film. Parés aux couleurs des amazones et sous les flashs des photographes, tous ont voulu immortaliser cette grande première. Le silence dans la salle était absolu et le public très concentré. Seuls quelques rires venaient perturber le calme et s’ensuivaient souvent des applaudissements. « Hollywood nous ramène les amazones en grand format et en toute fierté », souffle une cinéphile, jambes croisées, tenant la main de son mari assis juste à côté d’elle. « J’ai beaucoup aimé ce film. J’ai été agréablement surprise de voir, pour la première fois, une page de l’histoire africaine traitée ainsi par le cinéma occidental à gros budget. Gina Prince-Bythewood et ses équipes ont fait preuve de beaucoup de respect pour coller le plus près possible à la réalité » ajoutera à ses commentaires l’historienne Sylvia Serbin. Contrairement à elle, d’autres critiques ont reproché au film « de présenter le roi Ghézo comme favorable au discours anti-esclavagiste tenu par l’héroïne, la générale Nanisca, alors que le royaume du Danxomè a justement fondé sa puissance sur le commerce d’esclaves ». Pour la plupart des spectateurs du film en projection, « les 157 minutes passent très vite et on ne s’en rend même pas compte ». Kassirath Aboladé, 51 ans, responsable d’une entreprise privée, est venue voir le film avec ses deux filles. Elle en repart plus que satisfaite. « Notre histoire très riche se révèle au monde entier à travers ce film qui est inspiré de la vérité sur les amazones, ce corps d’élite singulier et emblématique, dévoilé et raconté. Ce n’est pas un documentaire, mais c’est inspiré de la belle épopée de nos amazones, c’est une fierté de voir à l’écran cette histoire avec ces personnages et cette production de qualité avec les grands moments de ce royaume », confesse-t-elle, tout émue. « Je veux surtout qu’à partir de ce film, la visibilité de notre patrimoine soit davantage une réalité », espère pour sa part Remy Yélouassi, opérateur privé du secteur du tourisme. Il perçoit ce film comme une aubaine qui permettra aux personnes qui ne connaissaient pas le Bénin, ni le Dahomey (qui est bien cité dans le film) de s’intéresser à notre pays et ce sera des opportunités pour le développement de notre tourisme. Pour lui, ce genre de support permet de mieux indexer le Bénin sur la carte et c’est un élément sur lequel on peut s’appuyer tout comme la place de l’amazone pour emmener l’histoire du pays sur la place mondiale.

Renaitre à travers 150 tonnes de bronze !

Bien avant la sortie en salle de la superproduction hollywoodienne, le Bénin avait déjà donné le ton de la nouvelle de l’amazone. Le 30 juillet dernier, le chef de l’État béninois, Patrice Talon, a inauguré une statue en hommage à l’amazone. Celle-ci est fabriquée en structure métallique, avec une enveloppe en bronze, d’une hauteur de 30 m et pesant 150 tonnes avec le pied posé sur un tertre. Elle a été réalisée par le sculpteur chinois Li Xiangqun. « Le projet de conception et de construction de ce monument répond à l’objectif de réappropriation du symbole de l’identité béninoise en hommage aux Agoodjié, aux Amazones », selon le gouvernement béninois qui se propose ainsi de « célébrer, valoriser et faire adhérer la femme béninoise dans sa splendeur ». La statue de l'Amazone symbolise des valeurs comme le courage, la bravoure et le patriotisme pour inspirer les femmes et les hommes du Bénin. On y découvre le figuratif d'une jeune femme guerrière armée d'un fusil et d'une épée avec sa tête pointée vers le haut, signe de la victoire. Elle est considérée comme l’une des plus grandes en Afrique. Ce qu’il faut retenir de cette statue, selon le président de la République Patrice Talon, «c’est le serment, la combativité et le sacrifice suprême dont ces femmes ont été capables pour défendre la patrie ». « Ce qui importe, c’est que sur la terre du Bénin, les mots courage, bravoure, force, combativité et honneur ne sont pas exclusifs au genre masculin. Au Bénin, autant que les hommes, des femmes se sont distinguées par ces valeurs et ont brisé le mythe du sexe faible. Par leur existence sur la terre du Bénin, elles ont imprégné de ces valeurs, toutes les femmes ayant une descendance béninoise », avait aussi indiqué le président à l’inauguration. « En hommage à elles, à ces femmes, à ces amazones, cette statue sera à nos yeux et à ceux de nos visiteurs, le symbole de la femme béninoise, celle d’aujourd’hui et celle de demain », a réitéré le président du Bénin. « Il est temps de nous découvrir nous-mêmes, de découvrir et de valoriser ce qui est grand en nous ». Pour le Chef de l’État, il est nécessaire de « nous débarrasser du faux complexe qui nous isole, nous divise » pour enfin « nous révéler à nous-mêmes, puis de révéler aux autres ce que nous avons de bien et de grand ». La zone d’implantation présente un intérêt touristique avec beaucoup d’aménagements. Elle offre des possibilités de détente, d’activité de plein air pour les résidents et visiteurs. L'Amazone représente une force féminine historique qui doit servir de repère aux générations actuelles et futures du Bénin, un symbole de l’histoire du Bénin et de l’épopée des illustres personnages, une source de fierté et un élan patriotique auprès de tous les Béninois, un intérêt pour la réappropriation du symbole identitaire fort de la femme béninoise, une perpétuation dans le contexte national moderne du rôle déterminant de la femme dans la culture et dans l’histoire du peuple béninois, résume une note du gouvernement béninois sur la statue qui trône désormais au coeur de Cotonou.

Faire rêver les petites filles

La nouvelle vie des amazones ne passe pas inaperçue auprès de la jeune génération de femmes béninoises. Leur histoire passionne autant qu’elle inspire. Sènami Tonoukouin, activiste des droits de la femme, veut prendre exemple sur ces guerrières d’antan. De leur épopée, elle dit « puiser des valeurs comme fidélité, humilité, confiance en soi, courage, vaillance, inhibition de la peur… pour aller loin ». Dans une société très patriarcale comme celle du Bénin, il faut beaucoup de courage et de détermination pour mener le combat pour l’émancipation de la femme. « C’est en cela que l’exemple des amazones qui ne reculaient devant rien pour aller au bout du combat et en finir avec l’adversaire nous inspire dans nos luttes », explique la jeune féministe de trente ans. « Nous n’avons pas de lances ou des flèches ou même des couteaux comme en leur temps, mais nous avons le verbe, les actions, l’engagement, la sensibilisation et le plaidoyer comme moyens d’action ». La juriste Miguel Houéto ne partage pas pour autant cette analyse. Lui arrive-t-elle de se mirer à travers leur histoire pour certaines, des luttes qu’elle porte dans le cadre de l’émancipation de la jeune fille et de la femme ? « À dire vrai, non. J’ai toujours entendu parler des amazones du royaume de Danxomè, de leur bravoure, leur ténacité et surtout de ce qu’elles étaient de précieuses armes contre l’ennemi envahisseur d’alors », répond-elle sans ambages. « Je n’ai jamais fait l’exercice de me mirer à travers l’histoire de ces femmes héroïnes d’entre-temps. Mais je me dis qu’elles sont l’exemple de ce qu’une femme est capable d’accomplir de grandes choses. Ma modeste singularité m’a forgé à travailler à être moi dans toutes mes actions », poursuit-elle. Reconnaissante, elle l’est tout de même d’avoir été instruite à ce sujet, car cela lui permet de voir la vie sous des angles que d’autres femmes ne verront peut-être pas. Pour ce qui est de la statue de l’amazone, elle y voit la construction d’une image. « Celle-ci veut appeler et inculquer dans la mémoire collective, l’histoire de cette femme. Il me semble donc que c’est un hommage rendu », précise-t-elle. Par ailleurs, rappelle-t-elle, «nous sommes dans un contexte où chaque pays recherche son identité sur divers plans tels que le culturel. Raviver la flamme de l’amazone au travers de cette statue qui impressionne de par sa taille n’est pas mauvais en soi. Cela invite à aller à sa rencontre via l’histoire », soutient-elle. Plus particulièrement, ajoute Miguel Houéto, cela peut contribuer à faire rêver les petites filles au-delà de ce qui pour elles apparaît comme instable ou entrave à leur évolution. Selon elle, cet édifice pour le combat de l’émancipation de la femme béninoise peut être une passerelle pour éduquer, sensibiliser et inciter les filles et jeunes femmes à rêver grand et surtout à se donner les moyens de leurs rêves.
Société 06 déc. 2022


Constant Agbidinoukoun Glèlè, prince et personnalité d’Abomey: « J’aurais aimé que ce ne soit pas de la fiction »
Au-delà de l’émotion et de la satisfaction, la production hollywoodienne « The Woman king » a également essuyé de nombreuses critiques. L’une des voix les plus entendues est celle du journaliste à la retraite Constant Agbidinoukoun, prince et personnalité de la localité d’Abomey pour qui, le film a péché par endroits.

Quand on parle des amazones, de qui parle-t-on ?

Il ne s’agit pas de l’épopée grecque. L’histoire des amazones, ce n’est pas de l’imagination, mais une réalité que nous avons connue dans le royaume du Danxomè. Les amazones, quand on veut en parler, il faut rappeler qu’on doit leur avènement à Tassi Hangbé, seule reine du royaume d’Abomey de 1708 à 1711 et sœur jumelle du roi Akaba, qui a pris le pouvoir quand son frère jumeau est décédé. Elle estimait avoir la carrure de régner. Dans le royaume de Danxomè, ce n’est pas accepté, mais elle était d’un caractère fougueux, très digne et rude. Pour contrer les velléités des hommes qui ne voulaient pas en entendre parler, elle a créé le tout premier peloton des Agodjié pour défendre le royaume, sa reine, les institutions, les dignitaires… C’est le roi Ghézo qui a régné de 1818 à 1858 sur le Danxomè qui a révolutionné cette armée de femmes qui reçoit un entrainement acharné. Elles ont leur camp d’entrainement, leurs dignitaires et vous ne pouvez même pas facilement les approcher. Avant d’aller au front, elles prêtent serment. Les Agodjié, ou si vous voulez les amazones, sont des femmes engagées et déterminées qui ne reculent devant aucun obstacle. Elles ramènent toujours des trophées de leurs combats et c’était la preuve de leur bravoure.

On vous a maintes fois entendu porter des critiques sur la production. Que lui reprochez-vous ?

Je dois féliciter ceux qui ont pensé faire ce film parce que dans notre propre pays, il se fait que nous n’avons jamais pensé nous-mêmes faire un film sur ces héroïnes. Nous laissons notre culture et nous ne devons pas en vouloir à ceux qui font l’effort de faire revivre notre histoire. Quand on veut faire un film sur les amazones, on doit faire attention. Ce que je reproche à ce film, c’est qu’il a été fait sous forme de fiction. Certes, la production en a la liberté parce qu’il s’agit de leur initiative et surtout c’est eux qui l’ont financé. Mais ceux qui ont vu le film ne se transportent pas vraiment dans la réalité du Danxomè et cela me gêne. J’aurais aimé que ce ne soit pas de la fiction parce qu’on a été obligé de rajouter des choses pour rendre l’histoire plus intéressante. Les Américains aiment la fiction, ils en ont fait un spectacle à la méthode hollywoodienne. Certains accoutrements ne sont pas ceux des Agodjié. Je ne veux pas trop critiquer pour paraître le seul qui pense que c’est mauvais. Ceux qui connaissent l’histoire des amazones ne peuvent pas être très heureux en regardant le film. Les amazones ne se sont jamais opposées à l’esclavage et à la traite négrière par exemple. Elles étaient soumises et devaient obéissance. On n’est pas amazone pour faire ce qu’on veut, mais c’est la soumission totale et la défense de Danxomè. C’est parce que je connais l’histoire, qu’il s’agit de mon histoire, de ma culture que je suis un peu gêné par rapport au contenu. Sur la prononciation des mots par exemple, on fulmine. Je suis un peu gêné parce qu’il s’agit de ma culture. La tonation du fongbé que j’entends dans le film n’est pas la réalité parce que c’est ma culture.

Que devrait-on faire selon vous pour parfaire ce film ?

D’abord, il faut féliciter ceux qui se sont dérangés pour faire ce film. C’est un travail de longue haleine sur plusieurs années. Les Américains sont perfectionnistes et le film le montre. C’est le moment de rendre hommage pour le courage qu’ils ont eu de faire le film. Ce film valorise les amazones pour ceux qui ne connaissent pas leur histoire. Hollywood a l’art du film, mais j’aurais aimé par exemple que le film soit tourné au Bénin. Le cadre est là encore et il y a des acteurs importants au Bénin. Je n’ai pas besoin d’être un grand acteur pour prendre des rôles dans ce film par exemple parce que je vis là-dedans, je connais l’histoire, mes parents me l’ont contée sur des décennies et je connais une bonne partie de leur histoire, car c’est aussi une histoire complexe. S’il y a un autre tournage à faire, qu’ils pensent venir au Bénin. Mais j’en profite pour poser la question de savoir pourquoi nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes. J’apprends déjà qu’il y a un film grandiose à venir pour reprendre un pan de l’histoire de notre pays. L’une des faiblesses que j’ai notées, c’est que nous ne produisons pas des films, j’aurais aimé voir le Bénin produire de longs métrages sur les sujets en lien avec notre histoire et notre culture. Nous n’allons pas tout apprendre dans les livres. L’esclavage a duré trois cents ans, ces sujets-là sont très intéressants pour nous.
Société 06 déc. 2022


Lutte contre la dégradation des sols: Les assurances de Gaston Dossouhoui
Le Bénin nourrit de grandes ambitions en matière de gestion durable des Terres. Les mesures envisagées dans le Plan d’action nationale 2018-2027 devraient permettre la restauration d’au moins 50 % des terres dégradées et limiter à 5 % la perte des terres non dégradées.A ses ambitions pour la protection des sols, le Bénin est attaché. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche l’a martelé à nouveau lors de la célébration de la Journée mondiale de protection des sols, ce 5 décembre. Il prône un changement de paradigme basé sur le principe : « Eviter Réduire-Restaurer dans toutes les 5 formes d’utilisation des ressources en terre ». Parce que les défis pressent. « Autrefois considérés comme une ressource infinie qui serait toujours en mesure de nous fournir ses services, les sols nous montrent aujourd’hui qu’ils ont besoin de notre attention pour pouvoir continuer à assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale sans cesse grandissante », a déclaré le ministre Gaston Cossi Dossouhoui. Il a fait référence au Plan d’action national sur la gestion durable des terres pour rassurer de la dynamique de restauration envisagée. A travers ce document de politique, le Bénin se fixe prioritairement comme ambitions d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici à 2030 à travers la restauration d’au moins 50 % des terres dégradées au cours de la période de référence 2000- 2010. Ce qui fait 1,25 million ha. Il s’agira aussi de limiter à 5 %, soit 398 200 ha, la perte des terres non dégradées (forêts et savanes), afin de préserver les écosystèmes terrestres et aquatiques. Le couvert végétal devra être amélioré de 12 %, soit une superficie de 1 364 604 ha.

Corriger le tir

La dégradation des terres au Bénin se manifeste par une expansion des terres agricoles de l’ordre de 5 % depuis 1975. Les producteurs tentent de compenser la baisse de la productivité par l’accroissement des superficies emblavées de l’ordre de 50 000 ha environ par an. Cela conduit à une perte importante du couvert forestier ou végétal du fait de la forte conversion des forêts et autres écosystèmes naturels. Avec la croissance démographique, les besoins des populations en terres agricoles et en habitation augmentent au fil des années. « On estime que deux milliards de personnes dans le monde souffrent d'un manque de micronutriments, connu sous le nom de faim cachée, car il est difficile à détecter. Cette situation n’épargne pas la population béninoise aujourd’hui estimée à 12 millions », martèle Gaston Cossi Dossouhoui. L’espoir repose sur les différentes politiques de restauration en cours. La promotion de l’agriculture écologique et biologique et la vulgarisation des succès connus par des projets de gestion durable des sols, vont accélérer le retour à la fertilité n
Environnement 06 déc. 2022


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