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Nouvelles

Coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente :Patrick Okigbuzor écope de 15 ans de réclusion criminelle(20e dossier)

A la barre, les yeux constamment fixés au plancher, Patrick Okigbuzor répondait, hier mercredi 1er avril, du chef d’accusation de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente sur un apprenti menuisier de 11 ans. La cour était présidée par Michel Romaric Azalou assisté de Jacques Houssou et Eliane Akovobahou Tohozin. La plume était tenue par Angelique Tossa Soares.

Cheveux crépus, teint clair, la tête constamment baissée et les mains entrecroisées à l’avant, Patrick Okigbuzor était à la barre, hier mercredi 1er avril, pour le 20e dossier au titre des assises à la Cour d’appel de Cotonou. Il est dans le box des accusés pour avoir volontairement tranché l’oreille droite à un apprenti menuisier à Cococodji courant 2010. La trentaine, et Nigérian de nationalité, il est placé sous mandat de dépôt depuis le 14 octobre 2010. Il n’a pas pu convaincre la Cour présidée par Michel Romaric Azalou, sur les motifs de son acte criminel sur un garçon de 11 ans. Il a écopé, au terme de l’audience, de 15 ans de réclusion criminelle et condamné à payer les frais de justice avec interdiction de séjour au Bénin à la fin de sa peine.

Au cours des débats, le ministère public assuré par Honoré Alowakinou a souligné que l’accusé a volontairement commis un acte criminel. A l’en croire, les éléments fondamentaux constitutifs du crime sont réunis au regard de l’article 309 alinéa 3 du Code pénal. Premièrement, il évoque la flagrance de l’élément matériel. Il s’agit des coups, de la violence, des voies de fait et des blessures perpétrées sur le jeune garçon et qui méritent d’être punis sans restriction. Secundo, Honoré Alowakinou dans son réquisitoire, a souligné l’intention coupable, la volonté affichée de l’accusé qu’il juge manifeste et non contestable.

Dans sa démonstration, Honoré Alowakinou a laissé entendre que les précautions préliminaires prises par l’accusé en entraînant sa proie dans un bâtiment isolé et en construction sont édifiantes. «C’est un acte qu’il a voulu, mûri, étudié et exécuté de main de professionnel», a soutenu l’avocat général. Mieux, souligne-t-il, aucun élément extérieur n’a manifestement contraint le sieur Okigbuzor à commettre son forfait. «Il n’y a donc aucune contrainte et les faits sont constitués et engagent la responsabilité pénale entière de l’accusé», a-t-il insisté avant de requérir contre lui, la peine de 10 ans de prison.

Le résumé des faits

Pour rappel, le mardi 12 octobre 2010 à Cococodji, P. M., un apprenti menuisier âgé de 11 ans, s’était rendu dans la brousse, derrière un bâtiment en construction situé en face de son atelier pour se mettre à l’aise. Sur le chemin du retour, il avait été intercepté par l’accusé, Patrick Okigbuzor, de nationalité nigériane qui l’a entraîné dans le bâtiment inachevé. A cet endroit, il l’a tenu par le cou pour l’empêcher de crier avant de cogner, plusieurs fois, sa tête contre le mur. Convaincu qu'il était évanoui, il lui coupa l’oreille droite qu’il a emballée et mise dans un sac. Il sortit momentanément du bâtiment, ce qui a permis au petit garçon, entre temps sorti de son évanescence, de ramper jusqu’à l’atelier pour demander secours. Sur ses indications, l’accusé a été appréhendé non loin du lieu des faits.

Interpellé, Patrick Okigbuzor, a nié les faits à l’enquête préliminaire avant de les reconnaître devant le magistrat instructeur, expliquant son comportement par des troubles liés à l’usage de la drogue. Il a soutenu la même thèse hier, devant le juge. L’enquête de moralité lui est favorable.
Du côté de la défense assurée par Me Générick Ahouangonou, on estime qu’il n’est point besoin de revenir sur les faits car ceux-ci sont atroces. Cependant sa ligne de défense a porté essentiellement sur la dimension humaine de la sanction. «Qu’est-ce qui peut bien amener un homme à faire le mal ?», a-t-il lancé. Plaidant pour l’humanisation de la peine, Me Ahouangonou a affirmé avec force et conviction à l’endroit de la cour que la prison n’est pas la solution. De son avis, l’occasion est bonne pour corriger les gens au lieu de vouloir forcément châtier Patrick Okigbuzor, un être humain en qui sommeille, comme tous ses semblables, le crime.

«L’inhumain révèle l’humain, je vous prie donc d’être cléments», a plaidé l’avocat de la défense avant d’ajouter qu’il faut donner la chance à son client car son acte parait gratuit et désintéressé.
En effet, poursuit-il, son client n’a déclaré nullement que l’oreille coupée devrait servir à quoi que ce soit. Il a alors plaidé pour sa condamnation au temps déjà passé en prison qui est de 4 ans. Notons que l’accusé était assisté d’un interprète car parlant anglais.

Dommages et intérêts

Etaient également à la barre pour cette affaire, Mathurin Djossou, maître menuisier et patron de la victime qui s'est constitué partie civile. Devant la cour, il a réclamé réparations. Des dommages-intérêts estimés à la somme de un million de francs CFA dont 700 mille francs investis pour les soins médicaux. Le ministère public reconnait la justesse de la requête mais avance que le Sieur Djossou devra fournir toutes les preuves, les pièces qui justifient, à leur juste valeur, les dépenses effectuées par lui pour porter secours et assistance à la victime qui se veut être son apprenti, absent à l’audience. Après délibération, la cour a renvoyé à la prochaine session cette requête afin que le requérant puisse apporter toutes les factures justificatives desdites dépenses.
Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l’accusé ne porte mention d’aucune condamnation. L’expertise psychiatrique mentionne qu’il n’était pas en état de démence au moment des faits.

Société 02 avr. 2015


Bertrand Fibadenda Sika:Le ‘’Kaméléon’’ d’une autre époque

Son retrait de la scène politique l’avait conduit, il y a quelques années, à regagner sa mythique demeure des ‘’filaos’’. Mais aujourd’hui le grand MK fait son come-back à travers la personne de Bertrand Fibadenda Sika.

A l’opposé de celui qu’il imite, Bertrand Fibadenda Sika n’est pas aussi grand de taille. L’allure pas aussi classe que son idole mais il se plaît dans son rôle. De sa voix et de son air bien drôle, il en impose à ses vis-à-vis. Tel un commandeur. Dans les lieux où il imite le général Mathieu Kérékou, l’homme sait se faire écouter, manipulant à sa guise ceux qui pourraient satisfaire à ses doléances. Même le dos tourné à la scène, il continue de faire recette. On lui obéit au bout des doigts. En plus de déclencher l’hystérie à ses apparitions et de se faire gratifier de billets de banque, Bertrand Fibadenda Sika fait lever des personnalités et pas des moindres. Le président Boni Yayi y passe aussi sans pour autant froncer les soucils. En dépit des grommellements de sa garde. « Il est difficile de ne pas répondre aux ordres d’un général qui plus est un ancien chef d’Etat dont le charisme et les œuvres ont fortement marqué l’histoire sociopolitique de notre pays », ironise Bertrand Fibadenda Sika, se prenant pour le personnage qu’il imite. Un jeu amusant qui lui réussit à merveille lors des grands fora. Parfois, ses interlocuteurs s’étonnent de son audace mais très vite, ils sont emballés. L’air sérieux et autoritaire que lui confère son personnage, le conforte.
Comme support à son rôle, des discours cultes de l’ancien président de la République, Mathieu Kérékou et des improvisions circonstancielles prêtant bien à l’ambiance du moment. Ancien employé de la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB), il a dû démissionner, jugeant ses heures de travail assez exténuantes et tenant coûte que coûte à donner corps à son rêve d’immortaliser dans le cœur de ses contemporains, cette personnalité éprise de paix dont la décision a changé le cours de l’histoire de son pays.
Dans ses shows qui ne durent qu’un laps de temps, Bertrand Fibadenda Sika relève les tares et avatars de la société et de la classe politique béninoises avec une pointe de fierté à défendre les idéaux du ‘’Kaméléon’’, le grand K. Captiver l’attention du public sans l’ennuyer tout en lui donnant de la matière. Des bribes d’histoire d’un pays qui aura marqué le monde par son système révolutionnaire et sa décision d’opter pour le processus démocratique. Le même timbre vocal avec cette quinte d’humour et de sarcasme qui caractérisent les interventions de Mathieu Kérékou, l’imitateur aura réussi presque son rêve. Et point n’est à préciser tout le succès qu’il en tire. «S’il en est arrivé à démissionner de son poste pour se consacrer à l’imitation, c’est qu’il a trouvé ses marques dans l’art», insiste Géraud Adoukonou alias ADK, animateur à Nanto FM.

Dans l’air du temps

Résidant à Parakou, il est assez connu dans le septentrion. Sa tête bariolée de blanc n’est pas étrangère aux ‘’aficionados’’ et autres friands de meetings politiques aussi bien dans la région que dans le sud du pays, Cotonou en particulier. On se délecte des prestations de cet artiste hors-pair qui a choisi de faire du parcours atypique du général Mathieu Kérékou son gagne-pain. Ses apparitions sont facturées à des centaines de milliers de francs CFA avec en prime, des invitations en privé par de grandes personnalités du pays. Victime parfois de ces intermédiaires qui n’arrivent pas à transmettre avec foi les présents des personnalités quand il manque d’être dans leur loge, l’artiste n’abdique pas, redoublant de répartie et d’audace à chaque intervention. Dans ses grands jours il s’en tire avec des millions de francs CFA, louant la générosité de ces grands admirateurs qui l’encouragent dans cette forme d’hommage vivant à l’ancien chef d’Etat béninois.
Tiré à quatre épingles avec un costume impeccable, col Mao, verres fumés cerclant sa vue et l’inséparable canne du ‘’Vieux’’, Bertrand Fibadenda Sika emprunte modestement à son idole tout l’apparat qui le distinguait. S’il s’est permis le 25 avril 2005 de demander à son idole ce qu’il pense de ses prestations, il n’en est pas moins sorti meurtri tant la réplique du chef de l’Etat d’alors, l’a renversé. «Est-ce qu’un être humain peut se fâcher contre un singe?», lui avait-il dit au palais de la présidence.
La quarantaine à peine effleurée, le natif de Pouya dans la commune de Toucountouna a frôlé le renvoi au Collège d’enseignement général de Tchaourou en classe de 5è. «On me reprochait d’inciter à l’insurrection les camarades pour les avoir mobilisés à revivre les temps forts du général, sans que je n’ai eu à penser qu’il reprendrait le pouvoir plus tard», se rappelle-t-il. «Les gens sortaient du système révolutionnaire pour la démocratie et nostalgique que j’étais, j’en rajoutais à leurs amertumes par mes imitations. C’était difficile», ajoute-t-il.

Société 02 avr. 2015


Première édition de la soirée « Fierté et reconnaissance »:Quand la culture s’impose comme le pilier de la visibilité du Bénin

La Fondation MTN Bénin a célébré 20 personnalités, samedi 21 mars dernier à Cotonou, au cours d’une soirée riche en couleurs et dénommée «La soirée Hall of farme célébrons nos héros». Celles-ci, estime la fondation, ont marqué soit leur temps, soit leur secteur d’activités. Curieusement, sur la vingtaine de récipiendaires, onze émanent du secteur culturel, ce qui n’est pas passé inaperçu.

Au cours de «La soirée Hall of farme célébrons nos héros», la Fondation MTN Bénin a récompensé 20 personnalités avec un trophée, un certificat et une toge. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux invités de marque, des responsables au plus haut niveau de cette société de téléphonie mobile et d’une délégation gouvernementale conduite par le ministre d’Etat, François Abiola. Une audience bien constituée pour une soirée de révélations que personne n’a vu venir. Même les organisateurs de l’évènement n’ont pas aperçu entre les lignes, la forte présence des acteurs culturels parmi les distingués. Plus de la moitié, soit onze acteurs culturels sur 20 héros célébrés. Le pourcentage est à la fois élevé et impressionnant. Et si besoin en était, il illustre à merveille combien le Bénin doit à sa culture. Musiciens, auteurs, cinéastes, actrices… Ce sont là, les personnalités dénichées et primées par la fondation MTN, un peu comme pour dire à ces vaillants messieurs et dames, qu’ils n’y ont pas travaillé en vain.
Suppléant ainsi à la patrie pas toujours reconnaissante, un opérateur privé vient ainsi montrer le chemin et ceci à double titre. D’abord, la fondation MTN invite les pouvoirs publics à reconnaître les mérites des citoyens qui se distinguent par leurs contributions au développement et à la visibilité du pays. Ensuite, elle leur montre la voie de la valorisation de la culture et de ses composantes. Et comme si ces deux raisons ne suffisaient pas, le directeur général de MTN Bénin, Malik Melamu embraye dans son mot introductif qu’«il nous revient de les honorer, de les célébrer, d’exprimer notre gratitude à ces hommes et femmes qui ont posé des actes exceptionnels dans leurs domaines respectifs…»

Des tresseurs de corde oubliés, puis dépoussiérés

Gnonnas Pedro, l’abbé Gilbert Dagnon, Gustave Gbénou Vikey, Marcelline Aboh, Wally Badarou, Olympe Bhely Quenum, Jean Pliya, Djimon Hounsou, Angélique Kidjo, Pascal Abikanlou, Pierre Dassabouté. Ce sont là, les onze acteurs culturels distingués le samedi 21 mars dernier, sur les 20 personnalités retenues à cet effet. Pour le directeur général de MTN, ce catalogue des 20 nominés non exhaustif se veut être une mémoire inoubliable pour la jeunesse, tandis que le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur y voit, au-delà d’une récompense, «une invite à la culture de l’excellence».
Jean Pliya demande pour sa part de considérer «les nominés comme une catégorie de citoyens», mais comme des gens ordinaires qui ont cru à ce qu’ils ont entrepris.
Mais au-delà de la joie suscitée au sein du monde culturel par ce témoignage vivant du travail bien accompli, des grincements de dents existent aussi. «Depuis bientôt 55 années de souveraineté nationale dont 25 de renouveau démocratique, deux constats s'imposent. Le premier, c’est que notre système éducatif public n'a pas mis en place la moindre institution de formation (Conservatoire ou Institut) dans les métiers d'art. Le second, c’est que notre système institutionnel est incapable d’ériger, d’animer et de gérer une seule infrastructure (médiathèque ou salle de spectacle dûment équipée) dédiée à la culture», déplore l’acteur culturel Gratien Ahouanmènou. Estimant ainsi comme bien d’autres que la culture est délaissée au profit d’autres secteurs qui visiblement n’en rapportent pas pour autant à la visibilité et même au développement du pays, il suggère de revoir la copie. «Nos cadres extravertis ont manqué tous les rendez-vous du développement culturel, pourtant cardinal», poursuit-il enragé. Ces mêmes cadres qui, visiblement manquent le rendez-vous d’écrire ou du moins d’accompagner l’histoire culturelle du pays ont même récemment fait l’objet d’une chronique écrite par le journaliste et écrivain Jérôme Carlos. Lequel estimait que ceux-ci sont «omniprésents sur le terrain du paraître». Ils mènent, souligne-t-il, «un train de vie sans commune mesure avec leur salaire. Aussi cherchent-ils à gagner de l'argent à tout prix ou à n'importe quel prix. Le service des autres, sous l'angle de leur utilité sociale, peut attendre ». Les mêmes, retient cette chronique, «sont absents des chantiers du développement… et de la scène de l'histoire».

Culture 02 avr. 2015


Paysage partisan béninois:Quelles réformes pour une rationalisation conséquente ?

« Création des partis politiques au Bénin : entre liberté d’expression et nécessité de rationalisation du paysage partisan », c’est le thème d’un atelier organisé en septembre 2014 par l’ONG Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD), pour engager la réflexion publique sur la problématique du foisonnement des partis politiques au Bénin et la nécessité d’une rationalisation du paysage partisan. L’actualité électorale, nous y ramène. Si avec 171 partis politiques dénombrés au 6 août 2014, il n’y a qu’une vingtaine de partis et alliances de partis qui prennent part aux législatives du 26 avril prochain, c’est que cela traduit un besoin de rassemblement, un manque d’implantation nationale de la plupart des partis, et une urgence de réforme conséquente.

C’est, sans doute, pour chasser les démons du système du parti unique instauré sous le régime de la Révolution populaire que le constituant de 1990 a entendu célébrer la liberté d’expression et d’association en rétablissant le système pluraliste. Le pluralisme politique tellement dévoyé aujourd’hui que l’on désespère de la capacité des acteurs politiques à générer de grands ensembles politiques viables. Comme justification, nous avons coutume de dire que la Conférence nationale des Forces vives de février 1990 a instauré le multipartisme intégral. C’est dans le préambule de la Constitution du 11 décembre 1990 qu’on lit : « Nous, peuple béninois, affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste…» Mieux, l’article 5 de cette Constitution prescrit que «Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la Charte des partis politiques… ». Il faut bien comprendre que cette disposition constitutionnelle véhicule l’idée que les partis se forment librement et exercent librement leurs activités. Voilà ainsi identifié, le germe constitutionnel du multipartisme intégral. Mais le constituant de 1990 peut bien opposer qu’il n’a jamais prôné le multipartisme tel que nous le comprenons et le vivons. Peut-être, par opposition au monolithisme idéologique, envisageait-il un multipartisme qui n’aurait d’intégral que du point de vue de l’offre idéologique et non du nombre de partis. Ce qui aurait conduit, raisonnablement, à n’avoir que deux, trois ou tout au plus cinq grands blocs de partis au Bénin. Le constituant de 1990 pourrait aussi faire valoir, à sa décharge, que la Constitution ne pouvant tout prévoir, il a laissé le soin au législateur de déterminer, à travers la loi portant Charte des partis politiques, les conditions de formation et d’exercice des partis politiques. Mais le législateur aura manqué d’ambition de rationalisation du paysage partisan ou même de courage.
En effet, aux termes de la loi portant Charte des partis politiques, «Le nombre des membres fondateurs d’un parti ne doit pas être inférieur à dix (10) par département» (article 15). Ce qui postule qu’avec 120 membres fondateurs seulement, un parti politique peut se constituer. Pis, au sens de cette Charte des partis politiques (article 18), il faut entendre par «département de provenance, le département dans lequel toute personne a son centre d’intérêt familial ou celui dont elle est originaire» et non exclusivement son département originel. En clair, point n’est besoin même, dans la pratique, de rassembler des membres provenant effectivement de tous les départements du pays. Ceci peut, cependant, être bémolisé par les stipulations de l’article 5 alinéa 2 de la Charte qui pose : «Aucun parti politique ne peut fonder sa création et son action sur une base et/ou sur des objectifs comportant : le sectarisme et le népotisme ; l’appartenance exclusive à une confession, à une philosophie, à un groupe linguistique ou à une région ; l’appartenance à un même sexe, à une ethnie ou à un statut professionnel déterminé ; l’appartenance à une association de développement ou à une organisation non gouvernementale». Aujourd’hui, il s’observe aisément que la pratique politique béninoise jure avec le souci d’une rationalisation du paysage partisan.

Timides efforts de rationalisation du paysage politique

La classe a agi par le biais de l’Assemblée nationale ; les partis y représentés ayant bien souvent ressenti les effets nocifs de la prolifération. C’est ainsi que, s’agissant des élections législatives par exemple, le législateur a souvent retenu que l’attribution des sièges se fasse selon le système du quotient électoral et, surtout, que les sièges restant en ballotage soient attribués selon la règle de la plus forte moyenne (qui favorise les grands partis) et non du plus fort reste (qui arrange bien les petits partis). Voir la loi N° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin édicte en son article 352.
Cette même tendance est maintenue en ce qui concerne les élections communales, municipales et locales. Ainsi, «dans les circonscriptions électorales comptant plus d’un (01) siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin de liste à un (01) tour » (article 399-1 du code) et « Dans les circonscriptions électorales comptant un siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Dans ce cas, le candidat qui a obtenu le plus de suffrage exprimés est proclamé élu» (article 399-7).

De la lecture combinée de ces deux articles, il se déduit que le souci du législateur, en n’exigeant pas la majorité absolue, ni une élection à deux tours, est de permettre aux grands partis nationaux ou locaux, de tirer leur épingle du jeu. Mieux encore, le Code électoral prévoit que «Les sièges sont attribués aux candidats d’après l’ordre de présentation sur chaque liste. Il est attribué à la liste qui a obtenu la majorité absolue ou à défaut 40% au moins des suffrages exprimés, un nombre de sièges égal à la majorité absolue des sièges à pourvoir» (article 399-2). Qu’«Au cas où deux listes de candidats obtiendraient chacune au moins 40% des suffrages exprimés, il est attribué à la liste ayant obtenu le plus fort suffrage, la majorité absolue des sièges à pourvoir» (article 399-3). Qu’ «Une fois effectuée l’attribution visée à l’alinéa précédent, les sièges restants sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne à l’exclusion des listes ayant obtenu moins de dix pour cent (10%) des suffrages exprimés» (article 399-4).

Que «Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l’attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages » (article 399-5). Que «Si aucune liste n’a recueilli ni la majorité absolue ni les quarante pour cent (40%) au moins des suffrages, les sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne à l’exclusion des listes ayant obtenu moins de dix pour cent (10%) des suffrages exprimés » (article 399-6). Et enfin que «Dans les circonscriptions électorales comptant un siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Dans ce cas, le candidat qui a obtenu le plus de suffrages exprimés est proclamé élu » (article 399-7).

Le choix du législateur

La lecture combinée de ces dispositions pertinentes du Code électoral confirme le choix du législateur d’accorder la prime aux grands partis même si l’option de procéder à la répartition des sièges quand bien même aucune des listes n’aurait obtenu au moins les 40% des suffrages exprimés tempère cette perspective. Ce choix procède probablement du souci de confinement des dépenses électorales.
Dans la même logique de rationalisation du paysage politique, il peut être relevé la possibilité offerte par le Code électoral autant que par la Charte des partis, de constituer des alliances ou groupes de partis. Mieux, la disposition selon laquelle « Les partis politiques sont tenus de participer aux élections nationales et locales. Tout parti politique perd son statut juridique s’il ne présente pas, seul ou en alliance de candidats à deux élections législatives consécutives » (article 7 alinéas 1 et 2 de la loi 2001-21 du 21 février 2003, portant charte des partis politiques, si elle était effectivement appliquée, serait d’un grand secours pour la clarification et la rationalisation du paysage politique.
Plus encore, les conditions de remboursement des frais de campagnes aux partis et candidats peuvent s’analyser en une prime aux partis crédibles. En effet, aux termes de l’article 113 alinéas 1 et 2 du Code électoral, «Pour le remboursement des frais de campagne électorale aux partis et candidats individuels, l’Etat alloue un forfait par candidat élu en ce qui concerne les élections législatives et locales. En tout état de cause, le forfait à rembourser ne peut être inférieur à cinq millions (5.000.000) de francs pour les élections législatives. Pour les élections présidentielles, le remboursement forfaitaire est fait à tout candidat ayant obtenu au moins 10% des suffrages exprimés et ne saurait être inférieur à cinq cent millions (500.000.000) de francs».
A tout ceci on peut ajouter la formalisation du statut de l’Opposition à travers la loi N° 2001-36 du 14 octobre 2002, portant statut de l’Opposition. L’apport substantiel de cette loi à la rationalisation du paysage politique s’apprécie notamment à l’aune des conditions qu’elle fixe pour être considéré comme chef de file de l’Opposition. En effet, aux termes de son article 7, «Est considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef d'un parti politique de l'Opposition dont le nombre de députés à l'Assemblée Nationale constitue de façon autonome un groupe parlementaire.
Est également considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef d'un groupe de partis de l'Opposition constitué en groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale.
Est enfin considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef de parti, alliance de partis ou groupe de partis de l'Opposition représentés ou non à l'Assemblée nationale mais ayant totalisé à l'issue des dernières élections législatives, 10% des suffrages exprimés.
Les chefs de l'Opposition choisissent en leur sein un porte-parole. »
Si en dépit de ces efforts, quoique timides, la problématique de la rationalisation du paysage politique reste posée, c’est que de plus grands efforts restent à faire.

Une pratique politique désespérante

A l’absence d’idéologie véritable sous-tendant la création des partis politiques ou l’engagement de leurs créateurs en politique, s’ajoute une pratique politique ou politicienne affligeante. L’appât du gain, le clientélisme politique, le désir de reconnaissance… et sans doute le défaut de démocratie à l’intérieur des partis, sont quelques raisons évidentes de la prolifération des formations politiques. Tel se sent-il frustré dans le parti auquel il appartient pour n’avoir pas eu telle position? Tel autre a-t-il l’illusion d’être populaire dans son village ou sa commune ? Tel autre encore aspire-t-il à un positionnement qu’il ne saurait espérer ou obtenir sur la base de sa valeur intrinsèque ? Ils vont penser, en priorité, à s’affranchir du parti auquel ils appartiennent ou à en créer directement. De fait, à quelques nuances près, les dénominations des partis et leurs textes fondamentaux, parfois même leurs logos, se rejoignent. En somme, les partis se multiplient par scissiparité ou comme par clonage, traînant les mêmes faiblesses rédhibitoires : absence d’assise nationale, hégémonie du fondateur-bailleur principal ou unique… et une même ambition affichée pince-sans-rire: la conquête et la gestion du pouvoir, seul ou en alliance…
Une remarque importante : les partis forts ou alliances de partis consistantes se forment conjoncturellement, à la faveur de l’accession au pouvoir d’un homme généralement étranger aux partis, que ceux-ci ont tôt fait de rallier. Et qui, une fois aux affaires est élevé au rang de «leader charismatique ou naturel» par ses thuriféraires, si ce n’est que lui-même prend l’initiative de créer une large coalition de partis autour de sa personne et de sa politique. Des tentatives de regroupement qui ne résistent pas souvent à la fin du règne. Les exemples de la RB, de l’UBF et actuellement des FCBE de plus en plus minées par des querelles internes, l’attestent. Quel que soit le sort qu’ils subissent, ces divers regroupements des forces au pouvoir, comme des forces d’Opposition, traduisent une certaine volonté d’acteurs politiques d’unir les forces, de réduire la balkanisation du paysage politique. Le souci de réduire l’émiettement a parfois aussi été celui du législateur. Qui a quelque peu tenté d’encourager ou d’obliger au regroupement.

Pour une meilleure rationalisation du paysage

Les efforts à faire relèvent tant de la loi que de la pratique politique.
Il s’agirait par exemple de relever le nombre minimum de membres fondateurs d’un parti politique pour le faire passer de 10 à 100 au moins par département, avec la précision que chaque département administratif doit bien comporter au moins cent ressortissants parmi les membres fondateurs. Ceci correspondrait à viser le lien naturel avec le département et non le centre d’intérêt familial.
Il s’agirait aussi, relativement aux élections locales, d’obliger désormais les partis, les candidatures indépendantes étant proscrites, à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales. En réalité, avec la possibilité offerte actuellement aux partis de présenter des candidats à l’échelle de la circonscription électorale (l’arrondissement, le village ou le quartier de ville), les petits partis ont encore de beaux jours devant eux, tant ils peuvent toujours briguer des sièges dans un espace réduit. Mais avec l’obligation de présenter des candidats partout, soit ils s’obligent à réaliser des alliances viables, soit ils se condamnent à disparaître ; ce qui laisserait un plus grand champ d’expression aux grands partis.
A l’appui de cette suggestion, la loi portant Charte des partis devrait être rigoureusement appliquée en sa disposition qui voudrait que le parti qui n’a pas pris part, seul ou en alliance, à deux élections législatives consécutives, perde son statut juridique. Elle pourrait même être amendée pour exiger aussi la participation aux élections locales, faute de quoi les partis devraient aussi être rayés du répertoire. Autant que tout parti qui n’obtiendrait pas au moins 5% des suffrages pourrait être rayé de la liste des partis politiques.
Par ailleurs, s’agissant des législatives, il serait intéressant d’explorer la possibilité d’une circonscription unique, le territoire national, les sièges devant alors être attribués au prorata des pourcentages obtenus. En outre, l’on pourrait envisager de relever le seuil du pourcentage de suffrages nécessaires pour ouvrir droit au remboursement des frais de campagne, pour le porter à 20% par exemple s’agissant des législatives dans l’hypothèse d’une liste nationale, et à 15% pour ce qui est de la présidentielle..
De même, il peut être institué la pratique des parrainages, qui consisterait pour tout parti, tout groupe ou alliance de partis, et même pour tout candidat à la présidentielle, à recueillir un nombre minimum de signatures d’élus et/ou de citoyens. Ceci permettrait de justifier l’implantation nationale des partis et la représentativité des candidats à la présidentielle.
Davantage, il peut être institué la pratique suivant laquelle les membres du gouvernement proviendraient essentiellement des partis représentés à l’Assemblée nationale. Une marge de 10 ou 20% pourrait être laissée dans un premier temps au président de la République pour choisir des personnalités n’appartenant pas à des formations politiques, avant d’être, à terme, supprimée.
En sus, le statut de l’Opposition pourrait être amélioré pour inciter les partis qui s’en réclament à y rester et à œuvrer pour l’alternance.
Enfin, l’on pourrait mentionner les réflexions de dame Célestine Zanou sur le système partisan au Bénin, rendues publiques le 28 février dernier. Selon elle, en effet, «requalifier l’échiquier politique national et l’univers partisan, c’est redéfinir les perspectives, c’est-à-dire poser de nouvelles balises, de nouveaux repères, de nouvelles bornes… d’ordre idéologique» sans perdre de vue l’esprit de la Conférence nationale. Pour cette personnalité politique, on aurait ainsi pu avoir, au sortir de ces assises de février 1990, des «plus ou moins POUR ou plus ou moins CONTRE le système marxiste-léniniste, plus ou moins à droite ou plus ou moins à gauche de ce système…» Ce qui aurait généré « un système proprement béninois ou tout au moins africain dès lors que la Conférence nationale peut être considérée, dans la plupart des pays francophones d’Afrique, comme le principal détonateur des changements opérés ce dernier quart de siècle…»

Droits et Devoirs 02 avr. 2015


25e anniversaire de la banque Ecobank-Bénin:La rue Carrefour IITA-Tankpè désormais baptisée «Rue Ecobank»

La rue carrefour IITA-Tankpè dans la commune d’Abomey-Calavi est désormais baptisée «Rue Ecobank-25». C’est l’acte que le maire de ladite commune Patrice Hounsou-Guèdè et les responsables d’Ecobank-Bénin avec à leur tête le président du Conseil d’administration Abou Kabassi Kassimou et le directeur général Roger Dah Achinanon ont posé samedi 28 mars dernier. C’était dans le cadre des vingt-cinq ans de création de cette banque au Bénin au cours d’une cérémonie de mise en terre de plants de palmiers royaux sur cet axe avec l’encadrement des agents de la direction générale des Forêts et Ressources naturelles.

«Avec l’acte que nous venons de poser, Ecobank a dépassé le cadre commercial pour devenir une entreprise citoyenne». Par cette déclaration, le maire de la commune d’Abomey-Calavi ne sait comment remercier les responsables d’Ecobank-Bénin. «J’ai pris cette décision de baptiser la rue Rue Ecobank en attendant de réunir dans la semaine le Conseil communal pour entériner la décision», indique le maire qui a invité les entreprises qui opèrent non seulement sur son territoire mais également dans tout le Bénin à emboiter le pas à la banque panafricaine Ecobank.
Pour le maire Patrice Hounsou-Guèdè la commune d’Abomey-Calavi a des doléances à formuler encore à Ecobank. Mais reboiser une rue de 2,5 kilomètres environs, recruter une structure qui va l’entretenir pendant un an c’est déjà bien. «Nous sommes rassurés de ce que Ecobank participera au développement de notre commune», se réjouit le maire qui souligne que le reboisement est une priorité pour son Conseil communal rappelant que la commune a été retenue en 2009 comme première ville verte en Afrique francophone.
Patrice Hounsou-Guèdè rappelle que le projet «Dix millions d’âmes dix millions d’arbres» a été lancé dans sa commune par le chef de l’Etat pour tout le Bénin. C’est pourquoi, lui et son Conseil communal tiennent à toujours rester en tête de peloton dans ce projet de reboisement qui désormais constitue pour eux une priorité.

La fierté du P/CA

Pour le président du Conseil d’administration d’Ecobank-Bénin, Abou Kabassi Kassimou, «25 ans dans la vie d’une entreprise c’est beaucoup mais c’est en même temps peu». Lorsqu’on prend le cas d'Ecobank-Bénin il y a des raisons très légitimes qui, selon lui, doivent rendre fiers ses agents, car, la banque a réalisé pendant les 25 ans beaucoup de choses.
«Quand vous êtes dans un environnement qui vous a permis d’être une entreprise prospère, on ne peut pas rester insensible aux préoccupations de cet environnement», s'est réjoui le président du Conseil d'administration qui estime que l’environnement aujourd’hui au plan national et même au plan international est devenu une question essentielle. Et à partir du moment où c’est une priorité pour le Conseil communal, une priorité pour le gouvernement du Bénin, c’est également une priorité pour Ecobank-Bénin qui durant 25 ans, avec l’appui des uns et des autres a pu atteindre le niveau qui est le sien aujourd’hui. «Vous comprenez aisément que nous ne pouvons qu’accompagner les autorités dans leur vision de développement et de protection de l’environnement», souligne Abou Kabassi Kassimou qui précise que c'est ce qui justifie leur action du samedi 28 mars dernier.
La fierté du président du Conseil d'administration est partagée par le directeur général de la banque Roger Dah Achinanon selon qui Ecobank-Bénin a été adoptée par la population béninoise. «C’est une clientèle qui nous a fait entièrement confiance. Si on vous disait il y a 25 ans que des Africains pouvaient conduire une institution financière, les gens allaient dire non parce que c’était réservé à ceux que vous savez», indique-t-il. Donc, c’est la preuve que les Africains lorsqu'ils se font confiance, peuvent faire quelque chose.
Ecobank-Bénin selon le président du Conseil d’administration est aujourd’hui incontournable dans le système bancaire béninois. Car, si on prend la plupart des indicateurs de gestion, elle est en tête de peloton. «Nous avons aussi un personnel très qualifié, et très professionnel, qui ne se considère pas comme un simple employé de la banque ; ce sont des personnes animées d’une bonne dose de patriotisme et qui ancre chaque jour l’esprit Ecobank en eux. Et c’est ce qui fait notre fierté», a ajouté Abou Kabassi Kassimou. Il a remercié les autorités des eaux et forêts, pour avoir accompagné la banque dans son désir de marquer son caractère citoyen.

Les indicateurs qui mettent Ecobank en tête de peloton

Le groupe Ecobank vient de la volonté des opérateurs économiques de la sous-région de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de doter la zone d’un instrument économique très fort. Et c’est cette volonté qui a dépassé les limites de la zone. Pour l’administrateur directeur général, Roger Dah Achinanon c’est de cette volonté qu’est née la filiale du Bénin qui est la quatrième filiale du groupe Ecobank à ouvrir ses portes. Et au jour du 28 mars dernier, cela faisait exactement 25 ans que Ecobank-Benin a ouvert ses portes au public du Bénin. Mais depuis ce temps-là jusqu’à maintenant, du chemin a été parcouru et les réalisations sont légion.
Au plan des ressources humaines d’abord, Roger Dah Achinanon informe que la banque emploie 416 personnes. Cela veut dire que Ecobank, selon le directeur général, a d’une certaine façon contribué à la lutte contre le chômage au Bénin. Toujours au plan des ressources humaines la banque a ce qu’on appelle une académie bancaire. Bon nombre de cadres et de dirigeants de banque en Afrique de l’Ouest sont formés par Ecobank.
Au plan financier, Ecobank a, à fin 2014, accordé plus de 316 milliards de francs CFA de prêt à la clientèle, mieux que toute autre banque au Bénin. «Nous avons contribué donc au financement de l’économie nationale et Ecobank-Bénin est aujourd’hui la première banque à apporter son concours à l’économie béninoise», se réjouit le directeur général.
Au plan de la bancarisation, la banque dispose d‘agences dans toutes les régions de la place. «Nous avons développé les moyens modernes d’accès à la banque, à savoir les distributeurs automatiques. Ecobank est la première banque qui en a le plus dans le pays. Nous en comptons 80 sur toute l’étendue du territoire», informe Roger Dah Achinanon qui rappelle que c’est Ecobank qui a initié la bancarisation des étudiants au Bénin.
Au plan des résultats, Ecobank est une institution financière qui crée de la richesse. Les actionnaires qui y ont mis leur argent sont aujourd'hui contents ; ils ont été rémunérés pour le compte de l’exercice 2014 à pratiquement 146% de la valeur nominale des actions qu’ils ont souscrites en 1990.
Dans toute l’Afrique, il est clair que Ecobank est la banque qui a décomplexé les Africains parce que c’est la banque qui a lentement mais sûrement mis à la tête de chacune de ses filiales, des africains bon teint, démontrant ainsi qu’ils sont capables de piloter des banques.

Société 02 avr. 2015


Après un an de grossesse:Elle accouche d’un poisson et d’un serpent

Une dame, la quarantaine, aurait accouché mardi 31 mars dernier d’un poisson et d’un serpent vivants en lieu et place d’un bébé au quartier Gbira à Parakou, à en croire des témoins qui ont immortalisé le fait insolite à travers des photos (Voir illustration). La délivrance de la parturiente, certes sous le choc mais hors de danger aux dernières nouvelles, n’a été possible que grâce au savoir-faire occulte d’un tradi-praticien nommé El hadj Osséni.

La dame en question serait enceinte depuis plus d’un an. Les consultations prénatales n’auraient rien révélé comme la présence d’un fœtus humain, alors qu’elle sentait quelque chose bouger dans son ventre. C’est ainsi que suite à des douleurs atroces, elle décide de se rendre chez le guérisseur traditionnel qui, après des prières et autres invocations sur le Coran, lui aurait donné une potion «magique» qu’elle a bue avant de mettre bas un serpent vivant puis un poisson, un gros silure (appelé ‘’aboli’’ en langue fon-gbé). Le serpent a été tué et mis dans une bouteille et le poisson exposé pendant un bout de temps pour satisfaire les curiosités. Le guérisseur interrogé dit avoir reçu le don exceptionnel de soulager les peines des gens sous l’emprise d’envoûtement et qui connaissent des infortunes diverses.

Pour lui, il ne s’agit pas forcément d’un acte de malfaiteur quelconque qui en veut à la dame, mais peut-être d’un fait à travers lequel Allah entend se manifester. Néanmoins, si c’est du fait d’un homme, suppose-t-il, il faudrait que les gens prennent conscience que la vie est sacrée et sachent surtout qu’elle n’est pas éternelle, pour abandonner leurs mauvaises pratiques, se repentir et cesser de nuire à leurs prochains.
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 02 avr. 2015


Atelier de formation «Cénacle expérimental» initié par Charly d’Almeida:Passer le flambeau de la peinture d’une génération à une autre

Ce jour, mercredi 1er avril, s’ouvre à Togbin, un atelier de formation au profit de jeunes artistes plasticiens du Bénin. La rencontre dure jusqu’au 9 avril et est porté par le plasticien de renom, Charly d’Almeida. L’objectif visé, est de permettre à la génération émergente de plasticiens de s’outiller et de se doter des outils indispensables pour la réussite professionnelle.

Comme nombre de ses pairs, l'artiste Charly d’Almeida aurait pu ne pas songer à la formation d’une relève de qualité. Mais ce peintre de renom à qui il est reconnu un talent certain et un travail de haut vol a choisi de voir autrement l’après-lui. Et c’est là, toute la raison d’être de «Cénacle expérimental», une résidence qu’il a initiée au profit d’une dizaine de jeunes peintres dont les travaux, selon ses explications, sont prédestinés à un avenir prometteur, si on les encadre et leur donne les outils de réussite. Car, le talent seul ne fait plus les artistes et cela, «Charly» comme on l’appelle affectueusement, fort de son parcours, a fini par le comprendre. « Dans une corporation, il y a plusieurs générations qui se succèdent et parviennent quelques fois à se côtoyer. Moi je suis d’une certaine génération et cette formation s’adresse à une ou deux générations après celle à laquelle j’appartiens», explique l’artiste.
Toute fausse modestie gardée, il soutient : «au cours de ma modeste carrière d’artiste plasticien, j’ai eu l’occasion de beaucoup voyager et de rencontrer plusieurs artistes et acheteurs de l’art à travers le monde. Cette expérience m’a édifié; mon ambition est de partager mes expériences avec mes jeunes frères artistes et de les informer sur les exigences du marché de l’art et sur certains pièges auxquels sont confrontés les artistes dans la gestion de leur carrière».
C’est donc un rudiment essentiel, un nutriment de réussite artistique qu’il compte léguer à la jeune génération des plasticiens et artistes à travers «Cénacle expérimental» qui, est selon lui, un évènement conçu autour d’une trilogie, relative à la rencontre, l’échange et la création dans le domaine de l’art plastique. Le projet est pensé et conçu par l’association Mibo, dont il assure la présidence depuis quelques années et ambitionne à terme, de contribuer à l’éclosion de nouveaux talents artistiques dans le domaine de l’art contemporain. Son vœu le plus cher, c’est «qu’à la fin de cette résidence d’artistes, les participants soient plus professionnels et capables de mieux se prendre en charge». Cette première édition du «Cénacle expérimental» mobilise autour du formateur, des noms assez et peu connus dans le domaine comme Adjélè Sika da Silveira, Constantine Gbétoho, Elon-m Catilina Tossou, Mahoussi Pierre Ahodoto, Achille Adonon, Damas Joseph, Lionel Férrèol Yamadjako, Eliane Aïsso, et Sébastien Boko. Puisqu’il est question ici de résidence, ils seront hébergés sur le site de l’événement, et disposeront d’un espace et d’instruments de travail. Chacun se laissera aller à son inspiration sur une période de huit jours au cours de laquelle ils travailleront sur un thème relatif à la liberté. Des échanges thématiques, le langage des couleurs dans l’expression artistique, la confection des couleurs, les techniques de marketing et de vente, les techniques appropriées pour l’emballage, l’entretien, la sauvegarde et la pérennisation de leurs œuvres... meubleront les échanges. A la suite des travaux en atelier, une journée porte ouverte sera organisée le 9 avril prochain et le public visitera le site de la résidence. Ensuite, le 11 avril, les œuvres des artistes seront en exposition à l’Institut français de Cotonou, où elles seront soumises à l’appréciation des sponsors et autres personnalités du marché de l’art.

Culture 01 avr. 2015


Célébration de la Journée mondiale du théâtre:Porto-Novo s’est régalé au CEMAAC

Le Bénin a célébré, vendredi 27 mars dernier, comme nombre de pays, la Journée mondiale du théâtre. Les manifestations d’envergure espérées n’ont pas eu droit de cité. Par contre à Porto Novo, le Centre d’études musicales, artisanales et d’animation culturelle (CEMAAC) a offert au public un spectacle.

L’honneur est revenu cette année au Polonais Krzysztof Warlikowski, l’un des plus importants metteurs en scènes européens, de proposer le message de la Journée mondiale du théâtre. Message à travers lequel il a rappelé l’importance du sixième art dans un monde où les conflits flambent. Ce même message, les populations de la ville de Porto-Novo ont eu la chance de l’écouter, vendredi 27 mars dernier au Centre d’études musicales, artisanales et d’animation culturelle (CEMAAC). Ceci, à l’occasion d’une soirée organisée pour d’une part, célébrer cette journée qui honore et valorise les métiers des hommes de planche et d’autre part, présenter au public, la scène rénovée dudit centre qui s’affiche comme l’un des rares espaces culturels viables de la capitale. Plusieurs artistes et groupes d’artistes ont ainsi presté devant un public composé de jeunes élèves, des étudiants, des personnes âgées…
Les organisateurs ont même été débordés par le public présent. Ils parlent de plus de 4000 spectateurs, ce qui était largement au-dessus de leurs attentes. Déjà, la direction du centre envisage une extension de la scène pour contenir à l’avenir le public. A y voir de près, la programmation faite à l’occasion de cette soirée et qui s’inscrivait également dans le cadre de la mise en œuvre du projet Patrimoine, culture et tourisme équitable (PaCTE), a beaucoup intéressé le public. Il y avait entre autres, des artistes locaux, des groupes d’artistes, la sélection des élèves de l’atelier d’art dramatique du CEMAAC dirigé par le metteur en scène Hermas Gbaguidi, l'association Irikpè Sabouyo, la compagnie Sèna, le prophète Elie et bien d'autres jeunes compagnies de théâtre de Porto-Novo. Le public ne s’est donc pas ennuyé du tout, surtout qu’il y avait en tête d’affiche, le duo Pipi Wobaho et Eléphant mouillé, sans oublier l’animateur en langue locale Wémè, Bodé’Star, très adulé à Porto-Novo et dans les communes environnantes.

Culture 01 avr. 2015


Secteur de la Santé :Boni Yayi annonce des recrutements massifs

Le chef de l’Etat a tenu, hier mardi 31 mars, une séance de travail avec des jeunes diplômés sans emploi du secteur de la Santé. Il leur a annoncé son projet de les enrôler pour combler le déficit en personnel de santé.

Le déficit en personnel de santé sera bientôt comblé avec le recrutement de plus de 7000 agents de santé parmi les diplômés sans emploi. Cette annonce a été faite hier par le président de la République, lors d’une séance de travail avec les jeunes diplômés sans emploi du secteur de la Santé. Selon Dorothée Kindé Gazard, ministre de la Santé, l’Observatoire des ressources humaines en santé de son ministère révèle un gap de 7521 agents de santé, allant du corps médical aux paramédicaux en passant par le personnel administratif. En 2014, poursuit-elle, 1154 agents de santé ont été recrutés par le gouvernement. Le ministère sera également pourvu en personnel au travers du Programme de volontariat et des stages de l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE). Néanmoins, ces attentes ne suffisent pas toujours pour satisfaire les besoins.

«Il faut que vous soyez disponibles car dans deux semaines, on va vous faire appel», a lancé le président de la République aux jeunes diplômés sans emploi. Boni Yayi estime que la décision de son gouvernement de régler le déficit en personnel de santé dénote du prix qu’il accorde à l’administration d’un service de santé de qualité au Bénin. « Nous avons voulu observer la flexibilité avec des recrutements par poste. Progressivement nous allons pouvoir animer nos centres de santé et nos hôpitaux », insiste-t-il, invitant les agents de santé à faire correctement leur travail. Boni Yayi prône une nouvelle gouvernance syndicale dans le secteur de la Santé avant d’indiquer la disponibilité de son gouvernement à discuter avec les agents de santé en grève au sujet de leurs revendications. Le chef de l’Etat a également annoncé que le gouvernement réfléchit à la mise en place d’un mécanisme de gestion privée des nouveaux hôpitaux construits, afin de limiter les mouvements sociaux qui paralysent souvent le système sanitaire.

Actualités 01 avr. 2015


Gisèle Hountondji, première écrivaine béninoise:Remontée contre le racisme !

Née à Cotonou en 1954, Gisèle Hountondji est la première écrivaine béninoise. Un titre qu’elle allie à celui de l’interprétariat. Dans ses ouvrages, elle aborde la thématique du racisme. En référence, notamment, à ce qu’elle a vécu lors de ses études académiques en terre française.

Gisèle Hountondji est une négresse atypique. La couleur de sa peau ne la trahit pas. Teint noir, taille moyenne, cheveux tressés à l’aide d’un fil ordinaire, c'est une femme d’un statut un peu particulier. Une vraie amoureuse des lettres qui sait retracer ses pensées, sa philosophie et ses sentiments selon la situation.
Elle s’exprime aisément dans la langue de Molière. Il ne saurait en être autrement pour une femme de sa trempe. Première écrivaine béninoise, Gisèle Hountondji compte plusieurs ouvrages à son actif, dont le premier et le plus célèbre : «Une citronnelle dans la neige». Suivi de «Regards croisés sur une ville», «La petite fille des eaux», «Balançoire», «Daniel»…. Ces deux derniers sont des recueils de nouvelles.
Bien qu'écrivant dans la langue de Molière qu'elle manie avec dextérité, elle tient mordicus, à sa langue maternelle fon, comme pour se départir de l’impérialisme. C’est ce qui justifie sa fidélité aux émissions culturelles dans cette langue sur les chaînes de radiodiffusion sonore privées de la place. «Je n’ai pas envie de perdre tout mon ‘’fongbé’’; je me sens profondément Béninoise en parlant français, anglais, espagnol et le fon», dit-elle.
Malgré son âge, elle déborde encore d’énergie. Son élocution est aussi rythmée comme celle d’une comédienne au cinéma. Gisèle Hountondji éprouve une certaine sensation à parler d’elle-même, de son enfance, de ses peines et joies, de ses années d’études, bref de sa vie. C’est un personnage hors du commun qui aborde la vie sans lacet.

Marquée par le racisme

Elle évoque le racisme dans ses moindres détails. En tout cas, pour ce qu’elle a vécu en France, comme dans d’autres pays européens, valait bien la peine d’attirer l’attention de ceux qui voient l’Europe comme un eldorado, et qu'elle invite à prendre des garde-fous. A l’en croire, la France est tout, sauf l’Eden rêvé par des Béninois et Africains pour sortir de la dèche. Ce qu’elle espérait en tentant un séjour dans ce pays, n’a été qu’une illusion, raconte-t-elle. D’où l’ouvrage «Une citronnelle dans la neige». Dans ce roman, Gisèle Hountondji exprime le don de la narration. Rien n’a échappé à sa mémoire et elle a raconté dans un langage chaleureux, teinté d’intimité et de familiarité, tout ce qu’elle sait de ce phénomène. «La curiosité de son regard est celle de l’Africaine qui débarque à Paris et qui observe les mœurs et les juge sans ménagement». Pour elle, il est préférable pour un étranger d’aller étudier en France et de revenir dans son pays une fois les études terminées.
«J’ai écrit mon premier livre pour dire à mes frères et sœurs béninois, dahoméens d’alors, qu’il ne sert à rien de vouloir coûte que coûte aller en France en croyant que Paris est un paradis». Aussi, a-t-elle voulu montrer aux Béninois que les Français de Paris ne sont pas forcément ce qu’ils ont toujours pensé d’eux. «Je veux leur montrer qu’ils sont rigoureux, disciplinés, et de surcroît, racistes», confie-t-elle. La leçon qu’elle enseigne dans cet ouvrage est sans ambages : «l’Africain doit comprendre que son salut est en Afrique. Mais cela n’empêche pas qu’il veuille aller en Europe pour poursuivre ses études et ses stages professionnels», a-t-elle nuancé.

Relativiser le racisme

Gisèle Hountondji a débarqué à Paris à l’âge de 18 ans pour faire la volonté de son feu père, qui nourrissait l’espoir de la voir évoluer dans la fonction publique béninoise avec de gros diplômes. Ce qui fut une réalité. Mais qu’est-ce qui a si tant marqué Gisèle Hountondji, au point de l’inspirer à rédiger un ouvrage sur le racisme ?
«C’est après ma Maîtrise que je me suis vraiment lancée dans la rédaction de cet ouvrage, parce que j’ai estimé que cela serait d’une certaine utilité et surtout j’ai décidé d’écrire après m’être sentie plus aguerrie contre toutes les attaques racistes». Elle se désole d’avoir fait l’objet de raillerie de la part de certains professeurs et concierges de l’institut français où elle suivait les cours. Mais une chose est évidente.
Le séjour en France quoi que difficile pour elle, lui a permis de finir ses études et d’avoir son diplôme de Maitrise bilingue anglais-espagnol, option droit, après sa Licence en langues étrangères à la Sorbonne à Paris. Mais elle relativise le racisme à travers un coup de cœur. Elle se souvient qu’en 1973 au cours d’un de ses voyages aux Etats-Unis, une vieille femme blonde, toute recroquevillée avec des yeux bleus lui a mis la puce à l’oreille, afin de lui épargner l'attaque des délinquants. Elle dit être positivement marquée par la réaction de cette femme, ‘’dans ce pays pourtant dit des plus racistes du monde’’.

Attachement pour les lettres

Au-delà du racisme qui l’a forgée à devenir une femme combative, son attachement pour les lettres relève d’une curiosité et d’un amour sans précédent. Gisèle Hountondji a surtout pris goût à la lecture dès son plus jeune âge. «J’ai eu la chance de lire au moins deux ouvrages avant l’âge de huit ans; j’en ai pris l’habitude durant mes corvées d’enfance», se souvient-elle avant d’expliquer que la rédaction d’un ouvrage relève de l’art, de la patience. C’est une disposition naturelle. Selon elle, ne devient pas écrivain qui veut. Cela demande à son avis, du temps et requiert de l’inspiration, de la méthode et de la modestie.
De plus, elle refuse d’être écrivaine à la manière de certains écrivains. L’on n’écrit pas un livre pour le publier au bout de quelques mois, encore moins au bout de quelques jours. Sur ce point, elle cite en exemple son propre cas. «J’ai écrit Une citronnelle dans la neige en 1978 et c’est en 1986 que c’est paru, soit près de dix ans après». Selon elle, quand un livre est formidable, il ne s’agit pas pour son auteur de le crier sur tous les toits. Cela se laisse plutôt apprécier par les lecteurs.
Mieux, ce n’est pas à l’aune du nombre de livres que l’on reconnait la qualité d’un écrivain. Sa qualité réside dans son style, dans son talent. «Il vaut mieux écrire un seul bon livre, plutôt que dix mauvais et d’avoir la réputation d’un écrivain maudit», estime-t-elle.

Sept tentatives pour l’édition d’un livre

En dehors du racisme qui l’a profondément marquée, elle se souvient d’avoir sué sang et eau avant de faire éditer son premier ouvrage. «J’ai dû proposer mon livre à six différentes maisons d’éditions à Paris qui ont refusé de l’éditer», se rappelle-t-elle. Pour la septième fois aussi, sa chance n’a pu prospérer, parce que son sauveur du moment (un homme ayant subi également les affres du racisme), a été très tôt fauché par la mort, laissant Gisèle et son ouvrage à leurs sorts. Qui connaitront finalement un heureux aboutissement grâce à une maison d’édition togolaise.
Une fois ces difficultés surmontées, Gisèle devrait faire connaitre davantage son œuvre littéraire au public béninois. Comment a-t-elle alors vécu son entrée dans le cercle ‘’macho’’ des écrivains béninois dans un Bénin révolutionnaire? A cette interrogation, Gisèle Hountondji répond d’emblée qu’elle n’est pas machiste en matière d’écriture, mais dans la vie sociale. Qu’un auteur soit de sexe masculin ou féminin en cette période là, cela focalisait très peu l’attention. Toutefois, rectifie-t-elle, à l’époque, les Béninois au premier rang les journalistes du quotidien ‘’Ehuzu’’ et ceux de la chaîne nationale étaient sidérés de découvrir dans les librairies et bibliothèques, cet ouvrage écrit par une femme. Aujourd’hui, mieux que par le passé, elle a toujours le sentiment d’avoir prêché dans le désert, étant donné que les maux qu’elle a dénoncés dans «Une citronnelle dans la neige», sont loin de changer les habitudes des Béninois. «Beaucoup d’entre eux sont encore tentés par un asile en France et ne consacrent pas assez de temps à la lecture», se désole-t-elle.
Outre l’univers des livres, Gisèle Hountondji s'investit également dans le militantisme. Elle a beaucoup milité dans des mouvements associatifs en France, a-t-elle dévoilé. Pour autant, elle n’est pas représentative de la femme béninoise à Paris. «On ne milite pas pour récolter la célébrité ou des honneurs ou pour plaire à quelqu’un, mais pour défendre ou soutenir un point de vue», insiste-t-elle. Pour l’auteur d’«Une citronnelle dans la neige», les Béninoises doivent se battre pour leur propre salut. Les questions liées à leur autonomisation et à la promotion du genre, sont progressivement en passe de connaitre un essor. Reste à elles, de jouer leur partition pour aider les gouvernements à relever ce défi. Sur ce point, indique-t-elle, la femme doit cesser de subir en silence les caprices ou la dictature de son mari ou d’un homme sous l’influence de l’argent. Pour elle, le plus important dans une vie de couple par exemple, demeure le bonheur des membres du couple et non le mariage. De fait, «la femme peut vivre en union libre et faire de merveilleuses choses», estime-t-elle.
Si Gisèle jette son dévolu sur les lettres, elle n’est pas pour autant gourmet à table. Son plat prisé, le riz et ses distractions préférées, la lecture et les émissions culturelles radiophoniques.
Admise récemment à la retraite, elle est bien installée dans sa fonction d’interprète. Aussi, consacre-t-elle plus de temps à son seul garçon de 11 ans et à son chien qui lui tient de compagnie dans son logis dans les environs de Cotonou.
M. A.

Société 01 avr. 2015


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