La Nation Bénin...
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Les élections communales, municipales et locales tenues, l’attente des résultats semble faire place à l’anxiété au niveau des divers états-majors d’alliances de partis politiques en lice. A l’instar d’autres, l’Alliance pour un Bénin triomphant (ABT) est sortie de sa réserve vendredi 3 juillet dernier au siège de sa coordination communale à Natitingou, pour mettre en garde contre des risques de manipulation des résultats issus des urnes.
En compagnie d’élus de l’alliance dont Antoine N’dah, le coordonnateur communal de ABT, Cyrille Kouagou, n’y est pas allé de main morte pour dire qu’il y a eu des tentatives de manipulation des résultats issus du scrutin du dimanche 28 juin dernier. Des faits qui ont contraint les militants de l’alliance à maintenir l’état de veille jusqu’au convoyage des urnes vers la CENA à Cotonou. Après une nuit passée à la brigade de Djougou pour mettre en échec toute machination. C’est en effet suite à des informations faisant état d’une substitution des urnes et de procès-verbaux que le comité de veille de l’alliance qui réclame la majorité des sièges s’est mis en branle. Selon Cyrille Kouagou, après le décompte des voix dans les différents bureaux de vote, l’alliance ABT a procédé à son siège à la compilation des résultats arrondissement par arrondissement. Ces résultats comparés à ceux compilés par les coordonnateurs d’arrondissement et affichés sur les lieux présentent des tendances favorables à ABT. Ainsi cette alliance se retrouve-t-elle en tête avec neuf sièges pour sept sièges pour les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), deux pour l’alliance Soleil et un siège pour les Forces démocratiques unies (FDU). D’où toute sa hargne à défendre ses acquis contre vents et marées. L’alliance ABT invite donc les acteurs politiques à proscrire ces pratiques qui ne favorisent pas le jeu démocratique. Pouvoir devant rester au peuple.
Des tractations se mènent actuellement entre les autres forces politiques ayant enlevé des sièges pour le contrôle du conseil communal et dans cet exercice ABT n’est pas du reste.
Politique 06 juil. 2015

Les retombées de la visite du président de la République française, François Hollande, au Bénin, commencent par se faire enregistrer. Dans le cadre du renforcement de la coopération entre les deux pays, l’Agence française de développement vient d’accorder une enveloppe de 44 millions d’euros, soit environ 28,6 milliards F CFA au sous-secteur enseignement secondaire béninois. Cet appui permettra de renforcer la formation professionnelle.
En marge de la visite que le président français a effectuée hier, jeudi 2 juillet au Bénin, le directeur Afrique de l’Agence française de développement, Jean-Pierre Marcelli, a eu des échanges avec le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, de la Reconversion et de l’Insertion des Jeunes, Alassane Soumanou. Il lui a exprimé la volonté de son institution d’accompagner davantage, et ceci à compter de cette année 2015, le sous- secteur de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle au Bénin.
Cet appui à plusieurs volets d’un premier montant de 10 millions d’euros soit environ 6,5 milliards F CFA, a-t-il expliqué, est destiné à poursuivre la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière d’accès, de qualité et de pilotage du système éducatif béninois notamment dans les départements de l’Atacora, de la Donga, de l’Atlantique et du Littoral. Les réalisations essentielles sur le projet concernent la construction des plusieurs centaines de salles de classe, la rénovation et la déconcentration du dispositif d’encadrement et d’animation pédagogique pour un meilleur suivi accompagnement de l’ensemble des établissements et des enseignants. Il faudra y ajouter la prise en charge des frais de formation de nouveaux inspecteurs, la formation d’une centaine de conseillers pédagogiques, le renforcement de 100 inspecteurs, 400 conseillers pédagogiques et 2000 animateurs d’établissement des départements pilotes.
Par ailleurs, l’Agence française de développement a aussi décidé d’attribuer une autre cagnotte exceptionnelle de 16 millions d’euros environ 10,5 milliards F CFA à la formation professionnelle. Au total, ce sont 44 millions d’euros soit 28,6 milliards de F CFA qui seront injectés dans l’encadrement et la formation de la jeunesse béninoise.

Une délégation de l’Office national d’imprimerie et de presse, conduite par Reine Azifan, la directrice générale par intérim de l’office, a été reçue, hier jeudi 2 juillet, au siège de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). Elle a échangé avec Adam Boni Tessi, le président de l’institution de régulation en présence de quelques conseillers sur les 25 ans d’anniversaire du quotidien de service public La Nation.
« Le quotidien La Nation a 25 ans depuis le 2 mai dernier. La date retenue pour la célébration est le 9 juillet prochain ». C’est la quintessence de l’information que la délégation de l’ONIP conduite par la directrice générale par intérim, Reine Azifan, est allée porter hier jeudi 2 juillet à la connaissance du président Adam Boni Tessi et des conseillers.
Elle a ajouté qu’en de pareilles circonstances, l’équipe dirigeante avait l’habitude de se rapprocher des partenaires et des autorités pour recueillir leurs appréciations sur le travail qui se fait afin d’envisager les améliorations à apporter. « La HAAC ne saurait rester en marge de ces usages », développe la directrice générale par intérim qui a expliqué que la démarche visait également à adresser une invitation à l’institution sollicitée à être aux côtés de l’ONIP pour cette célébration.
Reine Azifan a également indiqué que la délégation de l’ONIP venait plaider pour que la HAAC pense à l’imprimerie de l’ONIP qui dispose d’équipements renouvelés par l’Etat mais dont malheureusement les agents se tournent trop les pouces par manque de travail.
Des informations et préoccupations que le président Adam Boni Tessi a trouvé préoccupantes et pertinentes. Mais c’est aux conseillers que celui-ci a passé la parole.
Lambert Dogo, premier rapporteur a salué la démarche de la délégation qu’il a qualifiée de marque d’attention. «Le journal fait du bon travail ; je souhaite que vous vous amélioriez. C’est une bonne équipe ; vous avez beaucoup de mérite mais également de contraintes», a-t-il apprécié avant d’ajouter que le journal constitue la vitrine dans la mesure où il passe dans tous les ministères et il dispose des ressources humaines de qualité. Sur cette base, il a félicité l’équipe pour tout le travail abattu.
Le conseiller Félix Adimi et le directeur de cabinet Rock Orou Sanni, sur le même ton, ont salué les efforts de l’équipe pour la qualité de la présentation ; le journal ayant connu une grande évolution. Reconnaissant la qualité de la rédaction, ils ont félicité le personnel pour les soins mis pour éviter aux lecteurs les coquilles qui demeurent désagréables au goût des lecteurs et autres annonceurs.
Des mérites que la conseillère Rosette Bessou Houngnibo a surtout reconnues avant de s’associer comme son prédécesseur aux manifestations qui sont prévues dans le cadre des 25 ans de La Nation.
En ce qui la concerne, Grâce Noutaïs Holo a invité l’équipe à améliorer le travail et à proposer des journées portes ouvertes pour permettre à la jeune génération de s’imprégner de ce qui s’y passe.
J’aime ceux qui osent
Pour le vice-président de la HAAC, Souleymane Ashanti, l’institution apprécie à sa juste valeur les efforts qui sont déployés à La Nation et à l’ONIP et s’associe aux manifestations qui s’y dérouleront bientôt. Toutefois, il a rappelé que l’institution de régulation entend jouer la partition que l’Etat lui a confiée.
«J’aime ceux qui osent. Il faut bien tenir. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, on vous encourage à continuer dans l’amélioration de la présentation», a conseillé, Adam Boni Tessi, clôturant les appréciations des uns et des autres. Le président de la HAAC a invité l’équipe à créer de nouvelles rubriques et à intéresser les collaborateurs extérieurs pour l’animation du journal.
En ce qui concerne l’imprimerie, il a invité l’équipe à nouer des contacts avec les commerciaux et spécialistes de marketing et à lui faire des propositions concrètes.
Des conseils que la directrice générale par intérim et sa délégation ont promis prendre en compte pour une meilleure présentation et de meilleures prestations en vue du rayonnement de l’Office.
Dévoilant le programme des manifestations, elle a expliqué qu’en avant-goût aura lieu le mercredi des enfants, mercredi 8 juillet prochain et qu'à cela succèdera la célébration proprement dite qui sera marquée par des Journées portes ouvertes les jeudi 8 et vendredi 9 juillet prochains.

Les efforts déployés par le chef de l’Etat pour le rayonnement international de son pays et son engagement pour la paix et la sécurité dans la sous-région lui valent aujourd’hui la reconnaissance de son homologue français. Hier, en marge du tête-à-tête entre les deux personnalités, Boni Yayi a été élevé à la dignité de Grand croix de la légion d’honneur en France. Dans le même temps, le chef de l’Etat béninois a fait de son homologue français Grand Croix de l’Ordre national du Bénin.
Le séjour de François Hollande au Bénin a offert l’occasion au pays de bénéficier d’un financement dans le secteur de l’éducation. Ce financement sera particulièrement consacré à la construction et l’équipement des salles de classes ainsi qu’un appui à la formation à l’entreprenariat. Les villes de Cotonou et de Porto-Novo ont aussi bénéficié d’un financement d’environ 20 milliards de francs CFA, destiné à mettre en œuvre des programmes d’assainissement devant permettre à ces deux villes de répondre aux défis des changements climatiques.
Deux visites importantes ont également meublé le séjour de Hollande au Bénin : le Centre de lutte intégré contre le paludisme (CLIP) financé par la France et la Bluezone de Zongo construit par le groupe français, Bolloré. Dans cette enceinte, le président français a échangé avec les jeunes boursiers de la Fondation Odon Vallet, doctorants en sciences de l’Environnement, jeunes militants d’ONG dédiée aux changements climatiques. François Hollande poursuit son périple africain, ce jour en Angola et au Cameroun, avec une forte délégation d’hommes d’affaires français et des personnalités du monde sportif, en l’occurrence Blaise Matuidi, joueur du Paris Saint Germain et de l’équipe de France.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute, la vitalité de la démocratie béninoise a pesé dans le choix de Cotonou comme première destination de son troisième voyage officiel sur le continent africain. « J’ai décidé de venir au Bénin parce que vous êtes aussi une référence sur le continent, pour le rythme de la démocratie, la régularité dans la tenue des élections. Si je suis ici, c’est aussi pour montrer qu’il y a des exemples à donner », martèle François Hollande, lors d’un message devant les membres des institutions de la République.
Le président français inscrit à l’actif du pays, deux alternances au pouvoir, une Constitution jamais tripatouillée, des élections régulières, preuves que le Bénin a réussi à donner à ses institutions une pleine tradition démocratique. Il a tenu à rendre hommage aux présidents Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Boni Yayi, trois présidents de l’ère du renouveau qui se sont employés à garder solide l’édifice démocratique béninois dans une sous-région qui traverse souvent des zones de turbulences. Pour lui le Bénin est attaché à la paix et aux droits de l’Homme comme son pays, la France. Les deux pays peuvent donc agir ensemble pour porter des valeurs communes et des initiatives.
Le défi sécuritaire dans la sous-région a toujours suscité l’intérêt du gouvernement béninois, et François Hollande l’a fait remarquer. «La France est à vos cotés pour la sécurité. Ce projet sur lequel vous avez travaillé demeure d’actualité. Nous n’intervenons pas forcément parce qu’un pays est attaqué. La France doit intervenir lorsqu’il y a menace du terrorisme. Et contre le terrorisme, il doit avoir une réponse commune », soutient-il. Pour lui, l’enjeu sécuritaire dans la sous-région va au-delà de la stabilité sur le continent africain, d’autant que ses répercussions n’épargnent aucunement les pays occidentaux. « En appuyant les Africains contre le terrorisme, nous nous protégeons aussi. Et la France avait aussi à honorer sa dette vis-à-vis de l’Afrique dont les soldats ont contribué à sa libéralisation lors de la deuxième guerre mondiale. Nous n’oublions rien de ce sacrifice», s’exclame-t-il. Mais Hollande soutient que la meilleure des manières, c’est d’accompagner les pays africains à renforcer les actions de développement porteuses de stabilité et de sécurité. Raison pour laquelle la France accorde du prix à l’éducation et à la formation.
Le rendez-vous de Paris sur le climat est crucial pour François Hollande qui dit compter sur la mobilisation des Etats africains pour trouver un accord sur les changements climatiques. «L’enjeu, c’est d’assurer à travers la lutte contre le réchauffement climatique, le passage pour le développement des pays comme le Bénin. Nous devons chercher l’accord et je sais que je dois compter sur votre soutien », martèle-t-il, ajoutant que derrière les changements climatiques, il y a la lutte contre les inégalités. Il conclut: «Nous avons besoin de l’Afrique et l’Afrique a besoin de la Conférence de Paris pour protéger notre planète. L’Afrique sera essentielle dans la réussite de cette conférence. La France sera toujours à vos cotés car nous partageons avec vous les mêmes ambitions, le respect de la nature et des droits humains».

Le chef de l’Etat français, était en fin de séjour au Bénin hier jeudi 2 juillet. Au nombre des deux projets de la Coopération française au Bénin qu’il a visités, au cours de son bref passage à Cotonou, se trouve en bonne place le Centre de lutte intégrée contre le paludisme (CLIP) logé dans l’enceinte de l’Institut des Sciences biomédicales appliquées (ISBA).
Accompagné du chef de l’Etat Boni Yayi, le président de la République française, François Hollande a pris connaissance de l’effectivité du Centre de lutte intégrée contre le paludisme (CLIP) implanté à Cotonou au Bénin. Les deux présidents, en tête d’une forte délégation officielle bénino- française, ont visité les grands compartiments de ce centre sous la direction d’Achille Massougbodji, professeur de médecine de parasitologie mycologie à la Faculté des sciences de la Santé de Cotonou, et médecin-chef du Laboratoire de microbiologie du CNHU .
En effet, le CLIP rassemble des institutions scientifiques en charge de la lutte antipaludique à savoir: l’Université d’Abomey-Calavi, le Centre de recherches entomologiques de Cotonou, l’Institut des Sciences biomédicales appliquées, l’Institut de recherche pour le développement, ainsi que l’Union des professionnels et des acteurs de la santé béninois vivant en France (UPAS).
Il permettra notamment de doter le Bénin de la plate-forme de recherche et de formation en biologie moléculaire et en protéomique la mieux équipée de la région en vue d’encadrer de jeunes chercheurs en leur offrant la possibilité de travailler dans un environnement scientifique d’excellence. Les résultats attendus concernent l’amélioration des outils de lutte anti-vectorielle et la mise au point de nouveaux médicaments pour prévenir et traiter le paludisme. Le CLIP fédère les activités concernant le paludisme au Bénin, en vue d’optimiser les interventions et recommandations du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Cette plateforme d’excellence favorise la mutualisation des moyens et l’optimisation des activités de recherche et d’évaluation des méthodes de lutte. L’un des axes majeurs est le développement d’un vaccin contre le paludisme gestationnel dont les essais cliniques sont prévus courant 2015.
Situation du paludisme au Bénin
Au Bénin, le paludisme constitue un véritable problème de santé publique et se situe au premier rang des maladies motivant la consultation et/ou l’hospitalisation dans les formations sanitaires. Il représente 45 % des motifs de consultation des enfants de moins de cinq ans. Il est également la cause de 43% des hospitalisations d’enfants de moins de cinq ans et de 44% de décès.
Le paludisme est une maladie transmise à l'homme par la piqûre de moustiques du genre Anophèles infectés par des parasites, les Plasmodiums. Responsable de plus de 198 millions de cas et de 584 000 décès par an, principalement chez les enfants en Afrique subsaharienne, le paludisme reste un problème de santé publique majeur. Il constitue également un frein au développement économique et social des pays du Sud.
Une étude scientifique conduite au Bénin par des chercheurs de l'Institut de recherche pour le Développement et du Centre d'étude et de recherche sur le paludisme associé à la grossesse et à l'enfance (CERPAGE Bénin) confirme les impacts néfastes des infections palustres submicroscopiques pendant la grossesse : anémie maternelle, naissances prématurées et faible poids de naissance des enfants. Les chercheurs montrent par ailleurs, que les techniques de biologie moléculaire s'avèrent plus sensibles que les examens microscopiques classiques pour diagnostiquer les infections palustres, avec 40 % des infections détectées pour les premières, contre 16 % pour les secondes.
Pour contrôler cette maladie, le Bénin a adopté et mis en œuvre les stratégies préventives et curatives recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Grâce à l’appui du Booster Program de la Banque mondiale, le pays a procédé en octobre 2007 à la mise à l’échelle des programmes de moustiquaires imprégnées destinées aux enfants de moins de cinq ans à travers une campagne de distribution gratuite sur toute l’étendue du territoire. La couverture des nouvelles cohortes d’enfants nés après la campagne a continué à travers l’octroi gratuit de moustiquaires imprégnées à ces derniers au cours de la vaccination anti rougeoleuse ainsi qu’aux femmes enceintes au cours de la consultation prénatale. Les Combinaisons Thérapeutiques à base Artémisinine (CTA) ont également été mises à disposition des communautés via les centres de santé et les Organisations non gouvernementales (ONG).

Le Bénin et la France partagent les mêmes visions de développement, en l’occurrence sur les questions liées aux changements climatiques. Boni Yayi et son homologue François Hollande l’ont encore martelé hier, jeudi 2 juillet, pendant le séjour du locataire de l’Elysée à Cotonou. Le rapprochement de l’axe Paris-Cotonou aussi !
Les autorités béninoises devront sans doute l’enregistrer comme un réel succès diplomatique. La visite hier du président de la République française vient davantage rapprocher l’axe Paris-Cotonou, avec à la clé un nouvel élan de coopération devant impacter les populations béninoises. Le tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat, doublé d’une réunion élargie entre les deux gouvernements, s’est soldé par la signature d’importants accords de partenariat. Ces accords hors domaines de concentration touchent notamment les secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle ainsi que l’appui des grandes villes béninoises à répondre au défi du changement climatique.
«Votre visite d’Etat traduit la qualité exceptionnelle des relations d’amitié qui lient nos deux peuples, une amitié qui plonge ses racines dans les liens séculaires qui unissent nos deux pays », indique le président de la République. Il se réjouit surtout de ce que le Bénin continue de compter parmi les 17 pays prioritaires pour l’affectation des moyens concessionnels de l’aide publique au développement.
Le document d’accord-cadre de partenariat 2006-2010 a permis au pays d’engranger 101 milliards de francs CFA, investis dans trois secteurs prioritaires : appui à la gouvernance démocratique et financière, atteinte des OMD, appui aux secteurs de l’enseignement supérieur de la recherche scientifique et de la culture. Cet accord a été renouvelé l’année dernière pour trois ans, avec une dotation de près de 70 milliards de francs CFA. Pour Boni Yayi, il vient surtout accompagner les réformes économiques majeures entreprises ces dernières années par son gouvernement, qui affiche une moyenne de croissance de 6%. « Le Bénin apparait comme le premier pays de l’UEMOA où le taux de pauvreté monétaire est le plus bas et fait partie des pays du continent attendus pour la réalisation d’au moins cinq des huit OMD », se vante le chef de l’Etat.
Même vision sur le climat !
La France et le Bénin partagent la même vision sur les changements climatiques, ce qui explique la forte attente du gouvernement Boni Yayi quant à la réussite de la conférence de Paris sur le climat. « La COP 21 reste une échéance cruciale pour engager les pays de la planète autour d’un accord qui limite le réchauffement de la terre à un niveau soutenable pour les générations présentes et futures», soutient Boni Yayi. Ce qu’il considère comme un rendez-vous de la dernière chance, insiste-t-il, doit pouvoir aboutir à un accord juridiquement contraignant, prévoyant un financement additionnel et adéquat sur l’opérationnalisation du Fonds mondial du climat. De manière à apporter une réponse efficace aux changements climatiques. Plus clairement, les attentes du Bénin concernent la facilitation de l’accès au Fonds vert pour le climat, la garantie de financement de la période post 2020, les transferts de technologies et le renforcement des capacités humaines. Boni Yayi mobilise également la France autour de l’enjeu énergétique de son pays. « Dans l’immédiat et pour tenir compte de sa situation de vulnérabilité chronique en matière d’accès à l’énergie, le Bénin voudrait travailler avec la France, sur des actions urgentes », plaide-t-il. Il évoque en l’occurrence la construction d’une centrale solaire d’une capacité de 20 Mw, la réfection et la mise en service opérationnel de trois centrales électriques d’une capacité totale de 36Mw., le renforcement de l’expertise de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité. Cotonou demande également le soutien de Paris pour abriter le siège de l’Agence africaine d’électrification. «Nous partageons la vision selon laquelle aucun développement n’est envisageable sans énergie dont la maîtrise est également source d’emplois pour les jeunes et les femmes », conclut-il.

Inculpé de viol sur mineure de 8 ans dans le cadre du 2è dossier inscrit au rôle de la 1ère session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou, le nommé Hadilou Dontoro, mécanicien auto, 33 ans, a été jugé et condamné hier jeudi 2 juillet à dix ans de travaux forcés. Mis sous mandat de dépôt depuis le 18 juillet 2012, il retourne en prison pour y passer encore sept ans et deux semaines.
Dans ses pulsions sexuelles, il jette son dévolu sur une petite fille de huit ans et l’apprend à ses dépens. Lui, c’est Hadilou Dontoro, condamné hier à 10 ans de travaux forcés, en vertu de l’article 332 du Code pénal qui prévoit et punit l’infraction du viol. L’audience est présidée par Epiphane Yéyé assisté des assesseurs Séïbou Boni Kpégounou et Noël Houngbo. Yaya Akodan, Clarisse Mandopa Dogo, Justin Franck Kanchémey et Ibrahima Aboudou étaient les jurés. Le greffier de l’audience s’appelle Me François S. Nougbodohoué.
Pour les faits, ils remontent au 13 juillet 2012 à Tassi-Tédji dans l’arrondissement central de Malanville. «La nommée Chérifath L. alors âgée de 8 ans, fut envoyée en commission par sa mère Bariatou Tchilao auprès de son amie Samira, épouse du sieur Hadilou Dontoro. Cette dernière n’était pas présente à la maison. Son mari, Hadilou Dontoro, traîna Chérifath dans la chambre, la bâillonna et introduisit son membre viril dans le sexe de la fillette. Une fois de retour à la maison, celle-ci ressentait des douleurs à la miction et finit par s’en ouvrir à sa mère». Voilà les faits qui ont conduit à nouveau le sieur Hadilou Dontoro à la barre hier.
Interpellé et inculpé de viol sur mineure, l’intéressé a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité lui est favorable. Il serait également lucide au moment des faits.
Les débats
Ni la victime, ni la partie civile (sa mère) n’a répondu présente hier à l’audience. Il n’y a pas de témoin dans ce dossier. Seul à la barre, Hadilou Dontoro devrait dire sa part de vérité. L’accusé est passé d’emblée aux aveux et a imploré même la clémence de la Cour avant de se rebiffer. Il reconnait avoir traîné la fillette dans sa chambre et s’être jeté sur elle sans pour autant arriver à lui introduire le P dans le Q (Comprenez ça ainsi !). « Je ne me suis même pas déshabillé. Je n’ai pas enlevé son slip. Il n’y a pas eu de rapports sexuels entre elle et moi. Elle se débattait et entretemps, j’ai éjaculé sur moi-même, dans mon propre pantalon », tente de faire croire le prévenu. Quand on lui lit les propos qu’il aurait tenus au commissariat de police ou devant le magistrat instructeur, tantôt il s’y retrouve tantôt il nie avoir dit ces choses. «Chez les policiers, on m’a fait signer un papier seulement. On ne m’a pas posé de questions», laisse-t-il entendre. Et devant le magistrat instructeur ? Il baisse la tête et dit «Maintenant, c’est ça». Alors c’est quoi « maintenant, c’est ça» ?, demande le ministère public, Jules Chabi Mouka. Et l’accusé de répondre « Oui j’ai fait», tout en revenant encore quelques instants plus tard sur la défensive : «J’ai essayé mais je ne suis pas arrivé à la pénétrer ». Comment a-t-il pu faire sans enlever la culotte de la fillette ? A cette question, Hadilou Dontoro répond qu’il a essayé de pénétrer la petite à travers le caleçon. «C’est le départ de ma femme depuis plusieurs jours qui m’a créé de souci et qui m’a conduit à ça », dira-t-il par la suite pour justifier son forfait.
15 ans de réclusion criminelle, requis par l’avocat général
Le représentant du ministère public soutient mordicus que Hadilou Dontoro a bel et bien satisfait sa libido avec la petite Chérifatou. Et un acte comme celui-là doit être découragé, insiste-t-il. Jules Chabi Mouka s’appuie sur le certificat médical d’examen de la victime fait mention «de vulve inflammatoire souillée de sang...pénétration sans préservatif avec éjaculation intra-vaginale...déchirure récente de l’hymen». Il y a bel et bien présence de «conjonction sexuelle» dans ce dossier, et l’absence de consentement de la victime que l’accusé lui-même reconnaît avoir fait crier, témoigne de la violence sexuelle. L’élément matériel, un des trois qu’il faut pour qualifier l’acte de viol, est ainsi réuni, dira le ministère public. L’élément légal, c’est l’article 332 du Code de procédure pénale qui constitue le siège de l’infraction de viol. Quant à l’élément moral, l’avocat général souligne qu’il est pratiquement indissociable de l’élément matériel. «Dès lors que l’agresseur a exercé des violences pour commettre son acte, l’intention coupable y est déjà», affirme-t-il.
Mais comme pour trouver des circonstances atténuantes à l’accusé, l’avocat général s’est attardé sur sa personnalité. Il ne boit pas, il ne fume pas, il n’est pas violent d’habitude et son acte a surpris des proches interrogés lors de l’enquête de moralité.
Disposant de toutes ses facultés mentales au moment de l’action, il est pénalement responsable et accessible à la sanction, en déduit-il. Il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer Hadilou Dontoro coupable de viol et de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle.
Essayer n’est pas réussir à faire !
Comme l’on pouvait s’y attendre, la défense plaide la disqualification des faits de viol. Pour Me Victorien Fadé, il y a certes violence sur la fillette mais pas un viol. Et il s’explique. Tout d’abord, ce dossier est un faisceau de questionnements, avance le conseil tout en regrettant l’absence de la partie civile au procès. Des déclarations paraissent concordantes mais se contredisent parfois, indique-t-il. Le certificat médical mentionne qu’il y a eu éjaculation intra-vaginale mais nulle part on a la preuve de cela, s’indigne-t-il. Il n’y a aucun scellé : le slip ou l’habit que portait la fille le jour de l’acte. La fillette est allée le même jour à l’hôpital et dans le même habit mais nulle part il n’est mentionné des taches de sang par exemple dans ses habits. « Même pour une fille majeure, il y a écoulement de sang...Ce certificat médical n’est que le résumé de ce qu’on a voulu faire écrire au médecin », estime Me Fadé. Pour étoffer son argumentaire, il n’en veut pour preuves que les déclarations de la fillette et de sa mère aux étapes précédentes de la procédure et soutenues par les propos de l’accusé hier à la barre. «Il a par la suite essayé de me pénétrer», disait Chérifatou à l’instruction devant le magistrat. Sa maman aussi avait dit : «il a essayé de...». Le rapport psychiatrique et médico-psychologique de Dr Anselme Djidonou citant l’accusé mentionne également : « Il n’a pas pu s’empêcher de l’étreindre sans la pénétrer». Pour Me Victorien Fadé, « Il n’y a pas de pénétration sexuelle » et par conséquent, on ne saurait parler de viol. « En l’espèce, s’il y a quelque chose à retenir contre mon client, dit-il, c’est la violence faite à la femme ». Car, justifie-t-il, « Essayer ne veut pas dire : réussir à faire ».
Réplique pour un verdict de 10 ans de travaux forcés
« C’est une stratégie de distraction et la Cour ne doit pas se laisser faire », réplique le ministère public. Jules Chabi Mouka revenant à la charge, martèle que la culpabilité de l’accusé ne souffre d’aucun doute et qu’il s’agit bel et bien de viol.
L’avocat de l’inculpé reste lui aussi campé sur sa position en insistant que la pénétration sexuelle n’est pas démontrée, et pour défaut de pénétration, le crime de viol ne peut être constitué. Il plaide à nouveau la disqualification des faits de viol en violence faite à la femme.
Après en avoir délibéré conformément à l’article 332 du Code pénal, la Cour déclare Hadilou Dontoro coupable d’avoir entretenu des rapports sexuels avec Chérifatou L. âgée de moins de 13 ans et le condamne à dix ans de travaux forcés et aux frais envers l’Etat, fixe la durée de la contrainte par corps à cinq jours.
L’audience se poursuit ce week-end avec deux dossiers. Ce vendredi, la Cour connaît d’une affaire de vol à main armée pour laquelle les sieurs Idrissa Alassane et Daniel Ousmane Tiankasson sont mis sous mandat de dépôt en 2012. Demain samedi, Mama Oumarou comparaîtra pour coups mortels, des faits qui remontent à 2010.

Inculpé de viol sur mineure de 8 ans dans le cadre du 2è dossier inscrit au rôle de la 1ère session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou, le nommé Hadilou Dontoro, mécanicien auto, 33 ans, a été jugé et condamné hier jeudi 2 juillet à dix ans de travaux forcés. Mis sous mandat de dépôt depuis le 18 juillet 2012, il retourne en prison pour y passer encore sept ans et deux semaines.
Dans ses pulsions sexuelles, il jette son dévolu sur une petite fille de huit ans et l’apprend à ses dépens. Lui, c’est Hadilou Dontoro, condamné hier à 10 ans de travaux forcés, en vertu de l’article 332 du Code pénal qui prévoit et punit l’infraction du viol. L’audience est présidée par Epiphane Yéyé assisté des assesseurs Séïbou Boni Kpégounou et Noël Houngbo. Yaya Akodan, Clarisse Mandopa Dogo, Justin Franck Kanchémey et Ibrahima Aboudou étaient les jurés. Le greffier de l’audience s’appelle Me François S. Nougbodohoué.
Pour les faits, ils remontent au 13 juillet 2012 à Tassi-Tédji dans l’arrondissement central de Malanville. «La nommée Chérifath L. alors âgée de 8 ans, fut envoyée en commission par sa mère Bariatou Tchilao auprès de son amie Samira, épouse du sieur Hadilou Dontoro. Cette dernière n’était pas présente à la maison. Son mari, Hadilou Dontoro, traîna Chérifath dans la chambre, la bâillonna et introduisit son membre viril dans le sexe de la fillette. Une fois de retour à la maison, celle-ci ressentait des douleurs à la miction et finit par s’en ouvrir à sa mère». Voilà les faits qui ont conduit à nouveau le sieur Hadilou Dontoro à la barre hier.
Interpellé et inculpé de viol sur mineure, l’intéressé a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité lui est favorable. Il serait également lucide au moment des faits.
Les débats
Ni la victime, ni la partie civile (sa mère) n’a répondu présente hier à l’audience. Il n’y a pas de témoin dans ce dossier. Seul à la barre, Hadilou Dontoro devrait dire sa part de vérité. L’accusé est passé d’emblée aux aveux et a imploré même la clémence de la Cour avant de se rebiffer. Il reconnait avoir traîné la fillette dans sa chambre et s’être jeté sur elle sans pour autant arriver à lui introduire le P dans le Q (Comprenez ça ainsi !). « Je ne me suis même pas déshabillé. Je n’ai pas enlevé son slip. Il n’y a pas eu de rapports sexuels entre elle et moi. Elle se débattait et entretemps, j’ai éjaculé sur moi-même, dans mon propre pantalon », tente de faire croire le prévenu. Quand on lui lit les propos qu’il aurait tenus au commissariat de police ou devant le magistrat instructeur, tantôt il s’y retrouve tantôt il nie avoir dit ces choses. «Chez les policiers, on m’a fait signer un papier seulement. On ne m’a pas posé de questions», laisse-t-il entendre. Et devant le magistrat instructeur ? Il baisse la tête et dit «Maintenant, c’est ça». Alors c’est quoi « maintenant, c’est ça» ?, demande le ministère public, Jules Chabi Mouka. Et l’accusé de répondre « Oui j’ai fait», tout en revenant encore quelques instants plus tard sur la défensive : «J’ai essayé mais je ne suis pas arrivé à la pénétrer ». Comment a-t-il pu faire sans enlever la culotte de la fillette ? A cette question, Hadilou Dontoro répond qu’il a essayé de pénétrer la petite à travers le caleçon. «C’est le départ de ma femme depuis plusieurs jours qui m’a créé de souci et qui m’a conduit à ça », dira-t-il par la suite pour justifier son forfait.
15 ans de réclusion criminelle, requis par l’avocat général
Le représentant du ministère public soutient mordicus que Hadilou Dontoro a bel et bien satisfait sa libido avec la petite Chérifatou. Et un acte comme celui-là doit être découragé, insiste-t-il. Jules Chabi Mouka s’appuie sur le certificat médical d’examen de la victime fait mention «de vulve inflammatoire souillée de sang...pénétration sans préservatif avec éjaculation intra-vaginale...déchirure récente de l’hymen». Il y a bel et bien présence de «conjonction sexuelle» dans ce dossier, et l’absence de consentement de la victime que l’accusé lui-même reconnaît avoir fait crier, témoigne de la violence sexuelle. L’élément matériel, un des trois qu’il faut pour qualifier l’acte de viol, est ainsi réuni, dira le ministère public. L’élément légal, c’est l’article 332 du Code de procédure pénale qui constitue le siège de l’infraction de viol. Quant à l’élément moral, l’avocat général souligne qu’il est pratiquement indissociable de l’élément matériel. «Dès lors que l’agresseur a exercé des violences pour commettre son acte, l’intention coupable y est déjà», affirme-t-il.
Mais comme pour trouver des circonstances atténuantes à l’accusé, l’avocat général s’est attardé sur sa personnalité. Il ne boit pas, il ne fume pas, il n’est pas violent d’habitude et son acte a surpris des proches interrogés lors de l’enquête de moralité.
Disposant de toutes ses facultés mentales au moment de l’action, il est pénalement responsable et accessible à la sanction, en déduit-il. Il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer Hadilou Dontoro coupable de viol et de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle.
Essayer n’est pas réussir à faire !
Comme l’on pouvait s’y attendre, la défense plaide la disqualification des faits de viol. Pour Me Victorien Fadé, il y a certes violence sur la fillette mais pas un viol. Et il s’explique. Tout d’abord, ce dossier est un faisceau de questionnements, avance le conseil tout en regrettant l’absence de la partie civile au procès. Des déclarations paraissent concordantes mais se contredisent parfois, indique-t-il. Le certificat médical mentionne qu’il y a eu éjaculation intra-vaginale mais nulle part on a la preuve de cela, s’indigne-t-il. Il n’y a aucun scellé : le slip ou l’habit que portait la fille le jour de l’acte. La fillette est allée le même jour à l’hôpital et dans le même habit mais nulle part il n’est mentionné des taches de sang par exemple dans ses habits. « Même pour une fille majeure, il y a écoulement de sang...Ce certificat médical n’est que le résumé de ce qu’on a voulu faire écrire au médecin », estime Me Fadé. Pour étoffer son argumentaire, il n’en veut pour preuves que les déclarations de la fillette et de sa mère aux étapes précédentes de la procédure et soutenues par les propos de l’accusé hier à la barre. «Il a par la suite essayé de me pénétrer», disait Chérifatou à l’instruction devant le magistrat. Sa maman aussi avait dit : «il a essayé de...». Le rapport psychiatrique et médico-psychologique de Dr Anselme Djidonou citant l’accusé mentionne également : « Il n’a pas pu s’empêcher de l’étreindre sans la pénétrer». Pour Me Victorien Fadé, « Il n’y a pas de pénétration sexuelle » et par conséquent, on ne saurait parler de viol. « En l’espèce, s’il y a quelque chose à retenir contre mon client, dit-il, c’est la violence faite à la femme ». Car, justifie-t-il, « Essayer ne veut pas dire : réussir à faire ».
Réplique pour un verdict de 10 ans de travaux forcés
« C’est une stratégie de distraction et la Cour ne doit pas se laisser faire », réplique le ministère public. Jules Chabi Mouka revenant à la charge, martèle que la culpabilité de l’accusé ne souffre d’aucun doute et qu’il s’agit bel et bien de viol.
L’avocat de l’inculpé reste lui aussi campé sur sa position en insistant que la pénétration sexuelle n’est pas démontrée, et pour défaut de pénétration, le crime de viol ne peut être constitué. Il plaide à nouveau la disqualification des faits de viol en violence faite à la femme.
Après en avoir délibéré conformément à l’article 332 du Code pénal, la Cour déclare Hadilou Dontoro coupable d’avoir entretenu des rapports sexuels avec Chérifatou L. âgée de moins de 13 ans et le condamne à dix ans de travaux forcés et aux frais envers l’Etat, fixe la durée de la contrainte par corps à cinq jours.
L’audience se poursuit ce week-end avec deux dossiers. Ce vendredi, la Cour connaît d’une affaire de vol à main armée pour laquelle les sieurs Idrissa Alassane et Daniel Ousmane Tiankasson sont mis sous mandat de dépôt en 2012. Demain samedi, Mama Oumarou comparaîtra pour coups mortels, des faits qui remontent à 2010.

Les acteurs culturels béninois, du moins certains, ne connaissent pas leurs droits. Mieux, ils travaillent dans la désunion, la plupart du temps et manquent de connaissances pour faire le plaidoyer en vue de la mise en place d’une législation appropriée au profit de leur secteur. Autant de facteurs qui ont pour finalité, un manque de visibilité de la culture béninoise qu’on dit pourtant riche et variée. Espera Donouvossi est administrateur culturel bilingue et assistant de recherche en politiques culturelles et économie créative.
«L’homme du plaidoyer » comme certains s’amusent à l’appeler multiplie ces derniers temps, des initiatives et tentatives pour aider les acteurs culturels de son pays. Quoique jeune, l’expérience acquis par le jeune expert via son tour du monde et son immersion dans plusieurs traditions et hauts milieux culturels constituent des atouts qu’ils comptent faire bénéficier à ses compatriotes. Autant de préoccupations qu’il aborde sommairement à travers ce bref échange.
La Nation : Qu’est-ce qui justifie votre engouement à former les acteurs culturels béninois au plaidoyer ?
Espera Donouvossi : En dépit du fait qu’il existe un besoin pressant pour les artistes et acteurs culturels de travailler ensemble, on note malheureusement une certaine division contre laquelle nous voulons travailler. Les organisations, associations et entreprises d’artistes et d’acteurs culturels font aussi partie de la société civile. C’est pourquoi nous organisons à leur profit, des programmes de formation en stratégies de plaidoyer et de mise en réseau pour renforcer les capacités des acteurs culturels à connaitre et défendre leurs droits.
Nous voudrions apporter notre contribution à la consolidation d’un noyau dur d’acteurs culturels qui maitrisent la législation en cours dans le secteur d’activité pour aider les acteurs à comprendre leurs droits et leur apprendre à savoir se mettre ensemble et élaborer des stratégies pour la promotion et la défense de leurs droits. Il est vrai que le thème actuel de nos rencontres c’est la reconnaissance de la dimension culturelle du développement et la promotion et la défense de la liberté d’expression artistique. Cependant les outils de formation servent à comprendre les stratégies de plaidoyer, ses principes et les dispositions à prendre pour réussir un plaidoyer.
Et vous pensez que le Bénin a réellement besoin d’une telle initiative à l’heure actuelle ?
Derrière cette initiative, c’est toute la problématique de la reconnaissance de la dimension culturelle du développement qui s’oppose. La culture est la solution et c’est seulement en mettant les acteurs dans les bonnes conditions de travail que les talents peuvent exploser pour créer des emplois, vendre la belle image du Bénin, promouvoir le tourisme et créer un environnement agréable pour tous.
A vous suivre, on dirait que les acteurs béninois ne sont pas libres dans leurs créations ?
Il est difficile de juste dire qu’il n’existe pas une liberté d’expression artistique au Bénin mais à travers des recherches et des rencontres de travail avec les acteurs, on comprend vite les menaces, la frustration, la peur et la résignation qui règnent en eux. En effet, en 2012 un projet de recherche sur la liberté d’expression artistique en Afrique a été initié par Arterial Network, et il en résulte qu’il existe bel et bien des limitations, des pressions dans la liberté d’expression créative et artistique.
Quelles peuvent en être les motivations ?
Au Bénin, ces motivations sont premièrement d'ordre religieux (mention de textes sacrés ou de symboles religieux, reproduction de mélodies ou de paroles de chansons interprétées dans des lieux de culte, références sexuelles, etc) ; ensuite d'ordre coutumier à travers des prohibitions claniques diverses ; puis politiques (parce que le pouvoir n’est pas critiquable) et en fin économiques parce que les subventions de l’Etat pour la culture peuvent être coupées… Ces résultats de la recherche du projet Artwatch Africa ont été confirmés à travers une rencontre professionnelle tenue avec les acteurs culturels au Hall des Arts de Cotonou en début de l’année 2015. Donc effectivement il existe quelques soucis de liberté d’expression artistique.
Pour finir notre démonstration, il faut remarquer que les professionnels des médias malgré leur structuration, leur niveau d’organisation, la législation et leur niveau d’entendement de leurs droits et devoirs sont brimés, réprimandés et menacés. La liberté de presse au Bénin régresse depuis 2006. Notre pays a quitté la 23è place en 2006 pour la 84è en 2015. Et c’est parce que les professionnels des médias sont organisés et font beaucoup de bruits autour de leurs droits que l’opinion prend conscience du drame. En culture, l’abcès est dans les couilles et ronge silencieusement.
Que gagnent concrètement les artistes à travers votre initiative surtout les notions en plaidoyer que vous leur prodiguez ?
Comme je l’ai dit plus haut, c’est d’abord le renforcement des capacités que nous visons. C’est aussi de ces programmes de formation et des échanges entre acteurs que naîtra la solidarité et le germe de travailler ensemble parce que quelque soit les disciplines artistiques et métiers dans le secteur des arts, le mal est général. Pour rallier cette solidarité avec d’autres acteurs, nous avons lancé la campagne «1000 signatures pour la culture et la liberté d’expression artistique au Bénin». Quand nous arriverons à atteindre les 1000 signatures, on entend agir et interagir directement avec au moins la moitié. Nous étendrons les rencontres et échanges artistiques à toutes les autres villes du pays et constituer un groupe de pression. Nous travaillons aussi avec des spécialistes de Droit et des acteurs de la société civile comme Nouvelle Ethique, Social Watch Bénin, Wanep afin de faire des propositions de législations qui permettront aux artistes et acteurs culturels de s’exprimer librement. Nous comptons également approcher le pouvoir Exécutif et le Parlement pour plaider la cause.
Culture 02 juil. 2015