La Nation Bénin...
Installé
au Canada depuis seize ans après un parcours académique au Sénégal, Alexandre
Gbaguidi est aujourd’hui l’une des figures béninoises qui illustrent le mieux
la capacité de la diaspora à transformer l’expérience acquise à l’étranger en
projets concrets au service du continent. Fondateur et directeur général d’un
groupe présent à Dakar, Cotonou et Montréal, il a bâti une entreprise reconnue
dans le conseil, la formation et le management de projet. Derrière cette
réussite se cache pourtant un parcours marqué par les doutes, les revers et une
conviction profonde.
Quand
il parle de son parcours, Alexandre Gbaguidi préfère raconter les obstacles
plutôt que les succès. Il évoque sans détour les moments difficiles, les
doutes, les échecs et même ce jour où il a perdu son emploi. Une expérience qui
aurait pu le décourager, mais qui a finalement renforcé sa détermination. «
J’ai connu des hauts et des bas dans le monde du travail », reconnaît-il. Plus
tard, alors qu’il occupait un poste stable, il prend une décision qui va
changer sa vie : démissionner pour créer sa propre entreprise. Son père
n’approuve pas immédiatement ce choix. Quitter un emploi sécurisé pour se
lancer dans l’inconnu lui paraît risqué. Avec le temps, les résultats donneront
pourtant raison au fils. « C’est probablement le plus grand risque que j’ai pris
dans ma carrière », confie aujourd’hui Alexandre Gbaguidi.
L’histoire
de cet entrepreneur commence loin des salles de conférences internationales où
il intervient désormais. Né dans la famille royale Gbaguidi, il poursuit
l’essentiel de ses études à Dakar, au Sénégal. Depuis seize ans, il vit au
Canada, mais le Bénin n’a jamais quitté ses pensées. Malgré son parcours
international, il n’a jamais envisagé de réussir sans investir dans son pays
d’origine. « Je ne me vois pas être un homme d’affaires sans avoir une
entreprise au pays de mes aïeux », affirme-t-il.
Cette
volonté de rester connecté à ses racines se traduit aujourd’hui par la présence
d’Atypix au Bénin. Fondée avec l’ambition de faire les choses autrement,
l’entreprise est née d’une conviction forte; celle de créer un cabinet africain
peut offrir le même niveau d’expertise et de professionnalisme que les plus
grandes firmes internationales. « Je tenais à avoir une entreprise qui fait les
choses différemment », explique-t-il. Quelques années plus tard, Atypix est devenu
un groupe présent à Dakar, Cotonou et Montréal, accompagnant aussi bien des
multinationales que des institutions publiques dans leur transformation.
Derrière
cette réussite se cache un homme passionné par l’apprentissage. Alexandre
Gbaguidi fait partie de cette catégorie rare de professionnels qui considèrent
la formation comme un investissement permanent. Ses nombreuses certifications
internationales impressionnent jusque dans les cercles spécialisés. PMP, PgMP,
PfMP, PMI-ACP, PSM III, PSPO III… des distinctions que peu de professionnels
cumulent à l’échelle mondiale. Depuis 2021, il figure également parmi les
Professional Scrum Trainers accrédités par Scrum.org, un statut
particulièrement prestigieux obtenu par un nombre très limité d’experts à
travers le monde et encore plus rare en Afrique francophone. Mais pour lui,
l’essentiel n’est pas là. « Quand on veut être le meilleur dans son domaine, il
ne faut pas se limiter au minimum », affirme-t-il. Au-delà des diplômes, il
voit dans la formation une transformation personnelle. « Se former, ce n’est
pas seulement obtenir un certificat. C’est changer sa manière de penser et de
voir le monde », résume-t-il.
Cette
philosophie irrigue toute l’activité d’Atypix. Le groupe accompagne aussi bien
des entreprises que des particuliers dans des domaines variés tels que gestion
de projet, transformation organisationnelle, gestion du temps, automatisation
des processus, développement du leadership ou encore gestion des ressources
humaines. Sous sa direction, l’entreprise a gagné la confiance d’organisations
de référence comme Orange-Sonatel, MTN Côte d’Ivoire, Deloitte, l’Agence des
systèmes d’information et du numérique (Asin), l’Agence nationale
d’identification des personnes (Anip), la CBAO, le Port autonome de Dakar, le
Cetud, le Fonsis, la GIZ ou encore l’Institut Pasteur de Dakar. Une liste qui
témoigne du chemin parcouru par ce cabinet fondé avec la volonté de démontrer
que l’expertise africaine peut rivaliser avec les meilleurs standards
internationaux.
Formation
Pour
Alexandre Gbaguidi, ces réussites ne constituent cependant pas une ligne
d’arrivée. Elles renforcent plutôt sa responsabilité de transmettre. « Le
développement des talents chez les jeunes nous passionne énormément »,
confie-t-il. Cette passion trouve sans doute sa source dans son propre
parcours. Lui qui n’était pas destiné à une carrière internationale sait
combien les opportunités, l’encadrement et la confiance peuvent transformer une
vie. C’est pourquoi il accorde une place particulière à la formation des jeunes
et au développement des compétences.
Cette
ambition prend aujourd’hui la forme d’un projet qui lui tient particulièrement
à cœur : la création d’une école de technologies dans la commune de Savalou.
L’établissement devrait proposer des formations dans des domaines stratégiques
tels que l’intelligence artificielle, le codage, les technologies numériques et
les métiers émergents. Pour l’entrepreneur béninois, l’avenir de l’Afrique
dépend en grande partie de sa capacité à préparer sa jeunesse aux
transformations technologiques en cours. Il estime que le continent dispose
d’un immense réservoir de talents qui ne demande qu’à être révélé et
accompagné.
L’ambition
d’Alexandre Gbaguidi ne s’arrête pas là. Après Dakar, Cotonou et Montréal, il
envisage déjà de poursuivre l’expansion du Groupe vers d’autres marchés
africains, notamment le Ghana et la Côte d’Ivoire. Une stratégie qui traduit sa
volonté de bâtir un groupe panafricain capable d’accompagner les organisations
dans plusieurs pays tout en restant fidèle à ses valeurs d’origine.
Fortes
convictions
Derrière
le dirigeant d’entreprise se cache aussi un homme de convictions. L’une des
phrases qu’il répète le plus souvent résume assez bien sa vision : « Il faut
rêver grand quand on veut atteindre les bons objectifs ». Pour lui, les limites
sont souvent davantage psychologiques que réelles. Il encourage les jeunes à
croire en leur potentiel, même lorsque les circonstances semblent défavorables.
Son propre parcours en est la preuve. Rien ne le prédestinait à devenir une
référence internationale dans son domaine. Pourtant, à force de travail et de
persévérance, il a réussi à franchir les barrières qui semblaient
infranchissables.
À
ceux qui doutent, il adresse un message simple: « Rêver, c’est gratuit. Il faut
rêver ». Un conseil qu’il accompagne d’une réflexion plus profonde sur le
potentiel humain. « Le réseau, c’est bien. L’argent, c’est bien. Mais Dieu met
en nous une petite graine qu’il faut faire éclore », explique-t-il. Pour lui,
chaque individu possède un talent particulier qu’il lui appartient de découvrir
et de développer.
Cette
vision se retrouve également dans sa manière de diriger ses équipes. Alexandre
Gbaguidi croit à un leadership fondé sur la confiance et la responsabilisation.
« Il faut être proche de ses équipes sans les tenir par la main »,
affirme-t-il. À ses yeux, le rôle d’un dirigeant n’est pas de tout contrôler
mais de créer les conditions qui permettent à chacun de donner le meilleur de
lui-même. « Mon approche est de savoir quand jouer le chef et quand être
formateur », ajoute-t-il. Une philosophie qui lui permet de concilier exigence
et accompagnement, performance et développement humain.
Aujourd’hui,
Alexandre Gbaguidi incarne une génération de Béninois de la diaspora qui refuse
de choisir entre réussite internationale et engagement envers le pays
d’origine. Son parcours démontre qu’il est possible de bâtir des entreprises
performantes à l’étranger tout en contribuant au développement de son pays et
du continent africain. À travers Atypix, ses projets éducatifs et les messages
qu’il adresse régulièrement à la jeunesse, il s’efforce de transmettre une
conviction qui a guidé toute sa trajectoire : les rêves ne deviennent réalité
que lorsque l’on ose leur donner une chance.
Dans
un contexte où de nombreux jeunes cherchent des modèles capables de leur
montrer que la réussite est possible, Alexandre Gbaguidi apparaît comme l’un de
ces parcours inspirants qui rappellent qu’aucune origine sociale, aucun échec
professionnel et aucune difficulté passagère ne doivent empêcher de voir grand.
Son histoire est celle d’un homme qui a refusé de se laisser définir par ses
limites du moment. C’est aussi l’histoire d’une diaspora béninoise qui, forte
de ses expériences à travers le monde, choisit de revenir investir, transmettre
et construire. Une diaspora qui transforme les rêves en projets, et les projets
en opportunités pour les générations futures.
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Alexandre Gbaguidi, jeune entrepreneur qui se veut atypique