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Nouvelles

Jci Abomey-Calavi Sica: Le Dg de ‘‘Le Coursier’’ investi pour 2023
  Que d’émotions et de fierté, dimanche dernier, à la cérémonie de passation de charges entre Ajudelle Assogba et Ulrich Agnoun, respectivement président 2022 et président 2023 de la Jeune Chambre Internationale (Jci) Abomey-Calavi Sica ! Le prochain mandat s’annonce avec beaucoup d’opportunités. Accueilli à la Jci Abomey-Calavi en 2018 dans la promotion « Zédaga », Ulrich Agnoun sera, pour l’année 2023, le président de cette organisation locale. La soirée qui l’a vu investi, dimanche dernier, dans cette responsabilité a été solennelle et riche en couleurs. Sur des notes musicales de « A Midsummer Night's Dream » qui poussent à aller de l’avant, il a été paré du collier présidentiel, l’un des principaux attributs de président à la Jci, soigneusement ôté à la présidente 2022 Ajudelle Assogba. Le maillet, symbole de leadership et de commandement, lui a été transmis par la suite, avec des vœux de succès. Dans cette nouvelle posture, Ulrich Agnoun a les yeux rivés sur son mandat qui démarre en janvier 2023 et pour lequel il nourrit de grandes ambitions. Un centre d’affaires, qui servira aussi de siège pour la Jci Abomey-Calavi Sica, sera installé. Ce sera un cadre entièrement aménagé avec des espaces de travail, la connexion internet, un secrétariat, etc. permettant aux entreprises qui souffrent du coût financier de démarrage d’alléger leurs charges. « Notre objectif est d’appuyer ces entreprises qui pourront faire leurs premières années sans la menace de disparaitre sous le poids des charges fixes de fonctionnement de siège », a martelé Ulrich Agnoun. A l’en croire, le comité directeur local 2023 est « suffisamment engagé pour aller au-delà de ces défis ». Réputé dans le milieu des entreprises, copropriétaire de Le Coursier, une société qui fournit les services de distribution de courrier express, le nouveau président de la Jci Abomey-Calavi Sica pourra compter sur de nombreux partenaires présents à la soirée de passation de charges et d’autres à mobiliser. Son prédécesseur, Ajudelle Assogba, sera aussi de la nouvelle aventure. Le soutien de Christiane Kpohouégbé Ogouyomi, présidente nationale de la Jeune Chambre internationale Bénin, pur produit de l’École d’art oratoire de la Jci Abomey-Calavi Sica, ne lui fera pas non plus défaut. « Vous avez transformé beaucoup de personnes, et j’en suis un exemple. Chers Sicavis, soyez fiers de ce que vous faites au sein de la Jeune Chambre internationale. Nous serons là pour vous accompagner. Je suis sûr que le mandat sera une réussite », a-t-elle déclaré. La vision de la Jci est d’être le principal réseau mondial de jeunes leaders entreprenants. « Brillants dans l’innovation », les membres de la Jci Abomey-Calavi Sica capitalisent pour le compte du mandat 2022 un bilan « émouvant ». Beaucoup de réalisations ont été faites pour l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et pour des soins appropriés aux enfants en pédiatrie. La dynamique va se poursuivre en 2023 sous la thématique « Grandissons ensemble », promet Ulrich Agnoun, 10e président, une fierté à la tête de la Jci Abomey-Calavi Sica. Société 07 déc. 2022


Sécurisation des hautes autorités en temps de crise: Le dispositif de la Garde républicaine à l’épreuve
La compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine, dans le cadre de l’opération Sèmè 2022 a éprouvé, jeudi 1er décembre, son dispositif de sécurisation des hautes personnalités du pays. Au bout de trois incidents de personnels ennemis, elle a réussi sa mission et a, à chaque fois, pris le dessus. Qu’il s’agisse d’un contexte normal ou en temps de crise, les éléments de la compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine disposent des ressources et des moyens pour la sécurité des autorités. Ils en ont donné la preuve à l’occasion de l’opération Sèmè 2022. Différents incidents leur ont permis de jauger leur réaction en cas de situation conflictuelle. Entrainés, équipés et formés pour cette cause, les hommes du capitaine Amos Vigan, commandant de la compagnie d’escorte et de sécurité de la Garde républicaine, ont apporté la preuve de leur savoir-faire en réussissant à chaque fois à déployer des stratégies pour prendre le dessus sur l’ennemi. Alors que la commune de Sèmè Podji en proie à des actions des personnels ennemis du Mouvement islamique de libération de Sèmè Podji venait d’être libérée par les éléments de la Garde républicaine, le maire de la localité a décidé de tenir une séance de travail avec les chefs d’arrondissements et chefs de village. Pour s’y rendre, l’autorité est escortée par des éléments de ladite compagnie. Mais ils étaient loin de se douter que sur le parcours, ils subiront divers incidents. Le premier incident est parti des populations de la localité elles-mêmes. « Contentes de l’action de la Garde républicaine, elles se sont mobilisées pour lui dire merci. La foule s’est amassée sur la route, empêchant le passage du maire », explique le capitaine Amos Vigan. Sous des slogans à la gloire de l’armée, de la Garde républicaine et du maire lui-même, les populations, sous la responsabilité d’un des leaders, ont imploré le maire de descendre. « Nous voulons le voir. C’est notre maire, il doit descendre et nous parler », exigeaient des éléments surchauffés qui empêchaient le passage. Pour contourner ce mouvement d’humeur, des éléments de l’escorte sont entrés en négociation avec les manifestants. Leur leader sera pris en aparté pour de longues minutes d’échanges avant d’entendre raison pour laisser l’escorte poursuivre sa route. Un peu plus loin, le maire et sa suite feront l’objet d’un deuxième incident. Alors qu’ils poursuivaient leur route vers le lieu de la réunion, des terroristes en quête d’une action d’éclat, malgré l’action du personnel de la Garde républicaine, se sont mis en embuscade et ont attaqué le convoi. La réaction de la compagnie d’escorte a été prompte. Des échanges de tirs entre les deux parties vont durer plusieurs minutes. Mais c’est surtout un des engins lourds de l’escorte qui fera baisser la tête à l’ennemi avec ses tirs nourris avant de rejoindre le reste du convoi.

Répondre à l’attente

Ces deux imprévus gérés avec tact et doigté, les éléments de l’escorte croyaient être au bout de leurs peines et le maire lui, espérait enfin tenir sa séance de travail. Mais ils seront accueillis sur les lieux de la réunion, en dépit des dispositions sécuritaires prises, par un élément infiltré qui, dès l’arrivée de l’autorité, a tenté de faire sauter l’engin explosif qu’il portait sur lui. Non seulement il sera neutralisé, mais la Garde républicaine a surtout réussi dans une action d’éclat, à exfiltrer l’autorité pour repartir en trombe avec lui des lieux. « Nous agissons ici dans le cadre d’une mission d’escorte et de sécurisation d’une autorité, notamment le maire de la commune qui a vu sa localité libérée après quelques jours d’action des personnels ennemis du Mouvement islamique de libération de Sèmè-Podji», explique le capitaine Amos Vigan au terme de l’exercice qui s’est déroulé sous le regard observateur du colonel Dieudonné Tévoèdjrè, commandant de la Garde républicaine et des officiers agissant sous ses ordres. « C’est à ces missions que nous sommes astreints. C’est le quotidien… Les hommes ont répondu à l’attente », se réjouit-il, par ailleurs. Le ton était également à la satisfaction du côté du chef d’état-major de la manœuvre Sèmè 2022, le commandant Boris Landjihounsounou. Le leadership pris par l’armée sur la zone, l’assurance aux populations constituent autant d’éléments de satisfaction relevés par le commandant en chef des opérations?
Actualités 07 déc. 2022


Campagne médiatique pour les législatives de 2023: La Haac sensibilise les partis politiques en compétition
Pour une campagne médiatique des prochaines législatives respectueuse des textes, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) a échangé avec les responsables des partis politiques en lice, ce mardi 6 décembre au siège de l’institution de régulation des médias à Cotonou. Par Roger KOCLANNOU (Stag.) Réglementer l’utilisation des médias par les partis politiques en lice pour les législatives. C’est l’objectif visé par l’Autorité de régulation des médias en initiant une séance d’échanges avec les représentants des partis. Pour les responsables de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), cette séance de travail s’inscrit dans le cadre des élections de janvier 2023. Pour Fernand Gbaguidi, 1er rapporteur de la Haac, cette séance se veut un cadre de discussion avec les partis politiques des dispositions à prendre pour une la campagne médiatique appropriée pour la qualité de l’information en cette période électorale et le cadrage à faire au niveau des militants. « Il y a deux semaines, nous avions sorti un communiqué parce que nous avions constaté que c’est vite parti dans tous les sens au niveau des partis politiques en toute violation de toutes les règles, d’abord du code et des règles de déontologie. Des personnes sont sorties au nom des partis en insultant les autres et en appelant déjà à voter pour tel ou tel parti. Ce qui est une violation fragrante », a-t-il indiqué. Pour lui, cette occasion permet aux conseillers de rappeler aux partis politiques leur rôle, et les inviter à recadrer leurs militants par rapport à ces genres de dérapages qui n’honorent ni les partis ni la démocratie. De même, il a attiré l’attention sur la qualité de l’information pendant cette période névralgique. « Si l’information est mal produite en période de paix, elle peut amener le feu. Ce que personne ne souhaite avoir en cette période sensible. La Haac a effectué des actions. Il reste que les vrais acteurs que vous êtes, participent de même pour privilégier la paix », indique-t-il. Toujours dans le cadre de cette séance de travail, le conseiller Franck Kpochémé est revenu sur l’obligation fait aux partis politiques de ne battre campagne que dans les organes officiels reconnus par la Haac et régulièrement établis au Bénin. Pour lui, il est flagrant d’observer une campagne précoce dans les médias et sur les réseaux sociaux menée par les partis politiques. Suivant les dispositions de l’article 47 du Code électoral, il rappelle : « Nul ne peut battre campagne en dehors de la période de campagne ». Aussi, invite-t-il les partis politiques à respecter les textes en vigueur. Présents à cette séance de travail, le Bloc Républicain, Moele Bénin, Les Démocrates, le Mouvement Pour la Libération, l’Union Progressiste le Renouveau et Force Cauris pour un Bénin Emergent, n’ont pas manqué d’apporter leur contribution. Ces différents partis ont bien apprécié la démarche de la Haac? Actualités 07 déc. 2022


De Hollywood à Cotonou: La nouvelle vie des amazones
Le gouvernement béninois, voulant faire de l’amazone un personnage à succès dans le monde, la nouvelle identité visuelle du pays, a érigé une géante statue de bronze en hommage. Hollywood vient en remettre une couche en redonnant vie aux féroces guerrières du Danxomè à travers une superproduction : The Woman King. Autant le film est adulé, autant il est soumis à de nombreuses critiques. De Cotonou à Hollywood, l’amazone se réveille à nouveau. Et pour l’histoire !Les derniers combats des amazones remontent à plus d'un siècle et pourtant leurs souvenirs restent vivaces. Abomey fut le lieu de résidence principale des amazones, même si, pour des raisons stratégiques et diplomatiques, quelques-unes vécurent à Zagnanado à partir du roi Glèlè (1858-1889). Lors de la première campagne contre la France, les 3 et 4 mars 1890, elles réaliseront un nombre impressionnant d'exploits. « Les amazones au front ne faisaient pas cas de leur vie, en n'ayant pas hésité à se jeter sur les canons en action, saisir les tireurs dans une célérité fulgurante et leur trancher la gorge, à l'aide de leurs dents, tout en étant déjà mortellement blessées ». Amélie Dégbèlo‚ historienne ayant soutenu sa thèse sur les amazones, ces fameuses « Agoojié », rappelle leur parcours avec brio et fierté. Son récit fait voyager dans le temps. « La guerre n'était pas pour elles un simple métier, mais plutôt un genre de vie. Elles pratiquaient la culture de l'excellence dans tous les domaines », appuie-t-elle. Maîtrise optimale de la formation, respect de l'ordre établi, esprit de solidarité, souci du travail bien fait, abnégation, endurance, obligation de résultat, quête permanente de l'intérêt supérieur… Pour ces braves guerrières d’antan, le Danxomê passait avant tout, y compris leur vie. L’historienne soutient en effet que « pour le royaume du Danxomè, la guerre n'était pas un luxe, mais une planche de salut, à cause de la permanence du rêve hégémonique de puissants voisins qui l'entouraient… Ce défi fait ressortir l’importance du corps d’armée des amazones ». C’est pourquoi, illustre-t-elle, le 17 novembre 1892, le colonel Alfred Dodds, en annonçant à Abomey la fin du Danxomè, a mentionné aussi celle des amazones, cauchemar de la colonne expéditionnaire. Cette déclaration n’aurait pas tenu compte du dévouement indéfectible des guerrières qui suivirent le monarque jusqu’à sa reddition volontaire le 25 janvier 1894. Aussi, rappelle-t-elle que les conditions particulières d'accès au trône du roi Guézo (1818-1858) l’ont obligé à baptiser l’armée féminine d'un extrait d'une phrase incantatoire signifiant qu'il est protégé par un rempart humain inexpugnable « Agododjié ». [caption id="attachment_90772" align="alignnone" width="240"] King Women[/caption] Selon Gabin Djimassè, historien chercheur, collectionneur d’art, culture et vodun, l’origine des femmes Agodjié, des femmes militaires du Danxomè, remonte aux difficultés qu’a connues la reine Tassi Hangbé, sœur jumelle du roi Akaba au pouvoir. Arrivée au pouvoir dans des conditions particulières, étant sœur jumelle du roi Akaba, comme la tradition l’exige à l’époque, elle a subi tous les rituels comme son frère jumeau Akaba. Et quand bien même elle a quitté le pouvoir, indique-t-il, ses différents successeurs ont compris l’importance de faire des femmes des guerrières, et progressivement ont amélioré cet embryon qui est né de la reine Tassi Hangbé et ont fini par en faire la seule armée régulière du Danxomè. On leur fait appel et après les campagnes militaires, elles retournent au champ travailler la terre, l’agriculture étant la première source de revenus du royaume. « Ces femmes ont été très utiles et très importantes dans le royaume de Danxomè. Ces femmes ont joué un rôle très important et occupé une place primordiale dans le royaume », assure Gabin Djimassè.

Superproduction hollywoodienne

Les Agodjié au cinéma ! L’unité d'élite de l'armée du royaume du Dahomey aux 18e et 19e siècles composée de redoutables guerrières prêtes à tout écraser sur leur passage est importée par le septième art à travers une méga production signée Hollywood. L’actrice oscarisée Viola Davis y joue en tête d’affiche. Elle incarne du haut de ses 57 ans, Nanisca, une guerrière passionnée et déterminée, une générale de troupe chargée non seulement de faire la guerre aux royaumes voisins, notamment celui d’Oyo, mais aussi de recruter et de former la relève. La réalisatrice Gina Prince-Bythewood s’est permis quelques libertés. Elle a recousu le film à sa manière en y ajoutant un chapitre esclavagiste sans grand lien avec les amazones, reprocheront certains. Applaudi au Bénin, en Afrique et un peu partout aux États-Unis depuis sa sortie en salle, le film au budget de 100 millions de dollars a également essuyé des critiques jugées parfois sévères. Les intonations de la langue locale Fongbé, le costume des actrices, certains pans de l’histoire, l’accent des acteurs, le décor et quelques détails ont fait l’objet de contestations de la part du public et des critiques. « Le film n’est pas exempt d’une touche hollywoodienne de bons sentiments, parfois un peu anachroniques. C’est un parti pris de la réalisatrice. Un parti pris artistique, car, il semble nécessaire de le rappeler, il ne s’agit pas d’un documentaire, mais d’une fiction. Il y a un souci visible de coller aux valeurs des spectateurs d’aujourd’hui, et c’est habilement fait, car cela permet aussi d’éviter d’indexer un pays, le Bénin, pour sa participation passée à la traite négrière », souligne dans un article l’historienne Sylvia Serbin, auteure de Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire. À Cotonou, cette visibilité de l’histoire africaine encore peu représentée à l’écran est partagée entre mille sentiments. Chacun y va de son émotion. « The woman King était très attendu depuis la bande-annonce. Nous étions déjà dans l’impatience. Avec The Woman King, il n’y a que de l’émotion, beaucoup d’émotions et de fierté… Un film spécialement dédié au seul peuple guerrier de femmes de toute l’Afrique c’est une fierté pour tous les Béninois », confie Aurélio Laine, Béninois de la diaspora. Pour ne pas se faire conter la super production hollywoodienne, la plupart des cinéphiles sont venus à l’heure, bien avant que la grande salle noire de Canal Olympia à Wologuèdè en plein cœur de la ville de Cotonou n’ouvre ses portes pour les accueillir. La cour est noire de monde, le parking bondé.

Un film habité par l’esprit des amazones

L’ambiance d’avant projection pour la première du film est habitée par l’esprit des amazones. Un bodypinter est présent sur les lieux pour des coups de pinceau au visage de ceux qui le désirent. La plupart des invités se sont soumis à l’exercice. Un sabre et une flèche décorés et ornés à l’identique de ceux utilisés dans le film et quelques autres ornements sont posés à quelques mètres de la salle de projection pour les séances photo devant une grande bâche reprenant l’affiche du film. Parés aux couleurs des amazones et sous les flashs des photographes, tous ont voulu immortaliser cette grande première. Le silence dans la salle était absolu et le public très concentré. Seuls quelques rires venaient perturber le calme et s’ensuivaient souvent des applaudissements. « Hollywood nous ramène les amazones en grand format et en toute fierté », souffle une cinéphile, jambes croisées, tenant la main de son mari assis juste à côté d’elle. « J’ai beaucoup aimé ce film. J’ai été agréablement surprise de voir, pour la première fois, une page de l’histoire africaine traitée ainsi par le cinéma occidental à gros budget. Gina Prince-Bythewood et ses équipes ont fait preuve de beaucoup de respect pour coller le plus près possible à la réalité » ajoutera à ses commentaires l’historienne Sylvia Serbin. Contrairement à elle, d’autres critiques ont reproché au film « de présenter le roi Ghézo comme favorable au discours anti-esclavagiste tenu par l’héroïne, la générale Nanisca, alors que le royaume du Danxomè a justement fondé sa puissance sur le commerce d’esclaves ». Pour la plupart des spectateurs du film en projection, « les 157 minutes passent très vite et on ne s’en rend même pas compte ». Kassirath Aboladé, 51 ans, responsable d’une entreprise privée, est venue voir le film avec ses deux filles. Elle en repart plus que satisfaite. « Notre histoire très riche se révèle au monde entier à travers ce film qui est inspiré de la vérité sur les amazones, ce corps d’élite singulier et emblématique, dévoilé et raconté. Ce n’est pas un documentaire, mais c’est inspiré de la belle épopée de nos amazones, c’est une fierté de voir à l’écran cette histoire avec ces personnages et cette production de qualité avec les grands moments de ce royaume », confesse-t-elle, tout émue. « Je veux surtout qu’à partir de ce film, la visibilité de notre patrimoine soit davantage une réalité », espère pour sa part Remy Yélouassi, opérateur privé du secteur du tourisme. Il perçoit ce film comme une aubaine qui permettra aux personnes qui ne connaissaient pas le Bénin, ni le Dahomey (qui est bien cité dans le film) de s’intéresser à notre pays et ce sera des opportunités pour le développement de notre tourisme. Pour lui, ce genre de support permet de mieux indexer le Bénin sur la carte et c’est un élément sur lequel on peut s’appuyer tout comme la place de l’amazone pour emmener l’histoire du pays sur la place mondiale.

Renaitre à travers 150 tonnes de bronze !

Bien avant la sortie en salle de la superproduction hollywoodienne, le Bénin avait déjà donné le ton de la nouvelle de l’amazone. Le 30 juillet dernier, le chef de l’État béninois, Patrice Talon, a inauguré une statue en hommage à l’amazone. Celle-ci est fabriquée en structure métallique, avec une enveloppe en bronze, d’une hauteur de 30 m et pesant 150 tonnes avec le pied posé sur un tertre. Elle a été réalisée par le sculpteur chinois Li Xiangqun. « Le projet de conception et de construction de ce monument répond à l’objectif de réappropriation du symbole de l’identité béninoise en hommage aux Agoodjié, aux Amazones », selon le gouvernement béninois qui se propose ainsi de « célébrer, valoriser et faire adhérer la femme béninoise dans sa splendeur ». La statue de l'Amazone symbolise des valeurs comme le courage, la bravoure et le patriotisme pour inspirer les femmes et les hommes du Bénin. On y découvre le figuratif d'une jeune femme guerrière armée d'un fusil et d'une épée avec sa tête pointée vers le haut, signe de la victoire. Elle est considérée comme l’une des plus grandes en Afrique. Ce qu’il faut retenir de cette statue, selon le président de la République Patrice Talon, «c’est le serment, la combativité et le sacrifice suprême dont ces femmes ont été capables pour défendre la patrie ». « Ce qui importe, c’est que sur la terre du Bénin, les mots courage, bravoure, force, combativité et honneur ne sont pas exclusifs au genre masculin. Au Bénin, autant que les hommes, des femmes se sont distinguées par ces valeurs et ont brisé le mythe du sexe faible. Par leur existence sur la terre du Bénin, elles ont imprégné de ces valeurs, toutes les femmes ayant une descendance béninoise », avait aussi indiqué le président à l’inauguration. « En hommage à elles, à ces femmes, à ces amazones, cette statue sera à nos yeux et à ceux de nos visiteurs, le symbole de la femme béninoise, celle d’aujourd’hui et celle de demain », a réitéré le président du Bénin. « Il est temps de nous découvrir nous-mêmes, de découvrir et de valoriser ce qui est grand en nous ». Pour le Chef de l’État, il est nécessaire de « nous débarrasser du faux complexe qui nous isole, nous divise » pour enfin « nous révéler à nous-mêmes, puis de révéler aux autres ce que nous avons de bien et de grand ». La zone d’implantation présente un intérêt touristique avec beaucoup d’aménagements. Elle offre des possibilités de détente, d’activité de plein air pour les résidents et visiteurs. L'Amazone représente une force féminine historique qui doit servir de repère aux générations actuelles et futures du Bénin, un symbole de l’histoire du Bénin et de l’épopée des illustres personnages, une source de fierté et un élan patriotique auprès de tous les Béninois, un intérêt pour la réappropriation du symbole identitaire fort de la femme béninoise, une perpétuation dans le contexte national moderne du rôle déterminant de la femme dans la culture et dans l’histoire du peuple béninois, résume une note du gouvernement béninois sur la statue qui trône désormais au coeur de Cotonou.

Faire rêver les petites filles

La nouvelle vie des amazones ne passe pas inaperçue auprès de la jeune génération de femmes béninoises. Leur histoire passionne autant qu’elle inspire. Sènami Tonoukouin, activiste des droits de la femme, veut prendre exemple sur ces guerrières d’antan. De leur épopée, elle dit « puiser des valeurs comme fidélité, humilité, confiance en soi, courage, vaillance, inhibition de la peur… pour aller loin ». Dans une société très patriarcale comme celle du Bénin, il faut beaucoup de courage et de détermination pour mener le combat pour l’émancipation de la femme. « C’est en cela que l’exemple des amazones qui ne reculaient devant rien pour aller au bout du combat et en finir avec l’adversaire nous inspire dans nos luttes », explique la jeune féministe de trente ans. « Nous n’avons pas de lances ou des flèches ou même des couteaux comme en leur temps, mais nous avons le verbe, les actions, l’engagement, la sensibilisation et le plaidoyer comme moyens d’action ». La juriste Miguel Houéto ne partage pas pour autant cette analyse. Lui arrive-t-elle de se mirer à travers leur histoire pour certaines, des luttes qu’elle porte dans le cadre de l’émancipation de la jeune fille et de la femme ? « À dire vrai, non. J’ai toujours entendu parler des amazones du royaume de Danxomè, de leur bravoure, leur ténacité et surtout de ce qu’elles étaient de précieuses armes contre l’ennemi envahisseur d’alors », répond-elle sans ambages. « Je n’ai jamais fait l’exercice de me mirer à travers l’histoire de ces femmes héroïnes d’entre-temps. Mais je me dis qu’elles sont l’exemple de ce qu’une femme est capable d’accomplir de grandes choses. Ma modeste singularité m’a forgé à travailler à être moi dans toutes mes actions », poursuit-elle. Reconnaissante, elle l’est tout de même d’avoir été instruite à ce sujet, car cela lui permet de voir la vie sous des angles que d’autres femmes ne verront peut-être pas. Pour ce qui est de la statue de l’amazone, elle y voit la construction d’une image. « Celle-ci veut appeler et inculquer dans la mémoire collective, l’histoire de cette femme. Il me semble donc que c’est un hommage rendu », précise-t-elle. Par ailleurs, rappelle-t-elle, «nous sommes dans un contexte où chaque pays recherche son identité sur divers plans tels que le culturel. Raviver la flamme de l’amazone au travers de cette statue qui impressionne de par sa taille n’est pas mauvais en soi. Cela invite à aller à sa rencontre via l’histoire », soutient-elle. Plus particulièrement, ajoute Miguel Houéto, cela peut contribuer à faire rêver les petites filles au-delà de ce qui pour elles apparaît comme instable ou entrave à leur évolution. Selon elle, cet édifice pour le combat de l’émancipation de la femme béninoise peut être une passerelle pour éduquer, sensibiliser et inciter les filles et jeunes femmes à rêver grand et surtout à se donner les moyens de leurs rêves.
Société 06 déc. 2022


Constant Agbidinoukoun Glèlè, prince et personnalité d’Abomey: « J’aurais aimé que ce ne soit pas de la fiction »
Au-delà de l’émotion et de la satisfaction, la production hollywoodienne « The Woman king » a également essuyé de nombreuses critiques. L’une des voix les plus entendues est celle du journaliste à la retraite Constant Agbidinoukoun, prince et personnalité de la localité d’Abomey pour qui, le film a péché par endroits.

Quand on parle des amazones, de qui parle-t-on ?

Il ne s’agit pas de l’épopée grecque. L’histoire des amazones, ce n’est pas de l’imagination, mais une réalité que nous avons connue dans le royaume du Danxomè. Les amazones, quand on veut en parler, il faut rappeler qu’on doit leur avènement à Tassi Hangbé, seule reine du royaume d’Abomey de 1708 à 1711 et sœur jumelle du roi Akaba, qui a pris le pouvoir quand son frère jumeau est décédé. Elle estimait avoir la carrure de régner. Dans le royaume de Danxomè, ce n’est pas accepté, mais elle était d’un caractère fougueux, très digne et rude. Pour contrer les velléités des hommes qui ne voulaient pas en entendre parler, elle a créé le tout premier peloton des Agodjié pour défendre le royaume, sa reine, les institutions, les dignitaires… C’est le roi Ghézo qui a régné de 1818 à 1858 sur le Danxomè qui a révolutionné cette armée de femmes qui reçoit un entrainement acharné. Elles ont leur camp d’entrainement, leurs dignitaires et vous ne pouvez même pas facilement les approcher. Avant d’aller au front, elles prêtent serment. Les Agodjié, ou si vous voulez les amazones, sont des femmes engagées et déterminées qui ne reculent devant aucun obstacle. Elles ramènent toujours des trophées de leurs combats et c’était la preuve de leur bravoure.

On vous a maintes fois entendu porter des critiques sur la production. Que lui reprochez-vous ?

Je dois féliciter ceux qui ont pensé faire ce film parce que dans notre propre pays, il se fait que nous n’avons jamais pensé nous-mêmes faire un film sur ces héroïnes. Nous laissons notre culture et nous ne devons pas en vouloir à ceux qui font l’effort de faire revivre notre histoire. Quand on veut faire un film sur les amazones, on doit faire attention. Ce que je reproche à ce film, c’est qu’il a été fait sous forme de fiction. Certes, la production en a la liberté parce qu’il s’agit de leur initiative et surtout c’est eux qui l’ont financé. Mais ceux qui ont vu le film ne se transportent pas vraiment dans la réalité du Danxomè et cela me gêne. J’aurais aimé que ce ne soit pas de la fiction parce qu’on a été obligé de rajouter des choses pour rendre l’histoire plus intéressante. Les Américains aiment la fiction, ils en ont fait un spectacle à la méthode hollywoodienne. Certains accoutrements ne sont pas ceux des Agodjié. Je ne veux pas trop critiquer pour paraître le seul qui pense que c’est mauvais. Ceux qui connaissent l’histoire des amazones ne peuvent pas être très heureux en regardant le film. Les amazones ne se sont jamais opposées à l’esclavage et à la traite négrière par exemple. Elles étaient soumises et devaient obéissance. On n’est pas amazone pour faire ce qu’on veut, mais c’est la soumission totale et la défense de Danxomè. C’est parce que je connais l’histoire, qu’il s’agit de mon histoire, de ma culture que je suis un peu gêné par rapport au contenu. Sur la prononciation des mots par exemple, on fulmine. Je suis un peu gêné parce qu’il s’agit de ma culture. La tonation du fongbé que j’entends dans le film n’est pas la réalité parce que c’est ma culture.

Que devrait-on faire selon vous pour parfaire ce film ?

D’abord, il faut féliciter ceux qui se sont dérangés pour faire ce film. C’est un travail de longue haleine sur plusieurs années. Les Américains sont perfectionnistes et le film le montre. C’est le moment de rendre hommage pour le courage qu’ils ont eu de faire le film. Ce film valorise les amazones pour ceux qui ne connaissent pas leur histoire. Hollywood a l’art du film, mais j’aurais aimé par exemple que le film soit tourné au Bénin. Le cadre est là encore et il y a des acteurs importants au Bénin. Je n’ai pas besoin d’être un grand acteur pour prendre des rôles dans ce film par exemple parce que je vis là-dedans, je connais l’histoire, mes parents me l’ont contée sur des décennies et je connais une bonne partie de leur histoire, car c’est aussi une histoire complexe. S’il y a un autre tournage à faire, qu’ils pensent venir au Bénin. Mais j’en profite pour poser la question de savoir pourquoi nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes. J’apprends déjà qu’il y a un film grandiose à venir pour reprendre un pan de l’histoire de notre pays. L’une des faiblesses que j’ai notées, c’est que nous ne produisons pas des films, j’aurais aimé voir le Bénin produire de longs métrages sur les sujets en lien avec notre histoire et notre culture. Nous n’allons pas tout apprendre dans les livres. L’esclavage a duré trois cents ans, ces sujets-là sont très intéressants pour nous.
Société 06 déc. 2022


Lutte contre la dégradation des sols: Les assurances de Gaston Dossouhoui
Le Bénin nourrit de grandes ambitions en matière de gestion durable des Terres. Les mesures envisagées dans le Plan d’action nationale 2018-2027 devraient permettre la restauration d’au moins 50 % des terres dégradées et limiter à 5 % la perte des terres non dégradées.A ses ambitions pour la protection des sols, le Bénin est attaché. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche l’a martelé à nouveau lors de la célébration de la Journée mondiale de protection des sols, ce 5 décembre. Il prône un changement de paradigme basé sur le principe : « Eviter Réduire-Restaurer dans toutes les 5 formes d’utilisation des ressources en terre ». Parce que les défis pressent. « Autrefois considérés comme une ressource infinie qui serait toujours en mesure de nous fournir ses services, les sols nous montrent aujourd’hui qu’ils ont besoin de notre attention pour pouvoir continuer à assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale sans cesse grandissante », a déclaré le ministre Gaston Cossi Dossouhoui. Il a fait référence au Plan d’action national sur la gestion durable des terres pour rassurer de la dynamique de restauration envisagée. A travers ce document de politique, le Bénin se fixe prioritairement comme ambitions d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici à 2030 à travers la restauration d’au moins 50 % des terres dégradées au cours de la période de référence 2000- 2010. Ce qui fait 1,25 million ha. Il s’agira aussi de limiter à 5 %, soit 398 200 ha, la perte des terres non dégradées (forêts et savanes), afin de préserver les écosystèmes terrestres et aquatiques. Le couvert végétal devra être amélioré de 12 %, soit une superficie de 1 364 604 ha.

Corriger le tir

La dégradation des terres au Bénin se manifeste par une expansion des terres agricoles de l’ordre de 5 % depuis 1975. Les producteurs tentent de compenser la baisse de la productivité par l’accroissement des superficies emblavées de l’ordre de 50 000 ha environ par an. Cela conduit à une perte importante du couvert forestier ou végétal du fait de la forte conversion des forêts et autres écosystèmes naturels. Avec la croissance démographique, les besoins des populations en terres agricoles et en habitation augmentent au fil des années. « On estime que deux milliards de personnes dans le monde souffrent d'un manque de micronutriments, connu sous le nom de faim cachée, car il est difficile à détecter. Cette situation n’épargne pas la population béninoise aujourd’hui estimée à 12 millions », martèle Gaston Cossi Dossouhoui. L’espoir repose sur les différentes politiques de restauration en cours. La promotion de l’agriculture écologique et biologique et la vulgarisation des succès connus par des projets de gestion durable des sols, vont accélérer le retour à la fertilité n
Environnement 06 déc. 2022


Manœuvre Sèmè 2022: La Garde républicaine s’assure un bon niveau d’opérationnalité
Le commandement et les hommes de la garde républicaine ont organisé du 29 novembre au 2 décembre dernier, l’opération Sèmè 2022. Laquelle a permis de jauger le niveau de réaction des éléments de cette composante de l’armée face à certaines situations. Le scénario mis en œuvre par les hommes du colonel Dieudonné Tévoèdjrè, commandant de la garde républicaine, à l’occasion de la manœuvre Sèmè 2022 a trait à un cas d’occupation d’une partie du territoire national, notamment Sèmè-Podji par les éléments du Mouvement islamique de libération de Sèmè Podji sous les ordres de Sheikh Hamidou Baba Igué. Ladite opération s’inscrit dans le Plan de travail annuel de l’institution et découle des directives du chef d’état-major de l’armée de terre en vue de maintenir haut le niveau d’opérationnalité à travers des exercices adaptés aux menaces, explique colonel Dieudonné Tévoèdjrè. Deux objectifs majeurs sont poursuivis, indique-t-il. Le premier, c’est de familiariser les officiers de la garde républicaine avec les opérations de terrain et le second, conditionner les troupes à des techniques de combat dans un contexte asymétrique. Le choix de la commune de Sèmè-Podji résulte de sa situation géographique bien favorable, selon le commandant de la garde républicaine, au terme de l’exercice. Dès le mardi 29 novembre, le chef d’escadron Patrick Adjovi chef du centre des opérations pour la manœuvre Sèmè 2022 et les autres officiers impliqués dans la manœuvre se sont déployés avec leurs hommes sur le terrain. Ils avaient pour mission de restaurer l’autorité de l’Etat ainsi que la libre circulation des personnes et des biens, de reprendre le contrôle de la zone et surtout de neutraliser le leader du Mouvement islamique de libération de Sèmè-Podji et ses lieutenants. « Nous avons franchi la ligne de débouchés depuis dix heures et nous menons une reconnaissance offensive sur des éléments ennemis avec une menace terroriste diffuse dans la zone », explique le chef d’escadron Patrick Adjovi en pleine opération. Autour de lui, des hommes en armes dissimulés un peu partout dans la brousse, évoluant en groupe ou en singleton, recevant de temps à autre des instructions via leurs postes radio. Malgré les rayons ardents du soleil, le sous groupement tactique interarmes en action était en progression vers la forêt de Okoun Sèmè où se situe le dépôt logistique des forces ennemies. Sur le terrain, une zone nue qui impose des dispositions particulières, notamment en raison de certains passages particuliers et dangereux.

Restaurer l’autorité de l’Etat

Dans leur progression, les hommes se heurtent à un ouvrage de franchissement. Sa traversée pourrait se révéler risquée car les éléments du Mouvement islamique de libération de Sèmè Podji y auraient posé des engins explosifs. Les soldats en charge du déminage sont appelés à la rescousse. Pendant que leurs pairs tentent des issues sur les allées, la zone est déminée et la marche suit son cours avec des échanges de tirs. Dans sa progression, la garde républicaine a également planifié plus tard dans la soirée, vers 19 heures, de procéder à la destruction d’un important dépôt logistique situé dans la forêt de Okoun Sèmè. [caption id="attachment_90754" align="alignnone" width="450"] Le commandant Boris
Landjihounsounou[/caption] La phase de reconnaissance offensive et de neutralisation progressive doit passer par différentes missions, selon le chef d’escadron Patrick Adjovi. Il est planifié entre autres la reconnaissance offensive, l’identification de la menace, la conquête des zones occupées par la menace, le contrôle total des zones conquises, le nettoyage des éléments résiduels de la menace… Pour cet exercice, environ 450 hommes ont été déployés. L’assurance, la sérénité et la confiance qui se lisaient sur leurs regards constituent autant d’éléments d’engagement de leur part. Ainsi parviendront-ils, dans la soirée de ce mardi, comme convenu, à détruire l’importante base logistique de leurs ennemis. Une fragilisation mal digérée par l’ennemi qui, en riposte, fera foncer un engin piégé sur les éléments de la garde républicaine. Au terme de cette action, le bilan est lourd et fait état de quinze pertes dans le rang des hommes de l’opération Sèmè 2022. Dans ce conflit de faible intensité qui vise la restauration de l’autorité de l’Etat, l’objectif du Mouvement islamique de libération de Sèmè Podji, selon les officiers engagés dans l’opération, était de contrôler la zone au sud de la forêt de Sèmè, de faire main basse sur les gisements pétrolifères de la zone et, in fine empêcher la tenue des élections à venir?
Société 06 déc. 2022


Equipements de production de l’énergie solaire: L’exonération des taxes préconisée sur cinq ans au moins
La mesure d’exonération sur les équipements de production de l’énergie solaire devrait être reconduite sur les cinq prochaines années au moins. Cette recommandation ressort du Rapport d’évaluation des dépenses fiscales adossé à la loi de finances 2023. Sur la période de 2015 à 2021, l’exonération de la Tva et de droits de douane sur la production, la commercialisation et l’importation des matériels photovoltaïques n’a engendré qu’une perte de recettes évaluée à 765,3 millions F Cfa au total sur les sept années de mise en œuvre de la mesure, d’après le Rapport d’évaluation des dépenses fiscales adossé à la loi de finances 2023. Cette perte de recettes d’une moyenne annuelle de 109,3 millions F Cfa « paraît insignifiante » sur le Budget national comparée d’une part, aux avantages tirés par les bénéficiaires (ménages et entreprises) et d’autre part, aux volumes d’importations, analyse le ministère de l’Economie et des Finances (Mef). D’où il est recommandé de reconduire la mesure d’exonération pour encore quelques années, de l’élargir à d’autres équipements nécessaires aux installations photovoltaïques complètes pour un ménage et de faire connaître aux entreprises et ménages la liste exhaustive des équipements concernés par l’exonération. Malgré la suppression des droits de douane et de la Tva, les recettes de porte et la Tva sont plutôt dans une tendance haussière avec l’augmentation des importations totales et de la valeur ajoutée totale. L’exonération prive certes l’Etat de recettes fiscales non négligeables, mais cette perte de recette ne remet pas fondamentalement en cause la tendance à la hausse des recettes fiscales totales. Pour les ménages, les résultats de la simulation font apparaître une baisse de 2,34 % en moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation, ce qui conduirait à un accroissement de leur consommation de 1,5 % en moyenne annuelle. L’évolution notée au niveau des produits de l’énergie solaire est allée de pair avec une augmentation des importations totales attendues qui varient en moyenne annuelle de 2,87 %. Effets sur les entreprises La simulation des effets de l’exonération des taxes conclut à une augmentation des importations des produits qui contribuent à la production de l’énergie solaire, de l’ordre de 9,95 %, selon le rapport du Mef. Ce taux d’accroissement de cette catégorie de produits est largement supérieur à celui de l’énergie électrique conventionnelle qui n’est que de 0,66 %. La réduction du coût des importations favorise la mise en place d’industries des produits de l’énergie solaire. De même, l’analyse de l’évolution des chiffres d’affaires des entreprises du secteur de l’énergie renouvelable montre un effet non négligeable de la mesure sur leurs activités. Les sociétés qui importent et vendent ces équipements, sont passées de 8,8 % avant l’exonération à 40,5 % après l’institution de l’incitation fiscale. Celles qui avaient enregistré des baisses de chiffres d’affaires sont passées de 23,5 % à 14,3 % après l’instauration de la mesure. Les bénéfices générés par la commercialisation des matériels photovoltaïques ont atteint 30,8 % contre à peine 6,5 % avant l’exonération, pour la proportion des entreprises ayant enregistré des bénéfices à la hausse. L’enquête montre que l’institution de la mesure d’exonération a permis à ces entreprises d’accroitre le nombre de clients/partenaires qui passe de 5 % avant l’exonération à 50 % après. Il est également noté la création de plusieurs points de vente et le développement des services après-vente sur le territoire béninois par certaines entreprises du fait de la mesure. Il importe à présent de renforcer le contrôle des prix et de la qualité des équipements : panneaux, lampes, câbles, chauffe-eau, contrôleurs-générateurs, batteries et autres matériels solaires. Le rapport recommande également la réduction des taux bancaires pour faciliter l’accès au financement des entreprises du secteur de l’énergie renouvelable, la création d’un fonds souverain dédié au développement du secteur? Economie 06 déc. 2022


133e Conseil d’administration de la Boad: Deux projets de 28,5 milliards F Cfa approuvés pour le Bénin
Au terme de sa 133e session ordinaire, le Conseil d’administration de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) a approuvé le financement partiel de plusieurs projets dans les Etats membres de l’Uemoa, ce 2 décembre à Niamey. Pour le compte du Bénin, un financement pour la viabilisation du site des logements sociaux à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi et une ligne de refinancement d’une banque sont accordés. La Banque ouest-africaine de développement (Boad) a autorisé à l’issue de sa 133e session ordinaire, à Niamey, de nouveaux crédits pour la mise en œuvre de plusieurs projets dans les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Il s’agit notamment de deux propositions de projets financées sur les ressources du programme Songtaaba, d’un montant de 36 milliards F Cfa, de trois nouvelles propositions de projets pour un montant global de 45 milliards F Cfa et de deux lignes de refinancement d’un montant global de 28,5 milliards F Cfa, soit au total, 109,5 milliards F Cfa. Au profit du Bénin, le montant de 25,8 milliards F Cfa a été approuvé pour la mise en œuvre de deux projets. Il s’agit de la viabilisation du site de Ouèdo, dans le cadre de la construction de 10 849 logements sociaux et économiques dans la commune d’Abomey-Calavi. Les travaux de viabilisation permettront d’assurer une alimentation de qualité en électricité, par l’augmentation de la puissance du réseau électrique sur tout le site du projet et la construction d’une usine de traitement d’eau et d’un château d’eau de 500 m³. Le montant de l’opération est de 10 milliards F Cfa. La Boad approuve également la mise en place en faveur de Nsia Banque Benin Sa (i) d’une ligne de refinancement dans le cadre du programme de relance des activités des entreprises de l’Uemoa, suite à la crise sanitaire liée à la Covid-19 et (ii) d’un prêt subordonné, le tout pour un montant de 18,5 milliards F Cfa. En ce qui concerne les projets financés sur ressources du programme spécial Songtaaba 2022-2024, il s’agit de la reconstitution du stock de sécurité alimentaire au titre de l’exercice 2023 en République du Mali. Ce projet permettra de répondre à la demande alimentaire des populations maliennes, de renforcer les capacités de prévention des chocs et des crises, d’améliorer l’accessibilité des vivres, notamment aux populations vulnérables, et de réduire les distorsions du marché céréalier sur le plan national. Le prêt approuvé pour le financement partiel de ce projet est de 25 milliards F Cfa. Pour le bonheur des populations Au Niger, la Banque approuve le financement d’un projet relatif à l’alimentation en eau potable en milieu rural notamment dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua et Tillabéri. Ce projet permettra de réaliser 45 systèmes d’alimentation en eau potable, desservant 92 localités. Il prévoit également la réalisation de 334 blocs de latrines institutionnelles dans les écoles et les centres de santé. Le montant de l’opération est de 11 milliards F Cfa. S’agissant du programme de financement ordinaire au Niger, il est prévu l’aménagement de voies urbaines dans la ville de Niamey. On assistera à l’aménagement de la section urbaine de la RN25 et à la réhabilitation du tronçon Niamey-Nyala. Le projet permettra d’améliorer la mobilité sur les tronçons concernés en réduisant le temps de parcours, de baisser le nombre d’accidents de la circulation de plus de 60 % et le coût d’exploitation des véhicules d’environ 40 %, à partir de la première année de mise en service de la route. Le prêt approuvé à ce niveau est de 25 milliards F Cfa. Pour la relance des activités de Asusu Sa en République du Niger, le montant de l’opération est de 10 milliards F Cfa. Le projet permettra de maintenir l’accès des populations exclues du système bancaire classique et celles qui sont économiquement vulnérables, notamment les femmes et les jeunes, à des services financiers diversifiés et innovants. Le dernier projet approuvé au cours de cette 133e session ordinaire de la Boad est la mise en place d’une ligne de refinancement en faveur de Vista Bank Burkina Faso. Cette ligne permettra à Vista Bank Burkina d’accroître son activité de financement à moyen terme, de consolider son développement, et de contribuer à la croissance de l’économie nationale. Ces nouvelles approbations portent à 7182,1 milliards F Cfa le total des engagements, toutes opérations confondues de la Boad, depuis le démarrage de ses activités opérationnelles en 1976. Il faut noter qu'au terme de la 133e session ordinaire, Serge Ekué, président du Conseil d’administration de la Boad, a exprimé sa gratitude aux membres du conseil pour la qualité des échanges et la pertinence des orientations, et félicité les équipes pour la qualité des dossiers soumis à l’examen du conseil? Actualités 06 déc. 2022


Journée mondiale de lutte contre le Sida: Ensemble pour éliminer les inégalités
  A l’instar des autres pays, le Bénin a célébré la Journée mondiale de lutte contre le Sida, jeudi 1er décembre dernier à Cotonou. Toutes les parties prenantes à cette bataille contre la pandémie ont clamé leur engagement à œuvrer pour mettre fin aux discriminations, stigmatisations et autres injustices dont sont victimes les porteurs du Vih. « Poussons pour l’égalité ». C’est le thème sur lequel a porté la célébration de la 34e Journée mondiale de lutte contre le Sida. A Cotonou où se sont déroulées les manifestations officielles en ce qui concerne le Bénin, plusieurs personnalités se sont succédé pour faire l’état des lieux et appeler à plus d’actions pour de meilleurs résultats. En effet, malgré les succès obtenus dans la lutte contre le Vih, des inégalités persistent au niveau des interventions de prévention, de dépistage et de réduction de la charge virale. Ces faits trouvent leurs sources dans la stigmatisation et la discrimination. A en croire le professeur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, c’est pour remédier à ces inégalités que le Bénin a opté pour une stratégie permettant d’accroitre le nombre de personnes vivant avec le Vih connaissant leur statut sérologique, la bonne couverture des sites de prise en charge ainsi que l’implication des officiers de police judiciaire. « Ce thème nous invite à développer des actions concrètes visant à stopper la propagation de l’infection au Vih. Pour y parvenir, il s’agira entre autres de renforcer la disponibilité et la qualité des services de prévention, de dépistage et de prise en charge, réviser les lois et politiques et les pratiques pour lutter contre la stigmatisation, la discrimination et l’exclusion auxquelles sont confrontées les personnes vivant avec le Vih, les populations clés et marginalisées, accroitre le soutien à tous les niveaux en vue de rendre continuellement disponibles les ressources de tous ordres… », a indiqué le ministre. Le coordonnateur du Système des Nations Unies, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique et le secrétaire général du Réseau béninois des associations de personnes vivant avec le Vih (Rebap+) ont aussi exprimé leurs perceptions de l’évolution de la lutte dans le pays et dans le monde. « A l’instar des porteurs de Vih, il serait bien de formaliser un cadre légal qui protègerait les populations clés tout en leur rappelant leurs devoirs envers la société dans laquelle elles vivent », a aussi plaidé Claude Yamongbé, secrétaire général de Rebap+ avant d’exprimer sa gratitude aux autorités pour la cessation des ruptures fréquentes d’antirétroviraux. Des chiffres ! Au Bénin, des progrès non négligeables ont été accomplis et se sont accélérés ces dernières années au niveau de la lutte contre le Sida. A fin décembre, le taux de prévalence au plan national était de 0,95 %. Mais il faut nuancer que cette prévalence est plus forte en milieu urbain qu’en milieu rural, soit 1,18 % contre 0,52 %. Aussi, des poches de prévalence au-dessus de la moyenne nationale sont observées au niveau des populations clés en particulier les professionnelles du sexe avec 7,2 %, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, 8,3 % et les consommateurs de drogue par injection 2,1 %. Le Bénin est partie prenante de la déclaration politique sur le Vih et le Sida adoptée lors de la 74e séance plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies du 8 juin 2021 dont le thème était «mettre fin aux inégalités et agir pour vaincre le Sida d’ici 2030 ». Selon le ministre de la Santé, 18 mois après cette déclaration, il convient de présenter la situation du pays vis-à-vis de la pandémie. A la fin d’année 2021, le Bénin a atteint 85 % pour la connaissance du statut sérologique chez les personnes infectées par le Vih, 99 % pour la mise sous traitement antirétroviral et 79 % pour la suppression de charge virale chez les personnes mises sous antirétroviraux. Egalement, dans le cadre de la transmission mère-enfant, le taux de transmission est en diminution et s’est établi à 1,78 % en 2021 contre 3,75 % en 2020. Des performances reluisantes qui rassurent de la bonne qualité des stratégies de lutte mais aussi appellent à garder l’élan. Actualités 05 déc. 2022


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