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Nouvelles

Eliminatoire Coupe du monde 2018 / Zone Afrique: La hiérarchie quelques fois bousculée

Les jeux sont faits. La liste des équipes ayant passé le premier tour des éliminatoires zone Afrique de la Coupe du monde «Russie 2018» est connue. Principal enseignement à tirer : rencontres difficiles et, hiérarchie bousculée parfois.

Des rencontres enlevées, parfois des scores flatteurs. Les Coelacanthes des Comores qui, à la faveur de leur résultat nul avec but à Maseru, ont dépassé leur hôte le Lesotho qui n'avait pas marqué lors de la première manche se qualifient au bénéfice du but marqué à l'extérieur. Pareil pour le Sao du Tchad qui avait remporté la première manche à N'Djaména et qui a été battu à Port-Harcourt (match déplacé au Nigeria en raison de l'épidémie de fièvre Ebola).

Le Liberia, tenu en échec à Monrovia, a réussi à composter son billet à Bissau en s'imposant largement. Quatrième et dernière équipe à avoir éliminé mais mieux classée qu'elle, la Tanzanie qui a su préserver un but d'avance à Pretoria après en avoir inscrit deux chez elle.
Sur les 13 rencontres au programme, quatre ont donné lieu à une légère inversion de la hiérarchie.

Trois équipes avec deux victoires

Le Botswana, le Burundi et le Niger sont les trois pays à avoir remporté les deux manches. A l'inverse, les Comores, après deux nuls, n'ont eu besoin que d'un but pour se qualifier.
La Guinée Bissau, le Kenya, Madagascar, la Mauritanie, la Namibie et le Liberia ont gagné un match et fait un nul dans le second. A contrario, le Liberia est la seule à avoir commencé par un nul à la maison avant d'aller chercher la qualification à l'extérieur. C'est aussi le cas, déjà évoqué, des Comores.
Victoires à domicile et défaite à l'extérieur pour l'Ethiopie, la Tanzanie et le Tchad.

Carton plein du Swaziland

Dans ces éliminatoires, le Swaziland a déjà mis un paquet de buts. Bien que n'ayant pas encore joué son match retour contre Djibouti, le Swaziland possède l'attaque la plus percutante avec 6 réalisations. Ce qui le met à égalité avec le Niger (deux matches joués). On trouve ensuite le Botswana, le Kenya et Madagascar avec cinq buts chacun. Aussi, peut- on souligner la dextérité de certains joueurs qui se sont faits signaler comme par exemple, le hat-trick du joueur libérien William Jebor. Auteur déjà de la délivrance de son pays à Monrovia, ce jeune s’est amélioré cette fois en inscrivant les trois buts de son équipe à Bissau. Que dire du doublé du Nigérien Maoussa Maazou à Niamey? Il en avait déjà réussi un à Nairobi où la Somalie recevait le Niger première manche. Au tableau d'honneur le Burundais Fiston Abdoul Razak, avec un doublé chez lui, les deux buts de son équipe. Avec celui de l'aller, ce sont tous les buts des Hirondelles.

Sports 16 oct. 2015


Professeur Phillipe Noudjènoumè: «La mort de Kérékou m’inspire la tristesse»

La nouvelle du décès de Mathieu Kérékou a été pour moi une surprise en même temps qu’elle m’inspire de la tristesse. Et à cette occasion, mes pensées vont à toute sa famille qui pleure aujourd’hui un être cher.

La tristesse parce qu’il s’agit même de l’homme qui a présidé aux destinées de ce pays pendant près de trois décennies et qui s’en est allé emportant avec lui tout un pan de l’histoire de notre pays. Mais ma tristesse a été surtout grande qu’il ait pu disparaître sans devoir répondre de tous les crimes commis sous ses différents pouvoirs de 1972 à 2006. Car le général Mathieu Kérékou, il ne faut pas l’oublier, c’est l’homme des geôles de Ségbana, des lieux de tortures de PLM-Alédjo, PCO, Camp Ghézo et du petit palais.
Mathieu Kérékou, c’est l’incarnation du chantage et de l’impunité. Sous menace des armes, battu aux élections présidentielles par Nicéphore D. Soglo en 1991, il recourut au chantage pour arracher l’impunité personnelle votée par le HCR en avril 1991.
Tout le monde voit que ce qui constitue le fléau qui plombe le Bénin et qu’il a entrainé dans les enfers où il est actuellement, c’est l’impunité et cela est incarné par Mathieu Kérékou. L’impunité des crimes politiques, voilà le système Kérékou.
Propos recueillis par Pintos GNANGNON.

Actualités 15 oct. 2015


Karimou Rafiatou, première femme ministre: «La disparition du général doit amener à penser autrement le développement du Bénin»

Le général Mathieu Kérékou est le premier président à associer les femmes à la gestion des affaires de la cité. La promotion de la femme, était l’une de ses priorités. Pour la première fois dans l’histoire du Bénin, il a eu la volonté politique de faire intégrer une femme à un gouvernement de la République. Les femmes béninoises lui doivent cela.

Tous les gouvernements qui l’ont succédé après 1989 ont pris ce pli. Il est impossible aujourd’hui pour un chef d’Etat de former un gouvernement sans qu’il n’y ait de femmes. Le général Mathieu Kérékou est un grand patriote et il l’a montré durant toute sa vie. Il détient des informations très importantes qu’il ne pouvait révéler au risque d’embraser tout le pays. Avant son avènement au pouvoir, les méfaits du régionalisme étaient perceptibles au Dahomey. Il a su calmer tout cela durant ses différents régimes. La nation béninoise doit lui reconnaitre ce mérite. J’ai beaucoup travaillé avec lui et je retiens qu’il était un chef, un vrai chef, un baobab. Il est vrai que le Bénin peut compter encore des gens de sa trempe, mais ils très sont rares. Son décès est une grosse perte pour le pays. Nous n’avons pas de volonté devant la mort, mais nous aurions souhaité avoir beaucoup d’autres Mathieu Kérékou pour diriger le Bénin. Voyez-vous à quel moment il disparaît ? C’est une grande préoccupation, parce qu’il part à la veille d’une échéance très importante pour le pays. Quand bien même il n’intervient plus physiquement, il suffisait juste qu’il prodigue quelques conseils ou qu’il donne des orientations à certaines personnes pour que tout se passe bien dans le cadre de ces consultations électorales. Dieu seul sait pourquoi il l’a rappelé à ce moment précis. Peut-être que sa disparition va amener les acteurs sociopolitiques à se ressaisir, à s’asseoir autour d’une même table pour dialoguer sérieusement sur l’état de la nation, car la situation actuelle n’augure pas d’un lendemain meilleur pour le pays. Il nous faut maintenant nous ressaisir pour éviter que le pays vole en éclats. Son décès est un grand signe au regard des ambitions qu’affichent certains acteurs aujourd’hui. Sa disparition doit donc amener les acteurs à divers niveaux à penser autrement l’avenir du pays.

Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO

Actualités 15 oct. 2015


Décès de Mathieu Kérékou: Impressions de quelques personnalités et des proches du général Mathieu Kérékou

François Kouyami : «Je me réjouis de m'être reconcilié avec lui…»

«J’ai reçu l’information autour de 17h 15mn. Je me suis recueilli pour recommander son âme à la Divine Miséricorde. Nous ne sommes pas des gens parfaits. C’est vrai, le président Mathieu Kérékou a beaucoup souffert. Il a dû expier beaucoup de ses fautes. Ce qui lui reste c’est ça que j’ai demandé au créateur de lui faire vivre sa miséricorde. Le général Mathieu Kérékou et moi avions travaillé ensemble pendant de longues années. C’est donc à bon droit que sa disparition doit provoquer en moi un choc. Nous avons connu de très bons moments de collaboration. Nous avons traversé aussi ensemble beaucoup d’épreuves.

C’est les bons moments que je garde. Je pense que le général Mathieu Kérékou avait une affection paternelle pour moi. C’est vrai, il n’y a pas trop de différence d’âge entre nous, mais il m’estimait énormément. Malgré les contradictions, malgré les oppositions, il m’a confié de très hauts postes de responsabilité. Et j’ai appris qu’à certains moments il a eu à défendre ma cause plusieurs fois. Je lui en suis très très reconnaissant. Je le lui ai d’ailleurs dit. Nous avons repris à nous voir contrairement à ce que les gens pensent. On rigole, on évoque les vieux souvenirs. Je me réjouis que je me sois réconcilié avec lui avant qu’il ne parte.
Notre dernière rencontre remonte à l’élection présidentielle de 2011. Puis, après sa santé s’est dégradée. Il semble qu’on ne permettait plus à tout le monde d’aller le voir. J’ai respecté ce principe de la famille. Mais je prenais de ses nouvelles de temps en temps. Je lui en donnais les miennes aussi.
J’ai l’habitude de dire que le général Mathieu Kérékou est né sous une bonne étoile. Il n’est pas mauvais fondamentalement. Mais la politique est passée par là. Les contraintes politiques ont eu à jouer à certains moments. Mais je retiens de lui qu’il a été un bon chef. Si on met le positif et le négatif dans la même balance, je pense que le positif dépasse de très loin le négatif. Je pense que le peuple béninois doit lui rendre les hommages mérités. S’il avait eu la possibilité de faire tout ce qu’il avait pensé, notre pays ne serait pas aujourd’hui dans cette situation. Mais nul n’est éternel. Il a joué sa partition et il mérite aujourd’hui un bon repos éternel. Il faut que le peuple béninois lui en soit reconnaissant».

Propos recueillis par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

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Vincent Ahounou et Mathieu Kérékou, amis ici-bas et amis dans l’au-delà ?

Comme une traînée de poudre, la nouvelle du décès de l’ancien chef de l’Etat, le général Mathieu Kérékou est parvenu à Porto-Novo, la Capitale du Bénin. Certains l’ont appris de bouche à oreille, d’autres sur les ondes et d’autres encore sur les réseaux sociaux. Ce qui a surtout retenu l’attention de certaines personnes, c’est la coïncidence entre la mort du général Mathieu Kérékou et celle d’un de ses amis politiques, Vincent Ahounou, président de parti et auteur du slogan « Kékéréké », le cri de ralliement des partisans du président Mathieu Kérékou lors de son second et dernier mandat (2001-2006). Il est décédé le 28 septembre dernier à Porto-Novo dès suites d’une longue maladie, soit quelques deux semaines avant le décès du président Mathieu Kérékou qu’il a soutenu politiquement avec zèle. Les deux illustres personnalités sont parties dans la même période. Est-ce à dire que ce qui liait les deux hommes était si profond ou que c’est un simple hasard de destin que leurs disparitions se chevauchent ? Difficile de répondre.
Il faut signaler que l’inhumation de Vincent Ahounou est prévue pour le 31 octobre prochain à Porto-Novo.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

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Mama Sika : «J’aurais souhaité qu’il soit ... »

«Effectivement, à chaud, il est difficile d’exprimer des sentiments parce que la surprise a été telle qu’on perd un peu ses sens. J’ai pendant de longues années, travaillé avec le général. J’ai été au service de la nation pour l’activité qui était la mienne, à savoir le pilotage des avions du Bénin. A ce titre, j’ai été à ses côtés pendant de longues années et après il m’a fait appel en tant que directeur de son cabinet militaire pour une longue durée pour terminer par le poste de ministre en charge de l’Intérieur dans son dernier gouvernement, poste que j’ai occupé jusqu’à la fin de son mandat. Le général est quelqu’un de très réservé qui nous dit toujours à nous qui sommes ses collaborateurs, vous avez intérêt à bien travailler parce que si vous faites mal, la nation vous demandera des comptes. Il n’était pas mû par l’appât du gain. Ce qui le préoccupait plus, c’est la satisfaction des populations, comment faire pour que le pays soit cité en exemple.
A plusieurs reprises, il m’a donné de très bons conseils par rapport aux relations humaines. Moi je dis que la nation béninoise a perdu un très grand homme, j’aurais souhaité que le général soit encore vivant surtout en cette période-ci où nous sommes entrain d’organiser les prochaines élections présidentielles. J’avais moi, la conviction qu’il devrait être d’une grande utilité, mais Dieu en a décidé autrement. Je peux dire que moi j’ai trouvé un homme assez constant dans les principes et la rigueur. Lorsque la Conférence de 1990 s’est tenue et qu’il s’est retranché avant de revenir au pouvoir, il a changé parce qu’il a eu le temps de mieux connaître le Bénin. Son espoir pour le Bénin n’a pas pu se concrétiser tel qu’il le voulait. Nous avons gardé de très bonnes relations après son départ du pouvoir et lorsque nous échangeons, c'est avec un pincement au cœur, qu'il raconte ses insatisfactions. Mathieu Kérékou a été un grand homme pas seulement pour le Bénin, mais on peut dire pour l’Afrique parce qu’il a permis de régler beaucoup de problèmes. C’est une grande perte pour tout le continent. Des présidents comme Mathieu Kérékou, je ne sais pas si on en a connu beaucoup. C’est ce que nous devrions retenir. Evidemment, les Béninois n’aiment pas apprécier les choses telles qu’elles se présentent. C’est après, quand ils sont pris au cou qu’ils commencent à apprécier. Et c’est maintenant que nous apprécierons monsieur Mathieu Kérékou parce qu’il nous a quittés et chacun de nous viendra, j’en suis sûr, dire un peu de ce qu’il sait. Il y en a qui diront la vérité, d’autres mentiront pour se faire valoriser. Il va falloir que nous choisissons, nous citoyens parce que l’homme n’est pas du genre à se vanter d’avoir fait quelque chose. C’est quelqu’un de très effacé qui aime profondément son pays et son peuple. Il aimait le Bénin en entier, non pas une partie ou une région, et cela se remarquait lorsqu’il faisait la promotion des cadres et lorsqu’on prévoyait des projets, des programmes de développement. Enfin, c’est quelqu’un qui sait aller au charbon quand il le faut».

Propos recueillis par Josué F. MEHOUENOU

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Kouessan Djagoué : «Un patron de presse fabriqué par Mathieu Kérékou »

« La mort du général Mathieu Kérékou est une grande perte pour la nation béninoise. Je suis un patron de presse fabriqué de toute pièce par le président Mathieu Kérékou. Quoique de la presse privée qui ne partageait pas forcément les mêmes idéaux révolutionnaires que lui, Mathieu Kérékou m’emmenait avec lui dans tous les voyages officiels à l’extérieur. Ce qui m’a permis de côtoyer bien de chefs d’Etat africains. MK était un homme qui s’adaptait à toutes les époques. Son seul objectif, c’était la paix et la réconciliation de tous les fils du Bénin.
Grâce au président Mathieu Kérékou, j’ai appris à faire de la politique. C’est ainsi que j’ai brigué la présidentielle en 1991 et en 2006. Alors pour me chahuter, il m’a demandé : Eh ! Djagoua (c’est comme cela qu’il m’appelait), tu veux toi aussi être président ? Et de me traiter de voyou qui peut vendre sa mère. Puis, il m’a pris en amitié et nous sommes restés amis.
Mathieu Kérékou était un homme très attaché à son marxisme léninisme dont il n’avait pas été facile de le départir. Mais il a fini par lâcher du lest à la Conférence nationale. Tant il était entouré des meilleurs cadres qui l’en ont dissuadé.
A la Conférence nationale, lorsque son ‘’farceur’’ de Mohamed Cissé avait fait plané sur les travaux l’ombre d’une certaine intervention militaire libyenne, le président Mathieu Kérékou a rassuré les participants qu’il n’y aura rien. Ce qui a permis de conduire les travaux à terme.
Que le père céleste le reçoive donc à sa droite pour le bonheur du Bénin !»

Propos recueillis par Par Edgard COUAO-ZOTTI

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Professeur Albert Tévoèdjrè : «Mathieu Kérékou part et nous laisse à réfléchir»

«Mathieu Kérékou, l’art de savoir s’adapter ; l’art de connaître qu’on peut se tromper, l’avouer et de demander pardon et permettre au changement de s’installer. C’est ce qui a été fait. Nous aurions pu être une nouvelle Guinée. Nous aurions pu être un pays de tragédie meurtrière. Cela n’a pas été le cas. Donc, quelles que soient les erreurs qu’il a pu commettre ou que les gouvernements de Kérékou ont pu connaître, il a tenté de refuser la corruption quand il a dénoncé les cadres pourris, les cadres manqués comme il a dénoncé le refus du bon sens (…) Tout ceci nous permet aujourd’hui de nous remettre en cause et de tirer des leçons. Voilà l’homme qui part et nous laisse à réfléchir. Nous devons véritablement nous mobiliser pour que les années qui viennent, nous soyons habités par le bon sens de Kérékou, sa rationalité, sa volonté de servir le pays, sa discipline (…) C’est autant de souvenirs que je garde de lui pour dire que j’ai eu beaucoup de bonheur à travailler avec lui et à promouvoir sous son régime, une notion qui m’est très chère à savoir : la nécessité de conquérir ensemble le minimum social commun… »

Propos recueillis par Thibaud NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

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François Codjo Azodogbéhou : « Je retiens deux éléments importants du général Mathieu Kérékou »

«C’est un neveu qui m’a annoncé par téléphone l’information entre 17 et 17h30. La nouvelle est poignante pour moi. Le général Mathieu Kérékou que j’ai connu, que j’ai servi pendant de longues années, n’a pas vécu en vain. Il a accompli sa mission avec succès. Je retiens deux éléments importants de cette mission. Ce n’est pas tellement le coup d’Etat ou le changement instantané d’un gouvernement, mais c’est surtout l’acte du 30 novembre 1972 où pour la première fois au niveau de l’Etat, au plus haut sommet, on a pu dire ce que personne n’ose dire jusqu’à présent ou n’osera dire même dans une campagne électorale que «…la caractéristique fondamentale et la source première de l’arriération de notre pays est la domination étrangère ». Tous les autres propos que nous entendons ce n’est que de bavardages. Si on ne part pas de cette base, il est impossible de proposer quelques programmes de développement qui donnent satisfaction au peuple béninois et à notre pays, la République du Bénin.
La deuxième chose que j’ai retenue de l’homme c’est son courage. Non seulement pour ses trois glorieuses successives (30 novembre 1972, 30 novembre 1974 et 30 novembre 1975), mais surtout le 16 janvier 1977 où l’homme est parti s’installer à l’Etat major des Armées et a dirigé la résistance à l’agression des mercenaires. Il y aurait eu la moindre faille que ce serait la débandade. Celui-là a su ce qu’il veut et ce qu’il doit faire pour son peuple qu’il a conduit dignement. Ce n’est pas pour rien qu’il a fait 18 ans au pouvoir avec la Révolution parce qu’il a compris que la Révolution doit sortir des camps. Ce n’est pas une affaire des militaires mais plutôt l’affaire des masses. Il a laissé faire la réforme de l’administration territoriale qui a conduit à l’éveil des populations. Il a conduit bien d’autres réformes qui sont au bénéfique du peuple et du pays.
Propos recueillis par Thibaud NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

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Actualités 15 oct. 2015


Deuil national: Mathieu Kérékou, une empreinte indélébile sur le Bénin

Le mercredi 02 septembre dernier, il bouclait officiellement ses 82 ans. Sans doute qu’il avait un peu plus dans la réalité mais qu’importe ! Ce qui compte désormais, c’est le parcours remarquable de l’homme qui, depuis hier, a entamé le grand voyage. Un homme dont la disparition ne laissera personne indifférent, tant il aura marqué et façonné l’histoire du Bénin, un homme qui, désormais, parlera plus que jamais par le silence…

C’était un jeudi, le 26 octobre 1972, par un temps bien ensoleillé, qu’il fit son apparition fracassante sur la scène politique béninoise. C’est ce mercredi, 14 octobre, à douze jours de la date anniversaire de sa naissance à la politique agissante, après une pluie battante, qu’il aura choisi pour nous donner le dos et partir les pieds devant. Entre les deux événements, 43 ans jour pour jour se seraient écoulés dans 11 jours. 43 ans durant lesquels le nom du général Mathieu Kérékou a toujours été associé à la vie du Bénin. Et pour cause, l’homme dont on parlera désormais au passé et avec plus de respect encore, aura passé 28 ans, 5 mois et 11 jours au pouvoir. Un record remarquable dans ce pays où, avant lui, l’instabilité politique, consubstantielle aux coups d’Etat répétés, était le sport favori. Pourtant, en ce 26 octobre-là, le commandant Mathieu Kérékou n’était objectivement pas attendu pour être la vedette. Mais c’est lui qui entrera dans l’histoire.

Comme un cheveu sur la soupe ?

Ce 26 octobre 1972 là, soit le commandant Mathieu Kérékou dont la réputation de justicier, redresseur de tort, était faite au camp au point de lui valoir le surnom de « Zorro » avait réussi l’exploit d’être des deux ou trois coups d’Etat qui se préparaient pour renverser le « monstre à trois têtes » qui dirigeait le Dahomey, soit il n’était associé à aucun des coups en préparation. Dans un cas comme dans l’autre, il est finalement apparu comme le point d’intersection des coups ourdis, et l’homme de synthèse qui devait ramasser la mise. Comme un cheveu sur la soupe donc, il se voyait projeter au devant de la scène. Démarche altière, voix chevrotante voire hésitante, celui qui deviendra « le Grand camarade de lutte » après avoir proclamé le marxisme-léninisme, promis que «la branche ne se cassera pas dans les mains du caméléon», débaptisé le Dahomey pour en faire le Bénin, en avait assez, d’autres compagnons avec, de voir son pays affublé du qualificatif peu glorieux d’« enfant malade de l’Afrique», justifié par l’instabilité chronique faite d’une dizaine de coups d’Etat entre 1963 et 1972 et autant de chefs d’Etat en si peu de temps. Lui et ses amis, sinon ses amis sans lui, avaient donc décidé de prendre leurs responsabilités et de tourner les pages sombres. En ces années-là, en effet, les rivalités entre les trois acteurs politiques majeurs, Hubert Maga, Justin Tomètin Ahomadégbé et Sourou Migan Apithy, ne cessaient d’empoisonner la vie nationale. L’ambition des putschistes était grande, la volonté sans doute plus grande encore. Les efforts engagés étaient-ils à la hauteur des espoirs suscités ? Le moins qu’on puisse dire est que le résultat était mitigé. Mitigé au plan sociopolitique, mitigé au plan de l’éducation malgré l’institution de «l’école nouvelle», mitigé au plan économique. Si mitigé qu’il obligea le révolutionnaire à concéder qu’il était temps de passer à autre chose.

Conversion à la démocratie

Aussi accepta-t-il d’organiser, après 17 ans de règne, de solder les comptes de la révolution sur l’autel du renouveau démocratique qui naîtra de la Conférence nationale qu’il eut le génie politique de convoquer pour février 1990, afin d’organiser une transition pacifique. A l’occasion de ce tournant historique, le côté imprévisible mais aussi le grand sens de l’Etat du général se seront manifestés. De nombreuses sources rapportent qu’il aurait bien pu faire capoter la Conférence nationale. Il n’en fut rien. Au contraire, il s’engagea fermement à faire appliquer ses décisions dans la discipline. Ce 28 février 1990 donc, le Bénin renaissait à la démocratie. Autant dire que la partition du président Mathieu Kérékou ne fut pas négligeable. Puis, il travailla avec les autres acteurs de premier plan, à en asseoir les bases. Pendant un an, il ne fut pas pris à défaut sur son engagement. Même quand, lors de la présidentielle de 1991, certains l’engageaient à contester la victoire de son challenger, c’est un silence éloquent qu’il leur opposa, se repliant littéralement dans sa tanière.

Répit, repos et retour…

Après avoir exercé le pouvoir sans répit pendant 17 ans donc, le «camarade» redevenu «monsieur» à la faveur de la Conférence nationale, va être quelque peu délesté de son pouvoir. En effet, s’il garde la présidence de la République sous la transition d’un an qui suivit ces assises historiques, ce ne fut plus qu’à titre honorifique, le Premier ministre Nicéphore D. Soglo étant chef du gouvernement. Mais, en bon militaire, le général savait être discipliné. Il respecta donc le pacte social conclu au PLM Alédjo du 19 au 28 février 1990 et put voir son autorité réduite. Il sera ensuite contraint au repos dès le 4 avril 1991 quand le Premier ministre lui infligea une défaite électorale à l’occasion du second tour de la présidentielle de cette année-là qui les opposa. Nicéphore D. Soglo s’imposait largement face au président Mathieu Kérékou dépouillé de l’essentiel de ses prérogatives à la suite de la Conférence nationale : 67,73% des suffrages (873.790 voix) contre 32,27% (416.257 voix). Ensuite, l’homme du 26 octobre 1972, considéré désormais aussi comme l’homme de la Conférence nationale, se retira littéralement comme en ermitage dans sa résidence dite des filaos, pour ne refaire une vague apparition publique qu’en décembre 1995, lors du Sommet de la Francophonie qui se tenait à Cotonou. Une façon de prendre le pouls de la situation dans la perspective de son retour annoncé aux affaires ? Toujours est-il que quelques petits mois plus tard, en février-mars 1996, monsieur Mathieu Kérékou revenait au devant de la scène, comme challenger de son successeur, à qui il reprendra son bien qu’il lui avait confié cinq ans plus tôt. Si Nicéphore D. Soglo, qui a vainement recherché le K.O. dès le premier tour, confiant en la magie de ses performances économiques arrivait en tête du scrutin avec 35,69% des suffrages (596.371 voix), le vieux général sorti de sa retraite le talonnait avec 33,94% des suffrages (567.084 voix). Pour arbitrer ce duel, Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale de 1991 à 1995, qui a perdu le perchoir au profit de Bruno Amoussou soutenu par le pouvoir, et ce dernier essentiellement; celui-là se positionnant 3ème avec 19,71% des suffrages (329.364 voix) et celui-ci 4ème avec 7,76% des suffrages (129.731 voix). A la stupéfaction du pouvoir sortant, ils choisirent d’appeler à voter pour Mathieu Kérékou, estimant que la démocratie chèrement acquise était déjà menacée. Et c’est sans grande surprise mais au grand désespoir des partisans de Soglo que le 18 mars 1996, le vieux Kamélélon «remontait en haut» (selon sa propre expression), avec 52,49% des suffrages (999.453 voix) contre 47,51% des suffrages (909.626 voix). Autant dire que la partie fut serrée. Ainsi revenu au pouvoir le 6 avril 1996, il y passera encore dix ans devenant le premier président de l’ère du renouveau démocratique à rempiler. En effet, large vainqueur du 1er tour tenu le 4 mars 2001 avec plus de 47% des suffrages (1.127.100 voix), contre 28% pour Nicéphore Soglo (672.927 voix), le Kaméléon devra finalement affronter le 4ème du 1er tour, son ministre d’Etat Bruno Amoussou (à peine 7% des suffrages), Nicéphore D. Soglo refusant de participer au second tour, en dénonçant des «tripatouillages» et une «mascarade» ; suivi en cela par le 3ème, Adrien Houngbédji (13% des suffrages), qui respectait ainsi un accord politique intervenu deux ans plus tôt, quand il regagnait le perchoir de l’Assemblée nationale avec le soutien de la R.B. notamment. Le 22 mars 2001, c’est par un score digne de son épopée révolutionnaire que Mathieu Kérékou conservait son fauteuil : 84,06% des suffrages contre 15,94% pour Bruno Amoussou. Mais au bout de dix années le général-président ne semblait pas pressé de devoir quitter les affaires. S’il ne formula jamais officiellement un quelconque vœu dans ce sens, ses thuriféraires entreprirent sérieusement de lui ménager un sauf conduit pour se maintenir au pouvoir à travers une révision de la Constitution qui y aurait aidé. En tout cas, c’est à pas de tortue, son animal totem, qu’il quitta finalement la scène…

Tumultes

Le séjour du président Mathieu Kérékou à la tête du pays ne fut pas toujours un long fleuve tranquille. Surtout pas. Par ces temps de révolution marxiste-léniniste où la rhétorique ambiante était incisive, dirigée contre « les réactionnaires » et autres « ennemis de la Révolution », il va sans dire que le général ne comptait pas que des amis. Comme souvent aussi sous les régimes du genre, la complotite semblait de mise. Sans doute que de réelles velléités de putsch ont existé, autant que des complots factices ont pu être imaginés, tous finalement avec des conséquences énormes. C’est l’un de ses coups (réel ou factice ?) qu’aurait envisagé Janvier Assogba, un des pères du coups du 26 octobre 1972, pour reprendre le pouvoir à celui qu’il avait contribué, semble-t-il, à y installer. A l’époque, en langage révolutionnaire correct, on parlait d’ « odieux complot ourdi par l’impérialisme international » avec le relais de ses « valets locaux ». C’est le cas aussi de la mémorable agression du 16 janvier 1977, censée le déloger du palais de la Marina et qui fera flop, malgré l’armada déployée sur Cotonou. Un bon génie veillait certainement sur l’homme, sinon qu’il était verni…
Mathieu Kérékou, le révolutionnaire, quoique présenté comme profondément humain et humble par ses proches, entendait honorer son statut. Ceux qui osaient se mettre en travers de sa révolution payaient leur témérité du prix fort. Condamnations à mort multiples, exil, prison de longue durée furent le lot de ceux-là, dont de nombreux, revenus au pays ou libérés à l’occasion de la Conférence nationale, feront la paix avec lui, collaboreront même avec lui. Aujourd’hui encore, certains qui auraient pu y passer, exercent d’éminentes fonctions dans le pays. Tout cela illustre le côté imprévisible de l’homme. Ce qui restera une de ses marques de fabrique. Autant que son sens de l’humilité qui n’a pas faibli malgré la grandeur qu’il a connue. Combien de fois, par exemple, a-t-on entendu le général Mathieu Kérékou, depuis qu’il a quitté le pouvoir le 6 avril 2006, se prononcer sur la gestion du pays après lui en prenant parti, ou en critiquant les acteurs du moment ? N’enseignait-il pas que si «l’on n’a rien à dire de plus beau que le silence, il faut se taire» ? Désormais, c’est de ce silence d’or qu’il parlera…

Actualités 15 oct. 2015


« Connaître la Justice, ses animateurs et les diverses procédures »: La contribution de trois magistrats à l’éducation juridique des populations

Quel contenu donner à l’adage « Nul n’est censé ignorer la loi » dans un contexte où l’analphabétisme et l’instruction approximative grèvent d’hypothèque l’édification du citoyen, alors que l’Etat, débiteur de l’éducation à l’égard de ses enfants, fait preuve d’une mauvaise volonté à s’en acquitter ? Les magistrats Michel Romaric Azalou, Armel G.A.S. Azodogbèhou et Jacques F. Azalou-Tokpassi ont entrepris de donner sens à l’adage. A travers « Connaître la Justice, ses animateurs et les diverses procédures », un ouvrage collectif qu’ils ont mis sur le marché en août dernier.

A la parution de l’ouvrage, Armel G.A.S. Azodogbèhou est magistrat, juge au tribunal de 1ère instance d’Allada, Jacques F. Azalou-Tokpassi, magistrat est, lui, substitut du procureur de la République près le tribunal de 1ère instance de Parakou. Quant à Michel Romaric Azalou, le meneur, il est docteur en droit privé (études de droit des affaires et sciences criminelles à l’Université de Perpignan en France). Magistrat, ancien président de tribunal, ancien procureur de la République, ancien doyen des juges d’instruction, conseiller à la Cour d’appel de Cotonou, enseignant-formateur dans divers domaines de droit. Les trois auteurs, par cette publication collective, entendent s’acquitter d’un devoir qu’on pourrait dire citoyen. Et ils ne revendiquent aucune gloire, aucun honneur particulier. Tout au plus s’obligent-ils à concéder qu’ils font œuvre pédagogique, pour se retrancher aussitôt derrière le voile sinon de l’humilité, du moins de la discrétion du serviteur qui a accompli sa part de devoir et sait que d’autres doivent jouer leur partition pour que la symphonie s’achève. Cela fait même l’objet de leur avertissement. «Tout en témoignant nos profondes gratitudes à nos lecteurs, nous tenons, écrivent-ils, à les exhorter à répandre autour d’eux les connaissances acquises de la lecture du présent manuel pour le recul des frontières de l’ignorance dans la société béninoise». Mieux, perfectionnistes à l’envie, ils avertissent que «Ces connaissances peuvent être approfondies ou complétées par tous autres moyens…» dont le recours à des professionnels pour ne pas s’en prendre après aux auteurs et, plus encore, aux magistrats en général… Surtout que le tableau n’est pas forcément reluisant en ce qui concerne la perception de ceux-ci dans l’opinion.

Désamour entre le peuple et sa justice ?

Le premier président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, ne constate-t-il pas dans sa préface qu’«il y a aujourd’hui, comme un désamour entre le peuple et sa Justice» ? Que «celle-ci est accusée par les citoyens d’être lente, inaccessible, imprévisible et inégale pour tous» ; faisant l’objet «d’attaques de toutes parts parce qu’incomprise» ? Aussi se réjouit-il de ce que «le présent ouvrage, de par son titre évocateur de dissipation de ces malcompréhensions, sans prétendre réparer tous les torts dont on accable l’institution judiciaire, a au moins le mérite de tenter de faire connaître un pouvoir mal connu». Et s’enthousiasme-t-il à l’idée d’imaginer que l’ouvrage permettra au public « de savoir comment fonctionne la justice, comment elle est saisie, les divers recours pouvant être exercés par les citoyens en cas d’insatisfaction…». D’ores et déjà, Ousmane Batoko se satisfait de noter que l’ouvrage est écrit «dans un style clair et limpide, débarrassé autant que possible du jargon juridique». Donc en français facile pour la compréhension au lecteur. Ceci ne découle-t-il pas de la volonté des auteurs de faire œuvre de pédagogie ? Assurément !

Un ouvrage pédagogique

Comment comptent-ils faire remplir au livre sa vocation pédagogique ? Armel G.A.S. Azodogbèhou, Jacques F. Azalou-Tokpassi et Michel Romaric Azalou, comme en salle de cours ou dans une partie d’incollables, procèdent par jeu de questions-réponses au soutien d’une démarche tripartite. Qui, de prime abord, amène le lecteur à connaître la justice et ses animateurs, par une logique presque d’approche par compétence faite d’appropriation des notions, à travers l’emploi du «je» dans l’intitulé des parties : «Je connais la justice et ses animateurs». Une démarche qui va ensuite instruire le lecteur à propos des formalités à remplir pour saisir la justice. «Je veux saisir la justice ou je suis invité à la justice. Comment faire ? (Les diverses procédures)». Une démarche enfin qui va rappeler ou enseigner au lecteur les voies de recours pour garantir une meilleure protection de ses droits.
Si la première partie est subdivisée en deux chapitres le long desquels on apprendra à connaître ou à reconnaître, entre autres, la justice et les juridictions, les compartiments de la justice, les acteurs de la justice étatique et les auxiliaires de justice internes au service public, les auxiliaires de justice extérieurs au service public, la deuxième partie (en 3 chapitres) éclaire le lecteur sur les parties au procès, procès pénal et civil notamment, ainsi que sur les différentes étapes de la procédure y conduisant, ou les comportements des parties devant les juridictions ; sans oublier les modalités de saisine desdites juridictions, les étapes du procès et les diverses décisions qui en découlent. Puis, dans la troisième partie, en toute logique, les auteurs ambitionnent d’enseigner au lecteur les voies de recours, comme pour rappeler et donner un contenu au principe de double degré de juridiction ; et permettre au lecteur-justiciable insatisfait de ne pas se perdre en imprécations contre les magistrats ou, plus généralement, les acteurs de la justice ; mais de savoir qu’il a la possibilité de déférer les décisions contestées à un niveau supérieur d’appréciation. A ce propos, les différentes voies de recours tant en matière pénale que civile, sont exposées.
Par ailleurs, le caractère hautement pédagogique de l’œuvre émerge de la volonté de synthèse et de fixation des connaissances dans l’esprit du lecteur, qui procède de la méthode, en fin de chaque partie, du «Ce qu’il faut retenir» et « des erreurs à ne pas commettre» comme pour dire que le lecteur, au sortir de chacune des trois parties de l’ouvrage, doit au moins retenir quelque chose de basique relativement à la connaissance de la justice et de ses animateurs.
Au total, cet ouvrage apparaît comme un véritable manuel, un précis de droit consacré à la connaissance de la justice et de ses animateurs, ainsi que des diverses procédures. Il aurait pu valablement s’intituler «La justice expliquée aux nuls» ou « la justice expliquée aux profanes»… Ceux-ci auront tout l’heure, en parcourant le livre, d’être édifiés sur, entre autres, «la justice et les juridictions, les compartiments de la justice, la saisine des juridictions pénales, la saisine des juridictions civiles, commerciales et sociales, les étapes du procès, les diverses décisions, les différentes parties d’une décision de justice, la nature des décisions de justice, les formulaires de saisine des juridictions, le réquisitoire introductif d’instance…»

Droits et Devoirs 15 oct. 2015


Vie des institutions de la République: Six nouveaux membres de la HCJ prêtent serment

Le président de la République a reçu, hier mardi 13 octobre, le serment de six nouveaux députés appelés à servir comme juge à la Haute Cour de Justice. Il soutient la nécessité de réformer l’institution.

Candide Azannaï, Adam Bagoudou, Benoît Dègla, Valentin Djènontin, Sacca Lafia, Edmond Zinsou, tous issus de la 7è législature font leur entrée à la Haute Cour de Justice. Ces nouveaux juges ont dit, conformément à la Constitution du 11 décembre 1990, leur serment devant le bureau de l’Assemblée nationale et le président de la République. Ils ont promis «de remplir leurs fonctions, de l'exercer en toute impartialité, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, et de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence de la HCJ».

Après avoir reçu leur serment, le chef de l’Etat a réitéré aux nouveaux juges la ferme détermination de son gouvernement à poursuivre la lutte contre la corruption. Mais Boni Yayi déplore l’inaction de cette institution constitutionnelle chargée de juger le président de la République et les ministres, en cas d’infraction commise dans l’exercice de leur fonction. La raison, la complexité de la procédure de mise en accusation dans laquelle le Parlement joue un rôle essentiel. Il en veut pour preuve les six dossiers transmis par son gouvernement qui, en dépit des efforts de l’Exécutif, sont restés sans suite. «Nous réalisons qu’en l’état actuel de ses textes, les missions sont difficiles à accomplir. Cette procédure complexe et tributaire en bonne partie du bon vouloir des députés, donne à penser que l’accomplissement de la mission de la Haute Cour de Justice est une gageure», souligne-t-il.
Pour le président de la République, il y a nécessité d’opérer des réformes pour simplifier la procédure et permettre aux juges de la HCJ de disposer des éléments pour accomplir leur mission. «L’heure est venue pour que la réforme se fasse sans délai. Il faut introduire des amendements dans la loi fondamentale», conclut-il.

Actualités 14 oct. 2015


L’auteure Magali Brieussel à Cotonou sur invitation de l’Association Katoulati: Une série d’activités autour du livre et des contes

Depuis hier, mardi 13 octobre, des auteurs béninois et étrangers suivent une formation en écriture au siège du portail culturel Bénincultures. Ladite formation, assurée par l’auteure Magali Brieussel (Tardivel-Lacombe) sur invitation et sur initiative de l’Association culturelle Katoulati devrait par la suite déboucher sur une série d’autres initiatives.

La formation organisée depuis hier au profit de jeunes auteurs du Bénin et d’autres pays n’a rien de classique. Loin des séances académiques qui soumettent souvent les impétrants à des rythmes contraignants, infernaux et sans grands résultats, l’Association Katoulati, initiatrice de la présente session, a fait appel à une auteure, Magali Brieussel, connue comme étant une grande professionnelle dans le monde des livres et même du conte. C’est d’ailleurs au détour d’un de ses séjours à Cotonou, dans le cadre d’une invitation à elle faite par l’Institut français que le lien avec Patrice Toton, président de l’Association Katoulati a été scellé, il y a deux ans, se souvient, nostalgique ce dernier. Une rencontre fortuite entre amateurs du conte, des livres, de la parole et des scènes qui a fini par accoucher de plusieurs projets dont l’un des plus importants se déroule depuis hier au profit de jeunes auteurs, pour ne pas dire des auteurs en herbe. Pendant la durée de cette formation, il sera question pour les participants de s’imprégner de petites notes et astuces qui leur permettront de peaufiner leur style, de le rendre plus digeste et accessible au public.

«L’approche sera ludique», a promis la formatrice qui dit vouloir offrir des pistes de réflexion aux impétrants. Pour ce faire, chaque séance de formation s’ouvrira par des jeux et le déroulé fera une place de choix à des exercices d’imagination comme déclencheur. Une telle option aura pour avantage, selon Magali Brieussel de retravailler la conception du récit au niveau des auteurs. Connue elle-même comme un "seigneur" des récits courts, la formatrice se propose aussi d’aider ses «élèves» à «travailler sur comment écrire». Une manière de leur permettre d’exister, puisque, pour Joël Ajavon, auteur togolais présent à cette formation, «écrire c’est exister…aller à la quête de l’autre».

De Cotonou à Zinvié

Le séjour de Magali Brieussel à Cotonou, du moins sa collaboration avec l’Association Katoulati ne se limitera pas à la formation des jeunes auteurs. Un vaste projet de collecte des contes du Bénin est aussi en cours de finalisation et pour ce faire, selon les détails donnés par Patrice Toton, son hôte est attendu à Zinvié le 19 octobre prochain dans le cadre d’une soirée de contes. «Nous allons lui permettre de découvrir l’ambiance des contes au village, avec le clair de lune, les lampes à pétrole…», explique Patrice Toton. En réalité, si le président de l'Association Katoulati s’est senti obligé de conduire Magali Brieussel «en brousse», c’est surtout pour la collecte des contes. Lesquels contes seront travaillés et mis en forme par elle en vue de la finalisation d’un ouvrage de contes.

Culture 14 oct. 2015


Promotion des TICs: Le Bénin rend opérationnel son nouveau câble sous-marin

Le câble sous-marin ACE a été mis en service, hier mardi 13 octobre à Cotonou, par le président de la République. Il est sensé apporter du très haut débit internet aux populations béninoises.

C’est sans nul doute un grand pas de franchi dans la démocratisation des services de télécoms au Bénin. Le câble sous-marin ACE est désormais opérationnel, avec une capacité installée de 40 Gigabits dont 5 Gigabits mis en service. Cet investissement presque révolutionnaire vient ainsi doubler la capacité de la bande passante béninoise, offrant aux opérateurs des télécoms les moyens de proposer des services internet de qualité et à moindre coût aux populations. Ce nouveau câble, indique Katrina Sharkey, représentante résidente de la Banque mondiale à Cotonou, vient concrétiser le programme régional d’infrastructures de communication (WARCIP) dont l’objectif est de promouvoir des services internet haut-débit en Afrique de l’Ouest, en connectant les pays la sous-région au niveau câble ACE.
La Banque mondiale a apporté son appui au projet à hauteur de 30 millions de dollars US, soit environ 17,5 milliards de francs CFA. Ce crédit, informe Katrina Sharkey, vient accompagner l’initiative gouvernementale visant à développer le haut-débit par le financement de la participation du Bénin au consortium ACE, et la réforme de la politique sectorielle, par la promotion du partenariat public-privé. L’optimisation des capacités de cette infrastructure tient à cœur à l’institution financière internationale d’autant que le secteur des télécoms est devenu aujourd’hui un contributeur important au Produit intérieur brut du pays. En 2014, les revenus des télécoms sont estimés à près de 258 milliards de francs CFA, informe la Banque mondiale qui souligne qu’une augmentation de 10% du taux de pénétration du mobile se traduira par une augmentation de 4,5% du PIB. « Ce projet permettra non seulement au pays de disposer d’une infrastructure de communication internationale de très haut débit, mais aussi de proposer des services de communication abordables et de meilleures qualités à tous les citoyens béninois», insiste la représentante résidente.

Bénin Quartier numérique ?

Etienne Kossi, ministre en charge des TICs soutient que la mise en service du câble sous-marin ACE répond à la vision du gouvernement de faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique. Ce nouveau câble, précise-t-il, vient augmenter la capacité d’accès du pays en même temps qu’il offre des garanties de sécurité. «Les deux câbles seront en redondance. Cela viendra régler de façon définitive le problème de coupure d’internet», assure le ministre.
«Ce projet concourt à notre vision de faire du Bénin un hub de négoce et de services à forte valeur ajoutée», déclare le président de la République. Boni Yayi estime que le câble sous-marin ACE vient doper le gouvernement dans sa politique de promotion de l’économie numérique. «L’économie numérique est un instrument d’éradication de la pauvreté et si nous nous organisons bien, nous pouvons passer à une croissance à deux chiffres à court terme», gage-t-il. Le câble pour lui viendra ainsi aider à accélérer le processus de création de richesse et créer les conditions de promotion de l’emploi dans le secteur des TICs.
L’atterrissement du câble sous-marin ACE s’inscrit dans le cadre du projet African Coast to Europe (ACE). Parti de la France, il a traversé 14 pays avant d’arriver sur les côtes béninoises, en avril 2014. La gestion du câble sous-marin ACE se fera sur la base d’un partenariat public-privé, à travers l’ACE-GIE, un consortium mixte dont l’Etat béninois détient 54% du capital social. Mais le défi majeur reste l’extension du réseau de fibre optique sur toute l’étendue du territoire national. Le gouvernement projette le début des travaux de canalisation pour l’année prochaine.

Actualités 14 oct. 2015


Journée mondiale pour la vue: Mener des actions ardues pour prévenir la cécité

Le jeudi 8 octobre dernier, le monde entier a célébré la Journée mondiale pour la vue. Il s’est agi pour les différentes associations impliquées pour la cause de la vue, de mener des actions pour prévenir la cécité. L’accent a été mis sur l’initiative «Vision 2020» de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de ses partenaires.

Afin de prévenir la cécité dans le monde, l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale contre la cécité, et d’autres institutions, des gouvernements, des organisations de soins oculaires, des professionnels de santé, des institutions philanthropiques a initié «Vision 2020», qui a pour objectif principal le droit à la vue.

En effet, selon les statistiques, une personne devient aveugle dans le monde toutes les cinq secondes et un enfant devient aveugle toutes les minutes. On estime à plus de sept millions le nombre de personnes qui deviennent aveugles chaque année.
La cécité évitable touche souvent des personnes pauvres, qui n’ont pas accès à des services de soins oculaires de qualité. Elle est plus courante chez les plus pauvres, les femmes et les groupes marginalisés. 90% des aveugles dans le monde vivent dans des pays en développement et on compte au moins 9 millions d’aveugles en Inde, six millions en Chine et sept millions en Afrique. Le risque de cécité est de cinq à dix fois plus élevé chez les habitants des pays en développement que chez les personnes qui vivent dans des pays hautement industrialisés.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 300 millions de personnes sont malvoyantes, "un chiffre d'autant plus insupportable que 80 % des causes de cécité sont évitables".
«La Journée mondiale de la vue est consacrée chaque année au problème de la cécité dans le monde», selon l’Organisation mondiale de la Santé. Cette Journée vise à sensibiliser davantage l’opinion à la prévention et au traitement de la perte de l’acuité visuelle. Elle est axée sur l’engagement des gouvernements à faciliter l'accès aux services de santé pour la prévention et le traitement des affections oculaires.
Les principales actions de «Vision 2020» consistent à sensibiliser l'opinion. Il est préconisé à cet effet, de mobiliser des ressources supplémentaires, maîtriser les principales causes de cécité évitable, former des ophtalmologues et assurer la technologie et les infrastructures appropriées.

Les objectifs de «Vision 2020»

L'objectif de l'équipe de la Prévention de la Cécité à l'OMS est d'aider efficacement les Etats membres à prévenir ce mal et rendre la vue, quand c'est possible. La cible est d'arriver à réduire la prévalence de la cécité à moins de 0,5% dans tous les pays, ou moins de 1% dans n'importe quel pays.
En premier lieu, l'objectif concerté de l'élimination de la cécité évitable d'ici 2020 permettra à tous les partenaires de travailler de façon ciblée et coordonnée. La campagne concertée aidera à mieux sensibiliser le monde au problème de la cécité et à mobiliser des ressources supplémentaires pour prévenir ou traiter la cécité évitable.
En deuxième lieu, «Vision 2020» aidera à affiner et renforcer l'approche soins de santé oculaires primaires du problème de la cécité évitable, et ce sur la base de l’expérience déjà acquise aux niveaux national et international par les programmes en cours dans les pays.
En dernier lieu, l'Initiative cherchera à forger de vastes alliances régionales et, en dernière analyse, un partenariat mondial pour la santé oculaire. Ces partenariats sont indispensables si l'on veut affirmer dans le monde entier le droit fondamental à la vue et épargner ainsi aux générations futures le drame de la cécité évitable. Cette mission de lutte mondiale contre la perte définitive de la vue causée par les maladies oculaires prioritaires est faite à travers des objectifs principaux. Il est primordial de faire connaitre aux publics visés les causes et les solutions des maladies oculaires pouvant causer la cécité irréversible. Les ressources mondiales indispensables dans la mise en œuvre de cette action doivent ensuite être identifiées. Le but est finalement de faciliter la planification, l’essor et l’accomplissement des stratégies d’actions. Ces stratégies sont établies entre autres, pour la lutte contre les maladies oculaires prioritaires, le développement des ressources humaines ainsi que la dotation en infrastructures et technologies appropriées. Le but global est de rendre facile en terme d’accessibilité et de disponibilité les soins oculaires à travers les pays du monde concernés.

Santé 14 oct. 2015


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