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L’Association des ambassadeurs et ministres plénipotentiaires à la retraite (AMPR) a organisé, hier jeudi 26 mars, une conférence-débat sur le thème «La conduite du diplomate au ministère des Affaires étrangères». Elle a été animée par Candide Ahouansou. C’était en présence du président de l’AMPR, Jacques Adandé et des autorités du ministère.
Réflexions et partage sur les exigences d’un corps d’élite, métier noble. C’est en ces termes qu’on peut résumer les échanges que l’Association des ambassadeurs et ministres plénipotentiaires à la retraite (AMPR) a eus hier, jeudi 26 mars avec ses membres et les diplomates encore en activité.
Pour Jacques Adandé président de l’AMPR, de plus en plus, certains actes se posent aujourd’hui dans la diplomatie et interpellent les aînés. D’où la nécessité de réfléchir et d’échanger pour rappeler les fondamentaux et principes qui gouvernent la diplomatie. La compétence, la formation, la conduite et le comportement sont des éléments qui induisent des modèles et des miroirs à imiter lorsqu’on s’engage dans une pareille carrière. Des caractères et qualités auxquels Candide Ahouansou, le communicateur a largement donné écho par la suite dans son exposé. Ainsi, on peut retenir, entre autres, comme principaux points développés par l’intéressé, les préliminaires, les fondamentaux, les qualités socio-administratives, l’origine du désordre et la moralisation nécessaire.
Sur les préliminaires, Candide Ahouansou estime qu’on peut tout acheter dans la vie, mais qu’on ne saurait acheter ou monnayer l’expérience. Il faut, selon lui, savoir tirer leçon des échecs de sa carrière, mais également pouvoir prendre conscience de ses devoirs. Tout cela appelle, relève-t-il, l’observance de certains fondamentaux. D’abord de l’administration tout court et de la diplomatie en particulier.
Pour Candide Ahouansou, le fonctionnaire est un serviteur mais le diplomate est un serviteur particulier au service de la Nation en relation avec d’autres pays. «C’est un acte de trahison que de mettre de la drogue dans la valise ou de s’adonner au commerce de spiritueux», souligne-t-il.
« Le bon diplomate doit être discret et se montrer circonspect, a l’obligation de réserve ; aussi doit-il faire preuve de neutralité et de probité, être ordonné et sûr de lui-même», précise Candide Ahouansou qui admet que le corollaire de l’ordre c’est la hiérarchie et tout ce qui y est attaché. Concernant l’ordre, il s’est appesanti sur le respect de la hiérarchie qui constitue le socle, le fondement des rapports entre le diplomate et son collaborateur pour une bonne image.
Présents aux côtés du conférencier, le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, Fréjus Bocco et le secrétaire général dudit ministère, Robert D. Zantan ont salué l’initiative de l’AMPR et consenti à la proposition des participants visant à approfondir le sujet dans le cadre des échanges qui se déroulent à l’Institut des relations internationales et études stratégiques (IRIES).
Des préoccupations des jeunes fonctionnaires du ministère et les contributions des anciens ou aînés ont mis un terme à la conférence-débat bien appréciée.

Eric Tèvoédjrè, enseignant de sciences politiques à Houdégbé North American University Benin a donné hier mercredi 25 mars au Centre culturel américain de Cotonou une conférence publique sur le rôle des Parlements dans les nominations faites par le président de la République dans les pays francophones d’Afrique.
Le directeur des Affaires publiques de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin, Francisco Paco Perez rappelle que «l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais des institutions fortes». C’est avec cette phrase célèbre du président des Etats-Unis, Barack Obama qu’il a planté le décor de la conférence animée hier par Eric Tèvoédjrè. Pour lui, la conférence publique sur le rôle du Parlement dans les nominations effectuées par le président de la République dans les pays francophones d’Afrique est digne d’intérêt parce que l’équilibre des pouvoirs permet d’arbitrer le jeu démocratique.
Le conférencier Eric Tèvoédjrè, pour sa part, a débuté son exposé par le pouvoir discrétionnaire du président français qu’ont copié la plupart des pays francophones d’Afrique. Il s’agit de l’article 8 de la Constitution française qui stipule, entre autres, que le président de la République nomme le premier ministre ainsi que le gouvernement. Dans la plupart des pays francophones, il y a eu des ministères qui ont été créés mais qui au fil du temps ont purement et simplement été supprimés. C’est le cas en France par exemple du ‘’ministère du temps libre, celui de la solidarité entre générations ou encore celui du Sahara. Dans plusieurs pays africains, il existe encore des ministères chargés des affaires présidentielles ou des ministères dont les prérogatives sont en principe déjà prises en compte par d’autres ministères. Eric Tèvoédjrè a expliqué qu’aux Etats-Unis, les ministères sont créés et supprimés au cours d’un long processus de plusieurs mois parfois qui implique le Congrès.
Les nominations sont prononcées après des auditions publiques au cours desquelles, les candidats au poste de ministres défilent et définissent leurs visions des fonctions qui leurs sont confiées et fixent des priorités stratégiques.
Dans son intervention au cours des débats qui ont suivi l’exposé du conférencier, Edouard Ouin Ouro, ancien préfet, ancien secrétaire général de la présidence, a expliqué que le système utilisé par les Etats-Unis leur marche à merveille mais qu’il sera très difficile de l’importer au Bénin, car les lois qui régissent un pays sont la résultante de son histoire. Pour lui, si on demande au Parlement d’accorder ou d’opposer son veto pour créer un ministère ou pour nommer un ministre, cela pose deux problèmes.
D’abord, il faudrait réviser la Constitution. Or on connaît toute la polémique qu’un tel projet suscite au Bénin. Ensuite, on peut se demander du président de la République et du Parlement, la responsabilité de qui est engagée lorsqu’ un ministre nommé après audition par le Parlement commet une faute grave.
Pour Soni René Nouémou du Houdégbé North American University Benin, le contrôle de l’action gouvernementale par le Parlement est important mais l’instauration d’un scrutin de liste est indispensable si l’on veut limiter les nominations fantaisistes. Pour l’élection présidentielle par exemple, les candidatures devraient comporter une liste de postes ministériels avec des noms et des curricula vitae. Cela va réduire considérablement la marge de manœuvre du président de la République et rendre plus objective la gestion des services publics.

Après avoir longtemps fait du «tout traite», en considérant presque systématiquement que tout enfant en déplacement, était victime de trafic, les structures intervenant dans la protection des enfants commencent à aborder autrement la problématique. Comme Terre des hommes, qui s’ancre désormais dans la sociologie du milieu pour comprendre que déplacement ne rime pas forcément avec traite ; et entend mettre en avant les notions comme l’accompagnement protecteur des enfants, ou les pratiques endogènes de protection. Aussi, un plaidoyer est-il engagé dans ce sens. Nous en parlons ici avec Sonia Ancellin-Panzani, directrice pays Bénin-Nigeria pour Terre des Hommes.
La Nation : Madame la directrice pays, votre institution est active dans le domaine de la protection des droits des enfants. Quelle appréciation faites-vous, de façon générale, de l’état des droits des enfants au Bénin ?
Sonia Ancellin-Panzani : Il y a sans aucun doute beaucoup de problèmes de protection de l’enfant au Bénin, mais on peut saluer un arsenal juridique de plus en plus adéquat qui se met en place. Avec notamment l’adoption de la politique nationale de protection de l’enfant, l’entrée en vigueur du nouveau Code de l’enfant. Toutefois, les défis restent importants.
En effet, nous avons noté dans nos projets et programmes beaucoup de cas de violences sur les enfants, avec une banalisation de la problématique de la violence physique. Cela nécessite donc que nous fassions beaucoup de sensibilisation, beaucoup d’efforts aussi dans nos approches. Par exemple, accentuer la mise en réseau des différents acteurs en vue de construire un système national de protection des enfants en situation difficile. Car, ce système est encore embryonnaire alors qu’on a besoin de mettre l’ensemble des professionnels de la protection, la Société civile, les acteurs communautaires en synergie avec l’enfant au centre pour pouvoir le consolider et apporter des réponses adéquates de protection pour les enfants en situation difficile. Des réponses qui se fassent en tenant compte de la situation et des besoins individualisés de chaque enfant, en l’écoutant de manière approfondie et sur la base d’un plan d’action clair, auquel il aura pleinement participé.
Qu’est-ce qui justifie le plaidoyer que vous avez récemment organisé, à l’endroit des autorités du ministère de l’Intérieur ? Et quels en sont les objectifs ?
Ce plaidoyer à l’endroit du ministère de l’Intérieur visait à sensibiliser sur le changement de l’approche qui a prévalu ces dernières années, l’approche du « tout traite » qui consistait à considérer ou à analyser tout déplacement d’enfant comme de la traite. Et donc s’il est clair qu’il faut continuer à lutter contre le fléau de la traite des enfants et à prendre en charge les enfants qui en sont victimes, la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant, qui appelle à considérer chaque cas comme unique, nécessite une étude approfondie. Pour comprendre pourquoi l’enfant se déplace, s’il a un projet, si sa famille est informée et soutient le projet, si des précautions sont prises pour le parcours, dans la zone de destination… Et puis lorsqu’on se rend compte que c’est un projet bien formé, qui peut être bénéfique pour l’enfant, l’objectif sera de chercher à réduire les risques qu’il y a sur son parcours, de chercher à mettre en lien tous les acteurs intéressés, notamment les acteurs communautaires, ce qui ne se faisait pas suffisamment jusqu’ici.
Les formes de mobilité sont multiples et nous autres, acteurs de protection ne pouvons pas seulement déployer des réponses pour des catégories bien spécifiques d’enfants en situation de mobilité pour penser répondre à la multitude des situations. Si nous prenons comme exemple les enfants réfugiés ou déplacés internes, ces derniers sont protégés dans un camp, soit à un point A, B ou C. L’idée est au-delà de ce qui existe aux points A, B ou C, de renforcer ce qui existe sur l’itinéraire de l’enfant et non de prévoir un dispositif seulement aux points de départ ou d’arrivée. Au nom du principe de non-discrimination dans la réponse de protection, même si cette protection sur le parcours est plus difficile à apporter, c’est à nous les acteurs, de nous organiser pour faire face aux réalités, d’avoir une vision pragmatique pour comprendre pourquoi les enfants se déplacent et essayer, lorsque c’est indiqué, de minimiser les risques puisque de toutes les façons, on sait que le déplacement aura lieu.
Je dois aussi mentionner, à propos de ce plaidoyer, la contribution efficace de notre partenaire pour la mise en œuvre du projet mobilité, ESAM (Enfants Solidaires d’Afrique et du Monde), et je tiens à souligner qu’il a été porté par le Conseil consultatif des enfants. Ce qui est très important pour nous car, dans cette approche, les enfants doivent avoir un rôle de premier plan dans les réponses de protection.
En clair, vous intégrez désormais à votre démarche les réalités soulevées par la Méta-analyse réalisée par des institutions de protection des enfants, dont Terre des hommes, qui met en avant les pratiques endogènes de protection des enfants… ?
C’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle d’acteurs communautaires. Car, pour travailler avec eux, il faut bien les comprendre. D’où la nécessité de la Méta-analyse qui nous a permis de mieux connaître les pratiques endogènes de protection sur lesquelles on peut s’appuyer, qu’on peut valoriser ; c’est-à-dire la réponse de protection pour cette catégorie si particulière et si vaste que constituent les enfants en situation de mobilité. Il s’agit donc au total de bien comprendre leur perception des droits des enfants, de la protection de l’enfant, ce qu’ils ont à disposition et renforcer leurs moyens, les doter d’outils comme des registres par exemple, et leur donner les moyens de faire la sensibilisation. Cela implique concrètement que nous allons travailler avec toutes sortes d’acteurs que nous ne prenions pas nécessairement en compte avant. Nous ferons ainsi de la sensibilisation par exemple pour les zémidjans (taxi-motos), pour les ‘’grandes sœurs’’ (des filles plus âgées auxquelles les enfants en mobilité sont confiés)… toutes ces personnes qui ont un lien fort avec le parcours des enfants, comme la Méta-analyse l’a révélé.
Si cette Méta-analyse permet désormais de regarder autrement le phénomène de la traite des enfants au Bénin, le Code de l’enfant récemment adopté devrait renforcer leur protection. Dites-nous, qu’est-ce qui devrait changer avec ce Code auquel Terre des hommes n’est pas étrangère… ?
Dans le Code, il y a justement une partie relative à la mobilité, l’idée qui est derrière est de sortir de ce paradigme de lutte contre la traite ; mettre l’accent sur la nécessité d’écouter l’enfant de manière approfondie pour ne pas l’intercepter et le renvoyer purement et simplement d’où il vient. Avant, l’enfant en déplacement était considéré comme victime de traite. L’expérience avec notre coordination d’Abeokuta dans l’Etat d’Ogun au Nigeria depuis 2007, où des enfants travaillent dans des carrières, et où nous avons mis en place des programmes ludiques, des systèmes de protection pour minimiser les risques pour eux, notamment pour les enfants de plus de 14 ans, a montré que les acteurs s’attendaient à être applaudis par les communautés quand ils faisaient rentrer des enfants dans leur village d’origine au Bénin. Or ceci se faisait en considérant simplement ces enfants en déplacement comme victimes de traite, et donc sans tenir compte de leurs préoccupations personnelles.
De fait, en lieu et place des remerciements, les acteurs observaient plutôt de la désillusion tant chez l’enfant que chez ses parents, comme si on brisait un rêve, car souvent les projets ont été formés et discutés avec la communauté, pour jauger par exemple s’il vaut mieux rester travailler dans un champ au Bénin ou s’il était plus avantageux de le faire du côté du Nigeria… Conclusion, quelques semaines seulement après leur retour, on voyait les mêmes enfants revenir dans les carrières à Abeokuta. Cela voulait dire qu’on n’apportait pas les bonnes réponses, parce qu’on ne travaillait pas en amont, et donc qu’il fallait changer d’approche. Car si on dit aux enfants qu’il ne faut simplement pas se déplacer ainsi, on sait que cela va se poursuivre mais de manière clandestine ; ce qui les mettrait plus en difficulté. C’est donc notre responsabilité de revoir l’approche. D’où l’intérêt désormais d’avoir dans le Code de l’enfant comme dans la politique nationale de protection des enfants, la possibilité d’aborder la problématique sous l’angle de la mobilité, de l’accompagnement protecteur des enfants. Ce qui suppose qu’on ne fait pas de la prise en charge de l’enfant comme sujet de droit, mais plutôt de l’accompagnement qui implique la volonté de l’enfant; lequel a eu son mot dans la prise de la décision de se mettre en situation de mobilité. Autant de choses que vont permettre les petites améliorations contenues dans le Code de l’enfant. Et, bien sûr, il faut aller beaucoup plus loin, avec les textes d’application notamment, le plan d’action de la politique et évidemment le changement de regard au niveau opérationnel.
Mais les violences sur les enfants revêtent plusieurs formes... ?
En effet ! Je parlais tout à l’heure de violence dans son acception large, laquelle englobe également tout ce qui est exploitation, traite… Il y a aussi la problématique du déficit d’appui familial qui se pose de manière claire. Et qui fait qu’en dehors des enfants victimes de violences, l’Office central de protection des mineurs (OCPM) se retrouve avec des enfants sans attache, des enfants pour lesquels les solutions sont particulièrement difficiles à trouver.
Dans ce cadre-là et en appui à l’OCPM, pourrait-on envisager l’avènement, à terme, d’un centre spécifiquement dédié à la protection ou à la prise en charge des enfants ?
Assurément ! Le Bénin a besoin d’un tel centre, où les enfants bénéficieraient d’ un accompagnement pluridisciplinaire. Cela est extrêmement important. Mais dans la pratique on sait que ces centres coûtent très cher, qu’il se pose des problèmes de pérennité lorsqu’ils sont portés par des structures non étatiques et qu’ils doivent être ensuite pris en charge par l’Etat. En cela, l’expérience menée pendant dix ans par Terre des hommes avec le centre Oasis est illustrative à souhait puisque l’Etat n’a malheureusement pas pu assurer la relève. Là-dessus, on a réfléchi avec le ministère en charge de la Famille, pour voir comment apporter des réponses adéquates à ces enfants victimes de violences en général, mais qui peuvent aussi être en situation d’errance tout simplement. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’on a toujours donné une réponse institutionnelle à tout cela, et qu’il serait indiqué de donner désormais une réponse communautaire et plus ancrée dans les réalités du contexte. Parce que le risque parfois avec des centres, au-delà des questions de respect des normes et standards qu’on y trouve, c’est de sortir l’enfant de son contexte, le dépayser, en le mettant dans un milieu artificiel où les conditions de vie sont meilleures à celles qu’il retrouvera dans son milieu de vie habituel. C’est face à cela que nous (l’Etat et Terre des hommes) avons développé en 2011 le modèle ‘’famille hôte’’, avec l’appui de l’UNICEF, en considérant que dans la communauté, il y a des énergies aussi, cette solidarité de gens qui ont envie de participer à la réponse de protection. Et donc on va apprécier, sur la base de critères bien clairs, la motivation de ces familles, puis statuer en comité de pilotage sur les candidatures, accréditer les familles hôtes le cas échéant, les former, les suivre rigoureusement, les appuyer pour les renforcer en tant qu’acteurs de protection.
Pour revenir au plaidoyer, les autorités du ministère de l’Intérieur que vous avez rencontrées comprennent-elles votre démarche ?
Bien sûr ! En amont, nous avons beaucoup investi dans le volet renforcement de capacités. Ainsi, au-delà des membres de la société civile, des coalitions d’ONG, des journalistes, des fonctionnaires de l’Etat, de plus de 100 travailleurs sociaux formés sur la problématique de la mobilité et de l’accompagnement protecteur des enfants, nous avons aussi formé des personnes ressources au sein des ministères-clés de la protection de l’enfant (Intérieur, Justice, Affaires sociales). Ces personnes ont préparé l’accueil de ce plaidoyer, dans le sens notamment du changement de perception sur la thématique-ce qui peut être long à obtenir-, afin que cela ne soit pas sans réel engagement de la part des personnes concernées par le plaidoyer. A l’arrivée, ce plaidoyer a été une réussite dans le sens où il a été porté par des cadres des services déconcentrés de ces ministères, que sont nos points focaux mobilité. J’ai senti une écoute favorable du ministre face à un discours de réalité.
D’ailleurs les Officiers de Police judiciaire eux-mêmes nous disent souvent leur satisfaction d’entendre ce genre de discours, qui correspond à ce qu’ils voient et à ce qu’ils vivent. Mais développer l’accompagnement protecteur des enfants n’est pas une chose simple. C’est un processus qui date de 2008 déjà, et à l’époque on réfléchissait avec les huit agences de protection internationale sur quelles réponses apporter, quelle protection offrir aux enfants concernés par la mobilité. En somme, beaucoup de recherches, beaucoup de capitalisations dans quatre pays-pilotes dont le Bénin et finalement on teste actuellement l’accompagnement protecteur des enfants à l’occasion de la première phase opérationnelle. Et puis l’étude sur les pratiques endogènes de protection, la sélection de projets communautaires avec des personnes que nous n’avions pas, jusque-là, assez intégrées dans notre démarche, comme les zémidjans… Tout cela a eu un écho favorable et induit l’engagement du ministère de l’Intérieur de soutenir cette nouvelle posture d’accompagnement protecteur des enfants basée sur leur écoute de manière systématique et approfondie. Chose intéressante aussi, la mise sur pied d’un comité ad hoc, décidée par le ministre et visant à étudier les modalités concrètes de la mise en œuvre de l’accompagnement protecteur des enfants.
Droits et Devoirs 26 mars 2015

La première session ordinaire du Conseil sectoriel de médiation et de promotion du dialogue social (CSM-PDS) du ministère d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), s’est ouverte hier, mercredi 25 mars. La rencontre qui dure 72 heures se déroule à l’Institut régional de Santé publique (IRSP), à Ouidah.
Trois jours d’échanges entre les syndicats de l’Enseignement supérieur, du personnel administratif, les recteurs des universités, les membres du cabinet du ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS)…, pour apprécier la santé du dialogue social dans le secteur. C’est à la faveur de la première session ordinaire du Conseil sectoriel de médiation et de promotion du dialogue social (CSM-PDS) dudit ministère.Les travaux ont démarré depuis hier à Ouidah et prennent fin demain vendredi 27 mars.
Il sera question, au cours des assises, de faire le point de l’exécution des décisions et des recommandations formulées au cours de la dernière session et de faire également quelques projections pour le futur, a expliqué le secrétaire général du ministère, Daton Médénou, 2e vice-président du Comité de pilotage du dialogue social.
Comme dans tout processus de dialogue social, la question de l’apaisement du climat social constitue l’enjeu de ces assises. La finalité de la session est de formuler des recommandations pertinentes en vue de son amélioration et de la promotion de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Il est attendu aux termes des travaux que les participants proposent des pistes fiables en vue de la qualité des ressources humaines, principaux acteurs du dialogue social, a-t-il poursuivi.
Au total, huit points sont inscrits à l’ordre du jour de cette première session de l’année 2015, en ce qui concerne les revendications des enseignants et douze pour celles relatives au personnel administratif dudit ministère.
Rappelons que les recommandations formulées à l’issue de la dernière session ordinaire dudit comité, prennent en compte entre autres, la prise d’un décret portant création, organisation, fonctionnement des universités nationales du Bénin, l’évaluation du système LMD et la révision du décret n° 2001-510 du 30 novembre 2001 portant maintien en activité des enseignants admis à la retraite et de l’arrêté n°592/MTFP du 5 décembre 2006 portant modalité d’octroi des primes de publication en déplaçant le mois de son payement de décembre pour un autre mois, en tout cas avant le mois d’octobre, pour en permettre le bénéfice aux ayants-droit allant à la retraite en octobre.

Le poisson est très prisé en raison de son apport en nutriments à l’organisme humain. Cela justifie l’affluence des femmes au débarcadère de Cotonou. Des ménagères aux restauratrices, en passant par les revendeuses de poissons, elles viennent toutes s’y approvisionner. Les pêcheurs n’allant en mer que tous les neuf jours, le poisson n’est pas toujours disponible. Pour éviter la rupture, les femmes s’approvisionnent en conséquence, ce qui les oblige à conserver le poisson à leur manière.
«Je viens de prendre du poisson frais, en quantité suffisante pour au moins cinq jours. Je suis restauratrice, et je suis obligée de venir ici pour me ravitailler et je conserve ma provision au réfrigérateur», confie Valérie Biaou, une cliente de Denise Dakpogan, revendeuse de poissons au port de pêche de Cotonou. Cette dernière quant à elle vient de s’approvisionner auprès de Casimir Houngbo, un pêcheur. Comme Valérie Biaou, de nombreuses restauratrices, et ménagères s’approvisionnent en poissons auprès des revendeuses. Reine Guèdègbé, tenancière de gargote à Dèkoungbé est venue en prendre en quantité suffisante qu’elle conserve aussi dans son congélateur pour une utilisation rationnelle selon ses besoins. Les quantités acquises varient d’une cliente à une autre.
La raison commune avancée par les femmes, toutes catégories confondues, au niveau du port de pêche est que les pêcheurs ne vont en mer que suivant une périodicité de neuf jours. Or, expliquent-elles, elles doivent poursuivre leurs activités, chacune selon qu’elle est revendeuse de poissons, restauratrice ou ménagère. Elles évitent donc à leur manière les ruptures de stocks. A cette raison s’ajoute, à en croire Valérie Biaou, la distance entre le port et son restaurant situé à Akpakpa. Il en est de même pour Reine Guèdègbé qui réside à Dèkoungbé. «Prendre zémidjan ou un bus et venir acheter du poisson tous les jours, c’est fatiguant. J’ai un congélateur à la maison et cela m’aide beaucoup», explique la gargotière. La plus heureuse des restauratrices rencontrées, c’est Chimène Kpatinvo dont la gargote est installée dans les environs de Ganhi et qui a donc la chance d’être à coté du débarcadère. Elle affirme qu’elle vient au port de pêche tous les jours acheter du poisson chez les revendeuses qui y sont installées. Parfois même, renchérit-elle, sourire aux lèvres, la revendeuse vient jusqu’à son restaurant lui en livrer. Quant à Bernice, une ménagère, elle s’approvisionne une fois en passant au port de pêche mais en quantité suffisante pour les conserver.
Les pratiques en matière de conservation du poisson
Pour conserver leurs poissons, les femmes utilisent deux méthodes. La première, moderne, est pratiquée par les restauratrices et les ménagères. Elle consiste, explique Valérie Biaou, à tenir au frais les poissons au congélateur. Cela permet d’éviter l’avarie et la décomposition. Mieux, insiste-t-elle, cette méthode permet de conserver la saveur du poisson.
Quant aux revendeuses de poisson comme Denise Dakpogan, Léontine Hintènoun, et autres installées au débarcadère du port de pêche, elles ont plutôt recours aux congélateurs hors d’usage. Elles y étalent d’abord des sacs de jute sur lesquels elles disposent des glaçons avant d’y installer les poissons qu’elles couvrent avec des sacs de jute et de grands sachets. Ces différentes méthodes permettent, selon elles, de garder le poisson toujours frais, avec toutes ses saveurs. Selon Valérie Biaou, cette méthode ne permet pas toujours de maintenir le poisson à l’état naturel. Elle explique : « Un jour, j’ai pris du poisson frais que j’ai vendu à un client. Après consommation, il était convaincu que c’était du poisson frais. Mais le même client revient trois jours après et je lui vends cette fois-ci le même poisson, congelé, que j’ai cuisiné. Et quand il l'a goûté, il a affirmé que le goût est différent de ce qu’il avait mangé». La conservation des poissons au congélateur ne permet donc pas de maintenir son goût originel. Léontine Hintènoun, explique que lorsque les poissons sont conservés au congélateur, ils ne gardent pas leur saveur, car le goût change.
L’avis de la diététicienne
Carmelle Mizehoun Adissoda, pharmacienne-nutritionniste, coordonnatrice à l’école de nutrition et diététique FSS/UAC aborde la question sous l’angle scientifique. «Pour conserver les poissons, il faut avoir une température inférieure à zéro degré. La glace se forme à zéro degré et elle est maintenue en l’état à une température inférieure à zéro degré. Donc, tant que c’est à une température en dessous de zéro degré, le poisson est conservé et maintient ces qualités nutritionnelles», démontre-t-elle. Toutefois, nuance la spécialiste, lorsque c’est du poisson conservé à une température au-dessus de zéro degré où il n’y a pas de la glace, ou simplement au réfrigérateur, il n’est conservable que pour une journée. «Généralement, la température du réfrigérateur est 8 degrés», affirme-t-elle, expliquant que, quand le poisson est dans le congélateur le matin, il faut qu’il soit utilisé en soirée. Selon elle, on ne doit pas le garder au réfrigérateur plus d’une journée, le lendemain le poisson commence déjà par se détériorer.
A propos de la méthode de conservation appliquée par les revendeuses de poisson, la nutritionniste n’y trouve pas d’inconvénients. Elle fait savoir qu’avec toute la masse de glace, ces femmes parviennent à maintenir le poisson à une température inférieure à zéro degré quand bien même il ne s’agirait pas d’un congélateur à proprement parler. A l’en croire, ce système de conservation est comme un congélateur artisanal et tant que le poisson y est à une température inférieure à zéro degré, il garde toutes ses qualités intactes et les minéraux sont conservés. En fait, précise-t-elle, il s’agit d’une vieille technique développée au moment où la congélation n’était pas encore disponible. C’est la rupture de la chaîne de froid qui peut être à l’origine du dégivrage et quand le poisson se dégèle, il y a des micro-bactéries qui peuvent se multiplier rapidement. Mais elle souligne que plus la congélation dure, plus le poisson perd de sa saveur. Sans pour autant perdre en micro-nutriments et en nutriments, rassure Carmelle Mizéhoun Adissoda.
La nutritionniste recommande alors qu’en matière de conservation, il ne faut pas non plus congeler et dégeler tout le temps. L’idéal, d’après elle, serait d’avoir un congélateur qui fonctionne avec une source d’énergie sans qu’il n’y ait rupture de la chaîne de froid. Mais à défaut, elle suggère aux revendeuses de poisson du port de Cotonou, qui désirent utiliser de la glace pour conserver le poisson de façon artisanale, de veiller à ce qu’il n’y ait pas de changement de température. Cela permet de maintenir le poisson ferme et intact comme si c’était dans un congélateur durant toute la période de conservation avant la mise en vente, conseille-t-elle. Il ne faut pas, conseille par ailleurs la nutritionniste, avoir du poisson congelé, le sortir le matin et en fin de journée parce qu’il n’a pas été vendu, le remettre au froid. Ce poisson qui n’a pas été vendu est à mettre de côté ou à consommer très rapidement, recommande-t-elle.

La Direction générale des affaires économiques du ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation vient de rendre publique la note de conjoncture économique du mois de février 2015. Selon cette note, il y a eu une reprise de l'activité économique avec des recettes totales nettes qui se sont affichées à 56,35 milliards de FCFA
Au plan national, l’activité économique en février 2015, selon la note de conjoncture économique que vient de rendre publique la Direction générale des affaires économiques du ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation s’est renforcée en comparaison au même mois un an plus tôt. L’indice global du chiffre d'affaires a connu une progression de 12,8%, tirée par la plupart des branches d'activité, à l'exception de la branche "Banques et Assurances".
L’emploi dans les grandes entreprises a connu un regain de 1,1% en lien avec les activités d'égrenage de coton.
Au niveau des finances publiques, les recettes totales nettes du mois de février 2015 se sont affichées à 56,35 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 94,4%de l’objectif de recette du mois. Elles sont en hausse de 2,9% par rapport à leur niveau au même mois de l’année 2014.
Selon la note de conjoncture, le contexte économique international du même mois de février a été marqué par une reprise de l’activité dans les principaux pays avancés. Aux Etats-Unis, l'indice composite de la production manufacturière (PMI) s'est inscrit en hausse de 2,2% avec un taux de chômage qui s’est établi à 5,5%, son plus bas niveau depuis juin 2008. Dans la Zone Euro, les tensions déflationnistes s’amenuisent, avec un taux d’inflation de -0,3%.
Les nouvelles prévisions de l'OCDE indiquent un taux de croissance de 1,4% pour 2015 contre une prévision initiale de 1,1%, soutenue par la baisse des prix du pétrole, le recul de l'euro et une politique monétaire plus accommodante.
Sur les marchés internationaux des matières premières, le cours du pétrole poursuit sa remontée. Le cours du baril s’est affiché à 54,06 $US (31 245,06 FCFA) contre 44,37 $US (25 060,26 FCFA) le mois précédent et 105,38 $US (50 610,85 FCFA) un an plus tôt, soit une augmentation de 21,8% par rapport au mois de janvier 2015 et un repli de 48,7% en comparaison à sa valeur de février 2014. En ce qui concerne le coton, le cours s’est également inscrit en hausse. Le cours moyen a été de 897,91 FCFA le kilogramme contre 564,69 FCFA en janvier 2015 et 1 003,76 FCFA le kilogramme un an plus tôt.

Les élections complémentaires des membres de l’Assemblée consulaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), tenues dimanche dernier, ont consacré l’élection d’une douzaine de nouveaux membres. Les résultats rendus publics, hier mercredi 25 mars, par la Commission électorale consulaire placent en tête 13 opérateurs économiques issus de plusieurs secteurs d’activités au niveau régional et national.
Les résultats proclamés solennellement, hier mercredi 25 mars, par le président de la Commission électorale consulaire (CEC-CCIB), le commissaire de police, Césaire Goundété, donnent pour gagnants, 13 opérateurs économiques aux niveaux régional et national. Parmi ces tout nouveaux élus consulaires, 9 proviennent des circonscriptions électorales de l’Alibori, du Borgou, de l’Ouémé et du Mono. Ils sont généralement issus des secteurs du commerce, de l’industrie et des services.
Au plan national, quatre autres opérateurs économiques des secteurs industriel, commercial et de services ont été déclarés en tête du scrutin qui s’est déroulé dimanche dernier sur toute l’étendue du territoire national.
Notons que ces 13 nouveaux élus consulaires vont siéger aux côtés des 84 précédemment élus pour un mandat de 5 ans (2014-2019).
Au total, 97 membres siègeront sur les 99 prévus par les textes en vigueur. Les opérations de vote comptant pour les élections complémentaires des membres de l’assemblée consulaire de la CCIB se sont déroulées sur toute l’étendue du territoire national, dimanche dernier de 9 heures à 17 heures. A la suite de cette étape, place est faite au contentieux électoral au niveau de la Cour suprême.
Rappelons que le processus pour l’élection des membres de l’Assemblée consulaire de la CCIB a été enclenché le 8 décembre 2014 avec la mise en place de la CEC-CCIB. Créée en avril 1908, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin est un établissement public qui jouit de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Elle est sous la tutelle du ministère chargé du Commerce et de l’industrie. Elle a son siège à Cotonou et couvre l’ensemble du territoire béninois. La CCIB est gérée par des élus consulaires et regroupe tous les opérateurs économiques du Bénin avec pour principale mission, de représenter, protéger, assurer et défendre les intérêts des opérateurs économiques auprès des pouvoirs publics, des institutions privées nationales et des organismes extérieurs.
Résultats du scrutin complémentaire de la CCIB
Liste des élus au plan régional
N° Nom et Prénoms Raison sociale Secteur Circonscription électorale
1 SALIFOU Tamimou Ets Salifou TAMINOU Commerce Alibori
2 MAMA Djima Aboubakari Continental BTP Industrie Alibori
3 OROU NIKKI SABI TOKO SATON Services Alibori
4 IMOROU Salifou Amadou Sté de transport routier Sarl Services Borgou
5 ALAKPATO G. Patrice Sté Busness Africa Center Commerce Littoral
6 GUEDEHOUNGUE Henriette Ets Afrique HLM Services Mono
7 AKANNI Gafari Ets Ori L’Onishé Commerce Ouémé
8 HOUNDEGLA Dèdji Alfred SEFODI Sarl Commerce Ouémé
9 AFFAGNON Soulé Ets AF Soulé Building Services Ouémé
Liste des élus au plan national
N° Nom et Prénoms Raison sociale Secteur/ catégorie
1 KOUTON Jean-Yves C.B.N.D Sarl Commerce / B
2 ZOUMENOU Victor VICO Sarl Commerce / B
3 AMOUSSOU W. Richard RICH Trans Bénin SA Industrie / A2
4 ADJINACOU Epse ADJOVI Espérancia H. E Ets PERS-BTP Services / D1

Le ministre de la Communication et des Technologies de l'Information et de la Communication, Jean Gbèto Dansou a visité, lundi et mardi derniers, plusieurs structures sous sa tutelle à Parakou. Il a échangé avec les professionnels des médias et les responsables de la Poste et de Bénin Télécoms SA sur les difficultés d’exercice de leurs métiers et les réformes en cours.
Difficile accès au réseau de téléphonie fixe et à l’Internet, déficit et coût élevé de l’énergie électrique, équipements vétustes, insuffisance des ressources humaines et financières, ce sont quelques difficultés que rencontrent les structures sous tutelle et soumises à l’attention du ministre de la Communication lors de son passage à Parakou.
Hier mardi, le ministre et sa suite se sont rendus dans les locaux de l’Agence Bénin presse. L’état des lieux de ce chantier en souffrance depuis plusieurs années et qui connaît plusieurs cas d’insécurité, notamment des vols répétés, a désolé l’autorité. Les dispositions seront prises dès le retour à Cotonou pour que les travaux reprennent d’ici à un mois, a assuré le ministre, après les échanges avec le personnel réduit à trois personnes dont le chef d’agence, Médard Boko.
Ensuite, cap a été mis sur le service régional de Bénin Télécoms SA. Là, le chef division solutions Zone A, Rafiatou Séidou Kataki, a salué les efforts déployés par l’administration pour améliorer la plateforme des services des télécommunications et mieux satisfaire la clientèle. Mais il importe de changer certains équipements afin d’étendre la couverture du réseau, a-t-elle souligné.
A l’Agence principale de la Poste à Parakou, le ministre et sa suite ont eu droit à des explications sur le fonctionnement de la structure, la gestion des courriers et des timbres postaux ainsi que les opérations de post money, money express, mandat électronique, de la part du délégué régional Borgou-Alibori et Atacora-Donga, Hervé Ahlomèssou. Ce jeune cadre a épaté le ministre, tant il maîtrise son sujet et s’inscrit résolument dans la dynamique de redorer le blason de la Poste du Bénin. Le non fonctionnement des agences dans certaines communes du Nord-Bénin, le détournement de deniers publics, le faible taux d’informatisation, la nécessité d’instaurer des attestations postales, ont été évoqués.
Plus de professionnalisme
Lundi dernier, le ministre Jean Gbèto Dansou a visité les installations de plusieurs organes de presse audiovisuelle implantés dans la ville de Parakou. Il a insisté sur le rôle combien important que jouent les médias dans l’enracinement de la démocratie. Tout en décernant un satisfecit pour les efforts fournis au quotidien, l’autorité de tutelle a exhorté les hommes des médias à observer une grande rigueur dans la recherche et le traitement de l’information, surtout en cette période sensible des élections législatives, communales et locales, afin d’éviter tout dérapage susceptible de mettre à mal la cohésion et l’unité nationale. Au cours du dîner de presse offert dans la soirée et qui s’est déroulé dans une ambiance bon enfant, le directeur régional de l’ORTB-Parakou, Félix Ayédèguè a salué l’initiative des échanges qui vient revigorer les professionnels des médias de Parakou et pris l’engagement, au nom de ses pairs, que le pari d’une bonne collecte et de la diffusion de l’information juste sera tenu. Aussi, a-t-il plaidé pour l’accompagnement du ministre afin d’améliorer les conditions de vie et de travail dans les organes de presse de service public comme privé.
Au nombre des réformes engagées au niveau du ministère, il y a la création des directions départementales de l’Information et de la Communication dont celle du Borgou-Alibori qui sera logée sur le site de la Recette de la Poste de Dokparou à Parakou, est dirigée par Victorin Abaya.

La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC ) a organisé, hier mardi 24 mars à la Maison des médias Thomas Mégnassan à Cotonou une campagne de sensibilisation à l’intention des responsables d’organes de presse. Animées par le vice-président de l’institution Souleymane Ashanti et le conseiller Marie-Richard Magnidet, les discussions ont porté sur la décision 15-009 du 10 février 2015 qui règlemente la couverture médiatique de la période de pré-campagne électorale.
Equité et équilibre dans le traitement de l’information en cette période de pré-campagne électorale. C’est ce à quoi la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) exhorte les professionnels des médias en cette période de pré-campagne. Se basant sur l’article 48 du Code électoral qui stipule que les partis ou alliances de partis bénéficient d’un accès équitable aux médias de service public et privé, les conseillers à la HAAC attirent l’attention des responsables des médias sur la nécessité d’œuvrer à l’équilibre de l’information et au respect des règles d’éthique et de déontologie.
C’est dans le même sens que la HAAC a sorti la décision 15-009 du 10 février 2015 portant règlementation des activités des médias de service public et du secteur privé pendant la période du 10 février à la veille de l’ouverture de la campagne officielle pour les élections législatives et municipales, communales et locales de 2015.
Pour le conseiller Marie-Richard Magnidet, le respect de l’équilibre de l’information ne porte atteinte à aucune ligne éditoriale. C’est pourquoi, il a invité les journalistes à être au dessus de la mêlée et d’éviter d’être ceux qui vont mettre le feu à la poudre. Interprétant l’article 48 du Code électoral, le conseiller souligne que la compréhension qu’il faut en tirer, est que cela suppose équité et gratuité pour les organes de service public et équité et non gratuité pour les médias privés.
Le vice-président de la HAAC Souleymane Ashanti a, quant à lui, invité les professionnels des médias à faire preuve d’objectivité en s’appuyant uniquement sur les faits pour défendre leur opinion.
Les débats ont tourné autour de l’accès illimité du chef de l’Etat aux médias de service public, de la durée des reportages de ses activités et de la démarcation entre les activités qui entrent dans le cadre de ses fonctions et celles qui entrent dans le cadre d’une campagne pour la liste des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Pour certains, l’hyperactivité du chef de l’Etat constitue déjà en elle-même un facteur de déséquilibre de l’information. Il en est de même pour les ministres candidats à la députation. A ces préoccupations, les conseillers ont répondu que tout dépend du traitement fait par le journaliste des sorties du chef de l’Etat et des membres du gouvernement.
Pour le vice-président Souleymane Ashanti, ni le chef de l’Etat, ni les membres du gouvernement ne sont journalistes et donc ne sont pas censés connaître les règles d’éthique et de déontologie.
Apres les responsables d’organe de presse écrite, les conseillers ont poursuivi le même exercice avec les responsables de l’audiovisuel.

Les travailleurs de l’Agence régionale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) de Cotonou sise à Akpakpa ont reçu, hier mardi 24 mars, la visite du directeur général de ladite caisse. A l’occasion, les problèmes et difficultés que connaît ce service déconcentré de la CNSS ont été présentés à Célestin Coovi Ahonon.
Le chef de l’agence régionale de la Caisse nationale de sécurité sociale de Cotonou Dramane Diatéma, fait observer que la visite du directeur général de la CNSS était très attendue. C'est pourquoi, il a saisi l'occasion hier pour présenter l’agence dont il a la charge. Cette agence diti-il est un service déconcentré de la CNSS qui est animée par un effectif de 67 agents parmi lesquels on compte des permanents et des contractuels. Dans son portefeuille, l’agence gère plus de la moitié des assurés de la CNSS, a révélé le chef d’agence pour mettre en évidence l’ampleur de la tâche qu’abattent les agents. Au 31 décembre 2014, l’agence a géré 15.000 pensionnés dont au moins 8.000 par virement, 2300 rentiers d’accident du travail, 39.188 allocataires. Après avoir évoqué l’organigramme de l’agence, Dramane Diatéma a rappelé sa mission.
Il a mentionné la liquidation et le paiement des prestations à court terme telles que les allocations familiales, les indemnités journalières des accidents du travail et les indemnités journalières de congé de maternité. La réception et l’étude des dossiers des prestations à long terme telles que les pensions et rentes d’accident du travail, le paiement hebdomadaire et mensuel des prestations, toutes catégories confondues, le suivi médical de la mère et de l’enfant. De même, fait partie des attributions de l’agence le recouvrement des cotisations sociales. Ce segment de sa mission prend en compte le contrôle des employeurs, le recouvrement des arriérés de cotisation, l’information et la sensibilisation des employeurs sur leurs droits et devoirs vis-à-vis de la CNSS.
Difficultés et solutions envisagées
Malgré toutes ces charges, a signalé Dramane Diatéma, l’agence est logée dans de vieux bâtiments. Ces derniers, a-t-il souligné, ne répondent plus aux exigences actuelles. Du coup, cela ne permet pas le bon accueil et les services aux assurés ne répondent pas aux normes de qualité, a-t-il laissé entendre.
Rebondissant sur la vétusté des locaux, Marcellin Atikpa, représentant de la cellule syndicale de l’Agence, a notamment mis l’accent sur leur état piteux avant de plaider pour leur réfection à défaut d’en construire de nouveaux répondant aux normes requises. Au-delà de cette difficulté immobilière, il a révélé que beaucoup de travaux continuent d’être accomplis manuellement. A ce sujet, il a souhaité l’informatisation des tâches.
En faveur du personnel, il a demandé la formation continue pour renforcer ses capacités, sa participation aux séminaires régionaux. Selon lui, toutes ces occasions permettraient aux agents d’acquérir de nouvelles connaissances dont les effets seront constatés dans le rendement de l’agence.
A sa suite, certains assurés dont Séraphine Ahoussinou, Cosme Hounkponou ont évoqué les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour bénéficier des prestations de la caisse. Entre autres, ils ont dénoncé le retard dans le traitement des dossiers de l’allocation familiale, les tracasseries diverses subies entre le centre de santé de la CNSS de Gbogbanou et l’agence.
Avant le mot du directeur général, les directeurs techniques sont intervenus pour répondre à certaines préoccupations des allocataires et du personnel. A leur suite, et faisant allusion aux multiples problèmes évoqués, Célestin Coovi Ahonon a apaisé le personnel quant au problème de la vétusté des bâtiments et les bénéficiaires des prestations. Selon lui, une étude architecturale est prévue pour la reconstruction de l’agence de Cotonou.
L’autre chantier, c’est le redimensionnement du réseau informatique de la CNSS pour aboutir à un paiement électronique afin de mettre fin aux souffrances inutiles. Il est prévu des équipements en groupes électrogènes, les problèmes de véhicules seront bientôt conjugués au passé. «Je suis venu vous dire que vos problèmes sont les miens et vous rassurer», a-t-il lancé à l’endroit du personnel et des assurés avant de parcourir les différents bâtiments abritant les services pour toucher du doigt les réalités.