La Nation Bénin...
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Une mission de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a séjourné au Bénin du 22 au 28 février 2015. Ceci pour aider le gouvernement du Bénin au regard de la situation épidémiologique qui prévaut au Nigeria concernant la prolifération du virus influenza hautement pathogène (IAHP) H5N1 dans les élevages de 17 Etats de ce pays frontalier à faire un point.
Sollicité par le gouvernement du Bénin, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a pu évaluer le niveau de préparation du pays vis-à-vis du risque d’introduction du virus et appuyer le pays dans la prévention et aussi dans la riposte en cas d’apparition d’un foyer de grippe aviaire. Au terme de la mission d’une équipe de quatre experts venant du Centre de Gestion de crise – santé animale (CMC-AH) à Rome, les experts ont dressé une liste de cinq (5) recommandations pour amener le pays à être prêt dans la prévention et la riposte au cas échéant.
Ainsi, le Bénin avec l’appui des partenaires techniques et financiers doit mettre à jour le Plan d’intervention d’urgence (PIU), notamment dans son volet coordination des différents acteurs; tenir compte des recommandations des missions d’évaluation des écarts par rapports aux standards internationaux (PVS) de l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE) dans l’organisation/restructuration des Services vétérinaires avec notamment la restauration d’une chaîne de commande directe sous l’autorité du délégué de l’OIE; renforcer les capacités de contrôle et de surveillance y compris les laboratoires; élaborer une stratégie de communication ciblée et adaptée à la situation épidémiologique notamment envers les professionnels de la filière avicole et renforcer la concertation sous-régionale.
Constat
Les experts ont diagnostiqué bien de situations à risques avant de faire ces recommandations. Ils ont fait le constat d’un système de contrôle frontalier et intérieur défaillant se traduisant par une augmentation de l’introduction et des points de vente des poussins d’un jour au statut vaccinal inconnu, de volailles adultes et d’œufs de consommation en provenance du Nigeria par voie routière (bus de transport, motocyclettes); la multiplication de petits élevages familiaux de volailles à partir des poussins importés exacerbés par la chute des prix de ces animaux (de 200 CFA à 75 CFA pour les poussins coquelets et de 1000 CFA à 300 CFA pour les poussins pondeurs).
Leur déplacement sur le terrain avec des séances de travail avec le Directeur de la Production animale, délégué national de l’OIE, les responsables de l’Agence béninoise de Sécurité sanitaire des aliments (ABSSA), le personnel technique des laboratoires vétérinaires de Bohicon et de Parakou, les représentants des organisations d’éleveurs de volailles, l’Union nationale des aviculteurs professionnels (UNAP), l’Interprofession avicole du Bénin(IAB), les vétérinaires privés a également permis d’observer un niveau de communication insuffisant avec la faiblesse du niveau de sensibilisation et d’information des éleveurs et des professionnels des services du ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) sur la situation qui prévaut au Nigeria sur les pratiques préventives telles que la biosécurité dans les élevages, les marchés, etc., la sous-utilisation du réseau de surveillance épidémiologique (RESUREP).
PIU non opérationnel
A tout ceci s’ajoute le Plan d’intervention d’urgence (PIU) qui est non opérationnel: la non activation des comités nationaux, régionaux et communaux de lutte contre la grippe aviaire pour susciter et maintenir un état de veille comme le prévoit le PIU; la saisie et la destruction des produits illégalement importés dans des conditions ne respectant pas les mesures de biosécurité et de bien-être animal. Cette dernière activité a été essentiellement réalisée à ce jour par les agents de l’Agence béninoise de sécurité alimentaire (ABSSA), en marge des dispositions du Plan d’intervention d’urgence (PIU). A ce jour, plus de 35 000 poussins ont été saisis et détruits avec l’assistance des forces de l’ordre. Ce nombre est nettement en deçà des effectifs illégalement introduits du fait des capacités limitées de contrôle.
De plus, un manque de coordination des mesures de prévention entre les structures techniques du MAEP (ABSSA, DPA, Laboratoire, etc.) est perçu. Les Services vétérinaires sont désorganisés du fait d’un modèle d’organisation qui s’écarte des standards de l’OIE (notamment l’absence d’une chaîne de commande) et de l’insuffisance des ressources humaines et logistiques en particulier en ce qui concerne le Réseau de surveillance épidémiologique (RESUREP) et la non opérationnalisation du mandat sanitaire ainsi que l’absence d’une concertation en termes de partage d’informations et de savoir avec le Nigeria dans les stratégies de prévention et de lutte contre la maladie.
Source FAO
Actualités 12 mars 2015

Dans certaines zones rurales, l’accès à l’eau n’est pas chose aisée. L’Agence japonaise de coopération internationale l’a si bien compris qu’elle a doté certaines localités de forages afin de soulager la peine des habitants. Le château qui trône dans un coin de l’école primaire publique de Kpédékpo a suscité notre curiosité.
« C’est la mairie de Zagnanado qui nous a recruté pour gérer l’eau. L’argent collecté nous permet d’entretenir les machines. Toutes les fins de mois, nous faisons le point à la mairie», informe Louis Aké, technicien gestionnaire originaire de Covè. Il explique qu’il rend compte des ventes, règle les dépenses et procède aux réparations. « C’est depuis février 2014 que j’ai pris en charge la gestion et l’eau est fournie de façon continue. C’est quelqu’un d’autre qui le faisait auparavant. Il ne s’y connaissait pas trop et il y avait souvent rupture de l’approvisionnement en eau », raconte Louis Aké,
Selon les explications de ce technicien, le château était fonctionnel depuis 2012. Seulement 2 personnes au total ont été branchées jusque-là. Pourtant, 30 autres expriment actuellement le besoin d’être connectées au réseau d’eau. Pour Louis Aké, s’il y a beaucoup de personnes qui se manifestent, les dispositions devront être prises pour les raccorder, espère-t-il.
Il existe au total, 8 points publics d’eau, y compris celui qui est implanté dans l’enceinte de l’école primaire publique de Kpédékpo.
Ce point d’eau sert concomitamment aux élèves et aux populations riveraines, si bien qu’à un moment donné, les écoliers ont failli faire les frais de la gestion peu orthodoxe des fonds issus de la vente de l’eau de ce point précis.
L’équipe qui était commise à la gestion ne parvenait pas, a-t-il expliqué, à maîtriser toutes les charges liées à la production et à la consommation de l’eau. D’où les démarches entreprises pour asseoir l’actuelle équipe qui conduit tout ce qui tourne autour de l’eau mise à disposition par la coopération japonaise.
Concernant les ventes, l’eau est cédée à 420/m3 et 15f/bassine, renseigne Louis Aké qui relève, par ailleurs, qu’elles montent tantôt (parfois jusqu’à 50.000F CFA), puis elles descendent quelques temps après (à 17000F CFA).
Relativement aux mesures d’hygiène, le nouveau gérant explique que le nettoyage est assuré toutes les fins du mois. «La nuit, on lave avec l’eau de javel et on renouvelle le contenu; le tank a une capacité de 30m3», poursuit-il.
Le contrôle de la qualité de l’eau est assuré par la Direction de l’hydraulique ou parfois par la SONEB, a assuré Louis Aké pour qui, il n’y a vraisemblablement pas de problème étant donné que l’eau est extraite de la nappe phréatique.
Le groupe qui nous permet de pomper l’eau dans le château a une puissance de 5 kva, renseigne Louis Aké qui indique que c’est lui-même qui procède aux réparations que cela nécessite.

Cotonou a abrité, hier mercredi 11 mars, la 20e session du Comité d’orientation et de suivi du Partenariat entre l’Union européenne et l’Afrique sur le coton (Cos-coton). Partenaires techniques et financiers œuvrant pour le développement du coton africain, les parties prenantes du partenariat UE-Afrique sur le coton, des acteurs des filières cotonnières en Afrique y ont pris part. Les assises permettront d’adopter des stratégies nouvelles en vue de répondre efficacement aux nombreux défis auxquels demeurent confrontées les filières cotonnières.
Le coton africain est à la croisée des chemins. Considéré comme l’une des principales sources de croissance des économies de certains pays et une importante source d’emplois et de devise, le coton est aussi une source de revenus monétaires pour une multitude de personnes qui vivent directement de cette culture. La baisse des coûts du coton sur le marché mondial, observée depuis 2000 et les distorsions induites par les subventions et les soutiens internes accordés aux producteurs des pays du nord ont porté un coup très dur à la compétitivité et la viabilité des filières cotonnières africaines.
Cette situation a entrainé une volatilité du coût mondial du coton fibre, une perte des recettes d’exportation, une baisse de la croissance économique et, par ricochet une accentuation de la pauvreté au niveau des cotonculteurs africains. Ce qui a engendré un préjudice d’environ 250 millions de dollars par an.
C’est dans ce contexte que «le partenariat UE-Afrique a été mis en place en 2004 à Paris, afin de contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones cotonnières africaines par l’amélioration de la compétitivité, de la valeur ajoutée et de la vitalité des filières cotonnières africaines, de façon à en optimiser l’impact sur les revenus des producteurs».
Des réflexions pour inverser la tendance
A l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 20è session du Comité d’orientation et de suivi du partenariat UE-Afrique sur le coton, hier le ministre en charge des Affaires étrangères Nassirou Bako Arifari est revenu sur le partenariat en précisant qu’il repose sur un cadre d’actions dont les axes principaux sont orientés, d’une part vers la mise en place de conditions commerciales plus équitables sur les marchés internationaux du coton dans le cadre des négociations agricoles menées au titre du Programme de Doha pour le développement à l’organisation mondiale du commerce. Et d’autre part, vers un appui aux régions et pays d’Afrique producteurs de coton, afin d’améliorer la compétitivité des économies cotonnières et de limiter la baisse des revenus, liée à la vitalité des prix.
Le ministre des Affaires étrangères précise que grâce à ce partenariat, un financement total estimé à près de 570 millions d’euros a été alloué aux filières cotonnières africaines à la date d’aujourd’hui dont 70% provenant de l’UE et de ses Etats membres. Il dit noter avec beaucoup de satisfaction que le Bénin a bénéficié de ce partenariat depuis sa mise en œuvre et des contributions des Etats membres de l’Union européenne pour un montant total de près de 33 milliards alloués à des actions visant l’amélioration de la qualité et de la compétitivité du coton, l’augmentation des revenus des producteurs et la mise en œuvre des réformes structurelles dans le secteur.
Nassirou Bako Arifari n’a pas manqué de rappeler les défis auxquels demeurent confrontés les filières cotonnières africaines.
On y retient, entre autres, le défi de la productivité, celui de la commercialisation, de la transformation locale de la fibre du coton et la valorisation des sous-produits, ainsi que les défis de la protection de l’environnement et celui de la sécurité alimentaire. Pour le représentant du groupe des Etats ACP, Yao Adingra, il s’avère nécessaire, au terme d’une décennie de mise en œuvre de ce partenariat, de marquer une pause pour évaluer le chemin parcouru. Puis, il a insisté sur le caractère vital et stratégique du coton dans le tissu social et économique des pays producteurs avant de préciser que le partenariat UE-ACP contribue à lutter contre la pauvreté dans les bassins de production du coton, notamment par l’amélioration de la productivité et la compétitivité du coton en y apportant une plus value sous diverses formes.
Pour le représentant de l’UE ; l’ambassadeur Josep Coll, le partenariat est un instrument global au service de la consolidation de la filière. Il a rappelé tous les efforts faits par l’Union européenne «ce programme confirme le rôle crucial et catalysateur joué par l’UE dans la mise en œuvre d’action favorisant une meilleure compétitivité des filières agricoles dans la zone ACP».

Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale va connaître bientôt une refonte. La procédure engagée par le président de l’Assemblée nationale à travers sa décision N°2012-13/AN/PT du 22 mars 2012 a porté ses fruits. Le Comité chargé des réformes juridiques et institutionnelles internes (CoReJI) créé à cet effet a déposé les conclusions de ses travaux qui recommandent la modification de certaines dispositions de ce Règlement intérieur. Ces recommandations ont été transformées en une proposition de résolution sur laquelle les députés auront à se pencher d’ici à là.
Vers un nouveau Règlement intérieur pour l’Assemblée nationale. Il viendra en modification du texte utilisé jusque-là et vieux de deux décennies.
En effet, l’actuel Règlement intérieur de l’Assemblée nationale datant de 1995, a rapidement montré en cours de chemin ses insuffisances. Lesquelles insuffisances ont conduit la sixième législature à engager sa relecture. C’est ainsi que par décision N°2012-13/AN/PT du 22 mars 2012, le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago a mis en place le Comité chargé des réformes juridiques et institutionnelles internes (CoReJI). Ce comité s’est vu assignée la mission de relire tous les textes qui régissent la vie de l’institution parlementaire dont le Règlement intérieur.
Le comité présidé par Isaac Fayomi, directeur des Services législatifs (DSL) de l’Assemblée nationale a déposé depuis décembre 2014 les conclusions de ses travaux. Il a parcouru le Règlement intérieur dans ses moindres détails et a procédé à la modification d’une centaine d’articles du texte. Les différentes modifications ont été versées sous forme de proposition de résolution au président de l’Assemblée nationale. Le nouveau texte modernisera toute la charpente de l’organisation et du fonctionnement dans tous ses aspects notamment législatif, administratif, financier de l’Assemblée nationale et même de la police et de la discipline à l’interne de l’institution parlementaire.
Les réformes n’ont pas occulté les organes de l’Assemblée nationale notamment le bureau, la conférence des présidents, les groupes parlementaires, les commissions permanentes. Il en est de même de la procédure législative en matière de vote de lois ordinaires d’une part et de lois spéciales d’autre part. Toutes les dispositions y relatives ont été revues et actualisées. Si la proposition de résolution arrivait à être adoptée, il ne sera pas exagéré de dire qu’on tend vers un Règlement intérieur de l’Assemblée nationale révolutionnaire.
Plusieurs réformes à la clé
La plus grande réforme retenue par le CoReJI se trouve déjà au niveau du bureau de l’Assemblée nationale. Au lieu de sept membres jusqu’ici, le comité a recommandé la création de deux nouveaux postes. Ce qui porte à un bureau de 9 membres. Ainsi en dehors des postes traditionnels de président, de premier vice-président, deuxième vice-président, premier questeur, deuxième questeur, premier secrétaire parlementaire, deuxième secrétaire parlementaire, le Comité Isaac Fayomi propose la création des postes de troisième secrétaire parlementaire et de quatrième secrétaire parlementaire. A travers cette nouvelle création, le comité a le souci de corriger les reports successifs de séances plénières pour défaut de secrétaire parlementaire dont la présence est indispensable pour la validité des décisions législatives.
Mieux, à l’article 15 nouveau, le CoReJI propose que le candidat aux fonctions de président de l’Assemblée nationale soit proposé par le bloc majoritaire. Le président est élu au scrutin uninominal secret. Aux deux premiers tours du vote, la majorité absolue des suffrages est requise. Si à l’issue du deuxième tour, le candidat n’obtient pas la majorité absolue, le groupe majoritaire propose un autre candidat qui sera soumis aux mêmes modalités d’élection, propose la résolution. Les autres membres du bureau sont élus poste par poste, dans les mêmes conditions au cours de la même séance. L’élection des deux vice-présidents, des deux questeurs et des quatre secrétaires parlementaires a lieu en tenant compte de la minorité parlementaire au sein de l’Assemblée nationale, proportionnellement à la configuration en bloc majoritaire/minoritaire.
En tout état de cause, le bloc minoritaire au sein de l’Assemblée nationale a droit au moins à un poste de vice-président, un poste de questeur et un poste de secrétaire parlementaire. Avec ces dernières dispositions, il ne serait plus question pour un camp, parce que disposant d’une majorité mécanique, de verrouiller tous les postes du bureau. La minorité a aussi voix au chapitre.
Quatre secrétaires parlementaires
Aux termes de la proposition de résolution, le président de l’Assemblée délibère sur l’irrecevabilité des projets et propositions de loi, d’amendements qui ne sont pas du domaine de la loi. Il fixe l’ordre du jour des sessions ordinaires de l’Assemblée nationale, en tenant compte des dispositions de l’article 76.2 du présent Règlement intérieur.
Quant aux vice-présidents, ils suppléent le président de l’Assemblée nationale en cas d’absence ou en cas d’empêchement de celui-ci dans l'exercice de ses attributions, et ce dans l’ordre de préséance. Ils assistent le président de l’Assemblée nationale dans l’exécution de ses fonctions. Ils sont chargés, par délégation, de tâches spécifiques notamment de suivi de la gestion administrative et des ressources humaines, suivi de la gestion financière et matérielle, suivi de la procédure législative et des activités de communication, suivi de la coopération parlementaire et du contrôle des structures sous tutelle.
Les questeurs, pour leur part, sous la haute direction et le contrôle du bureau sont chargés de la gestion financière et matérielle de l'Assemblée nationale. Aucune dépense ne peut être engagée ni ordonnancée sans leur avis préalable. En tant que tel, les questeurs sont des administrateurs de crédit, rôle qu’ils ne peuvent cumuler avec celui de payeur des dépenses. Ils préparent de concert avec les membres du Bureau, le budget de l’Assemblée nationale qu’ils rapportent devant la commission chargée des finances.
En ce qui concerne les secrétaires parlementaires, ils ont pour mission d’assister le président dans la conduite des débats. Ils inscrivent les députés qui demandent la parole, contrôlent les appels nominaux, constatent les votes à main levée ou par assis debout et dépouillent les scrutins. La rédaction du procès-verbal des séances et du compte rendu sommaire relève de leurs attributions. Ils exercent un contrôle sur les travaux de transcription des débats parlementaires. En cas d’absence de tous les secrétaires parlementaires pour diverses raisons, constatée par le président à l’ouverture de la séance, ce dernier désigne d’office un secrétaire ad’hoc pour les suppléer. Le secrétaire parlementaire ad’hoc assure ses fonctions durant toute la séance pour laquelle il a été désigné, même en cas d’apparition durant la séance d’un ou des secrétaires parlementaires titulaires, balise la proposition de résolution.
Droits et Devoirs 12 mars 2015

En vacances parlementaires depuis le 27 janvier dernier, les députés ont renoué hier mardi 10 mars, avec l’hémicycle. Ils ont officiellement lancé les travaux de la première session extraordinaire de l’année 2015 ouverte à la demande du gouvernement et portant 15 points à son ordre du jour.
43 députés présents. C’est le quorum qui a favorisé l’ouverture de la première session extraordinaire de l’année 2015. La particularité de cette session est qu’elle est demandée tant par le chef de l’Etat que par le Parlement.
Les dossiers soumis par l'Exécutif
Le gouvernement a sollicité l’ouverture de cette session pour l’examen de huit dossiers auxquels il a complété deux autres hier. Les dossiers, faut-il le rappeler, concernent l’accord de prêt d’ISTISNA’A signé à Djeddah le 10 décembre 2014 entre la République du Bénin et la Banque Islamique de Développement (BID) portant sur le financement partiel du projet d’aménagement et de bitumage de la route Banikoara-Kérémou via la frontière du Burkina Faso, celui conclu avec la même institution bancaire, pour la réalisation d’une centrale thermique de 120 MW à Maria Gléta et le protocole d’accord de prêt entre le Bénin et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) au sujet du projet de pavage de rue et d’assainissement dans les villes de Bembèrèkè, Bonou, Bopa, Dangbo, Ifangni, Kalalé, Karimama, Tanguiéta, Zakpota et Zè.
Il y a aussi le projet de loi portant autorisation de ratification des accords de prêt signés à Washington, le 10 octobre 2014 entre la République du Bénin et la Banque arabe pour le développement (BADEA), le Fonds koweitien pour le développement économique arabe (FKDEA) et le fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) dans le cadre du financement additionnel du projet de protection de la côte à l’Est de la ville de Cotonou, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé entre la République du Bénin et la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, dans le cadre du financement partiel du projet de réhabilitation et de renforcement de la route Parakou-Djougou et le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé entre la République du Bénin et la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), dans le cadre du financement partiel du projet de réalisation des marchés de Savalou et de Glazoué.
A ces projets d’accord de prêt, il faut ajouter le projet de loi portant autorisation de ratification de la convention de crédit entre la République du Bénin et l’Agence française pour le développement (AFD) par rapport au projet de restructuration et d’extension des réseaux de la Société béninoise d’énergie électrique dans la commune d’Abomey-Calavi et le département de l’Atlantique.
Les préoccupations du Législatif
A la suite du chef de l’Etat, informe Mathurin Nago, 50 députés ont demandé l’ouverture de la présente session extraordinaire. Cette demande porte sur la désignation des représentants de l’Assemblée nationale dans les postes de vote, la proposition de loi portant modification et dérogation aux dispositions des articles 393 et 425 de la loi N°2013-06 du 26 septembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin, le projet de loi portant respectivement statut spécial des agents des Douanes, des personnels de la Police nationale et des agents des Eaux, Forêts et Chasse, le projet de loi portant statut général de la Fonction publique, le projet de loi modifiant la loi n°86-014 du 26 septembre 1986 portant Code des pensions civiles et militaires à la retraite, le projet de loi portant statut du barreau de la République du Bénin, le projet de loi portant statut des magistrats de la Cour suprême et la proposition de loi portant organisation et conditions d’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales en République du Bénin.
A ces deux demandes, le bureau et la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale ont décidé de leur donner une suite favorable. La date du 10 mars a été retenue pour lancer les travaux de cette session. La jonction des deux demandes a été opérée.
Ce qui ramène l’ordre du jour à quinze points. Le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago a invité les députés à faire preuve de disponibilité pour aborder ces dossiers. Le Parlement fera preuve de génie pour examiner le maximum de dossiers au cours de ces quinze jours, souligne-t-il.
Environ 27 milliards F CFA au gouvernement
Après l’ouverture des travaux de la 1ère session extraordinaire, les députés ont attaqué hier, l’examen des dossiers. Ils se sont penchés sur deux autorisations d’accords de ratification le tout pour un montant d’environ 27 milliards F CFA.
Le premier dossier porte sur l’accord de prêt d’ISTISNA’A signé à Djeddah le 10 décembre 2014 entre la République du Bénin et la Banque islamique de développement (BID) concernant le financement partiel du projet d’aménagement et de bitumage de la route Banikoara-Kérémou-frontière du Burkina Faso. Le montant de ce projet est de 22, 958 495 milliards FCFA.
Le second accord d’un montant de 4 milliards F CFA concerne l’accord de projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé entre la République du Bénin et la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), dans le cadre du financement partiel du projet de réhabilitation et de renforcement de la route Parakou-Djougou. Les deux dossiers ont été ratifiés à l’unanimité des députés présents ou représentés. La ratification de l’accord de financement relatif au projet d’aménagement et de bitumage de la route Banikoara-Kérémou-frontière du Burkina Faso devrait contribuer au désenclavement du bassin cotonnier et l’optimisation des échanges commerciaux entre le Niger et le Burkina Faso. Les députés qui sont intervenus dans le débat général ont salué les efforts du gouvernement pour le développement des routes. Mais ils ont invité l’Exécutif à revoir l’entretien routier pour éviter qu’on ait chaque fois à reprendre les mêmes routes.
Le taux d’intérêt du deuxième projet a inquiété les honorables Bani Samari et Eric Houndété. Ils ont trouvé que le taux de 10% est exhorbitant. «C’est vrai qu’il faut se développer mais pas à n’important quel prix», relève Bani Samari. André Okounlola a voulu savoir le niveau où se trouve le dossier Kétou-Savè pourtant annoncé par le gouvernement comme étant bouclé. Il s’est également préoccupé de ce qui bloque le démarrage des travaux du pont de Tovègbamè à Adjohoun dont l'accord de financement est pourtant ratifié par l’Assemblée nationale depuis deux ans.
Le président Mathurin Nago a dénoncé le démarrage de certains travaux avant la ratification de l’accord. Pour lui, cette façon de faire est une violation des textes qui prescrivent que les accords soient ratifiés par l’Assemblée nationale avant leur exécution sur le terrain. Depuis la 6e législature, plus de 700 milliards F CFA d’accords de financements ont été autorisés par l’Assemblée nationale, souligne Mathurin Nago.
Les deux dossiers ont été défendus par le ministre chargé des Relations avec les Institutions, Gustave Sonon en présence de son collègue en charge de la Justice, Valentin Djénontin.

Peut-on disposer de tant de terres à foison et chômer ? C’est hélas la triste réalité à laquelle bien de jeunes sont confrontés dans la Vallée de l’Ouémé, dépouillés qu’ils sont de leur héritage. Une situation que déplorent bien d'autorités traditionnelles, elles aussi dépitées.
Titulaire d’un master en Biotechnologie alimentaire, option génie des procédures alimentaires et nutritionnistes, Nicolas Atchouco est le directeur général du Centre de formation Nougnon implanté à Akpadanou dans la commune d’Adjohoun. Depuis la fin de sa formation il y a quelques années, il s’est installé avec certains de ses amis pour mettre sur pied ce centre qui intervient dans des domaines comme la formation, l’agriculture, l’élevage, la transformation et bien d’autres. De par ses origines (issu d’une famille de propriétaires terriens), ce jeune entrepreneur qui a pris la résolution de travailler au développement de sa localité ne devrait avoir aucune difficulté pour son installation, nous a expliqué un de ses oncles. Mais la réalité était toute autre chose. Avant de s’installer, Nicolas Atchouco jure avoir soufflé le chaud et le froid. L’ensemble des sites éparpillés et exploités par eux couvre une superficie de 32 hectares. Mais au départ, il a fallu démarrer par une portion de 625 m² qui fait office de siège de leur organisation.
Tous interpelés
«Au début, nous étions en location. Mais avec le temps, on a essayé avec les moyens d’acheter les terres chez nos propres parents. Sur les 32 hectares, il y a 8 hectares qui sont baillés jusqu’à ce jour», explique-t-il. Une situation qui, de l’avis de son co-associé ne s’explique pas. Puisque les deux tenanciers du projet, originaires de la localité pouvaient disposer de plus d’espace et à zéro franc. Mais cela aurait pu se faire, si seulement les vastes étendues de terre dont ils sont héritiers n’avaient pas été entre temps cédées par certains et cela, surtout à vil prix. Une situation qui fait dire à Nicolas Atchouco que la question d’accaparement des terres interpelle tous. «Puisque d’ici-là, si rien n’est fait, nous risquons de ne plus avoir de terres pour travailler. Après certaines formations, si vous n’avez pas un minimum de terres, vous ne pouvez rien faire», conclut-il.
Le mal ici, c’est que les 32 hectares actuellement exploités par cette organisation auraient pu être au repos, comme de nombreuses surfaces cultivables dans la commune, alors que le besoin se fait également sentir et la nécessité d’occuper et d’exploiter ces terres se fait sentir. Cette situation désole particulièrement sa Majesté le roi Agonmèto de Dangbo, douzième successeur du fondateur du royaume de la Vallée de l’Ouémé. Pour lui, ce qui se passe n’est pas bien.
«Quand on achète des hectares, il faut les utiliser pour que notre localité se développe. C’est cela que les gens ne font pas. Ils laissent les terres au repos. On ne peut pas acheter des hectares et les laisser inexploités, on en a besoin. Si l’Etat peut prendre cela en charge avec la mairie pour que les choses marchent bien, ce serait une très bonne chose», plaide le roi. Et comme si cet appel lui avait été adressé, l’agent des collectivités locales en service à la mairie d’Adjohoun et exploitant agricole, Marouf Azonwoumon du village de Wadon dans l’arrondissement d’Adjohoun mène depuis quelques temps, une lutte implacable contre la dormance des terres. Il en a fait un combat personnel, jusqu’à ce qu’il soit devenu une sorte de «guide foncier» auquel se réfère de nombreuses personnes pour se faire entendre. Des indiscrétions révèlent même qu’il a été un acteur de premier rang dans l’actualité foncière de la commune d’Adjohoun qui a conduit certaines autorités de la localité dans les geôles. Depuis la tournure qu’ont pris ces évènements, le bouillant agent a revu son discours et ses actions à la baisse.
Cela, dit-on, du fait de ses propres ambitions politiques qu’il ne voudrait pas voir écloper du fait de son activisme. Néanmoins, ayant été de tout temps au cœur de cette lutte, il s’est laissé interviewé pour ne dire certainement que l’essentiel.
«Le phénomène d’accaparement des terres est un phénomène crucial qui prend de l’ampleur au jour le jour. Cette ampleur est néfaste parce que les terres sont là et inexploitées», déplore Marouf Azonwoumon qui y voit un risque, dès lors que des terres sont au repos et que les bras valides pour les travailler et les cultiver sont au chômage. Et si jusque-là, en dépit des émules qu’il fait ça et là dans sa localité, il n’a pu rien faire contre cela, c’est bien en raison du respect de l’ordre public, commente-t-il. «Nous avons chez nous ici des terres qu’on a pris aux terriens depuis 15 ou 20 ans, soit-disant que c’est pour le compte de certaines ONGs internationales. Mais à ce jour, nous n’avons rien vu venir et ces espaces sont devenus des auberges pour les reptiles», déplore-t-il par ailleurs.
«Dans la vallée de l’Ouémé, les exemples sont légion», fait-il observer, implorant de ce fait les pouvoirs publics et le législateur à légiférer dans ce sens, pour fixer un délai au-delà duquel il faut annuler certaines opérations foncières en cas d’inaction. «Certains sont venus dire qu’ils veulent installer de grandes entreprises. Une fois l’acte de donation signé, ils vont chercher des titres fonciers et partent pour ne plus revenir. Présentement à Agabada dans l’arrondissement d’Azowlissè, une ONG américaine est venue chercher depuis 22 ans près de 14 hectares au bord de la voie et on ne l’a plus jamais vu. Aujourd’hui, les paysans sont là dans l’espoir d’exploiter leurs terres, mais ils ne le pourront plus parce qu’ils ont été donateurs et/ou vendeurs à vil prix et des titres fonciers existent sur leurs biens. Dans ces conditions, ils ne peuvent plus agir», fait observer l’exploitant agricole qui souligne que malgré toute la bonne volonté dont ils font preuve aujourd’hui, pour aller travailler la terre. ces jadis exploitants agricoles, à défaut de se voir bailler des terres, se sont reconvertis pour la plupart dans la conduite de taxi-motos appelés «Zémidjan». En dehors du cas de Azowlissè, Marouf Azonwoumon évoque un autre, dans la localité de Gangban où, là encore, le même phénomène aurait été répété au grand dam des paysans. De nombreux autres cas existent, appuie Henri Totin de son côté.
Quel drame !
Face au mal de la terre dans la vallée de l’Ouémé, les positions ne sont toujours pas les mêmes. Pendant que les populations «abusées» se débattent, les gardiens de la tradition ont des positions mitigées. Sinon qu’en général, ils préfèrent jouer «les observateurs» et se contenter à l’instar de sa majesté le roi Agonmèto de Dangbo, de faire avec ce qui leur tombe sous la main. «Je suis ici dans mon palais sans me mêler de rien. Si l’on m’apporte des informations, je les reçois. Ou lorsque des citoyens et parfois même les autorités viennent me porter des doléances, j’apporte mon éclaircissement et mes observations».
Depuis 2010 qu’il s’est installé sur le trône du fondateur de la Vallée de l’Ouémé, le roi de Dangbo dit avoir pris la résolution de se mettre en marge du foncier pour «instaurer la discipline autour de la couronne et faire respecter la couronne dont il est le dépositaire». Il s’est, indique-t-il, voulu tellement rigoureux à ce propos, qu’il a pris la résolution lui-même de ne pas s’encombrer de soucis en allant à la recherche des terres qui auraient pu revenir à son palais. «J’aurais pu entreprendre la construction d’un nouveau palais pour sortir de la vieille bâtisse (en terre cuite) dans laquelle nous sommes ici.
Mais j’ai préféré rester fidèle à la tradition, déjà que je ne suis pas moi-même trop porté vers le matériel», a-t-il poursuivi. On pourrait même dire de lui, qu’il est aussi une victime. «Quand l’oracle m’a désigné et que j’ai quitté Sô-Ava pour m’installer ici, il n’y avait aucune parcelle qu’on m’a donnée au nom de mes aïeux. Je suis pour le développement, et j’ai eu besoin de terres à un moment donné pour la plantation de milliers de bananiers, mais il n’y avait aucune parcelle, même pas un lopin de terre pour sa Majesté dans la Vallée de l’Ouémé», déplore-t-il par ailleurs, invitant les auteurs du bradage de la terre à la sagesse.
Le regard des gardiens de la tradition
De Dangbo à Adjohoun, le regard des gardiens de la tradition ne varie vraiment pas sur la situation de la terre. Dans le village de Wadon, arrondissement d’Adjohoun, le chef traditionnel et guérisseur Dah Ayidji est tout aussi préoccupé par la situation. Mais avant, il remonte vers les temps immémoriaux pour expliquer certaines de ses manifestations.
«Le phénomène d’accaparement des terres ne date pas d’aujourd’hui. Il faut comprendre que les riches et les pauvres ne peuvent pas tenir le même langage. Un individu qui a des problèmes, peut être amené à vendre sa parcelle à vil prix. Le propriétaire terrien étant analphabète, on peut aussi le tromper au moment de faire les papiers attestant la vente de la parcelle. On peut, par exemple, mentionner sur les papiers dix hectares en lieu et place d’un hectare acheté. En plus, les terres laissées en héritage par nos grands-parents font l’objet de discorde.
Certaines ont été empruntées ou baillées à des individus qui, au décès des vrais propriétaires, s’en accaparent et estiment les avoir achetées», explique ce dignitaire des cultes endogènes. Il évoque l’un des derniers cas en date dans la localité en guise d’illustration. «Récemment, il y a eu un litige dans notre village. Les deux parties se sont retrouvées en justice. Malheureusement, devant les hommes de droit, celui qui est dans le faux estimait que le vrai propriétaire n’est pas capable d’aller montrer les bornes du domaine. Mais à sa grande surprise, le propriétaire terrien n’a pas hésité à indiquer les bornes qui datent de nombreuses années. Il a confondu son vis-à-vis. N’eut-été la parfaite connaissance de son domaine, il allait se voir dépossédé et être réduit à la misère», commente le sexagénaire. L’autre fait dont a connaissance ce chef coutumier, est la vente à des individus des domaines pris aux cultivateurs pour l’érection de services publics. Lesquels services n’ont jamais été installés, si ce n’est des domiciles privés et des entreprises personnelles.
Portion grignotée et cédée
Dans la commune d’Adjohoun par exemple, l’ex-«Pépinière» qui était un domaine affecté à l’Etat a commencé à être occupé par des particuliers. Ce qui aurait, selon son témoignage, obligé le propriétaire initial à réagir pour réclamer son dû. De même, poursuit-il, le site de l’ex-AGADEM est aujourd’hui attribué à une ONG. Le cas du domaine attribué pour l’érection d’une prison civile préoccupe également Dah Ayidji. Ceci, d’autant plus que c’est un individu de nationalité étrangère qui y a érigé son commerce. Pis, dénonce-t-il, «le site sur lequel se trouve actuellement notre centre d’agriculture appartient à une famille. Depuis quelques temps, la portion est grignotée et cédée à des privés qui effectuent déjà des travaux». Cette situation aurait déplu aux primo propriétaires et qui n’auraient d’ailleurs pas caché leur découragement. Les exemples sont légion, constate ce dignitaire. Mais alors, comment les sages de sa trempe et autres notables et dignitaires réagissent-ils souvent face à ces genres de situation ? Motus. Pour toute réponse, Dah Ayidji se défendra pour dire que ses pairs et lui ne sont pas souvent écoutés. «La politique politicienne a tout détruit. Si vous n’êtes pas du côté de ceux qui ont le pouvoir pour les amadouer, personne ne vous écoute… En tant que sage, on ne doit pas mentir. Or, la politique actuelle n’a rien de moral».
Ainsi, à ceux qui arguent que «la terre ne ment jamais», on répondra désormais que dans la vallée de l’Ouémé, elle s’écarte de la vérité et se laisse de ce fait attribuer de faux propriétaires ou qu’elle se laisse malmener selon les desiderata de «bons menteurs».
Accaparement, dispute, litige…
Quand la terre «ment» dans la vallée de l’Ouémé
On dit de la vallée de l’Ouémé qu’elle est l’une des plus riches au monde. Elle représenterait un énorme potentiel pour le développement agricole, mais n’est pas exploitée à sa juste valeur. Au nombre des causes de l'inexploitation de la vallée, la terre. Elle est au cœur de mille et une polémiques.
Des témoignages renversants, des déclarations inédites, des pleurs, des lamentations et de la tristesse… Dans certaines communes de la vallée de l’Ouémé, l’évocation du sujet «terre» suscite toutes les émotions sauf la joie. Pendant que certains s’en remettent à la providence et refusent de replonger dans ce souvenir douloureux, d’autres, ont le courage d’affronter la réalité.
Amertumes et désolation
A trente ans, Richard Totin fait partie de ces rares jeunes de la commune de Dangbo qui ont déjà eu maille à partir avec le foncier. Son histoire est semblable à la plupart de celle des autres habitants de cette commune de la vallée de l’Ouémé. Dépossédé, il l’a été, en voyant l’héritage laissé par ses arrières parents s’envoler sous ses yeux. Mais ce n’est pas là le seul drame. Son père à lui, encore en vie, et précédemment exploitant agricole, est aujourd’hui obligé de «jobber» pour survivre. Richard, lui ne s’est pas embarrassé. Pendant que son père peine pour joindre les deux bouts, il s’est résolu avec sa force juvénile à exercer de petits métiers pour subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, il est employé par une société de distribution de pâtes alimentaires et la rémunération perçue dans ce cadre, ne lui confère pas la même aisance financière qu’il avait lorsqu’il labourait la terre aux côtés de ses frères et de son père.
«Ces terres ont toujours été à nous. Mais un jour, un de nos frères, comme à l’accoutumée y travaillait lorsqu’il s’est vu interdire l’accès sous prétexte que nous n’en sommes plus les propriétaires. On nous a fait savoir que l’Etat avait déjà pris la parcelle. Et depuis lors, rien. L’Etat n’est pas parvenu à nous recaser ailleurs. C’est un bien collectif et la partie qui revient à mon papa se trouve là», a expliqué Richard Totin.
Il a actuellement besoin de construire ne serait-ce qu’où habiter, mais il n’y arrive pas.
Pour Richard Totin, leur malheur serait moins affligeant si les superficies dont ils ont été privés, avaient tout au moins servi à des fins utilitaires. «En dehors de la CLCAM qu’on a érigé sur une partie, nous ne savons pas encore à quelles fins le reste des terres sera destiné. Il reste encore suffisamment d’espace non utilisé à ce jour que mon papa m’a déjà montré plusieurs fois», commente le jeune homme. Des victimes comme celui-ci, on en rencontre par dizaines dans la commune de Dangbo. La plupart des grandes familles de la localité ont été spoliées à un moment ou à un autre. Les exemples sont légion, disent-ils et la situation est loin de se limiter à cette commune. Sauf qu’ici, certaines familles comme Totin, l’une des plus en vue de la localité, considérée comme chef de terre depuis des lustres et éparpillées sur l’ensemble du territoire de la commune se plaignent. Le phénomène a un double visage, expliquera l’une des personnes les plus éclairées sur l’accaparement des terres dans la zone.
Un mal à multiples racines
Instituteur en fonction depuis trente ans, donc à la veille de sa retraite administrative, Bienvenu Dossa T. Zounmènou s’est fait le chantre de la lutte contre le phénomène de l’accaparement et surtout du bradage des terres. Ce combat, l’enseignant ne l’a pas engagé ex-abrupto. Victime, tout comme plusieurs membres de sa famille des affres de ces deux phénomènes, il s’est résolu à engager le combat, un peu comme pour dire stop. Pour ce qui le concerne, l’homme jure que de son vivant, le moindre centimètre carré appartenant aux siens ne tombera plus dans ces travers. Pour y arriver, le garant de la tradition qu’il est aussi, a mis à contribution le fétiche de la famille «Hinnou vodoun». C’est grâce à son aide, dit-il, qu’il livre les ultimes combats pour la préservation des terres de sa famille.
En tout cas, jure-t-il, qui s’y frotte s’y pique et c’est sans remords qu’il évoque le cas d’un des membres presque dément qui aurait cédé une part de la collectivité alors qu’il n’en avait pas le droit. Pis, celui-ci aurait commis un sacrilège pour avoir vendu un espace mitoyen au Lokovodoun de la famille. Lequel a failli même se retrouver sur la parcelle cédée, qui plus est, à des inconnus qui ne sont même pas de la localité, dit-il. En tout cas, jure-t-il, il n’y est pour rien dans le mal qui frappe ce dernier depuis la cession à vil prix de cette terre sacrée, promettant néanmoins un sort identique à tous ceux qui s’aventureraient dans de telles entreprises au niveau de la famille. Revenant sur la préoccupation relative à l’accaparement des terres, il analyse le phénomène sous deux angles.
Le premier, c’est l’ignorance d’une frange de la population, certainement avide de gain facile et encline à la paresse qui se laisse appâter et tombe facilement dans le piège de la cession à vil prix des terres qui parfois ne leur appartiennent même pas. Secundo, il voit derrière ce mal, la mauvaise foi de certains membres des collectivités qui n’ont pas le souci de la progéniture et qui semblent trop calqués sur le présent.
«Les gens ont arraché les terres à nos parents, en leur brandissant parfois des bouteilles de boissons alcoolisées. Le reste, certains cousins illettrés et ignorants ont tout bradé. Par exemple, un terrain qu’on pouvait vendre à un million de francs CFA, ils le cédaient à 140 000 FCFA», déplore-t-il. Quid des pseudo-acheteurs de ces parcelles ? A cette préoccupation, les vendeurs n’ont pas toujours la réponse. Il a fallu donc se tourner vers l’un des responsables de l’Organisation non gouvernementale Jeunesse et emplois verts pour une économie verte (ONG JEVEV). Gestionnaire de projets, spécialiste du foncier rural et président de ladite organisation, Henri Totin a fait du combat contre l’accaparement des terres, son cheval de bataille. Avec l’aide des membres de son organisation et des partenaires, il multiplie les tractations, écoute les victimes, les conseille, les appuie et les aide autant que faire se peut à ester en justice pour réclamer la réparation du dommage qui leur a été causé, ou tout au moins réparer ce qui peut l’être encore.
La lutte n'est pas aisée
Sont dans le viseur de l’ONG JEVEV, plusieurs acteurs qui se sont faits les maîtres de ce phénomène. Henri Totin évoque à ce propos, des groupes organisés, de grandes firmes, mais aussi et surtout des acteurs politiques du coin qui usent à la fois d’influence et de stratagèmes pour prendre aux agriculteurs ce bien on ne peut plus précieux, les réduisant ainsi à la misère. Mais, confesse-t-il, la lutte n’est pas souvent aisée. A côté des menaces verbales, parfois physiques, il y a souvent d’autres formes d’atteintes qui tendent à mettre à mal l’action engagée par son organisation. Au cours du troisième trimestre de l’année 2014, a-t-il conté, ses locaux ont été visités la nuit par des individus non encore identifiés qui, pour seul butin, n’ont emporté que ses ordinateurs. En réalité, ce cas de vol, loin d’être anodin, était bien ourdi puisque, commente Henri Totin, il est intervenu à un moment où des enquêtes étaient en cours dans l’une des communes de la vallée de l’Ouémé pour faire la lumière sur certaines malversations relatives au foncier. «Ceux qui sont venus me cambrioler étaient à la recherche de documents et autres preuves à faire disparaître pour éviter que la justice s’en accapare», pense-t-il.
Le triste sort de Cyprien Ananon
Toutes les histoires d’accaparement de terre dans la vallée de l’Ouémé ne se ressemblent pas. Certaines suscitent tristesse et effroi. Vendredi 16 janvier dernier, notre équipe de reportage et son guide débarquent très tôt dans l’arrondissement de Akpadanou, commune d’Adjohoun. Après un bref échange avec deux jeunes gens censés nous introduire chez notre invité, nous prenons la route. Des sentiers difficiles à emprunter, quinze minutes de marche… Nous nous retrouvons enfin dans une petite concession. La malpropreté des lieux et l’état de la vieille case en terre cuite indiquent déjà la misère qui règne en ces lieux. D’ailleurs, avant d’y être, nous avions été prévenus par notre guide qu’il s’agit d'un «vrai cas social» et qu’il fallait nous préparer à faire un geste à l’interlocuteur. Une requête à laquelle l’équipe de reportage a répondu favorablement par un don de vivres. Une fois sur les lieux, les deux jeunes neveux s’introduisent, demandent les nouvelles du «vieux» et lui annoncent la présence de visiteurs.
«Comme je vous l’avais dit hier, ils sont là pour vous écouter au sujet de la situation de nos terres», lui rappelle le plus jeune. A peine l’introduction faite, l’homme interrompt la discussion. «C’est la même ritournelle. Que changera votre démarche à ma misère ? Je souffre avec mes enfants». Puis, s’ensuivent deux minutes de silence, les yeux tournés vers le ciel. Après quoi, Cyprien Ananon nous fige tous et fond en sanglots. La situation était insoutenable. Entre consolation et supplication, certains n’ont pas réussi à contenir leurs larmes. La transition dure cinq minutes. Le temps pour lui de retrouver ses esprits. Après quoi, il engage la discussion. Mais avant, il s’est vu obligé de solliciter une permission pour jeter un œil sur un patient en consultation. En fait, Cyprien Ananon est aussi prêtre de culte, ce qui lui vaut son nom de «Hounnon Déka» de la localité de Loko Taklikon. Grand héritier, propriétaire par le passé d’un vaste domaine de dizaines d’hectares qu’il cultivait avec d’énormes superficies de palmiers à huile, il dit être réduit depuis des années à la petite case dans laquelle il vit désormais seul.
Sa femme, du moins celle qui aurait pu être avec lui l’a abandonné dans son chagrin. Et pour ce qui est des enfants, le Hounnon les aurait envoyés pour la plupart au Nigeria en apprentissage. Mais comment cela se fait-il qu’un si riche terrien en soit arrivé là ?
A cette interrogation, Cyprien Ananon dit avoir été abusé, trahi, dupé et floué par des individus à qui ses géniteurs croyaient faire du bien. «On nous a arraché beaucoup de terres ici. Ceux qui ont fait cela ne peuvent pas se lever et montrer de vrais papiers attestant qu’ils ont acheté ces terres. Ils nous ont trompés pour arracher les terres. Nous souffrons ! En fait, nous avons prêté des terres à des amis pour qu’ils cultivent. Mais par la suite, ils disent à leurs enfants que ces terres ont été achetées. Ce n’est pas bon de se moquer des gens de cette façon. C’est triste, aucun de mes enfants ne dispose d’un lopin de terre pour cultiver ou construire, alors que j’ai moi-même nagé au milieu de dizaines d’hectares s’étendant à perte de vue dans ce village», s'indigne-t-il. Mais combien d’hectares au juste ? Entre 120 et 160, indique-t-il. Interrogés plus tard sur l’étendue des superficies de leur oncle, ses deux neveux, tous des étudiants parlent d’au moins «cent hectares partagés entre plusieurs villages de la localité».
Ceux-ci fondent leur argumentaire sur le fait que leurs ascendants étaient connus pour leur générosité, de sorte que même depuis les communes environnantes, des ouvriers venaient bailler la terre auprès d’eux.
En fait, ont-ils expliqué, Cyprien Ananon est le seul rescapé d’une nombreuse famille. Plus précisément, il serait le seul vivant de sa lignée, beaucoup de ses frères ayant péri miraculeusement dans les conflits autour des superficies querellées. «Ils ont vendu toutes les terres qu’on leur a loué», dénonce-t-il. Existe-t-il encore ne serait qu’un brin d’espoir ? «Si la nature peut faire en sorte qu’un jour, je puisse récupérer une partie des terres, ce serait bien. En effet, je souffre énormément, parce que je n’ai plus rien», implore Cyprien Ananon qui conseillera par ailleurs qu’il «faut faire très attention, car terre louée signifie désormais terre vendue». «Quelques années de bail suffisent pour que certains bailleurs estiment que leur argent a généré des intérêts pour le propriétaire terrien et se réclament propriétaires du bien d'autrui», dénonce-t-il, par ailleurs. Si l’Etat peut nous aider à régler ce problème, ce serait bien.
Face à la douleur qui lui ronge les tripes, il ne manque pas d’imaginations pour contrecarrer de tels actes. Ainsi, invite-t-il par exemple les pouvoirs publics à trouver un mécanisme de sécurisation des terres, de sorte que le premier acquéreur soit doté d’un droit immuable sur sa portion de terre. Aux autres personnes qui se trouveraient dans la même situation que lui, il leur demande d'«oublier la sorcellerie pour aller défendre leurs terres».

La situation des enfants dans les médias est au cœur d’un atelier de réflexion ouvert hier mardi 10 mars à la Maison des médias «Thomas Mégnanssan». Cette initiative de l’Association «Identité» vise à attirer l’attention des décideurs sur la publication dans les médias particulièrement sur les réseaux sociaux d’images obscènes.
La problématique de la protection des droits de l’enfant et de l’adolescent est devenue préoccupante avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication. Dans les médias et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, on assiste à une flopée de sons, d’images et d’écrits qui ne respectent aucune stratification des cibles. Les frontières du tolérable se fragilisent davantage au point de devenir quasiment invisibles. La violence et les images obscènes se font légion et tendent à se banaliser au point de devenir un casse-tête pour les parents devant leur écran de télévision ou d’ordinateur.
En organisant un atelier de réflexion sur la question, le président de l’association Fiacre Mèdjotin voudrait attirer l’attention des pouvoirs publics, à travers les structures de régulation des médias tels que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et l’Autorité de régulation des communication électroniques et de la Poste (ARCEP), sur la nécessité de protéger les enfants contre les scènes de violence et des images obscènes qui inondent les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Whatsapp, etc. Une vingtaine de participants représentant diverses structures, comme le Wanep, Social watch et Plan-Bénin, prennent part à cet atelier qui vient en prélude au lancement du programme «Enfants et médias» et qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration le 6 mars dernier de la Journée internationale de la radio et de la télévision.
Après les mots de bienvenue du représentant du directeur de la Maison des médias, le président de l’Association «Identité» Fiacre Mèdjotin a regretté le fait qu’il n’y ait plus de mal à suivre avec des enfants un programme de nature obscène à la télévision et que les feuilletons, les clips, les films soient devenus de véritables occasions du renforcement de la vulnérabilité chez les enfants. S’agissant des dispositions prises et qui sont de nature à respecter et protéger l’enfance et l’adolescence, il cite le vote du Code de l’information et de la communication, le vote du Code de l’enfant qui, ironie du sort, sont intervenus en l'espace de 24h, de même que la décision N°13-004/HAAC du 31 janvier 2013 portant protection de l’enfance et de l’adolescence dans les médias. C’est dire qu’il y a un cadre légal en la matière pour agir et les pouvoirs publics devront prendre leur responsabilité.
Représentant le ministre de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication, le directeur général du développement des médias Hermès Gbaguidi a mis l’accent sur l’effort des médias traditionnels dans le domaine de la protection de l’enfance et de l’adolescence, même si ces efforts sont loin des performances attendues. Selon lui, c’est sur les réseaux sociaux que le risque est plus élevé et ceci du fait que la régulation dans ce domaine est complexe parce qu’on n’arrive toujours pas à identifier les auteurs de publication d’images choquants. Il a invité les participants à une réflexion objective qui se décline en des actions concrètes au niveau des pouvoirs publics, des parents et des associations pour enrayer le phénomène.
Société 11 mars 2015

Le Barreau du Bénin boucle 50 ans d’existence, le 20 avril prochain. En prélude à ce cinquantenaire, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Cyrille Djikui a animé, hier mardi 10 mars, une conférence de presse en vue d’annoncer l’évènement qui, selon lui, marque l’âge d’or du Barreau du Bénin, resté depuis 1965, au cœur de maintes luttes pour le respect des droits humains. C’était dans la salle d’audience A de la Cour d’Appel de Cotonou.
Le bilan dressé, hier mardi 10 mars, par le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Cyrille Djikui est sans appel. «Le Barreau du Bénin a traversé le temps mais il est resté sans ride malgré l’épreuve du temps, toujours jaloux de son indépendance, et à l’avant-garde des combats pour le respect des droits humains», a-t-il clamé dans son propos liminaire. Face aux journalistes dans la salle d’audience A de la Cour d’appel, l’homme de droit a apprécié le parcours du Barreau du Bénin et a envisagé les projets futurs chers à cette corporation libérale. Ceci pour lancer officiellement l’année du cinquantenaire du Barreau du Bénin qui cumule 50 ans le 20 avril prochain.
Pour écrire en lettres d’or ce cinquantenaire, le Barreau entend organiser dans le cadre de cet anniversaire des contacts avec le public, des caravanes de la défense et d’assistance gratuite devant toutes les juridictions sur toute l’étendue du territoire béninois. Au niveau des mairies, des séances de sensibilisation seront organisées à l'intention des justiciables sur la place de l’avocat dans la société.
Selon Me Cyrille Djikui, le Barreau du Bénin a traversé depuis 1965, des épreuves et enregistré des victoires le long de plusieurs combats historiques et de faits et évènements immémoriaux. Il a rappelé, entre autres, l’affaire Gbikpi où le Barreau s’est mobilisé pour revendiquer l’abolition de la peine de mort. Pendant cette époque révolutionnaire, se souvient-il, la Révolution lui a imposé la toge rouge-vert. Fier encore de cette union de ces hommes en robe qui se sont positionnés en pionniers de la chute du marxisme léninisme au travers du procès du général François Kouyami, la rencontre du Bâtonnier Robert Dossou avec le chef de l’Etat pour l’expression des sensibilités politiques ayant conduit, in fine, à l’organisation de la Conférence nationale. Plus récemment, souligne le Bâtonnier, le Barreau a toujours pris position en faveur de la défense des libertés individuelles et des droits de l’Homme. Auréolé par cette détermination dont ont fait montre ses précurseurs, Me Cyrille Djikui a rendu hommage aux feus Alexandre Adandé, Justin Tomètin Ahomadégbé et François Amorin.
Des innovations d’après cinquantenaire
Comme dans une plaidoirie, le Bâtonnier Cyrille Djikui a démontré qu’il est impérieux d’améliorer l’accessibilité du ministère de l’avocat des justiciables. Et ceci passe par la mise en place de l’aide juridictionnelle et juridique. La mise en place des actes d’avocat pour une meilleure visibilité de la profession. Il a insisté par ailleurs sur le projet de réorganisation du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) et la maison de l’avocat. Et pour atteindre ces nouvelles perspectives, le Barreau envisage de renforcer les liens avec ses membres afin que désormais ce soit «un pour tous, tous pour un». Toutefois, dans le respect strict des règles déontologiques.
En somme, conclura le Bâtonnier, «jamais plus un pas sans mon avocat et l’avocat non plus ne fera plus jamais un pas sans sa robe». De dix membres à sa création, le Barreau du Bénin compte aujourd’hui près de deux cent membres. Faut-il le rappeler, l’avocat donne des consultations en matières civile, commerciale, pénale, administrative, sociale et fiscale. Il plaide sur toute l’étendue du territoire béninois et sa mission est parfois vue comme un service public de la justice.
Société 11 mars 2015

Placée sous le signe de la professionnalisation, la 4è édition des journées de la coopération interuniversitaire de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a démarré, lundi dernier pour prendre fin vendredi 13 mars prochain. Mais c’est hier mardi que les activités ont été officiellement lancées dans l’amphithéâtre Idriss Deby Itno à l’UAC par Salifou Saïdou, directeur de cabinet du ministère d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en présence des partenaires internationaux et des promoteurs d’établissements d’enseignement supérieur privés du Bénin et des étudiants.
L’Université d’Abomey-Calavi s’ouvre à ses partenaires à travers ses journées de coopération interuniversitaire du 9 au 13 mars 2015.
Dans son discours de bienvenue, Brice Sinsin, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), a expliqué que ses prédécesseurs ne sont pas restés les bras croisés en matière de coopération. C’est grâce à la coopération que les premières infrastructures académiques de l’université ont été construites. C’est pourquoi, il dira que son équipe n’a fait que formaliser ces journées pour que l’UAC puisse partager ce que l’on peut appeler le fruit de la coopération et resserrer les liens avec ses partenaires nationaux et internationaux. Cette ouverture vers l’extérieur est, selon lui, favorisée par la souplesse des structures académiques.
Il s’agit d’une nécessité d’autant plus que l’UAC produit des connaissances et se doit de les partager. Parlant de la présente édition, il a précisé qu’elle est placée sous le signe de la professionnalisation, dictée par les exigences du système Licence-Master-Doctorat. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, le thème de cette édition est intitulé « Coopération interuniversitaire et les défis de la professionnalisation ». Le flux des diplômés que l’université déverse sur le marché de l’emploi, a-t-il tenu à souligner, est nettement supérieur au nombre d’entreprises créées. Conscient de cette situation, le monde universitaire au niveau international a demandé que tout le monde s’aligne sur le système LMD pour appuyer la professionnalisation des facultés dites classiques.
A sa suite, Patrice Hounsou-Guèdè, maire de la commune d’Abomey-Calavi, a souhaité que cette édition soit fructueuse du point de vue de la qualité de ses débats et des retombées pour la communauté universitaire. L’UAC est un centre d’excellence au niveau national et international. Eu égard à l’implantation de l’UAC sur son territoire, il s’est réjoui de ce que grâce à elle, sa commune accueille des étudiants de diverses localités et même des étudiants de pays de la sous-région, faisant d’elle une ville cosmopolite.
Prononçant son mot de lancement des journées, Salifou Saïdou, directeur de cabinet du ministère d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a indiqué que ces journées sont devenues une tradition.
Après les trois premières éditions, la quatrième est l’édition de la confirmation, a-t-il fait savoir. Pour lui, les mutations enregistrées par l’enseignement supérieur consacrent l’ouverture et la coopération. Ainsi, au-delà des échanges à travers les diverses communications, il a perçu l’événement comme une occasion pour l’UAC de se donner plus de visibilité auprès de ses partenaires. Il n’a pas manqué de souhaiter que des accords de coopération soient signés au terme des manifestations.
Après la phase protocolaire, le recteur Brice Sinsin et ses hôtes ont visité les stands installés sur l’esplanade Doctrine où les divers établissements d’enseignement supérieur privés et de l’UAC ont exposé leurs produits.

La campagne électorale pour la phase complémentaire des élections à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB) a été lancée, hier mardi 10 mars. C’est le président de la Commission électorale consulaire, Césaire Goundété, qui a procédé au lancement de ladite campagne dans les locaux du centre de promotion et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (CePEPE), à Cotonou.
La procédure devant conduire à l'élection des membres complémentaires de la Chambre consulaire est enclenchée. Les opérateurs économiques sont appelés à se rendre à nouveau aux urnes pour élire quinze nouveaux représentants à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB). La campagne électorale donnant le coup d’envoi de cette opération démarre officiellement ce jour à 00h. Elle s’étend sur dix jours et s’achève vendredi 20 mars prochain à minuit. Il s’agira pour les opérateurs économiques d’aller aux urnes afin de pourvoir aux quinze sièges vacants au sein de l’institution. Ces élections visent aussi la performance et le rayonnement de l’institution consulaire.
Selon les dispositions du décret n°2015-083 du 4 mars 2015 portant convocation du corps électoral et organisation de l’élection complémentaire des membres de l’Assemblée consulaire de la CCIB, et au terme de l’article 89 des statuts de l’institution, «la campagne électorale est déclarée ouverte par le président de la commission électorale consulaire. Elle dure dix jours et s’achève la veille du scrutin à zéro heure, soit vingt-quatre (24) heures avant le jour du scrutin».
Au cours de la campagne, il s’agira pour les candidats en lice «d’organiser leurs réunions électorales de sorte à convaincre les électeurs de la pertinence de leur candidature dans le respect des règles établies à cet effet», a indiqué le président de la Commission électorale consulaire, Césaire Goundété, à l’occasion du lancement de la campagne.
Il faut rappeler que le scrutin du 5 janvier 2014 a permis l’élection de 84 élus consulaires à la CCIB. Or, les statuts de ladite institution en prévoient 99. C’est pour combler ce vide que la session ordinaire de l’Assemblée consulaire du 30 mai 2014, a pris une résolution pour demander l’organisation des élections complémentaires, a-t-il souligné. Après la publication de la liste électorale le 26 janvier dernier par la Commission électorale consulaire, poursuit-il, le Conseil des ministres en sa séance du 26 février dernier, a conformément aux dispositions de l’article 88 des statuts de la CCIB, pris le décret sus cité en vue de l’organisation desdites élections prévues pour le 22 mars prochain.