La Nation Bénin...
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Soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le ministère à la présidence de la République chargé de la coordination des Politiques de mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, des Objectifs de développement durable et des grands travaux organise au profit des cadres des pays de la sous-région, du 14 au 18 décembre à Cotonou, un atelier sur les outils d’analyse systémique de la durabilité (ASD), de gestion axée sur les résultats (GAR) et les modes de consommation et de production durables (MCPD).
La mise en œuvre des Objectifs de développement durable est confrontée au retard dans leur appropriation et dans la maîtrise des outils et instruments nécessaires à leur opérationnalisation. C’est le constat fait par Gustave Sonon, ministre chargé de la coordination des Politiques de mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, des Objectifs de développement durable et des grands travaux par intérim à l’ouverture de l’atelier francophone régional sur les résultats (GAR) et les modes de consommation et de production durables (MCPD).
Cet atelier, a-t-il souligné, relève d’une bonne démarche visant à développer au niveau des cadres les compétences idoines pour une meilleure prise en charge des ODD. Il doit contribuer à «réduire le champ d’amateurisme et d’improvisation» ayant freiné les bons élans et initiatives pris par les gouvernements. A cet effet, le ministre Gustave Sonon a précisé que la formation portera sur l’appropriation des objectifs et des accords qui y sont liés, sans oublier les outils de gestion de la durabilité et les techniques et méthodes des ODD aux politiques nationales et sectorielles. Au-delà de ces notions, il a souhaité des échanges d’expériences et de bonnes pratiques qui pourraient déboucher sur la création d’une plate-forme des experts francophones en matière de durabilité.
Pour Nicolas Biron, directeur du Bureau régional Afrique de l’Ouest de l’OIF, il revient à la Francophonie de poursuivre et d’accélérer ses actions en matière de développement durable. De même, il a rappelé quelques enjeux auxquels doit s’intéresser le présent atelier. Notamment, il s’agit de l’élaboration d’un document stratégique de planification du développement durable conforme aux engagements pris en septembre 2015, le rôle des autorités locales, la prise en compte des aspirations et priorités des populations locales dans les documents de planification nationaux, l’analyse et l’identification des besoins de compétences en développement durable, etc. Au regard de ces enjeux, Nicolas Biron a fait savoir que l’OIF souhaite favoriser les synergies et la cohérence des interventions à tous les niveaux afin d’y répondre efficacement.
A son tour, Arab Hoballah, chef du service Mode de consommation et de production durables du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, a relevé le rôle majeur des indicateurs servant à mesurer les ODD. Pour ce faire, il est important, selon lui, que les pays soient dotés des outils efficaces pour évaluer les progrès réalisés au niveau des ODD et informer les gouvernements, les élus, les collectivités locales, les entreprises, les citoyens et la société civile des évolutions de l’économie, de la société et des pressions exercées sur l’environnement.
Les participants à cet atelier sont des cadres venus du Bénin, du Mali, du Niger, de la Guinée, du Sénégal, du Madagascar, du Burkina Faso, du Canada, du Togo, de la République démocratique du Congo, du Tchad et de la Côte d’Ivoire ?

En tournée nationale, le ministre en charge de la Communication, Etienne Cossi, était lundi 14 décembre à Parakou où il s’est imprégné du fonctionnement et des difficultés des médias et structures sous sa tutelle dans le Borgou-Alibori.
Des agents contractuels affectés à la direction départementale de l’Information et de la Communication du Borgou-Alibori sont sans salaire ni prime depuis février dernier, se désole leur porte-parole Sanders Kodjogbé. L’administration elle-même, logée dans les locaux de la Recette de la Poste de Dokparou à Parakou, fonctionne «sans budget ni dotation financière», selon Victorin Abaya, le directeur départemental. «Et tout ce temps durant, poursuit-il, les charges d’installation, de réparation, de maintenance auxquelles nous avons fait face, constituent des dettes.» Sur le plan matériel et logistique, le constat est aussi alarmant. Le moindre appareil photocopieur ne marche. La direction ne dispose ni de ligne téléphonique ni de poste téléviseur, encore moins de connexion Internet. Insuffisance de bureaux, matériel roulant quasi-inexistant, absence de dotation en carburant, sont également les difficultés auxquelles fait face le personnel de la direction départementale réduite à quatre chefs service et sept stagiaires.
Toutes ces préoccupations ont été portées à l’attention du ministre de la Communication, Etienne Cossi, qui a entamé une tournée nationale depuis deux semaines dans les structures sous tutelle. Victorin Abaya souligne que les autres structures dans le Borgou-Alibori connaissent également un difficile accès au réseau de téléphonie fixe et à l’Internet, un déficit et un coût élevé de l’énergie électrique, un manque de ressources humaines, financières et de matériel roulant. Aussi, les équipements sont-ils vétustes ou défaillants par endroits, comme au service régional de Bénin Télécoms à Parakou. Huit des quatorze communes du Borgou-Alibori ne sont pas couvertes par la connexion Internet, précise Victorin Abaya. De même, la couverture des réseaux téléphoniques et de la télévision nationale pose problème dans plusieurs communes, notamment à Karimama, Ségbana, rapporte le directeur départemental de la Communication. A Karimama où une radio locale est installée depuis plus de cinq ans, force est de constater qu’elle est inactive pour des raisons de fréquence. A Malanville, c’est l’installation d’une radio locale que réclament les autorités communales.
Les difficultés de fonctionnement des directions départementales s’expliquent par le fait qu’elles n’ont pas été prises en compte dans le budget 2015, explique le ministre Etienne Cossi. Il a pris l’engagement de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les conditions de vie et de travail des agents s’améliorent dans un bref délai. Des motos, des fournitures de bureaux et autres matériels sont prévus dans le budget 2016, rassure Nasser Tchassama, directeur adjoint de la Prospective et de la Programmation du ministère.
Etienne Cossi saisit l’occasion pour adresser un satisfecit aux professionnels des médias pour la couverture des dernières élections et les exhorte à faire encore montre de rigueur et de professionnalisme lors de la présidentielle à venir ?

Le Conseil national du Travail tient depuis ce lundi 14 décembre à Cotonou, sa deuxième session ordinaire au titre de l’année 2015. Une rencontre au cours de laquelle, ses membres auront une fois encore l’occasion de se pencher sur des sujets sensibles relatifs au milieu du travail.
Le maintien de la paix sociale est une condition indispensable pour le développement d’un pays. C’est conscient de cette réalité que le représentant des travailleurs au sein du Conseil national du Travail (CNT), Daniel Ataïgba rappellera que le dialogue social doit se faire au Bénin avec les partenaires sociaux et non à Genève. Il a affirmé que le gouvernement n’anticipe pas souvent sur les questions qui fâchent.
Aussi, a-t-il attiré l’attention du gouvernement sur les engagements qu’il a pris avec les enseignants et qui prennent effet à partir de janvier 2016.
Les employeurs ont, quant à eux, des inquiétudes par rapport au fonctionnement sporadique du CNT et surtout sur le sort des textes examinés, notamment le Code du travail.
Le secrétaire général du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme administrative et institutionnelle,
Ernest Djagoun Afouda, a rappelé que le gouvernement, conscient de l’importance du dialogue social, prend toutes les mesures qui traduisent sa volonté et sa disponibilité pour asseoir un dialogue franc et sincère avec les partenaires sociaux et ce, dans un environnement qui tienne compte du respect des lois de la République et des réalités socio-économiques du Bénin.
Il a félicité les membres du CNT qui, tout au long de leur mandat, ont eu à examiner et à adopter des textes qui viendront enrichir l’arsenal juridique du pays sur le plan social.
Au cours des travaux, les membres auront à examiner les rapports des premières sessions ordinaires du Conseil national du Travail au titre des années 2014 et 2015. De même, ils examineront le projet de décret portant mesures de sécurité et de santé au travail dans l’agriculture.
Des documents dont l’étude revêt, selon le secrétaire général du ministère en charge du Travail, une importance et dont l’examen permettra , pour le premier, de valider le contenu des rapports ; et pour le second, de doter le secteur agricole de textes subséquents qui visent la réduction sensible des nombreux risques professionnels liés à l’agriculture, l’élevage, la pêche et certains travaux de transformation de produits agricoles exacerbés par la mécanisation et l’usage des produits phytosanitaires, sources d’ accidents, de maladies et de décès.
L’examen, l’étude et l’adoption du projet de décret portant mesures de sécurité et de santé au travail dans l’agriculture, au-delà de son caractère enrichissant des textes juridiques, est la garantie d’une protection efficiente de la sécurité et la sauvegarde de la santé des travailleurs du secteur agricole ?

Le Centre de perfectionnement de la Police judiciaire (CPPJ) a libéré la promotion du 13e stage des unités judiciaires pour la sécurité intérieure et le maintien de la paix. La cérémonie de sortie officielle de ces stagiaires s’est déroulée jeudi 10 décembre dernier dans les locaux du centre à Porto-Novo, en présence du directeur général adjoint de la Gendarmerie nationale, le colonel Soumaïla Yaya.
Ils sont au total 24 gendarmes et policiers membres du 13e stage des unités judiciaires pour la sécurité intérieure et le maintien de la paix à recevoir jeudi 10 décembre dernier, leurs parchemins au Centre de perfectionnement de la Police judiciaire. Les récipiendaires proviennent de sept pays d’Afrique francophone, à savoir le Bénin, le Niger, le Togo, le Sénégal, la Guinée Conakry, le Mali et le Burkina Faso. Ils ont renforcé du 16 novembre au 10 décembre dernier, leurs capacités en Police judiciaire et ont parfait leurs études en directeur des opérations, en directeur d’enquête et en directeur des techniques d’identification criminelle. Selon le chef d’escadron JilesYèkpè, directeur des études au CPPJ, les 24 récipiendaires sont aguerris pour mieux gérer désormais en professionnels efficaces les enquêtes judiciaires de grande envergure et les crimes. Ils ont été spécifiquement formés dans la découverte de charnier, du trafic de stupéfiants et des catastrophes aériennes. Jiles Yèkpè a félicité les stagiaires pour le sérieux dont ils ont fait preuve tout au long des quatre semaines de stage. Ce qui lui permet d’affirmer sans ambages que les objectifs assignés à ce cours de stage sont atteints. Mais il a demandé aussi aux récipiendaires de ne pas dormir sur leurs lauriers. Il faut qu’ils continuent de se cultiver pour mériter davantage leurs parchemins. Le directeur des études du CPPJ n’a pas manqué de témoigner sa gratitude à l’endroit aussi de la Cedeao qui a financé de bout en bout ce stage. Jiles Yekpè souhaite que ce partenariat entre le CPPJ et l’organisation sous-régionale se renforce davantage pour la consolidation de la paix et la sécurité au niveau des pays membres. Il a félicité aussi le gouvernement béninois et tous les membres de l’encadrement pour leurs soutiens qui ont permis de faire de ce 13e stage un succès.
Les 24 gendarmes et policiers récipiendaires ont promis, par la voix de leur porte parole, Mahè Akalalo, d’honorer les parchemins reçus. Ils s’engagent à mettre en application sur le terrain, les enseignements reçus dans la lutte contre l’insécurité, dans leurs pays respectifs. Un engagement que salue le directeur général adjoint de la Gendarmerie nationale, le colonel Soumaïla Yaya. Ce stage de perfectionnement fait des récipiendaires, des spécialistes capables d’intervenir avec professionnalisme sur des situations de grande criminalité et les théâtres de maintien de la paix. L’importance de ce stage n’étant plus à démontrer, le directeur général adjoint de la Gendarmerie a lui aussi félicité la Cedeao les Etats-Unis d’Amérique et le gouvernement béninois pour leur accompagnement constant au profit du CPPJ pour l’atteinte de la mission de ce centre à vocation régionale pour le perfectionnement en Police judiciaire?
Actualités 14 déc. 2015

Les membres de la Convention patriotique des Forces de Gauche (CPFG) ont organisé, vendredi 11 décembre dernier à Cotonou, un meeting. C’était pour exprimer leur refus catégorique à la fraude, aux crimes crapuleux et à la reconquête coloniale du pays.
C’est pour restaurer et dire non à la falsification de l’histoire du pays depuis la période révolutionnaire, que les membres de la Convention patriotique des Forces de Gauche (CPFG) ont donné de la voix. Le meeting qu’ils ont organisé, vendredi dernier, vise aussi à rappeler le soulèvement populaire qui a eu lieu le 11 décembre 1989.
Selon Kassa Mampo, la situation qui prévaut au Bénin est lamentable. Il en veut pour preuve la falsification qui est faite de la gestion du pouvoir par le président Mathieu Kérékou. Selon lui, le règne de Mathieu Kérékou a été catastrophique et rempli de scandales. Il a dénoncé les tortures dont ont été victimes les personnes qui s’opposaient au pouvoir révolutionnaire. Les différents auteurs de ces actes crapuleux n’ont jamais été punis, a-t-il poursuivi. Le comble, selon lui, était la Conférence des Forces vives de la Nation qui a cautionné et encouragé les différents actes criminels, en décidant de leur impunité. Kassa Mampo a indiqué que le régime de Mathieu Kérékou n’a jamais su, que ce soit sous la Révolution ou à l’ère de la Démocratie, combler les attentes des populations.
Pour Laurent Métognon, ceux qui font les éloges de Kérékou ne sont pas sincères. Ils dupent le peuple en lui faisant croire qu’il était un homme parfait. «Ces témoignages sont faux, impertinents, absurdes, immatures et barbares», a-t-il mentionné. Certes, il reconnait qu’au cours de la période démocratique, des efforts ont été faits, mais cela, a-t-il poursuivi, n’a pas permis au peuple d’être épanoui.
Les membres de la Convention patriotique des Forces de Gauche se sont également prononcés sur la prochaine élection présidentielle. Pour eux, rien de bon, ni d’extraordinaire ne sortira de cette élection. Le prochain président sera sans nul doute un président qui va persévérer comme son prédécesseur, avec les actes de corruption.
Pour y remédier, ils exhortent les dirigeants à organiser les états généraux du peuple. Ce qui, selon eux, va permettre de redéfinir de nouvelles bases pour donner au pays un nouvel élan. Car, disent-ils, le peuple en a besoin pour sortir de ce gouffre qui devient de plus en plus profond chaque jour.

Plus qu’un simple musicien et un accompagnateur sur scène, Alain Constant Alladayè peut se considérer désormais comme un artiste complet avec la production de son premier album solo, Alogo, lancé il y a quelques jours à Cotonou.
L’amour, la vie, sa fille, le quotidien… ce sont là, quelques sujets importants abordés dans le tout premier album solo de celui qui se fait affectueusement appeler Alino Yes Papa. Le nom est assez connu dans les couloirs des arts de la scène. Sa musique l’est tout autant. Et ce sont, sans doute, ces éléments qui ont contribué à forger cet album de dix titres «Alogo» dont le lancement officiel a mobilisé les abonnés du centre culturel «Yes Papa». En effet, le nom, la carrière et la musique de Alino s’associent intimement à cet centre dont il est le précurseur et qui se veut le laboratoire des musiques urbaines. Y défilent, de nombreux artistes aux profils divers sans autre forme de considération.
Le premier album d’Alino s’est voulu même, on peut le dire, la synthèse de toutes ces musiques qu’il a accompagnées des années durant. Mais fidélité oblige, à une philosophie, il ne s’est pas pour autant écarté de ce que lui et ses pairs du groupe Zem proposaient entre temps. On peut seulement observer qu’Alino Yes Papa qui entend faire aimer son style "Pop World Traditionnel", ne l’a pas oublié. Au total, dix titres à travers lesquels le mélomane trouve son compte, peu importe son goût. Un délice, pourrait-on dire, quand on connaît le talent d’Alino Yes Papa qui, même s’il en est à son premier album de solo, n’est pas moins un artiste confirmé qui a fait ses preuves.
Le lancement officiel ponctué d’un concert live en était d’ailleurs l’illustration grandeur nature. "Je chante, pour louer Dieu et exalter l’amour, mais aussi pour consoler et bercer les enfants. Je n’oublie pas les vaillantes mamans à qui je rends également hommage dans mes chansons", confie le pape de «Yes Papa». Musicien, compositeur, interprète et guitariste, Alain Constant Alladayè qui s’est fait accompagner de certains de ses pairs Christy Jo, Lèkan, Yes Mama, RoBass… offre son premier album comme le début d’une autre aventure après celle des cabarets, des animations et ambiances de nuit dans lesquels il s’est illustré pendant de nombreuses années.

Suite à un itinéraire qui a permis aux populations des grandes villes du pays de lui rendre aussi hommage, la dépouille du général Mathieu Kérékou a fait une entrée solennelle dans sa ville natale, vendredi 11 décembre dernier.
A l’entrée de la ville de Natitingou, non loin de la stèle de Kaba, un monde des plus impatients s’est massé tout au long de la route inter-Etats menant au cœur de la ville. Depuis 16h, cet axe grouille d’un beau monde bigarré. Aux curieux et badauds se mêlent peu à peu des groupes organisés et diverses troupes de ballets. Une foule qui a fini par compter en son sein des personnalités parmi lesquelles des ministres du gouvernement, des députés, maires et élus locaux, des personnalités politiques et pas des moindres. Plus les minutes s’égrènent, plus les fausses alertes de l’arrivée du cortège de la dépouille du général Mathieu Kérékou se multiplient et viennent briser le brouhaha qui s’observe autour de ce rassemblement peu ordinaire.
Sur les lieux, les forces de sécurité ont fort à faire, mais leur sérénité et calme ramollissent plus les ardeurs du public et le dissuade de toute velléité à perturber la circulation maintenue en l’état. Poste radio ou téléphone collé à l’oreille, nombre de personnes suivent en direct l’itinéraire de la dépouille de l’illustre disparu. Tantôt il est annoncé à Djougou, tantôt à Copargo ou à Perma. L’attente est grande mais le public ne démord point, déterminé qu’il est à voir l’ancien chef d’Etat regagner la ville qui l’a vu naître.
Aux environs de 17 heures, la Jeep militaire décapotable immatriculée E 13 14 493, décorée aux couleurs nationales et cerclée de couronnes éclatantes quitte majestueusement le périmètre où se confondent désormais spectateurs et personnalités. Elle s’ébranle en direction de Perma où annonce-t-on la dépouille. Un transfèrement devrait s’y faire pour permettre cette fois-ci au public d’identifier ce cercueil rutilant où gît l’homme du 26 octobre 1972 et l’accueillir dignement sur sa terre natale. Peu à peu, les enfants Frédéric Kérékou alias Gouverneur So-kpin, Modeste Kérékou, Moïse Kérékou et d’autres arrivés sur les lieux font leurs civilités aux autorités et aux populations venues en masse les soutenir. Le cortège tant attendu ne tardera pas à faire son entrée triomphale à Natitingou.
A 18 heures précises. Il s’ébranle tout lentement d’abord, le temps de permettre aux officiels de se concerter et aux femmes de souhaiter la bienvenue au disparu chez lui, en répandant l’eau au-devant du véhicule militaire. Et puis à une vitesse bien modérée pour permettre à tous de le dévisager le long des trottoirs. Face à la foule débordante, et pour la contenir, les agents de sécurité sont obligés malgré eux de faire la haie tout au long de la chaussée. Lequel monde ne cesse de s’épaissir au fur et à mesure que le cortège roule vers le domicile du défunt au quartier Wenkè. Le cortège marque son premier arrêt à la lisière du Village SOS d’enfants, sur insistance des vieux, sages et notables de la ville.
Des litanies et autres prières sont récitées dans un laps de temps et puis la cavalcade se poursuit à une cadence digne des grands jours. Une chevauchée triomphale à laquelle ne résistent ni élèves, ni commerçantes ni ménagères et autres travailleurs sortis des services pour vivre ces moments qui ne se laissent guère conter. C’est une course-poursuite désormais que les forces de sécurité peinent à contenir tant l’engouement est immesuré. Irrésistible, ce spectacle à la fois féérique et émouvant s’achève bientôt au domicile du défunt. La dépouille sera accueillie par la famille devant les membres du gouvernement avec à sa tête le Premier ministre Lionel Zinsou ¦
Actualités 14 déc. 2015

Les obsèques officielles du général Mathieu Kérékou ont connu leur apothéose, samedi 12 décembre dernier où il a été conduit à sa dernière demeure, après de vibrants hommages au stade municipal de Natitingou.
La dernière messe d’enterrement du général Mathieu Kérékou a encore mobilisé tout le gratin politico-administratif béninois. Aux côtés du chef de l’Etat, Boni Yayi, son homologue togolais, Faure Gnassingbé qui, deux jours plus tôt, était déjà présent aux hommages du stade de l’amitié de Cotonou.
Sous l’égide de Mgr Pascal N’Koué, archevêque de Parakou, le culte catholique a offert l’occasion de rendre un dernier hommage à l’une des personnalités phares de l’histoire politique du Bénin. Mais l’Eglise retient surtout la foi inébranlable de Mathieu Kérékou qui, même pendant la période révolutionnaire, n’a jamais remis en cause sa foi en Dieu et ses croyances aux valeurs du catholicisme. «La preuve en est que nous avons reçu son livret de catholicité qui montre qu’il a toujours souscrit aux deniers de culte, même pendant la période révolutionnaire», témoigne le père célébrant.
Monseigneur Paul Vieyra, évêque de Djougou a aussi témoigné de l’amour que porte Mathieu Kérékou pour son pays le Bénin. «S’il n’y a pas eu d’effusion de sang pendant la période de transition, nous le devons à lui. Il puisait son humilité de la crainte de Dieu», affirme-t-il, avant de demander au défunt de continuer à supplier dans l’au-delà afin que jamais le sang de Béninois ne soit versé pour des raisons politiques.
Les témoignages n’ont pas tari sur le parcours et les valeurs intrinsèques de l’homme du 26 octobre 1972. Pierre Osho, ancien ministre et compagnon de vieille date du Général reconnait en lui un artisan du dialogue et la paix. «Mathieu Kérékou était tout simplement un authentique descendant de notre terroir, un militaire accompli, un patriote inflexible, un vrai chef », témoigne-t-il. Pour lui, l’ancien président de la République a toujours abhorré l’injustice à l’égard de quiconque, et manifesté une sollicitude constante à l’égard des «masses populaires». «Notre vaillant peuple est le témoin oculaire de votre brillant parcours sur cette terre du Bénin. Lui seul peut, à la lumière de son expérience et jusqu’à la fin des temps, passer le témoin à de nouveaux dirigeants patriotes et responsables, et pérenniser cette féconde et impérissable contribution à faire du Bénin un peuple réconcilié avec lui-même et avec son histoire, un peuple uni et déterminé dans la voie d’un authentique renouveau démocratique, dans la voie de la modernité et du progrès», conclut-il.
Un père protecteur
Marina Kérékou témoigne que Mathieu Kérékou a été pour ses enfants une réelle béquille dont la disparition crée un vide dans leur existence. «Au-delà de ce que tu as été comme dirigeant, pour nous tes enfants, tu étais simplement un papa bien-aimé, toujours bienveillant, protecteur et rassurant en dépit de ton caractère réservé. Tu resteras toujours notre modèle», confie-t-elle, rappelant que Mathieu Kérékou est toujours resté fidèle à ses valeurs. Le colonel Montand Kérékou a tenu à remercier tout le peuple béninois pour avoir témoigné son amour pour le Général pendant toute cette période de deuil et surtout les temps forts des obsèques officielles. Il en veut pour preuve le nombre important de Béninois, du sud, du centre comme du nord, qui se sont mobilisés vendredi dernier sur le parcours lors du transfert du corps de Cotonou à Natitingou.
Le président de la République a réitéré toute la reconnaissance du peuple béninois au Général. «Nous sommes ici pour poursuivre les hommages », affirme-t-il. De ses échanges avec son prédécesseur lors de la passation de charge le 6 avril 2006, il retient surtout l’intérêt de ce dernier pour la jeunesse. «Comme vous, nous sommes attachés à la formation de la jeunesse», affirme-t-il. Cet attachement, indique Boni Yayi, se traduit lors de ses deux mandats de président par la construction de nombreuses salles de classes, la construction des centres universitaires ou encore la prise de mesures de gratuité dans l’enseignement primaire et dans l’enseignement secondaire pour les filles. Pour l’importance que le Général accorde à l’éducation des filles, le chef de l’Etat a ainsi décidé de baptiser le Lycée militaire des filles de Natitingou, Lycée militaire des jeunes filles Mathieu Kérékou. « Prenons l’engagement d’incarner les valeurs qu’il a incarnées », conseille-t-il.
Mathieu Kérékou a été inhumé dans l’intimité familiale dans le mausolée familial sis sur la montagne à Dassagaté, où reposent également sa maman et son grand-frère ¦

C’est dans une effervescence digne d’un grand jour de fête, marquée par une cavalcade, une interminable haie d’honneur et des ovations nourries le long des artères pavoisées, que les habitants de la cité de Kobourou ont dit adieu au général Mathieu Kérékou.
L’homme du 26 octobre 1972 avait entamé son dernier voyage vers la terre qui l’a vu naître, non pas dans la démarche élégante à pas pesants, le regard fixe et grave qu’on lui connaît mais plutôt dans son cercueil conduit. Vanité des vanités, c’est le passage obligé et la fin de tout mortel. Quoique personne n’ait clairement vu la bière qui contenait la dépouille parmi la myriade de véhicules alignés en direction pour Natitingou, l’accueil du cortège funèbre a été chaleureux et grandiose à Parakou.
Il sonnait 13h40 ce vendredi 11 décembre quand la caravane s’est immobilisée devant l’hôpital d’instruction des armées à Parakou. Là, attendaient autorités préfectorales, municipales, rectorales, membres de la Conférence administrative départementale du Borgou-Alibori et une foule immense d’anonymes. En précurseurs, les fils Moïse et Modeste Kérékou étaient descendus quelques minutes plus tôt pour les civilités habituelles. Poignées de mains, accolades et tapes amicales et autres gestes de salutation sont accompagnés des mots : courage, compassion, condoléances.
A l’arrivée du cortège, le ministre d’Etat, Alassane Soumanou, l’ancien ministre Marie-Elise Gbèdo se tapent un bain de foule et haranguent. «Kérékou ! Kérékou !...», reprennent en chœur les écoliers, élèves et autres curieux massés le long de la voie, agitant fanions, drapeaux et banderoles dédiés à l’ancien président de la République. L’on pouvait y lire: «Général Mathieu Kérékou, merci pour le précieux héritage que tu nous as laissé», «Papa Mathieu Kérékou, vas en paix et veille sur notre cher et beau pays, le Bénin», «Mathieu Kérékou, grand homme d’Etat, dors en paix», «...Un repos éternel à notre très regretté président, le général Mathieu Kérékou, «Adieu mon général», « Papa national, tu resteras à jamais gravé dans nos mémoires ».
Pendant une dizaine de minutes, le préfet Salamatou Kora Ponou, le député Rachidi Gbadamassi, le ministre Aboubacar Yaya et d’autres sont intervenus. Leurs hommages sont empreints d’éloges, de reconnaissance, de témoignages, de prières et de chants révolutionnaires. L’humilité et la vie simple de l’homme, son caractère de rassembleur, le patriotisme, la culture de la paix et l’unité nationale qu’il incarnait, sont mis en exergue.
Puis, le cortège s’est ébranlé vers le Carrefour-Hubert-Maga avec des colonnes de cavaliers. Tout au long de la voie, par milliers, hommes et femmes de tous âges, de toutes confessions religieuses et de tous bords politiques, s’enthousiasment. Certains arborent des tee-shirts, des casquettes, des chemises, des posters à l’effigie de l’illustre disparu. De la sortie sud à la sortie nord de Parakou en passant par le carrefour-Hubert Maga, le marché Arzèkè, la mairie de Parakou, la préfecture Borgou-Alibori, le carrefour de la Municipalité (carrefour trois banques), le carrefour-Alwouda, la mobilisation n’a pas faibli. Il est difficile de se frayer un chemin au passage du cortège qui aura passé une cinquantaine de minutes sur le territoire communal de Parakou. Les ruelles sont bondées de monde. Personne ne voulait se faire conter l’événement du retour à Natitingou de celui qui a battu le record de longévité au pouvoir (27 ans en tant que chef d’Etat) et dont le parcours atypique et les sacrifices consentis pour le peuple constituent tout un symbole et un modèle pour les citoyens. Les forces de sécurité déployées en grand nombre ont du mal à contenir la foule de curieux qui faisaient à peine attention au soleil ardent qui dardait de ses rayons. Nombreux sont devenus chasseurs d’images. Les cameras, smartphones et autres téléphones portables sont mis à contribution pour immortaliser ces instants afin d’en parler à ceux qui ne les ont pas vécus et certainement aux générations futures. Même mort, Kérékou rassemble les Béninois de tous les horizons. Enigmatique Kaméléon !

Comme dans les autres départements, le cortège de la dépouille mortelle du général Mathieu Kérékou a eu les honneurs des populations des grandes villes des départements du Zou et des Collines dans la matinée du vendredi dernier. La mobilisation était bien forte de Bohicon, à Dassa en signe de reconnaissance des mérites de l’illustre disparu.
Il était environ 7h30 mn ce vendredi matin quand, tout au long de la route Ouinhi, Zangnanado - Covè, les populations se sont amassées pour ne pas perdre de vue le passage du cortège funèbre de général Mathieu Kérékou en provenance de Cotonou via Porto-Novo. De Ouinhi à Covè, les populations ont rendu au général Mathieu Kérékou les derniers honneurs dus à son rang.
A 8h55mn les premiers motards conduisant le cortège firent leur apparition à Bohicon. Ville carrefour où le cortège a dû marquer une pause de quelques secondes pour s’effrayer le passage. Mais ceci n’empêchera tout de même pas les hommes, femmes et élèves qui ont massivement fait le déplacement de manifester leur affection et attachement pour l’ancien président de la République.
Les dignitaires dans leurs tenues d’apparat ont entrepris de faire le rituel consacré en de pareilles occasions. De l’eau versée à terre pour des libations. Et louange pour le général Kérékou.
A Bohicon autorités politico-administratives, maires, conseillers communaux, directeurs départementaux, élèves, conducteurs de taxis-motos ont eu aussi le temps de voir passer devant eux le cortège. Il faut signaler que dans un premier temps, mobilisés au niveau de l’Hôtel de ville, ces hommes, femmes et élèves ont été orientés sur l’axe Sodohomè par où le cortège devait faire son entrée à Bohicon. Ce qui aura permis d’éviter la déception à beaucoup. Etre présent et voir le cortège funèbre passer a été un privilège pour nombre d’entre eux qui ne se sont d’ailleurs pas gardés de s’extasier.
En un mot, à Bohicon, c’est aussi la clameur de la population bien mobilisée qui a accueilli au passage le cortège funèbre. Même si les plus curieux avaient du mal à repérer le cercueil du général dans l’un des véhicules du cortège, ceci ne devait pas les empêcher de s’incliner pour la mémoire du disparu en signe d’hommage à l'illustre disparu.
Puis, le cap est mis sur la ville de Dassa-Zoumé en passant par Setto et Pahouignan. La mobilisation était monstre. Les populations avec à leur tête le maire de la ville, Nicaise Fagnon ont tenu à donner leur marque de distinction au général Kérékou. Au cours d’une brève pause du cortège, sa Majesté Affoman Egbakotan II, roi de Dassa a dit ses bénédictions et sa prière pour le repos de l’âme du général avant de laisser le cortège funèbre continuer sa route en mettant le cap sur la ville de Savè pour la même ferveur.