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Nouvelles

Alliance «Dinaba boh»:Une nouvelle coalition de huit partis à Boukombé

Une nouvelle alliance de huit partis et mouvements politiques a vu le jour dans la commune de Boukombé le samedi 31 janvier dernier. Les différentes formations politiques signataires du protocole d’accord entendent à travers ce regroupement, contribuer au développement de leur commune et participer avec succès aux prochaines joutes électorales.

Mouvement africain pour le développement du Bénin (MADEB), Restaurer l’Espoir (RE), Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB), Parti du renouveau démocratique nouvelle génération (PRD-NG), Parti pour le progrès et la démocratie (PPD), Kokari, Parti du peuple pour un nouvel espoir (PPNE) et Impulsion pour la démocratie (IPD). Telles sont les différentes formations politiques qui ont décidé d’unir leurs forces pour aller de façon plus sereine aux prochaines élections. Fort de la situation sociopolitique du pays, elles ont porté sur les fonts baptismaux une alliance qui se veut, selon Noël Koussey Koumba, coordonnateur dudit regroupement, un cadre de concertation et de prise de décisions dans un esprit de fraternité agissante en vue du développement harmonieux et durable de Boukombé.
Ouverte à toutes les sensibilités politiques partageant la même vision, la coalition dénommée «Dinaba boh» c’est-à-dire le grenier rassembleur, vise l’exercice du pouvoir démocratique réel à la base en évitant toute discrimination sociale, politique, ethnique, raciale ou clanique. Elle entend aussi œuvrer pour la promotion de l’homme et la sauvegarde des valeurs endogènes dans tous les domaines. L’avènement de cette alliance, soulignent Dieudonné N’Koué et Cyr M’po Kouagou, deux acteurs de ce grand rassemblement de forces politiques dans la cité des tatas, se justifie par la morosité du climat politique due à la mauvaise gestion de la chose politique. Une situation qui a fait le lit à l’exclusion préjudiciable au développement local.

Société 04 févr. 2015


Pour l’autonomisation des peuples du monde:La 1ère école de l’alphabet «Gbékoun» ouvre ses portes

Il n’y a point de développement sans la transmission de la connaissance dans sa propre langue. Créé par feu Adi-gbè Togbédji, le «Gbékoun» ou l’alphabet «Gbékoun» fait son petit bonhomme de chemin. Aujourd’hui Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou a pris le flambeau et l’une de ses premières actions est l’ouverture lundi 2 février dernier, à Togba à Abomey-Calavi, de la première école pour l’enseignement de l’alphabet «Gbékoun».

L’alphabétisation consiste à apprendre, à écrire et à lire dans sa langue. Elle n’est pas la même chose que le «Gbékoun» qui vise à transmettre la connaissance dans toutes les langues du monde. Il est composé de 33 lettres dont 24 consonnes et 9 voyelles. Il permet à celui qui le maîtrise, d’écrire et de faire des calculs dans toutes les langues du monde, d’avoir une connaissance sur l’organisation de la nature, l’évolution du monde et de s’affranchir de la connaissance d’autrui. C’est un alphabet universel qui, selon ceux qui sont déjà initiés, est l’outil qui manquait pour le développement de l’Afrique.
Pour la première rentrée de l’école où cet alphabet sera enseigné, 16 apprenants, issus pour la plupart de parents qui ont partagé avec l’initiateur ce projet de formation, ont ouvert la première classe.

C’est une formation qui va durer trois ans et donnera l'occasion aux apprenants de comprendre et de maîtriser tous les rudiments de cet alphabet. L’objectif poursuivi est de les rendre aptes à prendre le relais dans l’enseignement du «Gbékoun».
Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou ayant rappelé aux apprenants, l’objectif de leur présence, l’un des collaborateurs de feu Adigbè Togbédji, Zinsou Coovi a ensuite procédé à la lecture du message laissé par ce dernier. C’est un message qu’il a rédigé de son vivant et qui retrace les contours de la création de ladite école. Un message dans lequel le créateur du «Gbékoun» invite les dirigeants à s’approprier cet alphabet pour l’évolution de l’humanité.
«Si le développement d’un pays incombe à ses fils, le «Gbékoun» est le chemin par lequel on va y parvenir. C’est le chemin par lequel le peuple décide de se prendre en charge, de se libérer de la connaissance d’autrui en ne comptant sur rien d’autre».

C’est la quintessence du message que Adigbè Togbédji laisse à la postérité. A son tour, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou explique que l’Afrique n’a pas besoin de l’Occident pour se développer. «Nous sommes capables de fabriquer des motos, des voitures et même des avions, si nous avons la volonté de laisser tomber tout ce qui est futile telles que les religions pour nous consacrer à la recherche ; et celui qui maîtrise le «Gbékoun» est capable de tout faire», a-t-il souligné.

Donnant l’exemple du chômage qui décime aujourd’hui la jeunesse, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou se demande ce qu’il en sera demain, si malgré l’argent et la connaissance, certaines personnes frappent à toutes les portes sans trouver un emploi ?
Après l’engagement des apprenants à suivre avec assiduité les cours, celui de l’encadreur Biwémin Aïtchédji, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou a procédé à l’ouverture officielle de la rentrée. Il a promis de donner satisfaction à tous les besoins des apprenants en ce qui concerne la connaissance et la maîtrise de l’alphabet «Gbékoun». A l’appellation de leurs noms, les apprenants sont entrés en salle. Le premier cours vient ainsi de démarrer.

Qui est Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou ?

Dans sa maison située à Kouhounou derrière la résidence du général à la retraite Martin Dohou Azonhiho, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou porte uniquement une culotte faite en raphia. Il ne porte jamais d’habits, ni des chaussures. La raison est toute simple. Pour bénéficier de la connaissance des anciens, estime-t-il, il faut être en harmonie avec eux dans leur mode de pensée et d’habillement. Houessèvi Ayi-gbèdékin Vidéhouénou est un descendant de la famille Nondichao d’Abomey. Il n’explique pas lui-même comment est-ce qu’il a été choisi pour développer cette connaissance après la mort en janvier 2007 de Adigbè Togbédji. Toujours est-il que dès son enfance, il étonnait ses parents par son refus d’accepter tout ce qui est d’origine étrangère. C’est de force qu’on le prenait pour le vacciner.

Il était en classe de CM1 quand Adigbè Togbédji a sorti le « Gbékoun ». Cette même année, il a refusé de continuer ses études. Il a voulu être chauffeur mais étant le fils unique de sa mère, celle-ci l’orienta vers la menuiserie. Après quelques années d’apprentissage aussi bien dans une école professionnelle que dans la rue, il décida de tout abandonner pour se consacrer à la connaissance du «Gbékoun».

Les avis de quelques parents et apprenants

Gnonlonfin Vomiadonan épouse Houessou

«Ce travail a commencé, il y a quelque temps avec le vieux Adigbè Togbédji à Dangbo. Mais avec l’ouverture de cette école, nos enfants pourront apprendre les rudiments de cet alphabet. Avec le «Gbékoun», on trouve des remèdes à tous les maux. On peut fabriquer des médicaments. On peut mener des recherches dans beaucoup de domaines. L’écriture est un peu différente, mais pas difficile à cerner. Il suffit d’avoir la volonté. C’est l’alphabet du terroir et sa maîtrise permet de régler les problèmes qui se posent à la cité. Je lance un appel à tous ceux qui hésitent encore, d’envoyer leurs enfants afin qu’ils acquièrent la connaissance dans leur propre langue».

Hodonou Gbènoukpo

«Aujourd’hui, c’est l’ouverture de la première année pour les apprenants qui ont la volonté et qui ont reçu l’accord de leurs parents. Ceux qui seront formés ici, ce sont eux qui, plus tard, enseigneront l’alphabet «Gbékoun» à la nouvelle génération. Le peuple ne comprend pas encore l’utilité de savoir écrire, lire et transmettre la connaissance dans sa propre langue. Mes enfants sont encore très jeunes mais dès qu’ils auront un certain âge, ils viendront apprendre le Gbékoun. Celui qui a initié cet alphabet a dit que si l’Afrique l’utilise pendant cinq bonnes années, elle dépassera l’Occident. Et après cinq ans d’apprentissage et d’expérience, je sais qu’il y a beaucoup d’opportunités dans le Gbékoun».

Amégbessè Nikoué

«Je suis étudiant en Génie civile. Après avoir fait la connaissance de Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou, j’ai constaté qu’il mettait moins de 3 heures à tracer les plans sans être allé dans une école de génie civil. Tout ce que j’ai passé cinq années à apprendre, lui pouvait le faire en quelques heures. C’est de là que j’ai décidé d’aller à l’école du «Gbékoun». Si on maîtrise vraiment cet alphabet, nous bénéficierons de la considération des autres. Et pour moi, c’est une autre manière d’affirmer notre identité, de nous libérer de la connaissance d’autrui et d’apporter quelque chose de typique à notre terroir à l’humanité».

Société 04 févr. 2015


Affrontement entre population et peulhs transhumants à Adjohoun:Un mort et plusieurs blessés graves par balles

Un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles. C’est le bilan de l’affrontement sanglant survenu hier lundi 2 février entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants.

La crise latente entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants qui se regardaient en chiens de faïence depuis quelques jours, a fini par dégénérer hier lundi 2 février. Les deux protagonistes se sont affrontés pendant plusieurs heures, avec comme bilan un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles.

L’affrontement serait né de ce que les populations de Gangban, exploitants agricoles, ont surpris les troupeaux des peulhs transhumants en train de détruire leurs cultures. Voyant leur richesse en péril, ces agriculteurs ont décidé d’en finir avec ces peulhs transhumants qui seraient coutumiers du fait. Mais c’était sans compter avec la force de ces peulhs qui étaient plus aguerris au combat qu’eux. Coupe-coupe, gourdins et fusils de fabrication artisanale, rien n’a été omis par les peulhs au cours de l’affrontement qui serait d’une violence inouïe. En témoigne le bilan. Un décès a été enregistré dans le rang de la population de Gangban.

Le corps est déposé à la morgue de l’hôpital d’Adjohoun où sont également évacués certains des blessés. D’autres blessés dont les cas sont plus critiques ont été évacués sur l’hôpital de zone de Sakété pour une meilleure prise en charge. Face au bilan de l’affrontement, les peulhs transhumants ont pris la poudre d'escampette. Ils se seraient repliés vers la commune de Bonou.
Selon le premier adjoint au maire d’Adjohoun, Célestin Azonhoumon, contacté par téléphone, la situation serait actuellement sous contrôle. Il dit avoir réquisitionné des éléments parmi les Forces de l’ordre pour assurer la sécurité de la localité.
Un calme relativement précaire règne dans la localité où les gens sont toujours sous le choc dû au décès d’un des leurs.

Actualités 03 févr. 2015


Saisine de l’ANLC dans l’affaire "Chabi Sika":L’UN dénonce une manœuvre pour empêcher la candidature de Léon Ahossi

L’affaire dite Chabi Sika/Léon Basile Ahossi continue de faire des vagues. Après la sortie des députés FCBE, il y a quelques jours, c’est au tour de ceux de l’alliance l'Union fait la nation (UN) de monter au créneau. Hier face à la presse, les députés Eric Houndété, Judes Lodjou et Gabriel Tchokodo ont dénoncé une manœuvre visant à empêcher Léon Basile Ahossi de se représenter aux prochaines élections législatives.

L’Union fait la Nation prend acte de la décision du gouvernement de saisir l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) pour faire la lumière sur la supposée affaire de délit d’initié évoquée par l’honorable Léon Basile Ahossi à travers une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat. Cependant, l’UN ne peut s’empêcher de constater qu’en mêlant le nom de Léon Basile Ahossi à cette demande, la présidence de la République assigne au même sort que le prédateur présumé des finances publiques et son dénonciateur dans une sorte d’amalgame. Pour ces députés UN soutenus par leur collègue Candide Azannaï et l’ancien ministre Adidjatou Mathys, cette manœuvre n’a qu’un seul objectif : empêcher Léon Basile Ahossi de se présenter aux prochaines élections législatives comme ce fut le cas il y a quatre ans avec un autre député.

Les députés UN ne comprennent pas pourquoi le député Léon Basile Ahossi fait l'objet d’acharnement après avoir exposé ces faits. Pour eux, leur collègue pouvait se dérober à son devoir de vérité vis-à-vis de la nation. Mais en lieu et place, il a décidé de porter à la connaissance de ses compatriotes des faits qui, s’ils étaient avérés, seraient suffisamment graves. «Le seul tort de Léon Basile Ahossi est de croire qu’il pouvait contribuer à assainir les mœurs sur la gestion de notre pays sous un chef d'Etat qui prétend faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille», a souligné l’honorable Eric Houndété. S’agissant de la lettre dont le contenu est qualifié d’irrévérencieux à l’encontre du chef de l’Etat et d’une vulgarité de ton qui entacherait l’honorabilité de Léon Basile Ahossi, les députés UN trouvent que c’est un moyen de détourner l’attention sur le principal et d’organiser la diversion. Ils prennent le peuple à témoin à propos de cette phrase du communiqué de la présidence : «la présidence de la République prendrait ses responsabilités en cas de récidive».

Actualités 03 févr. 2015


Polémique autour de la démission ou non du ministre Christian Sossouhounto:Des jeunes RB d’Abomey dénoncent un non respect de la décision du parti

La polémique autour de la démission ou non du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement, Christian Sossouhounto se poursuit. En dépit de l’adresse faite par sa famille politique de le voir se soustraire du gouvernement, il a gardé jusque-là le mutisme. Vendredi dernier, c’est le député Yacoubou Malèhossou qui a publiquement soutenu le ministre contre la décision du parti et le dimanche 1er février dernier à Abomey, les jeunes du parti se sont réunis à la Maison du peuple de la ville pour dénoncer une trahison.

Il y a quelques jours, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement, Christian Sossouhounto a été invité à la démission par une décision de son parti politique, la Renaissance du Bénin (RB). Une démission qui n’est pas partagée par tous les membres de cette formation politique dont certains membres, comme le député Yacoubou Malèhossou, continuent de lui témoigner leur soutien. Vendredi dernier, c’est un soutien public que le député a apporté à son «frère». Toute chose qui, semble-t-il, n’a pas été du goût des jeunes du même parti. Dimanche dernier à la Maison du peuple d’Abomey, et eu égard au soutien public dont a bénéficié le ministre Christian Sossouhounto de la part du député Yacoubou Malèhossou, les jeunes de la RB, réunis autour de Hugues Hountondji ont déploré le non respect d’une décision du parti par ceux-là même qui ont bénéficié de la discipline de groupe au niveau de ce même parti.

Pour ces jeunes, le bureau politique de la Renaissance du Bénin s’est réuni le 19 janvier dernier en présence de tous ses membres dont le député Yacoubou Malèhossou. Séance au cours de laquelle, après analyse de la situation politique et du bilan de son partenariat avec la mouvance, le parti à décidé en toute responsabilité, entre autres, de rompre ce partenariat et surtout de rappeler du gouvernement son ministre en la personne de Christian Sossouhounto.
A cette décision, les jeunes du plateau d’Abomey, membres de la RB disent adhérer entièrement. Toutefois, ils n’apprécient pas le mutisme derrière lequel le ministre Christian Sossouhounto s’est réfugié depuis lors, face à cette décision. Ils fustigent, par ailleurs, la déclaration du député Yacoubou Malèhossou qui le soutient dans cette voie de désobéissance au parti.
Dans leur déclaration lue par Hugues Hountondji, ils ont expliqué que le député a bel et bien pris part à la prise de la décision du parti et aurait même donné son accord. Mais curieusement, s’étonnent-ils, c’est le contraire qu’il vient soutenir publiquement en invitant même le ministre à se rebeller contre la décision prise par le parti.
Profitant de cette occasion, ces jeunes ont invité le ministre Christian Sossouhounto à agir en prince d’Abomey en respectant les décisions de son parti. Ils ont également eu un mot à l’endroit des sages d’Abomey qu’ils ont invité à se mettre en marge de toute entreprise préjudiciable à la cité des Houégbadjavi.

Actualités 03 févr. 2015


L’école sans dictée est-elle encore école ?

Jusqu’à l’avènement de l’Approche par les compétences, la dictée était la grande préoccupation du CEFEB puis du BEPC au Bénin. Les élèves étaient même surentraînés dans ce domaine. Les barèmes scolaires étaient également beaucoup plus sévères à l’époque qu’aujourd’hui. Mais pour tous ceux qui ne continuaient pas leurs études au-delà, c’est-à-dire la majorité, la déperdition des compétences orthographiques était énorme. D’où la nécessité de trouver mieux que la dictée.

L’avènement des TIC

Le principal facteur qui rend plus visible, les difficultés liées à l’orthographe, ce qui conforte d’ailleurs la montée de l’illettrisme, c’est qu’on écrit aujourd’hui plus qu’avant. Jusqu’à ces dernières années, en dehors du cadre scolaire, les gens écrivaient très peu et étaient essentiellement des lecteurs. Aujourd’hui, les outils informatiques, Internet en particulier, suscitent plus que jamais le besoin d’écrire. On constate, alors, l’émergence d’une situation de polygraphie, c’est-à-dire, la coexistence d’une variété de formes écrites selon qu’il s’agit de SMS, de courriels, de forums de discussion, etc. Tous ces échanges favorisent la communication écrite sur des bases spécifiques qui ne répondent pas aux normes académiques. On peut déplorer un tel état de fait ou, de façon plus pragmatique, constater que ces pratiques moins académiques de l’écrit contribuent à légitimer plusieurs «normes» orthographiques. Ce qui devrait à terme permettre une plus grande tolérance dans ce domaine. En tout cas, dans le domaine de l’orthographe, et malgré les tendances institutionnelles qui semblent prévaloir depuis quelque temps (la dictée), les solutions contemporaines nous semblent indissociables de démarches sensibles à la découverte et à l’action. L’orthographe s’apprend par et dans l’écriture, avec des ajustements progressifs entre les besoins de la production et les compétences propres aux individus. L’apprentissage de l’orthographe nous semble, en outre, indissociable de savoirs procéduraux qui doivent être entrainés. En orthographe, plus que de grands discours, on a besoin de supports concrets qui fonctionnent tout à la fois comme des objectifs d’enseignement et des outils fonctionnels.

Que faire pour remédier aux difficultés ?

Nous constatons que les connaissances linguistiques impliquées par les compétences de communication font défaut à la plupart des élèves. Parce que l’enseignement des savoirs langagiers (grammaire de phrase, de texte, de discours, orthographe, conjugaison, vocabulaire) est parfois réduit à la portion congrue à l’école. Les élèves ont, peut-être, «fait» de la grammaire, de l’orthographe, de la conjugaison, du vocabulaire ; mais la manière d’en «faire» a été telle que les savoirs appris ne sont pas devenus, dans l’esprit des apprenants, des ressources mobilisables pour résoudre les problèmes inhérents aux situations de communication scolaires.
Voilà, en deux mots, notre «situation» — au sens sartrien du terme : le réseau de données dans lequel, inévitablement, nous sommes pris et compte tenu duquel nous exerçons notre liberté. Dans cette situation, l’alternative cruciale est la suivante. Soit, nous rejoignons la cohorte qui fait régulièrement pèlerinage au mur des lamentations, pour regretter, avec le troupeau des affligés, de ne pas avoir affaire à l’élite que nous pensons mériter («Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?» C’est de Beaumarchais et, mutatis mutandis, à méditer souvent.). Soit nous savons que le mur des lamentations n’a pas d’oreilles, que personne d’autre que vous ne prendra le taureau par les cornes — et, alors, nous y allons crânement.
Y aller de quoi ? Sûrement pas d’un cours de grammaire comme au bon vieux temps des Ménapiens. Surtout que nous ne disposons pas, compte tenu du fait que nos élèves peinent à parler convenablement (quand il s’agit de s’exprimer dans certaines formes) et qu’ils écrivent encore plus péniblement qu’ils ne parlent, d’un crédit d’heures qui permettrait une «remédiation» sérieuse. Nous avons quatre ou cinq heures hebdomadaires pour «tout faire», comme les autres ! Donc pas le temps qu’il faut pour contrer les effets cumulés de plusieurs années de non-enseignement des savoirs linguistiques ou, dans le meilleur des cas de non-apprentissage de savoirs langagiers mobilisables pour résoudre les problèmes inhérents à la production des discours scolaires.

Mais faire quelque chose néanmoins. Parer au plus pressé.

Nous pouvons parier sur l’efficacité d’activités d’ordre linguistique qui ameuteront, ici, quelques souvenirs, qui constitueront, là, un très modeste viatique de connaissances propres à une nécessaire prise de distance d’avec les textes (ceux qu’on lit en classe comme ceux qu’on écrit pour la classe).
L’objectif n’est guère ambitieux, mais pour peu qu’on y réfléchisse, cette ambition-là n’est pas dérisoire. Tant d’élèves sont comme englués dans le texte. Ils pataugent quand ils lisent, ils pataugent quand ils écrivent. Ils n’ont pas eu (ou ils n’ont pas pu profiter) d’occasions d’observer comme c’est fait, de réfléchir aux façons de faire, de s’essayer à la fabrication.
Mais comme nos jours (de cours) sont comptés, nous proposons de faire d’une pierre deux coups et de prendre la bonne résolution d’envoyer définitivement au diable les énoncés insignifiants qui ont proliféré dans les livres de grammaire du jour où l’on s’est avisé que l’excellent M. Grevisse et ses émules soumettaient à l’attention des chères têtes blondes des phrases comme ils n’en écriraient jamais. ( Corneille, La Rochefoucauld, La Bruyère, Voltaire, Chateaubriand, Flaubert, Proust). Retour aux florilèges d’antan, alors ? Peut-être. Mais foin de ces exemples d’une platitude de niveau de mer, qui n’avaient même pas pour eux d’illustrer le discours courant authentique. Foin des énoncés, prétexte à faire de la grammaire.

Place aux textes

Place à des textes susceptibles d’intéresser les élèves. Place à des textes qui viennent à point nommé dans le cadre d’une séquence… et dont on envisage certains aspects linguistiques.
Grammaire occasionnelle alors ? Oui, faute de mieux. Oui, puisqu’il est trop tard pour rattraper le temps perdu. Nous ne dirons, certes, pas la même chose s’agissant de l’école primaire, s’agissant des premiers apprentissages, qui, pour les choses essentielles, doivent être progressifs et systématiques. Mais soit ! Ce qui a été fait est fait et il faut s’en accommoder. Mais non en fermant les yeux sur les criantes différences entre les performances de communication des uns et des autres, non en perpétuant l’iniquité de notre système scolaire: les performances de nos élèves provenant de milieux privilégiés sont toutes proches des meilleures performances à l’échelle internationale, alors que celles de nos élèves provenant de milieux défavorisés avoisinent les moins bonnes. C’est cet écart qu’il faut réduire. C’est cet écart qu’il faut encore tenter de réduire quand il s’est bien creusé : nous voulons dire quand les élèves entament l’ultime ligne droite de l’enseignement du secondaire et du supérieur.

Les activités de langue

Les activités de langue que nous proposons ne forment pas, tant s’en faut, un « cours » de remédiation en langue française. Elles exemplifient à notre humble avis, selon une distribution tout à fait aléatoire, des possibilités d’intervention concourant à rendre les élèves plus sensibles à certaines difficultés langagières, des difficultés qu’ils doivent apprendre à surmonter pour produire un écrit correct. Il s’agit des textes à trous, des textes en puzzle et des textes lacunaires qui ont fait leur preuve surtout en Belgique et en France.
On peut, par exemple, choisir un texte compréhensible par les élèves et susceptible de les intéresser, si possible dans le cadre d’une séquence d’activités.
Annoncer aux élèves qu’ils devront répondre à un questionnaire de compréhension portant sur le texte : il importe en effet que les activités mobilisant des connaissances d’ordre langagier soient rattachées à des tâches de communication. Cela évite que les apprenants négligent le sens sous prétexte qu’ils travaillent sur la langue. Cela évite également qu’ils cloisonnent activités de langue et activités de compréhension.
Faire la lecture du texte en question, dans sa version originale.
Donner aux élèves la version trafiquée.
Trafiquer ce texte en veillant à ne pas multiplier les altérations et, surtout, à mettre en évidence des problèmes de langue courants. Résister à la fort commune tentation de mettre l’exception en évidence. Toujours garder à l’esprit que les problèmes qui sont, pour le professeur, extrêmement, voire excessivement, faciles à résoudre peuvent être très difficiles pour les élèves.
Privilégier résolument les problèmes d’orthographe grammaticale qui, à l’inverse des problèmes d’orthographe lexicale, font appel à un raisonnement sur la langue.
Ne pas négliger pour autant les difficultés d’orthographe lexicale qui peuvent être surmontées grâce à l’application de règles.
Garder ceci en point de mire : l’objectif à atteindre est que les élèves deviennent capables de résoudre, dans le cours même de la production d’un écrit, les problèmes d’orthographe les plus fréquents ou, tout au moins, de corriger les erreurs qu’ils ont commises en cours de production.
Pour atteindre cet objectif, leur apprendre à douter des formes qu’ils ont produites ou qui ont été produites par des tiers. Cet apprentissage implique la réflexion sur des formes correctes et sur des formes erronées.
Si des formes erronées sont proposées à la réflexion, bannir les formes qui n’existent pas.
Ne pas hésiter à confronter les élèves plusieurs fois à la même difficulté ni à faire énoncer plusieurs fois la procédure à suivre pour la surmonter : il y a des automatismes à faire acquérir.
Répéter inlassablement que l’important n’est pas d’avoir noté « la bonne orthographe » mais de savoir comment faire pour produire la forme correcte.
Varier les tâches. Par exemple : orthographier des mots dictés qui auront été sélectionnés compte tenu du fait qu’ils ne s’écrivent pas comme ils s’entendent ; choisir entre deux (exceptionnellement trois) formes proposées ; justifier une forme correcte ou corriger, justification à l’appui, une forme erronée ; trouver et corriger un nombre donné d’erreurs dans un texte ; corriger un texte, etc.
Eviter les tâches trop longues. Songer à morceler le texte. Accorder quelques minutes pour résoudre une partie des problèmes, puis passer à la correction.
Ne pas hésiter à laisser les élèves travailler par couples ou, si la disposition des tables le permet, par petits groupes.
Surveiller leur travail et repérer, en passant dans la classe, les élèves qui échouent à résoudre certains problèmes.
Donner prioritairement la parole aux élèves qui ont commis des erreurs.
Les questionner sur leurs stratégies de résolution des problèmes.
Veiller à mettre à la disposition de tous les stratégies adéquates, d’abord en faisant appel à d’autres élèves, ensuite, si nécessaire, en explicitant soi-même la stratégie pertinente.
Se demander si l’exercice est utilisé dans le cadre d’une évaluation diagnostique, formative, ou certificative. Dans ce dernier cas, il convient que les élèves aient été préalablement aguerris aux tâches imposées.

Jules-Marie GANDAGBE

*Professeur Certifié de Français
Conseiller Pédagogique

Actualités 03 févr. 2015


Baisse des cours du pétrole:L’occasion d’en finir avec la contrebande d’essence au Bénin ?

En arrivant au Bénin, vous ne pouvez pas ne pas remarquer la quantité de bidons et de bouteilles d’essence en vente libre à tous les coins de rue. Ce carburant, vendu environ 30 % moins cher que dans les stations-service, représente plus de 80 % du marché des carburants dans le pays. L’essence de contrebande, appelée «kpayo» (littéralement «non-original» en langue goun), est importée en toute illégalité du Nigeria voisin, où le carburant est fortement subventionné.

La vente de kpayo représente une source de revenus non négligeables pour ceux qui en font le commerce – des jeunes pour la plupart –, tout en offrant une essence à un prix plus abordable. Toutefois, il s’agit là d’une activité illicite. Et les conséquences néfastes en matière de santé et d’environnement, liées à la manipulation sans aucune protection et à l’exposition de l’essence en plein air, outre les risques d’explosion dus aux mauvaises conditions de stockage du combustible, sont largement connues. Sans compter que cette activité de contrebande fait perdre d’importantes recettes à l’État béninois, car 80 % du marché échappe ainsi à l’impôt sur les carburants, outre le fait que c’est autant de taxes qui ne sont pas collectées auprès des sociétés pétrolières (impôts sur le chiffres d’affaires, sur les salaires, etc.). Le gouvernement se voit ainsi privé d’un moyen d’alimenter le Fonds routier pour l’entretien des routes, puisqu’il ne peut être abondé par la Redevance d’entretien routier (RER) prélevée sur les produits pétroliers – comme c’est le cas dans plusieurs pays de la CEDEAO.

La responsabilité de l'Etat

Le gouvernement béninois a tenté à plusieurs reprises de lutter contre ce trafic. Mais, à chaque fois, il s’est heurté à la résistance des vendeurs, mais également des “grossistes” de ce commerce illicite à grande échelle, autrement plus influents. Tous arguent que de nombreuses familles subsistent grâce à cette activité de contrebande ; et que si le gouvernement veut y mettre fin, à charge pour lui d’offrir d’abord des possibilités de reconversion lucrative à tous ceux qui s’y adonnent.
Logiquement, ceux qui s’adonnent à une activité illégale ne devraient pas attendre de l’État qu’il les aide à trouver un emploi alternatif. Mais le dilemme semble cornélien. D’un côté, l’État a l’obligation de faire respecter la loi en faisant cesser ce trafic ; il doit mettre en place les conditions idoines pour que s’installent et prospèrent les sociétés pétrolières dans le pays et garantir une offre suffisante en produits pétroliers. De l’autre, l’État doit assumer son rôle dans la promotion de l’emploi (des jeunes et des femmes notamment) – ce à quoi s’attelle le gouvernement béninois. Or, s’il est nocif, ce commerce est aussi la source de revenus d’un grand nombre de jeunes, qui n’ont aucun intérêt à se retrouver au chômage et sans le sou. Il faudrait donc intégrer tous ces jeunes qui travaillent dans l’illégalité et l’informel, sans pour autant les mettre à l’index; en même temps que garantir la qualité de l’essence vendue et les standards de santé publique, tout en soutenant l’industrie pétrolière du pays.

Opportunité à saisir

Et si la forte chute que subissent les cours internationaux du pétrole (moins 40 % entre juin et décembre 2014) était une opportunité à saisir ? Ce contexte pourrait s’avérer favorable, dans la mesure où l’impact a priori négatif d’une baisse du commerce illicite de l’essence sur les prix du transport et l’inflation serait contrebalancé par une baisse des prix à la pompe dans les stations (voir graphique ci-dessous).
L’appel d’air pourrait aussi venir du Nigeria, où le gouvernement a annoncé une baisse des subventions sur le carburant pour 2015-2017, à la suite de la baisse des cours du pétrole à l’international. En effet, cette baisse planifiée des subventions devrait réduire la différence de prix pratiqués entre les deux pays et, partant, rendre le kpayo moins attractif. Cela s’est déjà produit en 2012, quand le Nigeria avait décidé, dès janvier, de supprimer sa subvention sur le carburant ; les Béninois avaient alors délaissé un temps le kpayo au profit des stations-service… jusqu’à ce que le gouvernement nigérian rétablisse en partie ses subventions.
Le graphique ci-dessous montre que les écarts de prix se sont réduits en décembre 2014, une réduction qui devrait s’accentuer en 2015 si la tendance à la baisse des cours du pétrole se poursuit.
Avec les échéances électorales qui approchent, à la fois au Bénin et au Nigeria, l’on peut craindre que les gouvernants évitent de prendre des mesures de nature à générer des remous sociaux. Mais, contrairement à 2012, supprimer aujourd’hui la subvention au Nigeria aurait moins d’impact sur les Nigérians, du fait même de la baisse généralisée des prix mondiaux du pétrole et de la levée progressive de la subvention entre 2015 et 2017. Les prix à la pompe pourraient même rester stables, voire baisser (certes moins qu’au Bénin), en fonction de l’évolution du cours international du pétrole. Voilà pourquoi le gouvernement nigérian pourrait se heurter à moins de résistance qu’en 2012. Et, pour le gouvernement béninois, ce serait une opportunité à saisir pour relancer la lutte contre la vente illicite d’essence.

Se montrer créatif

Le gouvernement béninois devra donc se montrer créatif pour résoudre ce problème de taille, qui touche à la fois à l’emploi des jeunes, à l’environnement et à la santé publique, et qui menace la viabilité du secteur pétrolier. La baisse des prix du pétrole et les changements structurels apportés au système des subventions au Nigeria ouvrent une courte fenêtre de tir, favorable : pourquoi ne pas en profiter pour imaginer de nouvelles solutions, qui ne se contentent pas de simplement lutter contre un commerce illicite, mais qui instaurent un programme d’aide plus au fait des réalités de terrain et de la jeunesse, où tout le monde (revendeurs, État, sociétés pétrolières…) y gagne ? L’État pourrait, par exemple, revoir à la baisse la taxe sur les produits pétroliers ; la perte de revenus fiscaux serait compensée par la hausse de la demande d’essence “légale”.
L’on pourrait également s’inspirer de l’expérience d’autres pays, à l’instar de la Colombie, elle aussi confrontée à une situation comparable autour de sa frontière avec le Venezuela : elle a instauré un programme de reconversion professionnelle en faveur des vendeurs d’essence de contrebande, tout en tachant de dissoudre cette activité illicite en incorporant ces vendeurs dans les réseaux formels de vente de carburant. Autre exemple, ailleurs dans le monde : le Cambodge entend s’attaquer à la vente d’essence de contrebande dans les rues, voire les stations-service illégales, en instaurant des contrôles de qualité et en légalisant celles-ci.

Par Daniel Ndoye*

* Economiste-pays de la BAD pour le Bénin

Economie 03 févr. 2015


Mutualisation des amphithéâtres à l’Université d’Abomey-Calavi:Un moyen pour maîtriser le flux des étudiants et le calendrier académique

Alors que les infrastructures pédagogiques ne couvrent pas les besoins réels, le flux des apprenants ne fait qu’augmenter à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Face à cette situation, l’équipe rectorale qui a bénéficié à nouveau de la confiance de la communauté universitaire, a depuis 2012, pris un certain nombre de mesures dont la mutualisation des salles de cours et des amphithéâtres et l’élaboration centralisée des emplois du temps pour permettre un bon déroulement des activités pédagogiques.

Le casse-tête classique que constitue la gestion des flux d’étudiants à l’Université d’Abomey-Calavi est maîtrisé. C’est à ce résultat qu’ont abouti la gestion mutualisée des amphithéâtres et l’élaboration centralisée des emplois du temps en vigueur à l’UAC depuis 2012 sous le mandat du recteur Brice Sinsin.

Au titre de l’année académique 2013-2014, le nombre d’inscriptions validées à l’Université d’Abomey-Calavi s’élève à 102.693 contre 112.000 inscriptions attendues pour le compte de 2014-2015. C’est ce que confie Abdoul Adamou, chef du service de la Scolarité de l’UAC pour faire toucher du doigt l’ampleur des effectifs à gérer sur ce campus et par la même occasion celle des besoins en infrastructures pour abriter les cours.

Le rectorat en est conscient

Conscientes de l’insuffisance des infrastructures pédagogiques destinées à accueillir ce flux d’étudiants notamment ceux des facultés classiques, les autorités rectorales ont pris les mesures qui s’imposent. C’est dans ce cadre qu’il convient d’inscrire la création du Service de gestion des emplois du temps et infrastructures pédagogiques (SGETPOIP) perçue aujourd’hui comme une initiative salutaire pour l’Université d’Abomey-Calavi. Chargé d’élaborer les emplois du temps des facultés classiques caractérisées par les grands effectifs, ce service aura contribué, depuis sa création en 2012, à rationaliser l’utilisation des amphithéâtres, permettant ainsi à tous les étudiants de pouvoir suivre les cours du début jusqu'à la fin de l’année académique.
Avant l’année 2012, le manque de salles de cours faisait déborder les programmes et l’année universitaire débordait. Ainsi, au lieu de prendre fin en juillet, l’année académique précédente empiète sur la suivante en se terminant en mars, soit huit mois plus tard. Ce qui induit un retard de près de 6 mois pour la rentrée suivante tout en sacrifiant les vacances. «C’était ainsi pendant plus de 10 ans, l’année ne se termine pas au moment où il le faut», se désole le chef du Service de la scolarité de l’UAC. Dans l’ancien système, les vice-doyens des quatre facultés classiques que sont la Faculté de Droit et des Sciences politiques (FADESP), la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FASEG), la Faculté des Sciences et techniques (FAST) et la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) élaboraient les emplois du temps et géraient leurs infrastructures pédagogiques de façon autonome. Or, même s’il faut reconnaître la pléthore de leurs effectifs, ces facultés ont diverses fortunes quant au nombre d’infrastructures pédagogiques dont chacune dispose. Il y a donc une espèce de déséquilibre. A titre d’exemple, le professeur Youssouf Abou montrera que la FASEG disposant de plus d’infrastructures compte moins d’effectif que la FLASH qui compte près de la moitié de l’effectif de toute l’université.

L’année universitaire désormais normalisée

Le chef du SGETPOIP, le professeur Youssouf Abou, précise que la mission de son service est de gérer au mieux les cours à travers leur programmation et de faire une meilleure utilisation des infrastructures pour relever le défi du respect du calendrier universitaire.
Au sujet de la nouvelle mesure, le chef du SGETOIP explique qu’elle consiste en la mutualisation des salles et amphithéâtres pour appuyer l’exécution des emplois du temps qui désormais sont élaborés par ce service. Pour une gestion centralisée des emplois du temps, poursuit Youssouf Abou, on ne peut pas faire comme les vice-doyens. Ainsi, en concevant l’emploi du temps, le service indique à chaque professeur l’amphithéâtre dans lequel il fera son cours. Selon le professeur Youssouf Abou, trois plages horaires sont définies pour le déroulement des cours. La première tranche va de 7h à 11h, la deuxième de 11h à 15h et la troisième de 15h à 19h, soit trois tranches de 4h en une journée. Et dès qu’un groupe pédagogique finit son cours, un autre doit automatiquement rentrer en salle de façon à éviter qu’il y ait de temps mort. Les programmations des cours se font par «binôme de facultés» à savoir FAST-FADESP et FLASH-FASEG. Chaque binôme suit les cours une semaine d’affilée pendant que l’autre binôme reste à la maison. Mais cette combinaison ayant révélé ses limites toujours à cause du nombre d’étudiants, le chef du SGETOIP a dû procéder à sa révision. La correction a permis de compléter une partie de la FLASH au binôme FAST-FADESP afin d’optimiser l’utilisation des infrastructures et équilibrer plus ou moins le flux quotidien des étudiants sur le campus et dans les amphithéâtres, témoigne le professeur Youssouf Abou. En dehors des cours, les examens aussi ont bénéficié du même système. Comme retombées, il se réjouit que ces nouvelles mesures aient contribué au redressement de l’année universitaire qui commence le 1er octobre pour prendre fin le 31 juillet. Le dispositif, souligne-t-il, a pu résister à la grève de 2014 qui n’a pu perturber le calendrier des activités pédagogiques.

Un étudiant s'en souvient

Cette avancée est reconnue et saluée par Hector Affokplatadé, étudiant en 4e des Sciences naturelles à la FAST. Inscrit à l’UAC depuis l’année académique 2011-2012 donc un an avant la mise en œuvre des réformes, il a encore en mémoire les difficultés engendrées par l’insuffisance des salles et le flux sans cesse croissant des effectifs. Avant, se rappelle-t-il, deux entités se retrouvent dans la même salle. De même, des étudiants n’arrivaient pas à avoir de place dans les amphithéâtres pour suivre les cours. De quelle qualité sera la formation reçue dans ces conditions ?, se demande-t-il. Selon lui, l’équipe rectorale a bien su trouver les moyens stratégiques pour que tous les étudiants puissent suivre les cours jusqu’à la fin de l’année. Même appréciation de la part du professeur Guy Sylvain Atohoun qui marque néanmoins une nuance. Reconnaissant que les mesures de mutualisation des infrastructures et de la centralisation des emplois du temps constituent un pas. Car les problèmes d’infrastructures ont été réglés un tant soit peu. Selon lui, les problèmes persistent. Il estime qu’à la FAST, les cours par quinzaine n’arrangent pas car une unité d’enseignement correspond à un quota horaire donné pour l’année. «S’il y a de petites perturbations qui se mêlent à ça, on se retrouve à la fin de l’année sans avoir fait grand-chose», relève le professeur Guy Sylvain Atohoun en ajoutant que cela donne un coup à la formation. La vraie solution, propose-t-il, «c’est plutôt la construction d’universités». Pour lui, il n’y a plus de place à l’UAC pour d’autres amphithéâtres ou salles de cours.
Déjà, la centralisation des emplois du temps et la mutualisation des infrastructures pédagogiques font des émules au niveau des écoles de formation qui ont commencé à être confrontées au problème de pénurie de salles, se réjouit le professeur Youssouf Abou. C’est le cas, indique-t-il avec une pointe de fierté, de la Faculté des Sciences agronomiques (FSA) et de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) qui sollicitent déjà l’expertise du SGETOIP.

Par Alain ALLABI

Education 03 févr. 2015


UBA-Vie s’appelle désormais SUNU Assurances:Pour relever les défis du développement et de la croissance

Le directeur général de l’ancienne société d’assurances vie UBA-Vie, actuellement SUNU Assurances, Lassina Coulibaly, le directeur général délégué Joël Amoussou et leurs collaborateurs ont convié, jeudi 29 janvier dernier, le public, constitué de partenaires et clients à une soirée. C’était pour les informer du changement de dénomination de la société.

C’est pour relever les défis à venir et dans sa stratégie pour gagner le pari de la croissance, que ce changement de dénomination est intervenu, a confié le directeur général de SUNU Assurances, Lassina Coulibaly. Pour lui, cette cérémonie marque une étape importante dans la vie de la société. Elle vise à porter officiellement, précise-t-il, à la connaissance des autorités politiques, administratives, de tutelle, mais aussi des partenaires et confrères, la primeur d’une information de cette envergure. Ce qui marque une étape décisive dans la vie de l’institution dans la mesure où, toutes les filiales ont désormais une identité unique à compter de ce 29 janvier 2015.

Des propos confirmés par Joël Amoussou, le directeur général délégué qui a qualifié la rencontre de familiale en ce qu’elle permettra au groupe SUNU de s’engager davantage aux côtés de ses invités afin de gagner le pari de la croissance, au nom de la famille qui s’est agrandie par des acquisitions régulières.
Par un exercice aisé, le directeur général délégué s’est employé à expliquer les couleurs et figures du logo du groupe SUNU qui symbolise entre autres par le rouge, le gris ainsi que le losange, la détermination et la force d’une équipe forte de 1043 collaborateurs prêts et engagés pour relever ensemble les nouveaux défis et hisser le groupe au firmament de la croissance. Ainsi, la détermination et la force, le rayonnement, la simplicité, l’efficacité et la sérénité appliqués aux valeurs telles que la qualité, la proximité et l’innovation permettront au staff de participer à chaque instant aux réalisations du groupe.
Mettre en avant une seule et unique marque à compter de 2015: SUNU et l’associer à son corps de métier. Tel est désormais le credo dans lequel s’inscrit SUNU Assurances. Ainsi, en 2015, les filiales du groupe SUNU que sont : au Bénin UBA-Vie, au Burkina Faso UA-Vie et Raynal, au Cameroun UA-Cam, en Centrafrique UAC-IARD, en Côte d’Ivoire UA-Vie, LMAI-Vie et LMAI-IARD, au Gabon UAG-Vie, au Mali UA-IARD, au Niger UGAN-Vie et UGAN-IARD, au Sénégal UASen-Vie et CGA, au Togo UAT-Vie et UAT-IARD, en Guinée UA-IARD prennent toutes, dès lors, la même dénomination, SUNU Assurances.
Mais il convient de retenir cependant que les secteurs IARD et Vie se différencient par les noms SUNU Assurances IARD et SUNU Assurances Vie.
Cette harmonisation d’identité dans tous les territoires du groupe SUNU permettra de développer, en termes de perspectives, une marque forte et reconnue, de délivrer la même présentation de service, de proposer à moyen terme les mêmes produits partout en Afrique pour le plus grand bénéfice des assurés. Elle vise également à réaliser des projets de plus grande envergure avec les banques et les sociétés de téléphonie mobile sur un plus vaste territoire et à confirmer ainsi le leadership sous régional du groupe.
Le groupe SUNU dans le même esprit, entend poursuivre sa croissance organique et consolider ses positions dans les marchés de la zone CIMA, investir dans les nouvelles technologies et l’innovation pour délivrer une qualité de service optimale aux clients et gagner en efficacité opérationnelle. Il entend également développer sa présence en Afrique notamment dans les pays anglophones.
Le groupe SUNU est un groupe africain d’assurances créé en 1999 par Pathé Dione, ancien directeur Afrique de l’Union des assurances de Paris et d’AXA, avec d’anciens collaborateurs. Son siège social est basé en France à Saint-Maur-Des-Fossés, mais l’activité intégrale est exercée en Afrique.
Au 31 décembre 2013, le groupe SUNU détenait 19 filiales et sociétés affiliées, 11 en assurance vie et 8 en non vie, dans 11 pays de la zone de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA).

Société 02 févr. 2015


Album «La persévérance» de N’dani Gani:Un pas de géant vers la carrière artistique

A l’instar de certains de ses pairs, N’dani Gani s’est laissée choisir par la musique sans en avoir vraiment le choix. Alors qu’elle aurait pu faire carrière dans la comédie et le théâtre après ses débuts, elle s’est laissée emporter par l’amour de la musique. Pour elle, la traversée a été longue. Mais depuis le week-end dernier, elle a effectué un pas de géant avec le lancement de son premier album.

N’dani Gani a vu le jour en pleine célébration de la fête de la Gaani. Comme par hasard, c’est au cœur du même évènement que 39 ans après, elle procède au lancement de son premier album. Entre temps, elle a réussi à glisser un Single sur le marché discographique. Mais c’est depuis le vendredi 30 janvier dernier que la carrière de N’dani Gani a pris son envol. Huit titres au total pour le premier-né discographique de cette artiste dont les débuts ne datent pas d'aujourd'hui. A vrai dire, il y a eu du chemin parcouru, confesse-t-elle. Pas étonnant que l’album lui-même est intitulé «La persévérance». Mais le titre est évocateur au-delà de cette seule allusion. Il est une exhortation générale à croire en ses rêves et à se battre pour. Pour y être arrivée elle-même au bout de l'effort et de l'engagement, N’dani Gani voudrait s’offrir en exemple et la méthode trouvée a été l’art qui l’a de tout temps fasciné : la musique.
Huit titres au total font l’ossature de ce premier-né de sa fraîche carrière artistique qui se veut prometteuse. En tout cas, l’artiste y croit et comme elle, son manager, le musicien et technicien Célestin Adjomayi pense aussi que N’dani Gani est promise à une belle carrière. Elle devra juste être encadrée à cet effet, pense ce dernier. Et ayant commencé par « mettre ses pas dans ceux de ses aînés dans le métier», il reste convaincu qu’elle y arrivera. A vrai dire, la tenue de scène, la voix et la prestance de Oumou Sangaré et bien d’autres ont inspiré l’artiste. On peut même dire qu’elle réussit son rôle de bonne élève de cette école de musique. Samedi dernier, au stade de l’Amitié, à l’occasion de la célébration à Cotonou de la fête de la Gaani, elle s’est mise en exergue. Donnant ainsi la chance au public de découvrir « Biiwa yannou», «Nou inyon», «Daama», «Commarade», «Dounian i yan o» et «apprends moi à pêcher», les huit titres de son album. Lesquels ont été exécutés sur des rythmes comme le Tèkè, le Tipenti, le Sinsinnou…

Culture 02 févr. 2015


2245 - 2259