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Le maire Soulé Alagbé a fait, mardi 7 avril dernier à Parakou, le point des réalisations du Conseil municipal qu’il dirige depuis 2008, dans une démarche de reddition de comptes à la population qui l’a mandaté. Si en matière de gouvernance et d’assainissement quelques initiatives sont notées, le bilan dans ces secteurs laisse perplexes bon nombre d’observateurs.
«Peut mieux faire », c’est la mention que certains observateurs donnent à l’équipe municipale sortante de Parakou, au regard des résultats atteints en sept années de gestion du pouvoir à la base. Et pour cause !
«Faire de Parakou, une commune vitrine, bien gouvernée, à économie prospère, ouverte et sécurisée dans un environnement sain, de bien-être social et à rayonnement culturel national et international à l’horizon 2015». Tel est l’objectif que s’était fixée à sa prise de fonction en 2008, l’équipe municipale de Parakou avec à sa tête Soulé Alagbé. Après cinq ans réglementaires et deux ans de rallonge pour non tenue à bonne date des élections, la mandature est loin d’avoir tenu le pari, même si quelques actions sont à mettre à l’actif du maire et de son équipe. Les défis en termes de bonne gouvernance restent nombreux. En effet, c’est un secret de polichinelle que des lobbies participent à la corruption et à l’évasion fiscale à la mairie de Parakou. «Les ressources de la mairie s’évaporaient à travers plusieurs régies qui étaient créées faussement dans la maison et qui font que certains qui n’avaient pas caractère de régie, détenaient l’argent de l’administration communale par devers eux », selon le conseiller municipal Gildas O. Aïzannon, président de la Commission économique et financière de la mairie de Parakou. Même après la mise en place du guichet unique à la mairie de Parakou en 2013 pour centraliser les recettes et lutter contre l’évasion fiscale, ces lobbies se sont organisés pour faire échec à cet outil précieux qui devrait aider la mairie à maximiser sa capacité de mobilisation des ressources financières. «La lutte contre la corruption et contre l’évasion fiscale au niveau de la mairie est un chantier qui doit tenir à cœur au prochain Conseil municipal afin que nous puissions disposer d’assez de ressources, afin que nous puissions instaurer maintenant les bonnes pratiques», fait savoir Gildas Aïzannon.
Dans le domaine de l’assainissement, la ville dispose désormais d’un schéma directeur de gestion des déchets, se réjouit le maire Soulé Alagbé. Cependant, l’insalubrité est à son comble dans certaines rues de Parakou. Plusieurs de ses quartiers ploient toujours sous le poids des odeurs de pourriture pestilentielles, avec des essaims de mouches envahissantes par endroits.
Par ailleurs, l’état peu reluisant dans lequel végète présentement l’hôtel de ville n’honore guère la 3e ville à statut particulier. Ce qui devra amener sans doute la prochaine mandature à accélérer les travaux de construction d’une nouvelle mairie dont le plan architectural est déjà élaboré.
Aménagement et gestion du foncier : voilà le hic !
Si des engins lourds sont acquis et quelques principaux carrefours de la ville ont connu un aménagement tout comme certaines artères pavées et dotées de caniveaux, force est de constater que des infrastructures réalisées à grands frais continuent d’être le réceptacle d’ordures ménagères qui puent à longueur de journée au vu et au su des autorités municipales et des populations. «Le budget de la ville en matière d’assainissement avoisine les 2 milliards F CFA chaque année ; mais au fait, il y a une différence entre les réalisations et les montants alloués aux travaux d’assainissement de nos artères », estime Boni Gouda, président de l’Association des grogneurs sur les stations de radiodiffusion dite Amicale des faiseurs d’opinion de Parakou (AFOP), connue pour ses actions de veille citoyenne. «L’étranger qui vient à Parakou peut constater que Parakou n’est pas entièrement viabilisé, contrairement à ce que nous voyons ailleurs», fait-il remarquer.
«Dans la ville de Parakou, l’érosion est très forte, donc les voies en terre souffrent énormément. Lorsque vous les réparez aujourd’hui et qu’une pluie vint à tomber, c’est que le lendemain, tout semble comme si rien n’a été fait», se défend le maire Soulé Alagbé.
«La ville a pu poursuivre sa politique d’urbanisation avec la réalisation d’une quinzaine de lotissements», confie par ailleurs Soulé Alagbé dans son discours-bilan. «Mais le foncier à Parakou, c’est une bombe à retardement en raison du flou qui l’entoure », apprécie Adam Bachirou, trésorier général de l’AFOP. En fait, «L’insécurité foncière ternit l’image de la ville...Le lotissement à Parakou est devenu un fonds de commerce pour certains cabinets et une occasion d’enrichissement facile par certains élus, certains agents de la mairie et certains membres de comités de lotissement», dénonçait Alimatou Abdoulaye, membre du Conseil municipal sortant, il y a quelques mois. La pratique de réduction de 43% par endroits, l’indisponibilité des rapports ou documents définitifs de lotissement, la vente de parcelles par certains cabinets de lotissement qui ne disposent comme documents contractuels que des bons de commande, sont autant de choses contre lesquelles s’insurge la conseillère municipale. Toutes choses qui amènent le président de l’Amicale des faiseurs d’opinion de Parakou à affirmer que la gestion du foncier sous le maire Soulé Alagbé est «catastrophique». «Parce que depuis 2011, il y a une table ronde sur le foncier à Parakou, mais les recommandations sont restées dans les tiroirs», justifie-t-il, alors que bon nombre d’acquéreurs de parcelles se sentent lésés pendant et après les opérations de lotissement.

Dans le cadre de l’examen du 24e dossier de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, mardi 7 avril dernier, Isabelle Sèdo Josette Sagbohan a présidé la composition qui en a connu. Elle était assistée de Michel Romaric Azalou et Hélène Achouké. Apollinaire Dassi était dans le rôle du ministère public. Me Alain Ayikoué Kakpo a tenu la mémoire de l’audience. Les jurés Gabriel Hounsa, Honoré Agboton, Bernadette Houessinon, Louise Hounmènou et Léopold Marcellin Bada ont accompagné les magistrats. Six accusés étaient poursuivis pour association de malfaiteurs pour des faits qui s’étaient produits en 2008, à Cocotomey, dans la commune d’Abomey-Calavi.
Les faits remontent à 2008. Florent Danmondé, Sylvain Assou, Jean-Pierre N’Bouké, Robert Danmado, Faustin N’Bouké et Marcellin Noudji se sont réunis plusieurs fois pour élaborer un plan en vue d’attaquer une banque. Ainsi, le jeudi 18 décembre 2008, aux environs de 9 heures, les nommés Florent Danmondé, Sylvain Assou et Jean-Pierre N’Bouké, tous cagoulés et munis d’armes à feu de fabrication artisanale se sont rendus à l’agence Continental Bank de Cocotomey à bord d’un véhicule de marque Peugeot immatriculé A 2220 RB conduit par Faustin N’Bouké. Ils firent irruption dans l’agence et réussirent à emporter la somme de 9 millions F CFA qui se trouvaient dans la caisse. Florent Danmondé fut arrêté sur le lieu du braquage tandis que ses acolytes ont réussi à prendre la fuite. Les recherches entreprises par les gendarmes ont permis d’appréhender tous les autres membres du groupe. Interpellés et inculpés pour association de malfaiteurs et vol à main armée, Florent Danmondé, Sylvain Assou et Jean- Pierre N’Bouké ont reconnu les faits contrairement à Faustin N’Bouké, Robert Danmado et Marcellin Noudji qui les ont niés. Les bulletins de casiers judiciaires des accusés ne font mention d’aucune condamnation.
Tous ont reconnu les faits
Mais à la barre, tous ont reconnu les faits mis à leur charge à quelques nuances près. La présidente de la cour, Isabelle Sèdo Josette Sagbohan et le ministère public, Apollinaire Dassi ont posé des questions qui leur ont permis de fournir des détails sur les circonstances du braquage. La lecture des pièces a ouvert la voie aux réquisitions du ministère public.
Pour Apollinaire Dassi, aucun développement, aucune activité humaine ne peut prospérer si elle ne s’exerce pas dans une ambiance de sérénité. Et de poursuivre que l’insécurité annihile tout effort de progrès. La course effrénée au gain facile, selon le ministère public, conduit certains citoyens à poser des actes qui tombent sous le coup de la loi. Ainsi, les accusés sont poursuivis devant la cour pour association de malfaiteurs et vol à main armée.
Pour les faits, Apollinaire Dassi a rappelé que plusieurs réunions ont été tenues à Dogbo puis à Pahou. Elles auront permis aux accusés de se concerter pour aller opérer de Cococodji pour Cocotomey au siège de la banque. Ils ont tenu, rappelle-t-il, en respect clients et agents de la banque pour permettre à la bande d’agir. Il a précisé que Florent Danmondé a escaladé le comptoir pour aller se ravitailler. C’est grâce aux populations et aux gendarmes, reconnaît le ministère public qu’ils ont été mis aux arrêts.
Trois réunions au moins
La qualification «Association de malfaiteurs», suppose la réunion de plusieurs éléments : les éléments matériel, légal et intentionnel. Le siège de l’infraction se rapporte, retient-il, aux articles 265, 266 et 267 du Code pénal. Ainsi, relève Apollinaire Dassi, il y a eu entente, association entre plusieurs personnes avec un plan pour commettre un crime ou délit envers les personnes. L’article 268 du Code pénal expose que les faits doivent être commis volontairement. Les six personnes présentées devant la cour se sont réunies à plusieurs reprises, relève le ministère public. «Florent Danmondé vous a déclaré qu’ils ont eu trois réunions au moins ; aucun des accusés n’a nié y avoir participé ; ce qui est sûr il y a eu concertation avec pour but d’aller braquer afin de ramasser de l’argent ; dans tous les cas, l’initiative a été prise par chacun d’eux.
La variation des accusés dans leurs explications n’enlève rien à l’imputabilité de l’infraction, retient-il. Sylvain Assou et Florent Danmondé et Jean Pierre N’Bouké étaient porteurs d’armes à feu. Il y a eu soustraction frauduleuse. Le crime de vol à main armée est constitué. Selon l’article 381 al 1 du Code pénal, ils portaient des armes et l’infraction est constituée.
Les scellés constitués entre autres du butin, ont été remis au comptable de la banque, les pistolets et cagoules déposés au greffe. Ils sont accessibles à la sanction pénale vu qu’ils n’étaient pas déments au moment des faits, relève Apollinaire Dassi, représentant le ministère public. Sur cette base, il a requis de les déclarer tous coupables pour association de malfaiteurs et vol à main armée.
Poursuivant ses réquisitions avec bémol, Apollinaire Dassi a conclu que le faiseur de guet est co-auteur. Il a alors retenu contre lui la peine de 10 ans de travaux forcés.
Me Yves Ogan Bada commis pour la défense de Jean Pierre N’Bouké, a rappelé que son client est poursuivi pour association de malfaiteurs et vol à main armée et le ministère public, selon lui a requis 10 ans de travaux forcés. «Nous sommes devant la Cour d’assises ; les jurés représentent le peuple béninois tout entier. Qu’ils veuillent bien différencier. L’avocat général a mis tout le monde dans le même panier. Mon client a collaboré, il a fait des aveux», a-t-il rappelé. Et de poursuivre qu’il a tout dit : «J’ai paniqué, j’ai pris peur et je suis parti». Selon la défense, il faut faire la différence. Me Yves Ogan Bada estime que l’aveu a pour but de soulager, de réparer ce qui s’est passé. Il a également pour but d’atténuer la responsabilité, relève-t-il. Il a suivi bêtement son frère, a-t-il retenu. Et la défense d’ajouter que les féticheurs ont la manie d’emballer les autres ; faute avouée est à moitié pardonnée, estime-t-il. Il faut distinguer les échelles de responsabilité et faire la part qui revient à chacun. «C’est lui le peintre de la prison, il a eu des contrats en prison», fait-il observer suggérant une atténuation de la responsabilité de son client.
Qui perd son job perd la raison
A sa suite, Me Laurent Bognon pour la défense de Florent Danmondé déclare que contrairement à ce qu’on argumente, son client n’est pas le cerveau de la bande; celui par lequel tout est arrivé, a-t-il confié. «Celui qui perd son job perd la raison ; allant de charlatan en charlatan, de personne en personne», relève-t-il. Et de retenir qu’il est tombé sur le charlatan. Dans le contexte sociologique du Bénin, fait remarquer Me Laurent Bognon, il faut emprunter certains itinéraires parfois diaboliques. Sept jours lui ont été promis pour retrouver son travail, puis 17 jours et rien à la fin, a regretté Florent Danmondé le client de Me Laurent Bognon. Rien donc, fait remarquer la défense. C’est pourquoi il a repris contact, déduit-il. On lui a servi un plat, il s’est agrippé et voilà.
«Le charlatan avait un réseau dormant de personnes mal intentionnées qui ont été exploitées pour le braquage ; une série d’exercices spirituels allant de captation en captation donc le statut de Florent a joué dans cette odyssée», a-t-il relevé. C’est pourquoi Me Laurent Bognon a poursuivi que, multipliant les exercices spirituels, le "fifo bô" selon lui, a été mis à contribution et l’accusé n’avait plus le sens de discernement. C’est la veille du braquage que les armes lui ont été présentées.
Relativement à l’association de malfaiteurs, poursuit la défense, le réseau dormant travaillait déjà, mais son malheur était de tomber, selon lui, sur le chemin du féticheur. «Je ne viens pas le disculper mais il faut en tenir compte dans le secret de votre délibéré». Et la défense invoque l’article 64 du Code pénal pour faire profiter à son client l’irresponsabilité. «Je plaide la contrainte morale ; le fait légal, matériel et intentionnel ne fonde pas nécessairement l’infraction. Lorsque l’élément moral cède, l’infraction tombe ; il y a la non imputabilité», a-t-il confié.
«Ne préparons pas le lit à d’autres braqueurs, car pour la plupart, ils ont fait 6 ans, il faut les condamner au temps déjà passé en prison», plaide-t-il.
Me Yaya Pognon pour la défense de Faustin N’Bouké fera observer qu’on est dans un mauvais film et que c’est des apprentis braqueurs qui sont au banc des accusés. «Le bô ne pouvait rien faire mais c’était juste une préparation psychologique. On a récupéré les sous séances tenantes, c’est de tristes braqueurs amateurs», fait-il remarquer. Ils auraient mis des balles dans les armes que cela aurait été fatal au personnel et aux clients, retient-il. Et pour la défense, ils méritent une sanction pédagogique ; la justice n’est pas la vengeance mais la répression dans de justes proportions. Les faits sont constants ; la sanction ne doit être que de principe. Cette décision doit faire tâche d’huile.
En ce qui le concerne, Me Max d’Almeida pour le cas de Robert Danmado fera observer que c’est le procès de la bêtise humaine. «Que vient chercher un guérisseur dans un braquage?, s’interroge-t-il. «J’accuse notre société où le gain facile est de notoriété publique», fait-il remarquer.
17 enfants scolarisés
Pour Max d’almeida, le sang n’a pas coulé et les cartouches étaient dans la poche au lieu d’être dans l’arme et cela suffit-il pour réclamer 10 ans ?, demande-t-il encore. Il a déploré la manière dont l’instruction a été conduite. 17 enfants scolarisés sur 33 vivants avec 9 femmes. La partie civile ne s’est même pas présentée, relève-t-il, car elle estime qu’elle n’a cure du procès de ce jour. «Ce n’est pas en jetant en prison ces rigolos que vous aurez rendu justice. Indulgence de votre cour pour ne pas fabriquer des braqueurs professionnels», implore-t-il.
Enchaînant toujours pour la défense, Me Adiss Salami pour Marcellin Noudji fera remarquer la pertinence de la poursuite ; mais pour lui, le ministère public n’y était pas allé avec l’éloquence qu’on lui connait. «Un peu comme si personne ne mérite dix ans pour ce fait d’amateur : ni feu, ni sang, encore moins pas de trouble à l’ordre public. « Ils n’avaient sorti aucune arme ; en considération de la position occupée par chacun, il faudra faire la nuance. Il a compris la leçon, il a dit la vérité ; une faute avouée est à moitié pardonnée», réitère la défense dans ses moyens.
Me Paul Kato Atita pour le dernier, Sylvain Assou : «J’ai suivi vos réquisitions ; vous avez ouvert la voie et fait le travail à moitié ; je vais revenir sur le point litigieux, en ce qui concerne le cas Sylvain Assou. C’est une infraction grave qui emporte une peine de même nature», a-t-il confié. Car, indique-t-il, «il faut vous convaincre et vous supplier de lui faire bénéficier de la réduction de la peine». Sylvain Assou selon Paul Kato Atita avait 26 ans à l’époque des faits : un jeune homme qui n’a pas connu l’amour paternel ; son père a été un enseignant communautaire ; décédé déjà ; sa responsabilité pénale est établie.
Donnez lui la chance de se reconvertir
Il a été élevé par sa mère sans grands moyens ; fuyant la misère, à la recherche du pain quotidien avec un salaire de 25 000 francs CFA. Lorsqu’il a reçu l’offre de Florent pourquoi n’a-t-il pas dit non ? Nulle part, dans le dossier, il n’a concrètement contribué. Le seul rôle et son péché est d’avoir rencontré Florent sur le chemin professionnel ; et Me Paul Kato Atita de retenir qu’il est accessible à la sanction mais avec, selon lui, le bénéfice de circonstances atténuantes, avec une peine assortie de pardon. «Donnez-lui la chance de se reconvertir par sa liberté ; je vous supplie, je vous prie en considérant les circonstances qui militent en sa faveur», demande-t-il.
En dehors de Jean-Pierre N’Bouké mis sous mandat de dépôt le 3 décembre 2009, les 5 autres, à savoir Florent Danmondé, Faustin N’Bouké, Robert Danmado, Marcellin Noudji et Sylvain Assou l’ont été le 22 décembre 2008. Entretemps, Robert Danmado a bénéficié d’une mesure de liberté provisoire et a passé 9 mois et quelques jours de détention préventive.
La cour après plus de deux heures de délibérations les a déclarés coupables d’association de malfaiteurs et vol à main armée sur la base des articles 295 à 298 et 381 alinéa 1 du Code pénal.
Au total, Robert Danmado et Florent Danmondé ont été condamnés à 12 ans de prison pour association de malfaiteurs et co-auteurs de vol à main armée. Faustin N’Bouké, Sylvain Assou et Jean-Pierre N’Bouké ont été condamnés à 9 ans pour association de malfaiteurs et vol à main armée. Quant à Marcellin Noudji, il est condamné à 7 ans pour association de malfaiteurs et vol à main armée.
Robert Danmado retourne en prison pour un peu plus de 11 ans encore tandis que Florent Danmondé y passera encore environ un peu plus de 5 ans. Marcellin Noudji y retourne pour quelques mois pendant que les autres (3) ont encore deux ans environ de détention devant eux.
Société 09 avr. 2015

Le ministre de l’Economie et des Finances, Komi Koutché a annoncé, hier mardi 7 avril, un décaissement express de 611,500 millions de francs CFA effectué, au profit du COS-LEPI. Au cours d’une conférence de presse, il a donné les explications sur les diligences de ce nouveau décaissement pour les opérations de distribution des cartes d’électeurs avant de souligner que la demande de 3,2 milliards de francs CFA adressée par le COS-LEPI n’est pas éligible dans son entièreté.
Le gouvernement béninois a décaissé, hier mardi 7 avril, la somme de 611,500 millions de francs CFA en faveur du COS-LEPI pour les opérations de distribution de cartes d’électeurs. C’est l’information livrée hier, au cours d’une conférence de presse animée par le ministre de l’Economie et des Finances, Komi Koutché. Selon les explications fournies par l’argentier national, le besoin exprimé par le COS-LEPI était de 3,2 milliards mais après avoir apprécié toutes les rubriques inscrites dans ladite demande de fonds reçue la semaine dernière, une seule est éligible. Le ministre a souligné que plusieurs rubriques inscrites dans cette demande restent fantaisistes puisque déjà prises en compte dans le budget naguère arbitré, arrêté de façon consensuelle et exécuté. Il a cité par exemple, l’achat de papier laminant pour un montant de 500 millions inscrit comme besoin alors que la confection des cartes d’électeurs a été déjà faite. A l’en croire, le volet concernant cependant la distribution des cartes d’électeurs n’avait pas été pris en compte dans l’arbitrage final et consensuel du COS-LEPI à cause du vote imminent de la loi dérogatoire qui transférait cette attribution à la CENA, structure permanente.
« Et sur instructions fermes du chef de l’Etat, Boni Yayi, les ressources ont été diligemment mises à la disposition du COS-LEPI», a indiqué Komi Koutché, ajoutant que rien ne saurait expliquer un quelconque blocage des opérations de distribution des cartes d’électeurs. Car, poursuit-il, dans la correspondance, le président du COS-LEPI a fait savoir que l’institution dispose dans ses comptes, d’une trésorerie de 752 millions francs CFA. «Tout ce qui est demandé de façon régulière a été donné», a poursuivi le ministre.Dans son argumentaire, Komi Koutché a fustigé par ailleurs, les procédures utilisées par le président du COS-LEPI, Sacca Lafia pour réclamer les fonds complémentaires. «Nous constatons un manque de sérieux dans la procédure utilisée par le président du COS-LEPI», a déploré le ministre qui affirme ne pas comprendre pourquoi il annonce dans les médias, un besoin de 2 milliards de nos francs alors que la demande adressée au gouvernement exprime 3 milliards».
Cela dénote, selon le ministre en charge de l’Economie, d’une transposition de la politique sur un terrain technique. Concernant la polémique générée dans l’opinion à propos de l’audit commandité sur la gestion des ressources affectées au COS-LEPI, Komi Koutché a martelé que les textes qui instituent le COS-LEPI prévoient la tenue régulière d’audits. Mieux, poursuivra-t-il, il n’est pas envisageable de gérer des ressources publiques sans qu’on ne se soumette au mécanisme de contrôle de gestion prévu par la loi des finances publiques. De l’avis du ministre, cette attitude dénote d’un caractère très peu responsable qui vise à manipuler l’opinion publique.
Actualités 08 avr. 2015

Annoncée pour démarrer ce jour, l’opération de distribution des cartes d’électeurs, ne sera pas une réalité. Ayant déjà accusé du retard, cette opération cruciale du processus électoral semble s’enliser davantage. Et pour cause, le COS-LEPI se dit insatisfait du montant des ressources expressément décaissées, hier mardi 7 avril par le gouvernement, pour poursuivre le travail.
En dépit du décaissement express hier mardi 7 avril de 611,5 millions francs CFA par le gouvernement, la distribution des cartes d’électeurs ne pourra démarrer ce jour. De son côté, le président du COS-LEPI, Sacca Lafia, joint au téléphone hier après la conférence de presse du ministre en charge des Finances qui annonçait le décaissement des fonds, exprime son insatisfaction quant au montant des fonds affectés. «C’est bon mais c’est insuffisant», a clamé l’honorable Sacca Lafia. Selon lui, ces fonds sont insuffisants et les opérations de distribution de cartes d’électeurs ne sauraient débuter tant que les ressources ne sont pas complétées par le gouvernement.
Sacca Lafia réclame l’intégralité des 3,241 milliards F CFA inscrits dans sa demande de ressources complémentaires. Ces ressources, a-t-il confié, serviront entre autres, à acheter du plastique pour la plastification des cartes d’électeurs déjà imprimées, à payer la campagne médiatique et de communication sur les radios locales dans le cadre de la distribution des cartes d’électeurs, à payer les agents occasionnels du COS-LEPI, à payer les primes des agents du COS-LEPI, à sécuriser les opérations de déploiement et distribution des 4.470.591cartes d’électeurs. Aussi, a-t-il souligné que ce complément budgétaire permettra d’imprimer les listes électorales à afficher et les listes d’émargement.
Le président du COS-LEPI, Sacca Lafia affirme que ces dépenses n’avaient pas été prises en compte dans le budget précédemment arbitré et arrêté.
Parlant d’audit, il dit être disponible pour tout contrôle de la gestion des ressources allouées à son institution car aucune dépense ne se fait au COS-LEPI sans l’intervention du ministère de l’Economie et des Finances à travers ses cadres techniques. Le président du COS-LEPI martèle alors que les opérations de distribution ne vont débuter que lorsque le gouvernement sera résolu à compléter en plus des 611,5 millions F CFA transférés hier, environs la bagatelle de 2,6 milliards francs CFA.
Avec cette situation, une impasse pointe à l’horizon. En matière de délais légaux, tout se joue sur le fil du rasoir. Le Code électoral en son article 180 dispose que le centre de distribution des cartes d’électeurs est ouvert pendant quinze (15) jours ininterrompus de huit (8) heures à dix-huit (18) heures. Une nouvelle distribution est organisée par la CENA sur une période huit (08) jours pour les cartes d’électeurs non retirées par leurs titulaires jusqu’à la fin du délai de distribution.

Hier, mardi 7 avril, s’est ouvert à Parakou un atelier de formation à l’intention des forces de défense et de sécurité et autres acteurs impliqués dans la prévention et la gestion des conflits en lien avec la transhumance dans le Borgou. Cette rencontre d’échanges qui dure deux jours, est organisée par l’ONG Potal Men et le Groupement Nord de la Gendarmerie, avec l’appui de la Coopération suisse.
Outiller les agents des forces de sécurité publique et de défense afin de faire de la transhumance transfrontalière un outil de développement et non une source d’insécurité pour les populations. C’est l’objectif visé à travers l’atelier de formation qui se tient les 7 et 8 avril à Parakou dans l’optique de la prévention et d’une meilleure gestion des conflits liés à la mobilité pastorale. Cette rencontre d’échanges est organisée par l’ONG Potal Men en collaboration avec le Groupement régional Nord de la Gendarmerie nationale et avec le soutien technique et financier de la Coopération suisse représentée à l’ouverture des travaux par Jacques M. Essou. Elle réunit une cinquantaine de participants : essentiellement des gendarmes, des policiers et des militaires mais aussi quelques membres d’organisations socioprofessionnelles impliquées dans la prévention et la gestion des crises liées à la transhumance nationale et transfrontalière.
Il s’agit en fait d’une duplication au profit des agents des unités à la base de la formation organisée en janvier dernier à l’intention des officiers de l’Atacora-Donga et du Borgou-Alibori, précise Yarou Justin Sinagnarogui, commandant adjoint du Groupement régional Nord de la Gendarmerie.
«Si la transhumance est considérée comme source de conflits, ce n’est pas moins vrai que c’est aussi un outil de développement si elle est mieux encadrée et mieux gérée», indique Bio Orou Djéga, directeur exécutif de l’ONG Potal Men. Au terme de la rencontre, espère-t-il, les participants seront aguerris pour constituer de véritables agents de la paix en matière de gestion de la transhumance.
Sous la coordination du point focal du partenariat Gendarmerie/Potal Men pour les questions de prévention et ou de gestion des conflits en lien avec la transhumance, Anasthase Wilfrid Dagnonhouéton, les échanges portent sur la notion de pastoralisme, des avantages et des inconvénients de la transhumance ainsi que les approches et outils de prévention et de résolution des crises en lien avec ce phénomène.
Transhumance, paix et sécurité alimentaire
Pour le conseiller technique du chef de l’Etat chargé de la transhumance et de la gestion des conflits, Dr Adamou Mama Sambo, anticiper les crises et instaurer une transhumance apaisée contribuera à assurer une sécurité alimentaire et une économie florissante non seulement pour les transhumants mais aussi et surtout pour les communautés d’accueil. «Quand on parle de transhumance, on pense souvent que ce n’est qu’un élément isolé, un élément perturbateur. Mais en réalité, c’est un système pastoral, un système de production que si, on arrive à le canaliser et mieux le connaître, toutes les localités qui reçoivent les transhumants vont voir leur économie se développer pendant la période de transhumance », explique-t-il.
L’atelier de Parakou se tient après trois autres organisés à Natitingou, Djougou et Kandi. Il permet non seulement de toucher un plus grand nombre d’agents de sécurité mais aussi de les amener à mieux appréhender le système pastoral et le fondement de la transhumance, mais aussi à mieux se préparer à faire face à la prochaine saison des déplacements des éleveurs et de leurs troupeaux dans le Borgou, à en croire Bio Orou Djéga. Après les communications et les cas pratiques de résolution de conflits relatifs à la modification des trajectoires des troupeaux, aux dégâts dans les champs et les forêts classées, à l’occupation des couloirs d’accès, un plan d’actions sera présenté et validé avant la clôture des travaux prévue pour cet après-midi.
En effet, la saison qui est en train de finir, a occasionné beaucoup de dégâts, signale Adamou Mama Sambo, allusion faite aux pertes en vies humaines, aux blessés et aux nombreux dégâts matériels enregistrés lors des incidents sanglants survenus récemment entre bouviers et paysans dans de nombreuses localités : Djougou, Dassa, Ouinhi, Aplahoué, Gangban. Il souhaite que la formation soit aussi dupliquée au niveau des Groupements Centre et Sud de la Gendarmerie.

La place Egbakokou de la ville de Dassa-Zoumé a accueilli, samedi 4 avril dernier, les cérémonies officielles marquant la 5è édition du Festival des arts et de la culture Idaasha dénommé FACI 2015. La manifestation étalée sur plusieurs jours a été marquée d’événements riches en couleurs et fait dire à plus d’un que c’est un pari gagné pour les initiateurs de ce rendez-vous culturel de fraternité et de communion des ressortissants de l’aire culturelle Idaasha.
Tenu du 2 au 5 avril dernier dans la cité des 41 collines, Dassa-Zoumé le FACI, à l’instar du 15 août à Savalou, de Nonvitcha à Grand-Popo, de la Gaani à Nikki, a mobilisé des milliers de personnes. Cette édition a été placée sous le patronage du président de la République Boni Yayi et du ministre Komi Koutché. La cérémonie officielle a réuni le samedi 4 avril dernier à la place Egbakokou, plusieurs personnalités politico-administratives ainsi que les têtes couronnées et les cadres de la région.
Occasion pour Emile Kougbadi, président du comité d’organisation de rappeler que le but visé par le FACI est de mieux faire connaître les arts et la culture Idaasha, de créer un cadre d'échanges, d'apprentissage et d'émulation aux artistes; d'offrir un cadre d'immersion culturelle aux cadres, étudiants, scolaires et chercheurs et de créer une plate-forme de brassage entre le peuple Idaasha et les autres communautés.
C'est aussi le creuset par excellence pour renforcer les liens de fraternité et de solidarité entre les filles et fils Idaasha, soutient-il. Un creuset à travers lequel sont célébrées, poursuit-il, la richesse et la diversité des arts et de la culture Idaasha. Cette diversité se retrouve d’ailleurs dans la répartition des populations Idaasha entre les villes de Dassa-Zoumé et de Glazoué, de Savalou, de Savè et d’Atakpamè au Togo. Puis, elle se caractérise par la variété des pratiques culturelles, cultuelles et religieuses.
Pendant cinq jours, ce festival a mobilisé des fils et filles des communes de Dassa-Zoumé et de Glazoué qui se sont mis ensemble pour œuvrer, disent-ils, en faveur de la promotion de la culture Idaasha. Il s’agit spécifiquement de mieux faire connaitre les arts et cultures Idaasha et de mettre en place également un cadre de brassage et d’ouverture vers les autres peuples. Pour y parvenir, lors de ce rendez-vous, le programme de la 5è Edition du FACI a porté sur quatre volets.
Le volet intellectuel avec plusieurs communications axées sur l’histoire, les us et coutumes du peuple Idaasha, le volet artistique a été consacré à l’exhibition des rythmes, danses et autres savoir-faire culturels et artistiques Idaasha avec des projections de films, le lancement du nouvel album des «Volcan des Collines», et l’élection Miss FACI.
Le volet arts culinaires a mis en exergue les habitudes culinaires de la région avec une dégustation publique des différents mets du terroir comme le Olèlè ou le Tchombô ou encore la boisson Tchakpalo dégustés n’ont pas manqué de donner la nostalgie à certains festivaliers. Enfin, il y a le volet loisirs avec la promotion des jeux traditionnels comme le Akpéko, le Adji, l’Eran et autres.
Après ce bain culturel de plusieurs jours sur fond de nostalgie, on peut dire que la cinquième édition du FACI a vécu.

Le Code des personnes et de la famille comporte quelques particularités qui ne sont pas toujours connues du grand monde. Lesquelles auraient rendu service aux couples si elles étaient bien maîtrisées. Maître Marie-Elise Gbèdo, présidente de l’Association des femmes juristes du Bénin et ex-Garde des Sceaux, ministre de la Justice de la Législation et des droits de l’Homme s’est fait le devoir d’en révéler quelques-unes, dans le cadre de la célébration de la 20è édition de la journée des droits des femmes.
La Nation : Dans le cadre de la célébration de la 20è édition de la journée des droits des femmes, vous avez animé une conférence-débats sur les problèmes spécifiques du Code des personnes et de la famille, à l’intention des femmes. Quelle en était la substance ?
Marie-Elise Gbèdo : Le Code des personnes et de la famille ne parle pas d’homme et de femme. Il parle du conjoint et des époux. Le Code n’aborde pas non plus de façon isolée les questions concernant les époux. Les problèmes de couple ne sont pas toujours imputables à l’infidélité de l’homme. Après le mariage, les époux se doivent amour, assistance et fidélité. Mais nous notons de plus en plus que ces principes du mariage ne sont pas les choses les mieux partagées au sein des couples. Or, c’est l’un des ciments de la confiance que les deux époux se doivent. A partir de ce moment, l’époux qui travaille par exemple et qui refuse de participer aux charges du ménage peut-être attrait devant la justice. C’est pour cette raison que dans la vie de couple, il faut savoir s’assister et communiquer. Si la femme doit attendre que l’homme réponde à tous les besoins de la famille, c’est elle-même qui se crée des problèmes au sein de son foyer. Elle ne doit pas seulement limiter ses charges à l’entretien des enfants.
Il faut également souligner qu’il y a des femmes qui tombent dans la facilité et lorsque leurs maris leur interdisent l’exercice de leurs activités après le mariage, elles-mêmes ne prennent plus le temps de mesurer les conséquences de cette décision.
Lorsque la femme ne travaille pas pour participer aux charges du ménage, elle n’a aucun pouvoir. Son pouvoir et le respect qui lui sont dûs à la maison, c’est de la voir aussi ramener de l’argent pour participer aux charges du ménage. Mais, il y a des femmes qui refusent de participer aux différentes charges du ménage. Dans ce cas, la loi donne raison au mari d'ester en justice et en ce moment, compte tenu des charges du foyer, le juge fixe, le quote-part de la femme. Cette situation fait partie des problèmes de couple que nous enregistrons de plus en plus. Or, elle pourrait être évitée si les époux avaient suffisamment communiqué sur l’essentiel. Ce sont des choses que beaucoup de jeunes ignorent aujourd’hui.
Autre chose, les époux doivent connaître les régimes matrimoniaux. Sur ce point, les femmes se font aussi avoir par leurs époux qui optent pour le budget commun. Lorsque dans certains cas, les époux en viennent au divorce, le mari apporte les preuves de ce qu’il a dépensé, parce qu’il investit souvent dans la réalisation des gros-œuvres pendant que la femme investit dans l’alimentation et le bien-être du foyer.
Les épouses doivent donc faire preuve de vigilance. Sur la base du Code des personnes et de la famille, chaque époux doit faire la part de ce qui lui appartient en propre nom et de ce qui est commun au couple. On se marie aujourd’hui parce qu’on s’aime. Si à l’avenir, on constate que l’amour n’est plus éternel, la femme quittera le foyer avec quels biens ? Lorsque la loi prévoit le régime de séparation des biens et que les époux mettent tout ensemble, ils risquent de se créer des ennuis. Toutefois ils sont libres d’opter pour un régime de communauté des biens sur la base d’un contrat de mariage.
Nous avons également mis l’accent sur la séparation de corps que les époux confondent souvent avec le divorce. En cas de séparation de corps, la femme n’a pas le droit de se laisser aller à certains désirs sans l’autorisation de son mari, car il ne s’agit pas de l’indépendance matrimoniale. Il y a beaucoup de spécificités dans le code de mariage que les gens ignorent et qui méritent d’être connues.
Entre autres avantages, le Code des personnes et de la famille confère la légitimité à la femme d’exercer son métier après son mariage. Mais il se fait que les missions et les voyages qu’effectue la femme dans le cadre de son travail, sont parfois à la base de nombreux malentendus au sein du foyer. Comment peut-elle alors dépasser ces considérations ?
Dans un foyer, le dialogue est fondamental. Il est le socle de toute relation solide et durable. Les époux doivent beaucoup communiquer entre eux. Il revient à la femme de rassurer son époux en essayant de le convaincre de sorte qu’il ait un minimum de confiance en elle. Pourquoi lorsque la femme doit aller en mission, le mari va forcement penser que c’est pour aller faire des bêtises ? Non, en toute circonstance la femme doit rassurer son mari. La promotion de la femme, c’est la promotion de l’homme. Il faudrait donc que les hommes aient confiance en leurs femmes et les laissent évoluer sur le plan professionnel. Cela ne contribue qu’au bonheur du couple.
Quelles appréciations faites-vous aujourd’hui du statut de la femme au regard de l’évolution dudit Code ?
Le statut de la femme s’est nettement amélioré ces dernières années. Le Bénin a fait du chemin et je m’en réjouis. Les femmes comprennent mieux leurs droits même s’il y a encore quelques réticences. Le hic, c’est que dans certaines familles, ce sont malheureusement les belles familles qui sont souvent à la base des polémiques entre les époux. Quand il y a des problèmes, les belles filles sont obligées de les craindre, de peur d’être rejetées par elles et que la situation empire. Mais il y a de l’espoir que la situation de la femme s’améliore.
Affirmez-vous donc que le Bénin est un bon élève en matière de promotion des droits des femmes ?
Nous y sommes ! On ne peut pas tout obtenir à la fois mais des efforts sont en train d’être faits dans ce sens. Je me rends compte que nos combats en tant que femmes intellectuelles ont porté des fruits. Je note une prise de conscience à tous les niveaux, même dans les milieux ruraux. La promotion de la femme augure de bonnes perspectives au Bénin.
Une chose est la prise de conscience des femmes elles-mêmes, l’autre en est la mise en application des textes. Et pourtant le Bénin n’a pas de problèmes de textes en matière de promotion des droits de la femme. Comment comprendre ce paradoxe ?
La mise en application des textes, c’est par les femmes elles mêmes. Lorsqu’elles viennent poser un problème à un cabinet d’avocat par exemple, et que celui-ci lance la procédure pour les tirer d’affaires, elles sont encore les premières à y renoncer. De ce fait, elles sont à la fois des victimes passives de leurs situations et des complices parce qu’elles empêchent la procédure d’aller à terme. Ce n’est pas la faute aux avocats. Mais ce qui justifie généralement la réticence des femmes, c’est la peur de la belle-famille. Elles ne veulent pas être l'objet d’insultes, de moquerie encore moins de rejet par celle-ci.
Le Bénin est à la 20è édition de la journée des droits des femmes et l’on continue de recenser ces gaps. Avez-vous bon espoir que la femme béninoise pourra jouir pleinement de tous ses droits un jour ?
Le Bénin est sur la bonne voie en matière de promotion de la femme, même si les politiciens ont pris en charge cette journée. Ce n’est qu’un moindre mal parce que de plus en plus, les femmes sont impliquées dans les prises de décisions. Les politiciens pour leur part font des discours sur ce qui concerne la femme, sa visibilité et sa place dans les instances de prise de décision, même s’ils manquent parfois de sincérité. Mais les femmes elles mêmes sont plus éveillées que jamais et réagissent lorsqu’elles se sentent brimées dans leurs droits.
J’ai dû me battre en dépit de toutes les médisances sur ma personne pour mener le combat avec certaines femmes en vue de l’amélioration du statut de la femme. Les femmes ne doivent pas se laisser aller à la méchanceté, aux calomnies, à la médisance et à la peur. Il faut qu’elles avancent quel que soit ce qui adviendra. La notoriété s’acquiert au bout des luttes.

La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a procédé, hier mardi 7 avril, au tirage au sort pour l’enregistrement et le passage des messages des partis et alliances de partis politiques dans les médias de service public à l’occasion des législatives du 26 avril prochain. La séance s’est déroulée en présence des représentants des formations politiques dans la salle de conférence de la direction générale des Douanes et Droits indirects à Cotonou.
Les 20 listes de candidatures retenues pour les législatives prochaines sont désormais fixées sur l’ordre de passage de leurs messages sur les antennes de la télévision et de la radio nationales, dans les colonnes de La Nation et de l’Agence Bénin Presse.
Mais avant la cérémonie proprement dite, Adam Boni Tessi, président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), a fait savoir que la séance de tirage au sort pour l’enregistrement des messages des partis et alliances de partis politiques répond aux dispositions du chapitre II de la décision N°15-019/HAAC du 25 mars 2015 portant réglementation de la campagne médiatique pour les élections législatives du 26 avril 2015. En effet, selon ces dispositions, a -t-il rappelé, « seuls les partis politiques ou alliances de partis ayant présenté des candidats aux élections législatives et dont les listes ont été officiellement retenues par la Commission électorale nationale Autonome ( CENA) peuvent bénéficier des dispositions relatives à la campagne médiatique officielle ». Cette décision, a poursuivi le président de la HAAC, organise la campagne médiatique et détermine le genre d’intervention qui peut prendre la forme d’une déclaration, d’un entretien, d’une série de questions-réponses. Elle détermine aussi les modalités de leur réalisation à savoir enregistrement, montage, diffusion.
« L’opération de ce matin est d’une importance capitale », a-t-il souligné ajoutant que le jeu démocratique va être respecté. Par rapport au contenu des messages, il a tenu à ce qu’il ne comporte pas des invectives, des propos tendant à troubler l’ordre public et incitant à la violence, ou des propos allusifs avec des injures. Aussi Adam Boni Tessi a-t-il invité les partis ou alliances de partis politiques à faire preuve d’esprit de responsabilité afin qu’il n’y ait pas de dérapages. Il a exhorté les responsables de partis en lice à respecter le calendrier de programmation des enregistrements de leurs messages à l’ORTB ainsi que le délai de leur dépôt au niveau du quotidien La Nation et de l’Agence Bénin Presse. A l’en croire, ces mesures permettront d’éviter toute déconvenue éventuelle. Enfin, il a averti que toute liste dont les représentants ne se seraient pas présentés pour l’enregistrement conformément au calendrier arrêté, verrait son tour de passage annulé.
Après ce propos liminaire du président de la HAAC, le contrôle de présence des partis ou alliances de partis dont les candidatures ont été retenues, a été fait. Il en ressort que 18 parmi eux se sont faits représenter à la séance du tirage au sort. Les deux absents sont l’Union fait la Nation (UN) et UFED Bénin Nouveau. Mais cela n’a pas empêché la séance de se dérouler, compte ayant été tenu des absents. Au total, il a été procédé à cinq tirages au sort dont trois passages sur les chaînes de la radio et de la télévision nationales, un passage à La Nation et un à l’Agence Bénin Presse(ABP).
Il faut signaler qu’à la fin du tirage au sort, il a été précisé aux représentants de partis ou d’alliances de partis en lice, qu’à compter de ce mercredi 8 avril, débuteront les séances d’enregistrement des messages. Pour des modalités pratiques, quatre listes se feront enregistrer par jour et le même nombre de messages sera diffusé. C’est la liste RDR qui ouvre le bal des messages radiotélévisés pour le premier passage alors que le deuxième est ouvert par la liste RB-RP et le troisième par Alliance Eclaireur.
Ordre de passage des partis ou alliances de partis
Premier passage à la radio et à la télévision
1-RDR
2-UDD Wologuèdè
3- AND
4-UDC Nounagnon
5-FCBE
6-UB
7-Nouvel Espoir pour le Bénin
8-Parti Reso Atao
9-RB-RP
10-UFED Bénin Nouveau
11-Alliance pour une Nouvelle Gouvernance
12-Alliance PEU
13-PRD
14-Alliance FDU
15-UN
16-MEKA
17-Alliance ABT
18-Alliance Soleil
19-Coalition Caméléon
20-Alliance Eclaireur
2ème passage
1-RB-RP
2-UB
3-Alliance FDU
4-Alliance PEU
5-AND
6-UDD Wologuèdè
7-UDC Nounagnon
8- Parti Reso Atao
9-Alliance Soleil
10-Alliance ABT
11-PRD
12-MEKA
13-UFED Bénin Nouveau
14-Alliance pour une Nouvelle Gouvernance
15-Alliance Eclaireur
16-FCBE
17-Nouvel Espoir pour le Bénin
18-Coalition Caméléon
19-UN
20-RDR
3ème passage
1-Alliance Eclaireur
2-UFED Bénin Nouveau
3-FCBE
4-RDR
5-RB-RP
6-UDC Nounagnon
7-Coalition Caméléon
8-Nouvel Espoir pour le Bénin
9-PRD
10-Alliance Soleil
11-Alliance ABT
12-Alliance PEU
13-Alliance pour une Nouvelle Gouvernance
14-UN
15-UB
16-Parti Réso Atao
17-AND
18-UDD Wologuèdè
19-FDU
20-MEKA
Passage à La Nation
1-Nouvel Espoir pour le Bénin
2-UDD Wologuèdè
3-Alliance ABT
4-UN
5-RB-RP
6-Alliance PEU
7-Alliance Eclaireur
8-MEKA
9-PRD
10-Alliance FDU
11-Parti Réso Atao
12-UFED Bénin Nouveau
13-Alliance pour une Nouvelle Gouvernance
14-Alliance Soleil
15-AND
16-RDR
17-UB
18-UDC Nounagnon
19-Coalition Caméléon
20-FCBE
Passage à l’ABP
1-UDC Nounagnon
2-Alliance Soleil
3-Alliance Eclaireur
4-Nouvel Espoir pour le Bénin
5-UB
6-RDR
7-RB-RP
8-FCBE
9-Parti Réso Atao
10-PRD
11-Alliance pour une Nouvelle Gouvernance
12-UDD Wologuèdè
13- Alliance FDU
14-UFED Bénin Nouveau
15-Alliance ABT
16-MEKA
17-AND
18-UN
19-Alliance PEU
20-Coalition Caméléon
Les enregistrements commencent ce jour à partir de 8h à l’ORTB, selon un lot de quatre par séance à commencer par les quatre premiers et ainsi de suite jusqu’à épuisement du premier passage. le même scénario sera observé pour les deux autres passages.
Actualités 08 avr. 2015

Les nombreuses réformes en cours au niveau de la société Bénin Télécom SA ont connu une concrétisation de plus hier, lundi 6 avril. Ceci, à travers le lancement officiel de la technologie 4 G. Un lancement qui s’accompagne d’ailleurs par d’autres commodités, comme l’ouverture officielle du guichet unique de la société et du Point de présence (POP). Une série d’innovations que le chef de l’Etat est venu personnellement saluer.
A la suite de l’atterrissement il y a quelques jours à Cotonou de son deuxième câble sous-marin, le Bénin a amorcé depuis hier, un autre pan de sa révolution numérique à travers trois lancements dont les impacts sur les secteurs de la télécommunication et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) se feront sentir d’ici peu. Il s’agit du lancement de la technologie 4G LTE, du démarrage des activités du Point de présence (POP) de Ganhi et de l’ouverture du guichet unique de Bénin Télécom S.A. Au-delà de l’innovation attendue dans le secteur, le Bénin pourrait également réduire son retard dans le secteur. Retard jugé excessif par le président de la République qui a saisi cette opportunité pour rappeler à l’attention des responsables de la société, des employés, des clients et des acteurs du secteur de la télécommunication en général, son ambition de faire du pays, «l’un des quartiers numériques de l’Afrique». Pour le chef de l’Etat, «nous sommes les seuls à être dans cet état dans la sous-région et l’heure est venue d’évoluer». Et en terme d’évolution, Boni Yayi a salué cette «cérémonie exceptionnelle» qui doit permettre par ailleurs, au Bénin de sortir de l’immobilisme actuel.
C’est en fait là, toute l’ambition que nourrit le directeur général de Bénin Télécom SA et son personnel. Djalil Assouma, rappelant les réformes engagées au niveau de sa société, via des projets structurants, se réjouit de leur concrétisation. Ce qui fait davantage sa fierté, c’est le Bénin qui, à l’heure où l’Internet est devenu un outil de développement, loin d’être à la traîne, avance aux côtés des autres nations. «La place de l’Internet a considérablement progressé dans la majorité des pays africains avec le déploiement du réseau 3G et la réduction significative des coûts de connexion ». L’économie numérique, souligne t-il par ailleurs, pourrait passer de 1,1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2013 pour atteindre 10% d’ici 2025, soit 300 milliards de dollars. C’est pourquoi, explique Djalil Assouma, les gouvernements, surtout celui du Bénin, ont fait la part belle au déploiement de la fibre optique, et surtout à l’avènement de la technologie 4G. Les réformes qui ont conduit à ses résultats seront maintenues et le cap de la gouvernance numérique sera amélioré, promet pour sa part le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication, Jean Gbéto Dansou.
Imaginez le potentiel qu’offre la 4G !
«Un agriculteur peut désormais, avec une bonne connectivité 4G, mettre sur Internet ses produits qui seront accessibles partout dans le monde. Un entrepreneur ou un étudiant peut désormais créer son entreprise en ligne et proposer des services à sa clientèle depuis sa maison. Les jeunes peuvent désormais télécharger un film d’une heure en moins d’une minute, une chanson en une seconde…». Ces exemples ont été cités hier par le directeur général de Bénin Télécom SA pour partager avec le public quelques exemples d’opportunités qu’offre la révolution numérique. Laquelle révolution s’accompagne d’autres commodités comme par exemple le guichet unique qui simplifie les formalités aux clients et leur permet d’accomplir sans navettes, plusieurs services avec fiabilité et rapidité. Il y a aussi le Point de présence (POP) qui accueille le client et lui permet d’effectuer l’entièreté de ses opérations et d’en repartir satisfait. Ces innovations qui ne constituent qu’un pan du large projet de restructuration amorcé au niveau de l’opérateur historique des télécommunications du Bénin se poursuivront, promet le directeur général de Bénin Télécom SA. Ils ont surtout besoin du soutien et de l’accompagnement des acteurs privés qui y injecteront technologies et argent frais… propose le chef de l’Etat qui dit compter sur ce secteur. Il a insisté par ailleurs, pour que ces réformes préservent surtout les acquis sociaux.
Actualités 07 avr. 2015

Le gouvernement a signé, hier lundi 6 avril à Cotonou avec la société Média Contact Bénin, un contrat de partenariat pour la mise en place d’une plate-forme téléphonique au service de l’administration. Le concept dénommé ‘’ 135 Allo Service Public» se veut surtout un créneau de création d’emplois de jeunes.
Les usagers de l’administration publique devront bientôt se familiariser avec un nouveau concept : ‘’135 Allo Service Public’’. Le projet est le fruit d’un partenariat public-privé entre le gouvernement et la société Média Contact Bénin, spécialisée dans le métier de Relation clients. La convention de partenariat signée hier vient surtout renforcer la dynamique de promotion de l’emploi dans laquelle s’est inscrit le gouvernement depuis l’année dernière. «‘’Allo Service Public’’ découle de l’intérêt du chef de l’Etat pour ce que nous faisons et son engagement à promouvoir l’emploi des jeunes», assure Claude Padonou, directeur général de Média Contact Bénin. Ce nouveau service à fort potentiel d’emplois consiste, dit-il, à mettre un seul numéro (135) à la disposition des usagers et des investisseurs pour avoir des informations sur l’administration publique. Ces informations embrassent tous les secteurs d’activités de l’économie, l’investissement, la création d’entreprises, la santé, l’éducation, la fiscalité. «Le service permet d’obtenir un gain de temps car il évite aux usagers les déplacements et les longues files d’attente pour de simples informations et renseignements », souligne-t-il. Pour les agents de l’administration, il s’agit, défend Claude Padonou, d’un service qui créera de la valeur ajoutée. «En prenant en charge l’information administrative de premier niveau, le numéro unique va alléger la charge de nombreux agents des services de l’Etat et des collectivités territoriales, en leur permettant de mieux se consacrer à leurs tâches principales», estime-t-il.
Des milliers d'emplois en perspective
Pour la phase expérimentale du projet, Média Contact Bénin table sur la création de 1000 emplois. Il projette d’atteindre in fine environ 10 000 emplois lorsque le concept descendra progressivement vers les départements et les communes du pays. «Allo Service Public va redonner confiance aux usagers de l’administration», assure-t-il. Le coût global du projet est estimé à plus de 990 millions de francs CFA, informe François Abiola, ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
«Nous continuons de placer notre vision sous le signe de l’emploi des jeunes et des femmes. C’est le symbole d’une république du partage», affirme le président de la République. Pour Boni Yayi, la démocratie n’aura de sens que lorsque le pays aura réussi à devenir un système qui nourrit, habille, soigne, garantit la sécurité et l’autonomisation. «Nous rentrons maintenant dans l’ère des défis et pour les relever, il faut une implication des jeunes et des femmes.
Nous ne pouvons pas relever ces défis en dehors de la jeunesse et des femmes. C’est avec la jeunesse qu’on peut édifier le futur du Bénin, un futur radieux», soutient le chef de l’Etat. Il indique par ailleurs, que l’ambition de son gouvernement, c’est d’aller vers une économie à contenu technologique, ami de l’environnement, économe en énergie et innovante. «Nous devons asseoir une croissance durable, capable de s’intégrer dans l’espace des économies les plus modernes, de multiplier les opportunités de création d’emplois, d’innovations. Nous devons initier un mode d’économie propre et enfin maîtriser l’énergie et les technologies les plus avancées dans le domaine des énergies renouvelables », conclut-il, après avoir invité à aller vite dans la mise en place de la plate-forme téléphonique au service de l’administration publique béninoise.
Actualités 07 avr. 2015