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Séance d’échange entre la CENA et la Cour constitutionnelle: Les deux institutions s’activent pour une présidentielle crédible
Les membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) ont échangé avec les sages de la Cour constitutionnelle sur des dispositions à prendre pour que l’élection présidentielle de 2016 se déroule dans la paix, la transparence et la crédibilité. C’était hier jeudi 19 novembre au siège de la Cour constitutionnelle.
La séance d’échanges entre les membres de la Cour constitutionnelle et ceux de la Commission électorale nationale Autonome (CENA), tenue hier, entre dans le cadre des préparatifs de l’élection présidentielle de 2016. Selon le président de la CENA, Emmanuel Tiando, cette séance vise à échanger sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour que cette élection se passe dans la paix, la transparence et la crédibilité.
Parlant des préparatifs au niveau de la CENA, Emmanuel Tiando a fait savoir que sa structure est en train de prendre des dispositions pour que le scrutin se déroule à bonne date, le 28 février 2016. «Nous avons déjà engagé un certain nombre d’actions dans le cadre des préparatifs de cette élection , a-t-il indiqué, en ajoutant que son institution a déjà procédé à l’inventaire du matériel électoral et est en train de faire l’actualisation de la formation des agents électoraux. Le reste des activités contenues dans le calendrier électoral pour une élection effective à la date du 28 février 2016 sera poursuivi, rassure-t-il.
Par ailleurs, la Cour constitutionnelle a tout récemment tranché en faveur de la CENA un recours de Me Marie Elise Gbedo sur le chronogramme des élections notamment le dépôt des candidatures. Sur cette question, le président de la structure en charge d’organiser les élections s’explique : «Nous n’avons fait qu’appliquer le Code électoral en son article 339 qui dit concernant les conditions particulières de l’élection du président de la République que les dossiers de candidature sont déposés 45 jours avant le jour du scrutin. Nous en avons mis 50 ».

Négociations gouvernement-centrales syndicales: La reprise des classes conditionnée par la signature du décret
A la faveur d’une rencontre avec le chef de l’Etat, tenue à la présidence de la République mercredi 18 novembre dernier, les négociations gouvernements-centrales syndicales suspendues mardi 27 octobre dernier ont repris hier jeudi 19 novembre. Elles ont été conduites par le vice Premier ministre chargé de l’Enseignement supérieur, François A. Abiola assisté d’une forte délégation gouvernementale.
« Nous sommes en train de sortir de l’impasse», «Nous avons fait une très belle séance. Aujourd’hui, nous avons évolué suite au signal donné par le chef de l’Etat d’accorder aux enseignants les 25% ». Tels sont les propos tenus respectivement par Maxime Okoundé porte-parole du Front des trois ordres des syndicats de l’enseignement, le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement secondaire, Alassane Soumanou Djimba et Pascal Todjinou, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB). Propos qui augurent d’une pacification de la tension qui oppose les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire au gouvernement sur la revalorisation de 1,5 du point indiciaire.
Pour le ministre d’Etat Alassane Soumanou, c’est la rencontre avec le chef de l’Etat, mercredi dernier qui a été le déclic pour cette sortie de crise. Ainsi, la principale pomme de discorde que constituaient les 25% ou le 1,5 point de revalorisation du point indiciaire à l’ordre du jour a été évacuée et prendra effet à compter de janvier 2016. Le chef de l’Etat a montré sa disponibilité, a confié le ministre d’Etat en charge de l’Enseignement secondaire. Il s’agit là d’un acquis pour les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Il a déclaré ensuite que les autres points relatifs aux contractuels, aux vacataires, bref, les autres dossiers seront confiés à un comité pour étude et solutions à proposer dans les prochains mois, étant entendu que le chef de l’Etat ne veut pas laisser une note salée à son successeur. Sur ce, s’est-il réjoui, «les syndicalistes ont signé, nous allons préparer le décret, ils rendront compte pour que l’école reprenne vie; le reste suivra et l’espoir est permis», a conclu le ministre d’Etat Alassane Soumanou Djimba.
Même si l’espoir est vraiment permis, Maxime Okoundé du Front des trois ordres déclare attendre qu’effectivement le Conseil des ministres valide les signatures faites hier par un relevé en bonne et due forme et les statuts signés. « Nous allons aviser la base, car une motion de grève ne se lève pas automatiquement », répond l’enseignant lorsqu’on lui demande si les cours reprendront la semaine prochaine.
Avis partagé
Pascal Todjinou partage également le même avis sur la question. «Nous autres ne voulons pas être menés en bateau. On a réussi à décrocher les 25% mais la grève ne s’arrête pas au palais ni là où on signe les accords; après la copie du décret, nous irons vers la base avant toute décision de suspension de la motion», a clairement signifié le secrétaire général de la CGTB.
«Je suis parent d’élève et j’ai expliqué toute la douleur que je ressens à mes enfants qui fréquentent un collège public ; et aussi la pertinence du combat que nous menons», a-t-il expliqué.
C’est sur un ton plus virulent que Paul Essè Iko a réagi à la fin de la rencontre. Pour lui, la CSTB n’est pas contente que les statuts particuliers relatifs aux primes soient enlevés. Les enseignants veulent des statuts particuliers ou rien.
En ce qui concerne la situation des contractuels, vacataires et communautaires, le gouvernement a accepté d’ouvrir les négociations, a-t-il reconnu.
Hier, on pouvait noter aux négociations, en la présence du vice- Premier ministre François Abiola, du ministre des Enseignements maternel et primaire, Eléonore Yaï Ladékan, du ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, Komi Koutché, des ministres de la Justice Evelyne da Silva, du Travail et de la Fonction publique, Aboubakar Yaya. Du côté des confédérations et centrales syndicales, il y avait entre autres Paul Essè Iko, Pascal Todjinou, Dieudonné Lokossou, Maxime Okoundé et quelques membres affiliés.
Rappelons que la dernière rencontre des négociations remonte au 28 octobre dernier et avait conclu à la disponibilité des actes avant tout fléchissement?

Promotion des services de communications électroniques: Etendre le secteur postal au profit des populations rurales
La problématique de l’accès au service universel postal et financier fait l’objet d’un atelier qui se tient depuis hier, jeudi 19 novembre, au palais des Congrès à Cotonou. L’atelier qui regroupe les parties prenantes clés du secteur de développement postal, est organisé par l’Agence béninoise du service universel des Communications électroniques et de la Poste (ABSU-CEP) et prend fin ce jour.
L’avenir du secteur postal est au cœur d’un atelier de définition du programme d’accès universel aux services postaux et financiers. Cette initiative de l’Agence béninoise du service universel des Communications électroniques et de la Poste (ABSU-CEP) vise à définir les objectifs stratégiques du programme d’accès universel aux services postaux et financiers au Bénin pour les quatre prochaines années. Les assises permettront également la validation du projet de convention de service universel entre l’ABSU-CEP et la Poste du Bénin SA, de même que la liste des projets à exécuter à court et à moyen termes pour promouvoir le service universel postal. L’étude qui fait l’objet de l’atelier, une fois évaluée, permettra de rapprocher les services de communications électroniques des populations à la base, en vue de réduire la fracture numérique et de promouvoir le secteur.
Selon le conseiller technique aux Affaires postales du ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication, Zachari Bouraïma, qui a procédé à l’ouverture des travaux, le secteur postal est l’un des secteurs clés, où «l’implémentation des TIC va permettre de renforcer le deuxième axe opérationnel de la Stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté au Bénin». Les services postaux et financiers, explique-t-il, constituent un outil important de développement, étant donné qu’ils représentent un moyen incontournable de communication, en matière de transmission du courrier et des transferts d’argent.
L'opérateur du service
universel
Dans cette dynamique, la Poste du Bénin SA se révèle l’opérateur du service universel. Il s’agit pour l’Etat, argumente-t-il, d’utiliser le réseau postal pour permettre aux populations rurales d’accéder à ses services.
«Avec environ 106 points de contacts répartis sur tout le territoire national, la Poste du Bénin SA dispose de l’un des réseaux de proximité les plus denses», a souligné le directeur général de l’ABSU-CEP, Emile Kougbadi. Toutefois, il a fait cas de l’influence des TIC, comme un outil de bouleversement technologique majeur ayant relégué des produits et services postaux dans l’obsolescence. A l’en croire, les TIC ont affecté «les modes de production, de distribution et d’organisation des entreprises postales». Or, poursuit-il, l’ambition du gouvernement est «d’offrir dans chaque commune des services financiers et postaux de base».
Il s’entend donc que le réseau de La Poste du Bénin SA devra être étendu et modernisé afin de mieux combler les attentes des populations. Cette réforme, selon le conseiller technique aux affaires postales, Zachari Bouraïma, va induire d’importants investissements, afin de «desservir les zones économiquement non rentables». D’où l’accompagnement de l’ABSU-CEP à travers le Programme d’accès universel aux services postaux et financiers.
Pour le directeur général de la Poste du Bénin SA, Parfait Agblonon, il n’est pas possible pour le Bénin d’apporter des produits à valeur ajoutée aux populations rurales sans un dispositif d’accompagnement efficace. La société qu’il dirige se positionne alors comme une infrastructure sociale capable d’apporter le ‘’numérique’’ vers les populations démunies.
Tout en souhaitant que le service universel postal puisse être réellement adapté aux réalités desdites population. Parfait Agblonon indique que le Bénin doit savoir poser ses jalons au niveau des secteurs des TIC et des télécommunications, s’il veut devenir le quartier numérique de l’Afrique?

Défilé devant la commission budgétaire du Parlement : La Cour constitutionnelle et trois ministères à l'honneur hier
Les députés membres de la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale ont reçu hier une institution de la République et trois ministres pour l’exercice de présentation du budget 2016. Il s’agit de la Cour constitutionnelle, de Ruffin Nansounon, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Nadine Dako Tamadaho, ministre de l’Emploi des Jeunes et des Petites et moyennes entreprises et Honorine Attikpa, ministre de la Famille, des Affaires Sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des personnes de Troisième Age. (Lire leurs propos après l’exercice).
Rufin Nansounon, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.
«J’ai un budget de 79, 752 milliards FCFA en 2016»
«Le budget du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche au titre de la gestion 2016 se chiffre à 79 752 000 000 FCFA. Les principales actions qui sont priorisées au niveau de ce budget au titre de la gestion 2016 sont essentiellement la promotion des filières agricoles, notamment le riz, le maïs, l’ananas, et le palmier à huile. On veut loger ces filières émergentes aux côtés du coton. La deuxième action est la promotion de l’entreprenariat agricole. Ensuite, nous avons mis l’accent sur l’accroissement des rendements de la production cotonnière, la production vivrière, et autres productions. L’autre action importante portée au niveau de ce budget est la décentralisation et la déconcentration des investissements agricoles. Les députés ont
posé plusieurs préoccupations, notamment la question de la relance de la filière palmier à huile. A ce niveau, j’ai répondu aux questions des députés en mettant en exergue les efforts du gouvernement par rapport à cette filière. Mais ces efforts ne sont pas perceptibles du fait de la crise institutionnelle qu’il y a dans cette filière (la crise entre les Car et URCAR, ndr). Tant qu’on ne va pas régler le problème de la crise institutionnelle sur fond de conflit d’intérêt, des guerres de clan, du non respect des textes que les coopérateurs se sont eux-mêmes donnés et des décisions du gouvernement, on ne pourra pas faire la relance de cette filière…».
Nadine Dako Tamadaho, ministre de l’Emploi des Jeunes et des Petites et moyennes entreprises
«Nous créerons des BPC dans quatre autres départements»
«…L’exercice constitutionnel annuel de présentation de budget devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale, nous l’avons fait. Le budget du ministère de l’Emploi des jeunes et des Petites et moyennes entreprises pour la gestion 2016 s’élève à 6 750 150 000 FCFA. Nous avons essentiellement à mettre en place les Business promotion center (PBC) dans quatre autres départements et nous avons aussi un vaste projet d’emplois jeunes qui suit son
cours pour impacter près de 17 500 jeunes. Par ailleurs, nous avons
l’accompagnement des groupements de coopératives de femmes et de jeunes à travers le programme spécial des petites et moyennes
entreprises sans oublier la charte qui leur permet de quitter l’informel. Nous tenons à remercier très sincèrement les honorables députés pour leur appréciation de ce que nous faisons. Quand nous prenons le ratio du budget alloué au ministère de l’Emploi des jeunes par rapport au montant du projet de budget général de l’Etat, c’est un peu bas. Les députés ont donc plaidé pour qu’on le revoie à la hausse en vue de prendre en charge le maximum de jeunes dans l’octroi du premier emploi. Aussi, ont-ils mis l’accent sur la nécessité de renforcer la synergie et la transversalité de l’emploi qui est mis en exergue dans plusieurs ministères…»
Honorine Attikpa, ministre de la Famille, des Affaires Sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des personnes de Troisième Age
«Le budget de mon ministère a connu un augmentation de 3,34%»
«…Je voudrais d’abord remercier les honorables députés pour cet exercice qu’il y a eu ce matin et au cours duquel je suis sortie très satisfaite. La satisfaction vient du fait que les députés ont reconnu l’importance de ce ministère et ont remercié le chef de l’Etat qui l’a créé. Ils ont tous reconnu qu’il nous faut plus de moyens pour travailler. Le budget alloué sur le budget général de l’Etat à notre ministère est passé de 6, 116 milliards FCFA en 2015 à 6, 300 milliards FCFA pour le compte de l’année 2016 soit une augmentation de 3,34%. Les innovations dans ce budget sont nombreuses. C’est un budget révolutionnaire, non pas dans l’augmentation, mais dans la répartition et dans les objectifs que nous nous sommes fixés (…) Au cours de l’année 2016, nous aurons beaucoup plus de possibilité pour prendre en charge nos cibles de manière générale et les personnes handicapées de manière particulière. Chacune de ces cibles a pu avoir un programme. Nous travaillons avec les partenaires techniques et financiers. Nous allons également compter sur la solidarité nationale pour nous accompagner?
Actualités 20 nov. 2015

Observations des législatives et communales de 2015: L’ANLC relève des violations du code électoral et fait des recommandations
Pendant les législatives du 26 avril et les municipales, communales et locales du 28 juin 2015, un acteur nouveau s’est signalé: l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC). Dans le cadre de sa mission, y compris en matière électorale, elle a initié un projet visant d’une part à mettre en place un dispositif de prévention de suivi des opérations électorales aux fins d’alerter l’opinion publique, les acteurs et les institutions compétentes sur les dérives constatées. D’autre part, de proposer des améliorations pour mieux assurer la sincérité et la transparence du dispositif électoral béninois dans son ensemble. A l’arrivée, un rapport-synthèse a été élaboré et renseigne sur les observations faites dans 66 communes réparties sur les 12 départements du pays, relativement à la violation du code électoral, et sur les mesures de correction proposées.
C’est une démarche méthodique qu’a adoptée l’ANLC pour faire ses constats et répertorier les atteintes au code électoral. Ainsi, pendant la campagne électorale, l’institution a observé comme violations: «L’octroi de dons et libéralités, ainsi que de numéraires de nature à influencer le choix des électeurs, en violation des dispositions de l’article 62 du code électoral; la fréquence des descentes du chef de l’Etat sur le terrain pour des lancements de projets ou des poses de première pierre pour la réalisation d’infrastructures. Ces cérémonies de lancement ou de pose de première pierre sont généralement suivies de discours du chef de l’Etat visant à mobiliser l’électorat au profit des candidats de la circonscription électorale concernée qui lui sont proches; quelques incidents entre militants de partis politiques concurrents dans certaines communes; la tenue de réunions électorales au-delà des heures (7h à 23h) fixées par le code électoral en ses articles 53, 54 et 57 ; la pose anarchique d’affiches électorales, en violation des articles 50, 51 et 52 du code électoral; l’utilisation des véhicules de l’Etat, en violation de l’article 63 du code électoral ; l’utilisation de la technique du porte à porte pour octroyer des libéralités aux électeurs dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin, jour du scrutin, en violation des articles 53, 57 et 62 du code électoral.» Pendant le scrutin, d’autres infractions au code électoral ont été commises. Les missions de l’ANLC dans le pays ont pu relever: « Des retards dans le démarrage du scrutin; le manque ou l’insuffisance de certains éléments du matériel électoral au niveau de certains bureaux de vote ; le non respect dans certains postes de vote de la procédure d’authentification des bulletins de vote prescrite par les articles 71 et 76 du code électoral ; des difficultés par endroits dans le transport du matériel électoral à la fin du vote ; des actes de violence perpétrés par des populations dans certaines localités (notamment à Dangoussar dans la commune de Djougou); la présence dans certaines localités d’affiches électorales jusqu’au jour même du scrutin, en violation de l’article 67 du code électoral; l’achat de cartes d’électeurs; l’absence de certains logos sur le bulletin unique de vote pour les élections municipales, communales et locales.
Des observations en période post électorale
Relativement aux législatives, l’ANLC a pu observer que: «Certains résultats provenant des arrondissements n’ont pas été réceptionnés à la CENA dans le délai de 24 heures maximum après le jour du scrutin tel que prescrit par l’article 103 du code électoral. Un coordonnateur d’arrondissement de la commune d’Ifangni a organisé une conférence de presse pour dénoncer une manipulation des résultats de son arrondissement orchestrée à la CENA et qu’on tentait de lui imputer. La proclamation des résultats faite le 3 mai 2015 par la Cour constitutionnelle a permis de constater une série d’irrégularités soulevée par la Haute juridiction. Au nombre de celles-ci figurent notamment: le défaut de la feuille de dépouillement et/ou du procès-verbal du déroulement du scrutin; le décompte fantaisiste de voix sur la feuille de dépouillement et/ou le procès-verbal de déroulement du scrutin dans certains plis destinés à la CENA et à la Cour constitutionnelle; le défaut de décompte des voix; le défaut de décompte des voix par pictogrammes; le défaut de remplissage de la feuille de dépouillement ; l’absence de mention des émargements et des dérogations sur la feuille de dépouillement; l’absence de mention sur le procès-verbal du déroulement du scrutin du nombre de suffrages exprimés et de bulletins nuls; des surcharges et des ratures sur la feuille de dépouillement; le défaut d’annexion de bulletins déclarés nuls ; le défaut de signature de deux au moins des membres du poste de vote ; le dépassement du nombre de votants par rapport au nombre d’inscrits.»
Des pressions
Par ailleurs, l’institution de lutte contre la corruption constate que si aucun des recours déjà vidés par la Cour constitutionnelle n’a abouti à l’invalidation de siège d’un député initialement proclamé élu, la lecture des recours, notamment ceux qui ont été déclarés irrecevables par la Cour constitutionnelle pour divers vices (recours prématurés ou tardifs, défaut de qualité du plaignant,…), fait ressortir comme griefs récurrents, des pressions exercées par certaines autorités locales sur les électeurs le jour du vote; le déplacement de postes de vote vers un domicile privé (village de Djèkpé dans la 19e circonscription électorale) ; la délivrance abusive et anarchique de procurations par les autorités communales et locales et le vote massif par procuration ; la distribution d’argent aux électeurs le jour du scrutin.
En ce qui concerne les municipales, communales et locales, les résultats définitifs des élections communales et municipales ont été proclamés par la CENA le 16 juillet 2015, soit 19 jours après le jour du vote. Ceux des élections des conseils de village et de quartier de ville n’ont été proclamés que le 11 août 2015, c’est-à-dire environ un mois et demi après le vote. L’ANLC note qu’ «avant et après la proclamation des résultats des communales, de nombreux partis politiques sont montés au créneau, soit pour affirmer leur certitude d’avoir gagné la majorité des sièges de leur circonscription électorale au regard des chiffres dont ils disposent, soit pour dénoncer différentes manipulations organisées par leurs concurrents pour modifier les chiffres issus des urnes, soit encore pour contester la proclamation faite par la CENA. » Par suite, à la date du 12 août déjà, les informations en provenance de la Cour suprême suggèrent à l’ANLC que l’Institution a enregistré environ 800 recours dans le seul cadre des élections communales et municipales. Les causes de ces recours? «Certaines communautés ou membres de partis en compétition ont protesté contre des personnes proclamées élues par la CENA au motif que ces personnes ne figuraient pas sur les listes de candidature ou n’étaient pas positionnées à la place où elles ont été déclarées élues. Dès la proclamation des résultats des élections locales, il a été constaté de nombreuses erreurs matérielles commises par la CENA. Ainsi, des candidats d’une liste sont déclarés élus sur une liste concurrente, les résultats de certaines localités sont introuvables…»
Principales atteintes au code électoral
L’ANLC les a sériées selon qu’elles portent sur l’établissement de la liste électorale, la campagne électorale, les opérations de vote et le dépouillement puis la centralisation des résultats, le financement des élections, la poursuite et la sanction des violations du code électoral et le contentieux.
A propos de la liste électorale, l’ANLC fait un certain nombre de remarques liées au dysfonctionnement ayant caractérisé le COS-LEPI et l’opération de distribution des cartes d’électeur. Pour conclure que la distribution tardive des cartes d’électeurs par le CNT suite à la décision de la Cour constitutionnelle dessaisissant le COS/LEPI d’une part et la période très courte qui a séparé les élections législatives des communales et locales ont eu pour conséquence l’impossibilité de respecter les délais fixés dans les articles 183 et 303 du code électoral. Aussi s’interroge-t-elle sur « la pertinence du cloisonnement quasi étanche établi par le législateur entre le COS/LEPI, organe en charge de la réalisation de la liste électorale et la CENA, structure responsable de l’organisation des élections.»
Au plan de la campagne électorale, l’ANLC note que les dispositions dont la violation apparaît la plus récurrente sont celles des articles 50, 51, 53, 54, 57, 62, 63 relatifs aux affiches électorales (articles 50 et 51), à la période et aux heures de campagne (article 53, 54 et 57),aux interdictions d’octroi de dons et libéralités (article 63), ainsi que d’utilisation des biens et moyens de l’Etat (article 63) pour faire campagne. Puis, elle relève que n’est pas en cause ici la pertinence des dispositions légales. Mais qu’il s’agit plutôt de rechercher les approches les plus pertinentes pour actionner effectivement les mécanismes prévus pour sanctionner les contrevenants.
Pour ce qui est des opérations de vote, l’ANLC considère que « les principales insuffisances identifiées à cette étape relèvent de la responsabilité de la CENA, de ses démembrements et des agents des postes de vote. Elles s’expliquent pour la plupart par le recrutement précipité et peu orthodoxe de certains agents électoraux, la faible formation desdits agents et la mauvaise préparation logistique de la CENA. Ce qui explique les ratés constatés dans le démarrage et le déroulement des scrutins, ainsi que le mauvais remplissage des documents électoraux qui sera constaté plus tard par la CENA elle-même et par la Cour Constitutionnelle.»
L’ANLC épingle « le non respect du délai de 24 heures fixé par la loi pour centraliser à la CENA toutes les cantines contenant les résultats provenant des arrondissements et le retard parfois excessif observé pour la proclamation des résultats constituent les principales faiblesses à corriger ». Aussi suggère-t-elle une application effective de l’article 103 aliénas 11 et 12 du code électoral visant à sanctionner tout responsable de transmission tardive de cantines ou de plis scellés, et une dénonciation effective aux procureurs de la République compétents, par le président de la CENA et ce dans les 72h suivant la transmission tardive, de toute transmission hors délai de cantines ou de plis scellés ; la non dénonciation de la transmission tardive rendant le président de la CENA passible de la même peine.
L’ANLC souhaite également que le législateur fixe un délai à la CENA pour publier les grandes tendances des élections présidentielle et législatives et proclamer les résultats des communales et locales. Et qu’au-delà, le juge électoral puisse être autorisé à se substituer à la CENA pour la proclamation.
La CENA, comme le COS-LEP dont le mode de financement gagnerait à être clarifié et mieux organisé, pendant que les règles de financement des partis politiques devront être strictement appliquées, d’après l’ANLC.
Des recommandations
Ces observations faites, l’ANLC propose aux différents acteurs, quelques pistes à explorer pour améliorer la donne. Elles concernent les organes de gestion des élections. Qui devront, entre autres, «prendre à temps les dispositions réglementaires et surtout logistiques pour une bonne organisation des élections, introduire plus de rigueur dans le recrutement et organiser une formation continue suivie d’évaluations des agents électoraux. A cet effet, un fichier permanent pourrait être tenu sur ce personnel formé et mis à jour afin de capitaliser les expériences acquises, appliquer rigoureusement le règlement financier en vue d’une exécution régulière et rationnelle du budget électoral…» Elles concernent aussi le juge électoral que l’ANLC appelle à «s’organiser pour régler le contentieux dans un délai raisonnable (Cour Constitutionnelle) et dans les délais légaux impartis (Cour suprême); prendre les dispositions pour faire sanctionner effectivement les responsables des listes qui n’ont pas satisfait à l’obligation de dépôt des comptes de campagne ou de respect des délais légaux y relatifs (Cour suprême)». Pour sa part, l’Exécutif devra « assurer avec diligence et neutralité ses prérogatives dans le cadre du processus électoral, notamment la convocation du corps électoral, le financement et la sécurisation des élections, prendre les dispositions pour empêcher les responsables de l’Administration d’utiliser les moyens de l’Etat pour mener leurs activités politiques et de campagne électorale ». Quant au Parlement, il est attendu de lui qu’il révise certaines dispositions du code électoral aux fins de retirer les magistrats et greffiers des fonctions de coordonnateurs d’arrondissement pour permettre à la Justice d’assurer avec efficacité la permanence en période électorale. Les administrateurs électoraux formés depuis quelques années par l’Université d’Abomey-Calavi pourraient valablement jouer ce rôle, indique l’ANLC. Les réformes attendues du Parlement pourraient également l’amener à ramener la réalisation de la liste électorale dans les prérogatives de la CENA ou, à défaut, trouver une passerelle entre ces deux institutions, qui permette à la CENA de prendre des mesures conservatoires ou de substitution, en cas de dysfonctionnement au niveau du COS/LEPI… S’agissant des organisations de la société civile, l’ANLC les exhorte, entre autres, à organiser la veille électorale permanente sur le respect des dispositions du code électoral, sensibiliser et éduquer les populations et hommes politiques sur les dangers de la corruption en période électorale… Enfin, les autorités en charge de la sanction pénale sont invitées à mettre effectivement en œuvre l’action publique en cas d’infraction à la loi électorale conformément aux dispositions du code électoral, tandis que les parquets des tribunaux devront s’autosaisir des cas d’infractions au code électoral, au moins les cas évoqués par les juges électoraux et ayant conduit à l’invalidation des voix du fait des agents électoraux et autres citoyens.
Droits et Devoirs 19 nov. 2015

Signature d’accord/Fondation Ifê et ambassade du Japon: Promouvoir la langue et la culture japonaises au Bénin
Un nouveau soleil se lève sur la coopération bénino-nipponne, à travers la Fondation Ifê ! Cela s’est matérialisé hier, mercredi 18 novembre, par la signature du protocole d’accord de financement par l’ambassade du Japon au Bénin relatif à l’extension des salles de classes de l’école d’apprentissage de la langue japonaise qu’abrite ladite fondation. Les documents ont été signés à son siège à Ste Rita à Cotonou.
La culture japonaise s’enracine au Bénin ! En apposant leurs signatures sur les documents entrant dans le cadre du protocole d’accord concernant le financement par l’ambassade du Japon au profit de la Fondation Ifê à Cotonou, c’est un acte majeur qu’ont réalisé les deux plénipotentiaires des deux pays. C’est pour permettre la rénovation et l’agrandissement des salles de classe de l’école d’apprentissage de la langue japonaise Takeshi Nihonga Gakkou. Ce geste, loin de se limiter seulement à la fondation, constitue un privilège pour tout le Bénin, en ce sens que l’école disposera de plus de capacité d’accueil des élèves assoiffés de la langue et de la culture japonaises.
« La compréhension de la langue de l’autre contribue à la paix et au développement. A la Fondation Ifê, nous sommes engagés sur un chemin du non retour en faveur de la langue japonaise», a réitéré son coordonnateur, Gustave Zomahoun.
La signature du protocole d'accord entre en ligne de compte du projet d’appui aux projets locaux financés par le Japon. Sa contribution financière est évaluée à plus de 34 millions de FCFA.
Selon l’ambassadeur du Japon près le Bénin, Daini Tsukahara, il s’agit du «tout premier financement dans le cadre de micro-projets culturels au Bénin».
Une fois achevée, l’école d’apprentissage de la langue japonaise offrira une nouvelle architecture des salles de classe avec des équipements adaptés. En son sein, le Japonais est enseigné gratis, dans le souci d’offrir l’opportunité à tous de pouvoir l’apprendre aisément.
«La réalisation de ce projet va offrir un cadre à travers des salles de cours bien spacieuses, de salles polyvalentes pour l’organisation des évènements culturels, d’une bibliothèque pour la documentation, tous équipés, permettant la promotion de la langue et de la culture japonaises au Bénin», s’est-il réjoui, avant d’ajouter que la langue est une arme puissante à même de créer l’harmonie dans le monde.
Accompagnement des élus locaux souhaité
Le Bénin, en ce qui le concerne, apportera également sa contribution financière à travers la Fondation Ifê et la mairie de Cotonou… Sur ce point, André Dassoundo, membre du Conseil d’administration de la Fondation, sollicite l’accompagnement des élus locaux pour la réussite du projet.
L’apprentissage de la langue japonaise est devenu une réalité au Bénin depuis le 1er septembre 2003, afin de faciliter et de favoriser les relations entre les deux pays.
L’école de la langue japonaise au Bénin est la première des 54 que compte l’Afrique. Une cinquantaine de Béninois ont déjà bénéficié de bourses par le biais de la Fondation qui est en partenariat avec l’Ecole des filles de Tokyo, pour poursuivre leurs études supérieures au Japon.
Rufin Zomahoun, président fondateur de la Fondation Ifê et ambassadeur du Bénin près le Japon, expliquant les raisons de sa création, a souligné qu’il est tombé sous le charme du pays du Soleil levant, à cause de son développement et des valeurs qu’il incarne. Selon lui, le développement d’un pays ne se limite pas seulement à ses richesses. La langue en est également un facteur incontournable. Pour lui, le Bénin est bien capable de « devenir le Japon de l’Afrique », si ses ressources humaines s’approprient la langue et la culture d’autres pays, notamment le japonais. Même réaction du représentant des apprenants de l’école de la langue japonaise à Cotonou, Ignace Houngbo, qui insiste qu’aucun développement n’est possible sans la langue. Visiblement très comblé de l’initiative, il s’est dépêché d’affirmer que ladite école amorce un nouveau départ. Ce qui, selon lui, fera rayonner le Bénin à l’échelle internationale. Le souhait des uns et des autres est que cette école devienne un centre africain d’excellence de la langue japonaise.

Session d’informations sur la COP 21 à l’ABE: Les options du Bénin et la conduite à tenir à Paris
Le ministère de l’Environnement chargé de la Gestion des Changements climatiques a organisé, hier mercredi 18 novembre à la Direction de l’Agence béninoise pour l’Environnement à Cotonou, une séance d’informations sur la COP 21. Parrainée par le secrétaire général du ministère Imorou Ouro-Djeri en présence d’un représentant du ministre de l’Eau, il a été animé par plusieurs cadres du ministère.
La session d’information sur la COP 21 vise à porter à la connaissance des participants, le niveau des préparatifs et échanger sur les différents comportements pour s’assurer d’une participation de qualité afin de pouvoir tirer les différentes opportunités de cette réunion.
L’honneur a échu à Julien Adounkpè, directeur général des changements climatiques de présenter l’ossature des contributions prévues et déterminées au niveau national (CPDN). Sur la CPDN, relève-t-il, c’est à la 19e conférence qu’il a été décidé d’élaborer les CPDN et de les poster sur le site du secrétariat de la Convention. Celle du Bénin, informe-t-il, a été élaborée en août dernier et a rassemblé toutes les composantes de la société (publique et privée). C’est un document qui renseigne sur la superficie, la situation géographique et les principaux choix faits par le Bénin.
«L’adaptation est son option fondamentale»,explique Julien Adounkpè, pendant que l’atténuation prend une part importante dans sa stratégie de développement. Le directeur général des changements climatiques a étayé sa communication avec beaucoup de statistiques. «L’effort que nous ferons pour éviter la déforestation y a été mentionné Les principaux objectifs visés portent sur le renforcement de la gouvernance locale»,renseigne-t-il.
Le point focal
Pour le cadre institutionnel de mise en œuvre des options, selon Julien Adounkpè, c’est le ministère de l’Environnement qui est le point focal de la Conférence cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCED).
S’agissant des moyens, c’est le transfert de technologies Sud-Sud et Nord-Sud, le renforcement de capacités, donc la formation.
30 milliards F CFA ont été estimés pour le financement des projets et programmes prévus.
« Il faut qu’on s’apprête à faire face aux sollicitations pour répondre aux questions des personnes intéressées par nos projets et programmes.», a-t-il conseillé.
Puis Ibila Djibril, point focal changements climatiques, a partagé des informations sur le draft d’accord de Paris, des éléments d’ordre général puis les opportunités de la rencontre. Le Bénin a élaboré sa CPDN, une mouture de qualité, apprécie le point focal.
Sur l’ensemble des CPDN, les deux degrés retenus sont déjà insuffisants, pour avoir des résultats acceptables, fait remarquer le point focal.
En ce qui concerne les opportunités, la FAO, l’OMS, le Fonds Vert climat et le PNUE organisent des réunions formelles pour passer des informations. Certains pays font l’option d’aller dans les said events pour capter des opportunités. Il conseille de lire les agendas annotés pour ceux qui pensent participer à la COP21 afin de ne pas aller perdre leur temps. «Il est impossible de pouvoir participer à toutes les réunions; il y a plusieurs groupes dont entre autres celui des PMA, du G77 qui regroupent le plus de membres et du groupe de l’Afrique. A chacun son génie et selon votre habileté, vous pouvez tirer votre avantage», souligne-t-il.
Pour Ibila Djibril, dans ces réunions, la barrière linguistique demeure un problème qu’il faut régler. L’anglais doit être maîtrisé, rappelle au passage Ibila Djibril le point focal changements climatiques.

Catastrophes naturelles: Le réseau des journalistes spécialisés renaît
Le Réseau des journalistes du Bénin sur les catastrophes naturelles (RJBCN) a été porté à nouveau sur les fonts baptismaux, vendredi 13 novembre dernier à Cotonou. En provenance de plusieurs organes, tous médias confondus, c’est Euloge Aïdasso qui préside aux destinées de ce creuset.
Tel un sphinx, le Réseau des journalistes béninois sur les catastrophes naturelles (RJBCN) renaît de ses cendres. Sur l’échiquier social, le Réseau qui existait depuis 2013 a vécu dans une certaine léthargie jusqu’à une date récente. C’est alors que certains de ses membres se sont retrouvés et ont invité d’autres confrères intéressés à rallier l’ancien noyau pour repartir sur de nouvelles bases. Ils ont donc tous convolé une nouvelle fois en justes noces, vendredi dernier.
Le réseau a pour objectif la sauvegarde de l’environnement, la prévention et la gestion de l’information relative aux catastrophes naturelles, la formation de ses membres sur les questions de l’environnement en général et des catastrophes naturelles en particulier et la mobilisation de l’information environnementale. La naissance de ce réseau découle du constat qu’aucun pays n’est à l’abri des catastrophes naturelles (inondation, sécheresse, tremblement de terre, explosion de gaz…). Les factures sociales et économiques à payer sont souvent lourdes pour les pays victimes de l’une ou l’autre des catastrophes naturelles. C’est conscients de ce que l’homme a souvent une grande part de responsabilité dans la survenance des catastrophes naturelles que les hommes des médias ont décidé de se regrouper dans un réseau afin d’apporter leur contribution à la prévention, la gestion de ces catastrophes naturelles et à la préservation de l’environnement.
Vendredi dernier, Euloge Aïdasso qui a dirigé les travaux de "refondation" du réseau a émis le vœu que les nouveaux responsables de ce regroupement évoluent dans une dynamique de communication active et qu’ils s’investissent vraiment dans son essor.
Les travaux ont porté sur le rapport d’activités des membres du bureau de la mandature finissante, la relecture des textes et l’élection d’un nouveau bureau. Aux termes des travaux, c’est Euloge Aïdasso qui est élu président du RJBCN. Il a pour secrétaire général Patrice Soglo. La trésorière générale a nom Claire Stéphane Sacramento. Le secrétaire à l’organisation se nomme Moudachirou Souberou et celui à la communication s’appelle Prudent Nassehou. Les deux commissaires aux comptes ont noms Peggy Ludovic Dagba et Didier Pascal Dogué.

Coopératives d’utilisation des matériels agricoles: L’Université d’agriculture de Kétou dissémine l’expérience béninoise
La ville de Kétou abrite, depuis mardi 17 novembre dernier et ce jusqu’à ce jour jeudi 19 novembre, un colloque international sur les coopératives d’utilisation des matériels agricoles. C’est une initiative de l’Université d’agriculture de Kétou et de l’Union nationale des coopératives d’utilisation des matériels agricoles avec l’appui financier de la FAO.
«Quelle place pour les coopératives dans la politique de mécanisation agricole ? Le réseau CUMA du Bénin : une expérience originale en Afrique de l’Ouest». C’est le thème principal du colloque international qui se tient depuis mardi dernier à Kétou. Il réunit une centaine de participants notamment des universitaires et autres acteurs membres de diverses associations intervenant dans la mécanisation agricole, provenant du Ghana, du Nigeria, du Kenya, de l’Italie, de la Belgique, du Niger, du Tchad et bien évidemment du Bénin. On note également la présence de plusieurs institutions dont l’Union Européenne, la SNV, les CUMA France, AgriPro Focus et FARM.
L’organisation de ce colloque est une initiative de l’Université d’agriculture de Kétou (UAK) et de l’Union nationale des coopératives d’utilisation des matériels agricoles (UNCUMA Bénin) avec l’appui financier de la FAO. Pendant trois jours, les participants auront à développer une vision commune et à s’engager pour promouvoir le rôle des coopératives agricoles dans les politiques de mécanisation de l’agriculture familiale afin d’éradiquer la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Aussi, les participants auront-ils à partager les leçons tirées des pratiques innovantes et prometteuses en matière de développement des coopératives, intensifier le soutien aux gouvernements, aux acteurs non-gouvernementaux et aux partenaires du développement et à encourager une coopération Sud-Sud.
Dans son mot de bienvenue, le maire de Kétou, Jean-Pierre Babatoundé a trouvé juste le choix porté sur sa ville pour abriter ce colloque. Car selon lui, sa commune a une vocation essentiellement agricole. Le maire trouve que les travaux de ces assises cadrent bien avec la vision de son Conseil communal qui est de faire de l’agriculture une priorité. Il a souhaité que les travaux puissent déboucher sur des résultats concrets allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des populations paysannes du Bénin.
Thématique pertinente
Pour le recteur de l’Université d’agriculture de Kétou, Jean Timothé Claude Codjia, initiateur des travaux, la thématique du colloque est pertinente pour le Bénin et pour l’Afrique. «Nous ne devons plus continuer à faire l’agriculture du néolithique mais nous devions véritablement changer le visage de notre agriculture en faisant d’elle un véritable métier…», souligne-t-il. Il salue lui aussi la tenue de ces assises qui leur permettront ensemble de réfléchir et de voir les moyens pour disséminer l’expérience CUMA du Bénin, l’améliorer et l’amplifier. «Notre objectif en tant qu’universitaire est de former des agriculteurs qui devraient s’approprier cette vivante expérience qu’est le CUMA…». La pertinence du colloque sera aussi soulignée par le président du CUMA, Djoddi Matchou et Babatoundé Cakpo Zannou, directeur général du CARDER Ouémé-Plateau, représentant le ministre en charge de l’Agriculture.
Le représentant résident de la FAO au Bénin, Dr Tiémoko YO, a laissé entendre qu’avec l’accélération de l’urbanisation, 70% des populations vivront dans les villes rendant encore plus exigeante la tâche qui reviendra aux agriculteurs africains. Ils devront produire trois fois plus de nourriture alors qu’ils seront deux fois moins nombreux qu’aujourd’hui. Ceci montre que l’agriculture africaine doit faire sa mutation, si elle veut s’adapter et gagner les paris de demain, prévient le fonctionnaire onusien.
Procédant à l’ouverture des travaux, Salifou Saïdou, représentant le vice- Premier ministre chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a souligné que l’utilisation des matériels agricoles adaptés aux conditions de culture dans les différentes zones agro-écologiques permet aux producteurs et aux agro-transformateurs de contribuer positivement à la sécurité alimentaire et à la consolidation des revenus des paysans. En décidant d’organiser ce colloque, l’UAK et l’UNCUMA apportent ainsi leurs contributions à l’atteinte du premier des Objectifs du développement durable?

Promotion de la sécurité alimentaire au Bénin: Filière riz, un potentiel encore sous-exploité !
Produire ce que l’on consomme et consommer ce que l’on produit, c’est sans doute l’une des clés du développement en général et du développement de l’agriculture en particulier. Où en sommes-nous au Bénin, s’agissant de la filière riz ? Cette spéculation est-elle produite en quantité suffisante ? Dans quelles conditions ? Quel sort pour les producteurs ?
« La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active », disent les spécialistes.
Le riz aussi à la base de l'alimentation
Si le maïs est généralement considéré comme la base de l’alimentation au Bénin, le riz semble devenir, de plus en plus, une composante essentielle au point de générer un intérêt particulier tant de la part de particuliers que de l’Etat lui-même. Et si la production évolue en dents de scie, en raison des aléas climatiques ou des techniques culturales, elle est tout de même en dynamique positive. A la direction de la Statistique agricole du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, les données renseignent que la production nationale s’établit à 234.145 tonnes pour la saison 2014-2015, pour une superficie emblavée de 74.586 hectares, avec un rendement moyen de 3,139 tonnes à l’hectare. Des statistiques nettement meilleures à celles de la campagne précédente qui révèlent une production nationale de 206.943 tonnes, pour une superficie emblavée de 68.259 hectares et un rendement par hectare de 3,032 tonnes. Moins bien que la campagne agricole 2012-2013 au cours de laquelle, pour moins de superficie emblavée (65.730 hectares), la production s’est portée à 219.101 tonnes, soit un rendement moyen à l’hectare de 3,333 tonnes. Un rendement moyen à l’hectare plus intéressant encore en 2011-2012, s’établissant à 3,924 tonnes et générant une production nationale de 218.939 tonnes pour 55.797 hectares de superficie emblavée. En fait, c’est à partir de cette campagne, semble-t-il, que le Bénin a pris conscience de ses potentialités rizicoles. Précédemment en effet, la production était de moindre importance. 124.974 tonnes en 2010-2011, 112.705 tonnes en 2009-2010, 105.599 tonnes en 2008-2009, 74.867 tonnes en 2007-2008. Par rapport à ces données, certains bassins rizicoles se distinguent. Cas par exemple des départements du Borgou-Alibori, 95.944 tonnes en 2014-2015 (Malanville, Karimama et Banikoara étant les greniers essentiels), de l’Atacora-Donga, 70.514 tonnes en 2014-2015 (avec Boukoumbé, Matéri, Djougou et Ouaké comme champions de la production), du Zou-Collines, 53.811 tonnes en 2014-2015 (avec Glazoué, Dassa-Zoumè et Savalou en tête). A côté d’eux, le Mono-Couffo (6.032 tonnes en 2014-2015), l’Ouémé-Plateau (7.298 tonnes en 2014-2015) et l’Atlantique (546 tonnes en 2014-2015) font figure de nains rizicoles. Somme toute, une production qui gagnerait à s’intensifier sur les prochaines années, pour que l’offre nationale réponde de façon adéquate à la demande. En effet, les chiffres de l’importation de cette céréale au Bénin témoignent que la demande est largement supérieure à l’offre. Selon l’Office national d’Appui à la Sécurité alimentaire (ONASA), le Bénin a importé 725.001 tonnes de riz en 2014, soit plus de trois fois la production domestique. En 2013, ce furent 730.521 tonnes importées contre 335.925 tonnes en 2012, 199.889 tonnes en 2011, 421.360 tonnes en 2010, 521.138 tonnes en 2009, etc. Déduction logique, la production nationale n’arrive pas encore à couvrir les besoins. Pourtant le potentiel rizicole du Bénin est manifeste.
Nous les producteurs de riz…
Grand-Popo. Nous sommes dans le village de Houndjohoundji, agglomération de Matékpo. Ici, une rizière s’étend sur 20 hectares. C’est l’œuvre de sieur Eloi Hounkponou. Ce particulier y mène son expérience depuis 2011. Pour produire son riz qu’il garantit entièrement bio et donc sans engrais, il emploie une centaine de personnes préposées au sarclage, à la chasse aviaire, à l’étuvage, à l’ensachage, etc.). Eloi Hounkponou pense que le soutien et l’accompagnement de l’Etat en termes techniques et matériels doivent être effectifs pour que la filière se porte davantage bien… Car, expose-t-il, « pour la chasse aviaire par exemple, il faut se lever tôt, se mettre à l’œuvre dès 6h du matin et y rester jusqu’à 19h. Je dois nourrir trois fois par jour les personnes qui le font, et leur payer 30 000 FCFA chacune à la fin du mois. Et il faut le faire sur trois mois. Mais avant, j’avais élevé des piliers dans mon champ, puis acheté des filets pour le couvrir. Ceux-ci se sont révélés pas très adaptés. Ce fut donc une grosse dépense sans résultat probant». C’est au prix de ces efforts et investissements qu’il peut se réjouir d’avoir un rendement de 6,2 tonnes à l’hectare, lequel peut être bonifié si les techniques de semis elles-mêmes sont améliorées, assure-t-il. Pour le moment, après le décorticage, il se retrouve avec 80 à 90 tonnes de riz.
Comme lui, Léopold S. Azonhoumon et Pierre Azian sont des producteurs de riz. Eux sont dans le village Gangban dans la commune d’Adjohoun. En fait, ils ne produisent pas de façon isolée. Ils appartiennent au groupement Gbénonkpo (Entente en langue locale), lequel regroupe 17 personnes et a emblavé une superficie de 100 hectares en 2015 pour un rendement moyen de 5 tonnes à l’hectare. Ici aussi la variété IR 841 est prisée et, comme à Grand-Popo, des investissements sont nécessaires. Le groupement Gbénonkpo doit, en effet, veiller à disposer de bonnes semences ; car leur mauvaise qualité affecte la production, tout comme une pluviométrie trop abondante est nuisible. De même, il faut organiser la lutte contre les criquets, les termites, les oiseaux. Relativement à ces derniers parasites, le recours aux filets de protection s’est révélé inefficace aussi. Par suite, Gbénonkpo emploie une centaine de personnes, sur une période d’un mois et demi. Des manœuvres rémunérés en fonction de la pénibilité de la tâche à laquelle ils sont préposés. Mais un problème de taille se pose ici: l’indisponibilité de la main d’œuvre.
Avec 350 hectares de terres aménagées et exploitées pour une surface disponible de 516 hectares, pour un rendement moyen de 3,5 tonnes/hectare et un pic de 6 à 7 tonnes parfois, les 1053 producteurs membres de l’UGPPM, dont environ 300 femmes, sont plus ou moins à l’abri des intempéries. Leur périmètre dispose de digues de protection et ne subit que rarement l’inondation, notamment lorsqu’il est envahit par les eaux de ruissellement qui descendent de la ville.
Les riziculteurs béninois vivent-ils de leur activité ? De l’avis général, la filière est rentable même si quelques réglages devraient être encore faits. Eloi Hounkponou, par exemple, informe que globalement, s’il faut tenir compte du coût de production seulement, l’activité est rentable. Et il explique : « Ma production s’écoule entièrement sur le marché local, mes clients sont essentiellement des particuliers. Je cède mon riz à 3 500 FCFA le sac de 5kg, après une campagne promotionnelle au cours de laquelle le même sac était vendu bien en deçà. Mes sacs d’emballage, je les commande sur la Chine mais le conditionnement se fait sur place à Matékpo.» Mais s’il faut intégrer toutes les charges, la rentabilité s’en trouve relativisée. David Dansou de l’URIZOP est tout formel: «la filière riz est très rentable dans la Vallée de l’Ouémé. Les producteurs font de bonnes affaires, nous aussi. Nous n’arrivons même pas à satisfaire la demande. Il en va de même d’Entreprise et Services aux Organisations de Producteurs (ESOP-Vallée) aussi à Dangbo où cette structure a une unité de transformation… Le sac de 5KG, variété IR 841 conditionnée par la Coopérative d’amélioration de la filière riz dans l’Ouémé-Plateau (CAFROP), mise en place par l’URIZOP, est cédé à 2 700 FCFA et coule très bien.» Les producteurs sont-ils aussi satisfaits ? En général, ils sont plus nuancés.
Le principal partenaire
Demandez à Léopold S. Azonhoumon et Pierre Azian, s’ils vivent de leur activité. Pudiquement, ils concèdent que oui, mais sans pouvoir vous renseigner sur la masse d’argent qu’ils engrangent. Ils semblent même la minorer quand vous insistez, évoquant un bénéfice d’à peine 300 000 FCFA. Sur la même préoccupation, Faustin Etèkpo, entre des rires, répond que «ce devrait être le cas mais les aléas climatiques ne nous aident pas.» Amadou S. Idrissou, lui, vous lance simplement avec un sourire qui trahit sa gêne: «Qu’il en soit ainsi…» En fait, en interrogeant les réalités, on comprendrait les hésitations des producteurs. Dans la Vallée de l’Ouémé, la CAFROP et ESOP-Vallée achètent le paddy (riz non décortiqué) aux producteurs à 150 000 FCFA/tonne alors que ceux-ci dépensent 10kg de semence à l’hectare, laquelle est acquise pour 300 FCFA le kilo. Quand la CAFROP, qui fait en moyenne 100 tonnes de riz long grain par an, n’arrive pas à leur prendre toute leur production, les riziculteurs vendent la différence à la SONAPRA. C’est cette structure qui est le principal partenaire des producteurs de Glazoué et de Malanville. Suivant les producteurs, la SONAPRA leur prend le produit à 170 000 FCFA la tonne mais ne paye pas au comptant. Parfois même, c’est 6 à 12 mois plus tard que les paiements sont effectués. A Malanville particulièrement, signale le président de l’UGPPM, un contrat lie les producteurs à la SONAPRA. Celle-ci leur livre les intrants, notamment l’engrais, à crédit. Ensuite ils remboursent en nature à raison de 170 000 FCFA la tonne. De même ils bénéficient du système de microcrédits mis en place pour soutenir certaines spéculations. Ces renseignements n’ont pu, hélas, être confrontés à ceux de la SONAPRA, nos démarches pour en recueillir la version, étant restées vaines.
Mais ce qui fait surtout que les producteurs sont nuancés dans l’appréciation de leur chiffre d’affaires, ce sont les difficultés. En fait, «une fois qu’ils ont remboursé la SONAPRA, les producteurs ont du mal à écouler le reste de leur production. Ils sont donc obligés de céder le sac de 100 kg à 10 000 FCFA au lieu de 17 000 FCFA. En clair, on brade le riz et ce sont les Nigérians et Nigériens qui, via des intermédiaires locaux, le rachètent», fait constater Amadou S. Idrissou. De même, lui comme les producteurs de Glazoué, d’Adjohoun ou de Grand-Popo, déplorent la propension de l’Etat à faire la part belle au riz importé, qu’il fait venir selon eux, lui fait de la publicité et écoule au détriment de la production nationale. Or, suggère le président de l’UGPPM, «l’Etat devrait prendre systématiquement le riz produit au pays et en faire la promotion. Le faire servir dans les prisons civiles, les camps militaires…comme en 2008-2009, lors de la crise alimentaire, nous avions fait de bonnes affaires puisque l’ONASA nous avait acheté toute notre production.»
Et si les producteurs ne trouvent pas forcément leur compte, d’autres acteurs intermédiaires, par contre, font de bonnes affaires. «Parce que notre riz est très apprécié de par sa qualité, certains grossistes nous le prennent, parfois à crédit, et pratiquent une marge bénéficiaire trop importante qui dessert la production nationale, jugée dès lors trop chère.»
La mécanisation en soutien…
L’utilisation de machines agricoles n’est pas encore un réflexe dans les exploitations rizicoles. Là où elle est effective, quand elle n’est pas à l’étape embryonnaire, c’est qu’elle présente encore des insuffisances. Ainsi, si le groupement Gbénonkpo de Léopold S. Azonhoumon et Pierre Azian, a une exploitation de 100 hectares, tout y est encore manuel, signalent-ils. En fait, parce qu’ils recourent aux services d’une main d’œuvre constituée de 100 personnes qu’ils emploient sur un mois et demi chaque saison, ils n’y ont jamais pensé. Désormais, ils y réfléchissent. Surtout qu’ils ont appris que le Programme de promotion de la mécanisation agricole (PPMA) peut leur venir en appui. Comme elle l’a fait pour Eloi Hounkponou en lui vendant une moissonneuse-batteuse en 2014 pour un peu plus de 5 000 000 FCFA dont le remboursement est échelonné sur cinq ans. C’est que lui a pris conscience très tôt de la nécessité de faire de la production intensive. Aussi, après avoir évolué en mode artisanal les deux premières années, a-t-il acquis sur fonds propres, dès 2013, une décortiqueuse. Puis il a récupéré deux tracteurs abandonnés par la mairie de Grand-Popo, les a réparés et les utilise désormais autant que la mairie peut s’en servir. Problème, quand les machines tombent en panne, les pièces de rechange sont, sinon introuvables, du moins très difficiles à avoir. Aujourd’hui, Eloi Hounkponou rêve d’avoir une vanneuse «pour dégager les déchets du riz car ce serait mieux que ce que font les femmes à la main» et d’une calibreuse «pour séparer le riz cassé du long grain». Dans tous les cas, confie-t-il, «mon ambition est d’emblaver davantage de superficie. Je vais donc persévérer puisque je suis persuadé que la filière est rentable, tant ma production est entièrement écoulée et la demande reste insatisfaite.» S’il salue bien le geste du PPMA, il pense que l’Etat pourrait aider la filière à optimiser ses rendements en mécanisant entièrement le processus de production et en mettant l’énergie électrique à disposition. Autrement, les producteurs engagent trop de dépenses.» La CAFROP de l’URIZOP a plus de chance. Elle bénéficie de l’appui de ses partenaires européens pour l’acquisition des machines de transformation. C’est ainsi qu’elle a pu acquérir 3 décortiqueuses, 3 vanneuses-batteuses, une motopompe… grâce à l’Union européenne, aux Ong italiennes CISV et RC. Faustin Etèkpo et ses amis de l’UNIRIZ-C ne dédaigneraient pas d’avoir l’appui du PPMA en plus de celui de ses partenaires traditionnels. L’Union des Groupements de producteurs du périmètre irrigué de Malanville, par contre, n’est plus à l’étape de souhait. Elle a déjà bénéficié de batteuses mises à sa disposition par le PPMA mais celles-ci n’ont pas fonctionné, souligne Adamou S. Idrissou. Qui déplore qu’on n’ait pas pris l’avis des producteurs avant. « Autrement, nous aurions demandé des moissonneuses », laisse-t-il entendre pointant du doigt des machines (motoculteurs et moissonneuses notamment) répandues sur une partie du périmètre irrigué, dons de la Chine, qui fonctionnent globalement bien et sont très utiles pour la production ; même si des difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange sont évidentes.
Par ailleurs, un motif de déception à l’UGPPM, c’est cette machine offerte par la Chine, en plus d’une motopompe, pour drainer vers le fleuve Niger, les eaux de pluie qui pourraient débouler de la ville et inonder le périmètre. « Depuis trois ans, déplore Adamou S. Idrissou, elle n’a jamais été installée pour être mise en service. Toutes nos démarches en direction du ministère de l’Agriculture sont restées vaines. De fait, ce don fait à l’UGPPM par la Chine est toujours dans son emballage ! »
Par contre, le problème d’énergie ne se pose plus ici. Depuis quelques années, le périmètre est autonome sur le plan énergétique, grâce à l’écoute du chef de l’Etat qui y a fait réaliser un programme à cet effet. Ce dont le président de l’UGPPM lui sait gré.