La Nation Bénin...
Nouvelles

Du 14 au 15 février dernier la compagnie de théâtre «Tout terrain» dirigée par Alexandre Atindoko alias Alèmèdjè, a ouvert ses portes au public. Deux jours durant, les amoureux du théâtre sont allés à la découverte des comédiens et des œuvres produites par cette troupe qui a fait ses preuves sur les plans national et régional.
Qui ne connait pas les prouesses d’Alèmèdjè et de son épouse Djèto sur les écrans de télévision ? Mais aller au contact des acteurs et de leur vie en dehors du spectacle, c’est tout autre chose. Nombreux sont en effet les personnes qui désirent suivre des spectacles professionnels dans les centres adéquats mais n’y arrivent pas, faute de moyens.
L’initiative des journées portes ouvertes vient donc pour casser le mythe d’acteurs inaccessibles au public. Ces journées sonnent comme un carrefour de retrouvailles où s’harmonisent toutes les activités visant à promouvoir la culture au Bénin. Pendant deux jours, la compagnie «Tout Terrain» a réalisé cet exploit en rapprochant le théâtre de son public.
Il a aussi réussi à faire un flash-back sur la compagnie afin de permettre au public de connaître le côté jardin de ses acteurs grâce à une exposition sur leurs costumes et accessoires scéniques, les décors, les photos de scènes et les trophées reçues. De même, le public a pu découvrir ou redécouvrir les œuvres cinématographiques telles que «les mésaventures d’Alèmèdjè», «la Dérive», «Et pourtant», «Tout est fini» et le livre intitulé «Kponzoun» de Alexandre Atindoko. C’est par des spectacles sur une place publique que la compagnie a mis fin à ces journées pour le bonheur des amoureux du fou rire.
La compagnie de théâtre «Tout terrain» est une association culturelle professionnelle à but non lucratif créée par Alexandre B. Atindoko alias Alèmèdjè.
Elle est composée de comédiens de talents comme Gbédji Régina alias Djèto, Gbénou Dénise, Dossou Bertrand, Richard Djèha, Adjassa Judicaël et Adjahoun Bernard. Plusieurs prix dont le prix de la meilleure mise en scène en 1997 lors d’une belle mise en scène au CCF actuel Institut français, le prix de la meilleure compagnie de l’année lors du festival Bénin Golden Awards en 2011, le prix de la meilleure compagnie de l’année en 2004 lors de la nuit des sports, pour ne citer que ceux-là, lui ont été attribués.
Culture 20 févr. 2015

Comme si le Bénin était devenu le carrefour des arts, revoilà Cotonou au cœur d’une autre retrouvaille, les Rencontres internationales des arts oratoires (RIAO) 2015. Du 19 au 28 mars prochain, place sera donc faite aux paroliers et conteurs !
On doit les Rencontres internationales des arts de l’oralité (RIAO) à Patrice Tonakpon Toton. Fidèle à l’engagement qu’il a pris depuis 2011, ce comédien, conteur et metteur en scène offre la quatrième édition de cet évènement qui se veut fédérateur d’énergies autour des arts oratoires en général et du conte en particulier.
Pour lui, «il ne s’agit plus de présenter le conte comme un simple instrument de distraction, mais comme un instrument d’éducation pouvant permettre à l’enfant d’affiner sa personnalité».
Les RIAO, c’est aussi «un festival international de contes qui reflète la diversité actuelle de l’art du conte et de la parole en Afrique et ailleurs». Depuis la première édition en 2011, l’évènement a fait du chemin et de nombreuses mutations et innovations y ont été apportées pour qu’il soit aujourd’hui à l’étape des RIOA, même s’il était connu comme «des nuits de la parole».
Des pays comme le Togo, le Niger, le Burkina Faso, le Brésil et la France y ont déjà goutté, tout comme certaines villes béninoises comme Natitingou, Parakou, Abomey, Savalou et Lokossa qui l’ont accueilli alors qu’il était en itinérance.
Alors que les RIAO vont poser cette année leur quatrième patte, histoire de mieux se tenir sur leurs appuis, le programme des festivités a été taillé à la mesure des ambitions que lui souhaitent son promoteur et les autres participants. Les échanges prévus dans le cadre de la présente édition porteront par exemple sur les voies et moyens pour organiser durablement le secteur du conte afin qu’il s’impose comme un creuset porteur.
Patrice Toton est formel sur le fait que, n’est pas conteur qui veut.
C’est un art structuré qui a besoin qu’on travaille un ensemble de choses comme la voix, le gestuel… Mieux, le 20 mars, la Journée internationale du conte sera célébrée pour une première fois au Bénin. L’évènement est en effet inclus dans le programme des RIAO et un programme spécial est prévu à cet effet. «La quatrième édition des RIAO vient renforcer les activités dans le cadre du mois de la Francophonie tout en célébrant le conte en langue française comme en langues maternelles béninoises, tout en rapprochant le conte du public et en permettant aux conteurs de consolider leurs acquis, de structurer le secteur du conte et enfin, tout en offrant un cadre idéal de visibilité».
Le réveil des arts de l’oralité ?
Des initiatives pour dépoussiérer les contes, les ressusciter et leur faire retrouver leur place de choix au sein de la société, le Bénin en a eu quelques-unes ces dernières années. Mais aucune véritablement, n’a réussi à sortir de l’auberge. Autrement, le feu de bois qu’allumaient jadis nos ascendants et autour duquel plusieurs générations s’asseyaient pour s’instruire de la sagesse ancestrale, n’a pu être rallumé. Les raisons, il ne serait pas opportun d’épiloguer dessus.
Avec les RIAO qui en sont cette année à la quatrième édition, c’est une lueur supplémentaire qui voit le jour et l’initiateur desdites rencontres entend relever ce défi. A voir de près l’engagement avec lequel Patrice Tonakpon Toton promet de faire renaître les contes, on ne peut que lui souhaiter bons vents.
Et s’il y avait des appréhensions et quelques doutes pour son initiative, sa pérennité, le sérieux qui l’entoure, l’audience dont il bénéficie, l’engagement des conteurs et paroliers à ses côtés et surtout les énergies déployées dans ce cadre et les efforts faits, illustrent à merveille que le rêve est encore permis.
Car, sans vouloir être un évènement de plus ou une rencontre de trop, les RIAO s’inscrivent dans le cadre de la promotion des arts de l’oralité, notamment le conte. «C’est un réel creuset de rencontres et d’échanges entre les conteurs venus de tous les horizons». Et c’est surtout à ce niveau qu’on peut croire encore que les arts oratoires ont de beaux jours devant eux.
Loin des initiatives éparses, les acteurs de la parole et du conte ayant eux-mêmes pris les taureaux par les cornes, on peut y voir le début de la fin des misères des arts oratoires. Puisque, de toute évidence, il n’y a que les vrais acteurs eux-mêmes pour réveiller leur art de sa dormance
Culture 20 févr. 2015

L’ambassadeur de la France près le Bénin, Aline Kuster Ménager a procédé, hier jeudi 19 février, à l’élévation du professeur Achille Massougbodji, au grade de Chevalier de la Légion d’honneur française. C’était au cours d’une cérémonie à laquelle ont assisté le président de l’Institut de Recherche pour le Développement, Michel Laurent et plusieurs parents et amis.
Pour ses qualités humaines, morales et scientifiques, le professeur Achille Massougbodji a reçu hier jeudi 19 février, des mains de l’ambassadeur Aline Kuster Ménager la médaille distinctive de la Légion d’honneur française. Pour la diplomate française, le récipiendaire est un grand chercheur. Non seulement il a étudié en France mais y a surtout exercé en tant que tel et collaboré avec plusieurs équipes qui se sont investies considérablement dans les recherches sur plusieurs grandes endémies tropicales, notamment les bilharzioses, filarioses, envenimations et tout particulièrement le paludisme.
Des prouesses à l’actif du récipiendaire qui ont été confirmées par le président de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Michel Laurent. Ce dernier est allé plus loin en saluant le parcours professionnel et exceptionnel du professeur Achille Massougbodji qui a fait preuve, selon lui, de ses remarquables compétences et de sa large ouverture d’esprit.
Il a également fait part de la production scientifique tant quantitative que qualitative de l’heureux du jour.
Pour Michel Laurent, Achille Massougbodji est un chercheur émérite autant qu’un enseignant accompli. «Actuellement, c’est sur un vaccin contre le paludisme de la femme enceinte que travaillent le professeur Achille Massougbodji et son équipe, en collaboration étroite avec celles de l’IRD», a encore spécifié le président de l’IRD.
«Le moment est plutôt difficile. Je suis particulièrement reconnaissant que vous ayez voulu donner à cette cérémonie une solennité particulière», a déclaré d’entrée Achille Massougbodji, marquant sa reconnaissance aux autorités françaises qui ont décidé de le porter et de lui décerner la médaille de la Légion d’honneur française. Sa gratitude au président de l’IRD a été aussi manifeste. Saluant ainsi son amitié pour l’IRD, qui promeut une coopération Nord-Sud agissante, équilibrée et enrichissante, il a rendu hommage à ses parents, pour leur présence protectrice, éducatrice, pour la rigueur et l’équité qu’ils lui ont inculquées. Achille Massougbodji n’a pas oublié sa famille.
«J’ai retenu des différentes formations que l’important, c’est l’homme ; on devient médecin quand on respecte tout l’homme ; j’ai rencontré des hommes qui m’ont aidé et porté», se souvient-il. Cependant, il déclare ne pas s’être fait d’illusions dès lors qu’il a traversé une période 82-85 difficile qu’il a gérée avec le soutien de son entourage. Son ambition demeure, confirme-t-il, de faire de la recherche, le moteur du développement. Car, sa conviction est qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps ; le temps étant compté aujourd’hui, il se réjouit de pouvoir contribuer à monter, entretenir et faire fonctionner le laboratoire de recherche avec surtout de jeunes chercheurs qu’il faut promouvoir.
Société 20 févr. 2015

L’ONG Bethesda a démarré ses activités au Bénin le 19 février 1990. Hier, jeudi 19 février, elle célébrait donc son 25e anniversaire et ce fut l’occasion pour faire le point des activités menées en un quart de siècle et d’élaborer de nouvelles stratégies sur la période allant de 2015 à 2020. C’était autour du thème : «Contribution de l’Ong Bethesda à la réduction de la pauvreté».
Un quart de siècle dans la vie d’une structure témoigne de la vitalité et du sérieux qui caractérisent ses acteurs. C’est le cas de l’Ong Bethesda qui, de par le sacrifice et l’humilité couplée d’une volonté de réussir de ses initiateurs, est devenue au bout de 25 ans un groupe de référence. En témoigne la présence hier de ses anciens responsables dont le ministre en charge de l’Environnement, Raphaël Edou, accompagné de sa collègue en charge de la Famille, Naomie Azaria Hounhoui.
Le président de l’assemblée générale de l’Ong Bethesda, Jonathan Amegnigan a saisi l’occasion pour expliquer les conditions dans lesquelles elle a été créée. A sa création, dit-il, l’œuvre de Bethesda est partie d'une vision clairement définie autour de l’amour de Dieu et du prochain. Ce fut une grande ambition dans le temps et qui a abouti aux multiples résultats que tout le monde contemple aujourd’hui. «Parti d’un rien du tout, à peine 500 000 FCFA, Bethesda est devenue aujourd’hui, 25 ans plus tard, un groupe aux multiples dimensions, un groupe d’utilité publique. «D’où l’obligation de faire le bilan et tracer de nouvelles perspectives dans un creuset plus profond», a-t-il insisté.
Créée en 1990 par les églises protestantes et évangéliques du Bénin en collaboration avec les missions Mennonistes française et américaine, Bethesda vise la promotion du bien-être mental, physique, social et spirituel de l’homme à travers des actions de soins de santé et de développement communautaire. Elle poursuit plusieurs objectifs qui consistent à aider les populations en zone rurale et urbaine à passer du statut de bénéficiaires des soins à celui de promoteurs de la santé dans leurs propres communautés. L'Ong a aussi pour but d’encourager les initiatives et les activités génératrices de revenus, et de promouvoir toute activité de lutte contre la pauvreté. Pendant 25 ans, Bethesda a mené plusieurs activités dans les domaines de la santé, de l’environnement et du développement.
Des résultats encourageants
Dans le domaine de la santé, elle intervient en médecine générale et en spécialités médicales aussi et dispose d’un site de prise en charge gratuite des personnes vivant avec le Vih/Sida.
Dans les domaines de l’environnement et du développement, Bethesda a œuvré pour la gestion des déchets et évaluation environnementale, la gestion intégrée des ressources en eau, la décentralisation et le développement local, le développement organisationnel et la gestion des projets. Elle a aussi œuvré pour le recyclage des matières plastiques, l’information, l'éducation et la communication ainsi que le développement des énergies renouvelables.
Les différentes activités menées ont permis d’obtenir d’importants résultats au bout de 25 ans.
Les résultats réalisés sur les 25 ans d’existence de l’Ong Bethesda sont en parfaite cohérence avec les objectifs stratégiques orientés vers la réduction de la pauvreté. En matière de démocratisation des soins généraux de santé par l’hôpital Bethesda, au total 157 031 personnes ont reçu des soins avec une moyenne de 65 426 personnes chaque année.
Ensuite, on note une nette satisfaction des besoins d’accouchement des familles béninoises. Ainsi, de 1990 à 2013, l’hôpital Bethesda a facilité la réalisation de 9347 accouchements sur les 24 premières années d’activité avec une moyenne de 1223 accouchements par an. Le bilan des activités de vaccination, de consultations post natales et de planning familial affiche les statistiques de 129 906, 108 959 et 16 743. Avec ses annexes de Hêvié en 2005, de Tankpè en 2013 et de Parakou, l’hôpital Bethesda a mis en place une politique de création d’emplois et de redistribution de revenus. Aussi, a-t-elle redistribué sur 25 ans, à travers sa masse salariale, la somme de 4 945 870 213 FCFA avec une moyenne annuelle de 197 834 808,5 FCFA. A cela s’ajoute, la prise en charge psycho-sociale et nutritionnelle des patients démunis.
Selon le président de l’assemblée générale de Bethesda, Jonathan Amegnigan, ces résultats qui forcent l’admiration ne doivent pas faire croire que les acteurs ont atteint l’ultime niveau et déraper de la vision initiale. Pour illustrer ses propos, il rappelle l’histoire de David et de Goliath dans la Bible. Comme David, Bethesda sans moyens, a su triompher avec sa vision et la croyance des hommes qui l’ont initié. 25 après, Bethesda est devenu une œuvre gigantesque.
Quant au coordonnateur de l’Ong, Barthélémy Dossou Bodjrènou, il a rappelé que la réussite de l’organisation est due au fait qu’il consent des efforts pour participer à la réduction de la pauvreté, car elle est aussi une structure confessionnelle guidée par Jésus et sa bénédiction. Cette réussite étant aussi au prix du sacrifice, il a alors sollicité le concours des gestionnaires d’aujourd’hui afin que l’Ong Bethesda puisse prospérer
Société 20 févr. 2015

Suite à une série de travaux de recherches participatives portant sur la réserve de biosphère de la Pendjari dont ceux dirigés par Dr Sylvestre Djagoun de l’Université d’Abomey-Calavi sur l’occurrence et la distribution des éléphants puis les conflits entre les hommes et ces pachydermes dans cet espace, une restitution a été faite, mercredi 18 février dernier à la préfecture de Natitingou. Divers décideurs locaux ont pris part à cette rencontre de réflexion sur la conservation de l’éléphant dans la réserve de biosphère de la Pendjari.
Financés par African Wildlife Fundation (AWF) avec l’appui de MAVA Grant, les travaux de recherche dirigés par Dr Sylvestre Djagoun de l’Université d’Abomey-Calavi sur l’occurrence et la distribution des éléphants dans la Pendjari, puis les conflits hommes-éléphants autour de la réserve, ont permis aux participants à la réunion de restitution d’en savoir davantage sur la problématique de la conservation de la faune et des éléphants en particulier dans la réserve de biosphère de la Pendjari. Des résultats présentés, il ressort que la Pendjari dispose actuellement de la plus grande population d’éléphants en Afrique de l’Ouest. Une espèce rare qu’il convient de protéger pour la diversité de la faune. Cette population est toutefois soumise aux pressions de braconnage et de réduction de l’habitat par l’avancée du front agricole.
La colonisation par l’homme, des habitats des éléphants se justifie par la forte demande de terres cultivables. Toute chose empiétant sur les zones de peuplement et de séjour des pachydermes.
Les conflits hommes-éléphants ont une occurrence plus grande en saison des pluies sans être nulle en saison sèche, apprend-on. Les zones de Batia et Porga sont les plus touchées par les dégâts des éléphants sur les cultures avec l’inexistence au niveau des structures de gestion, d’un mécanisme fonctionnel de compensation. Des recommandations ont été faites quant à l’avènement d’un programme efficient de sensibilisation des riverains de la Pendjari ainsi que leur responsabilisation dans la conservation des éléphants.
La réunion a permis de déterminer les priorités voire les urgences dans la conservation des éléphants dans la Pendjari pour permettre aux partenaires en l’occurrence African Wildlife Fundation, d’accompagner les efforts en place.
L’autre acquis de cette collaboration entre le Parc national de la Pendjari dirigé par Méryas Kouton et cette fondation est un lot de matériels offert, pour appuyer les équipes de surveillance de la réserve de biosphère. Il s’agit de tentes, bottes, appareils photographiques numériques, lampes torches et autres. Une formation a été aussi donnée aux éco-gardes de la Pendjari pour renforcer leur capacité en lutte anti-braconnage.
Le représentant de African Wildlife Fundation a réitéré l’engagement de son organisation à appuyer toute initiative visant la sauvegarde des éléphants dont les défenses prisées, justifient leur braconnage.
Mashoudou Ashanti, secrétaire général de la préfecture des départements de l’Atacora et de la Donga, a exhorté tout le système de conservation à plus d’effort afin que la Pendjari soit internationalement reconnue pour son potentiel faunique exceptionnel en Afrique de l’Ouest soit sauvegardée.

Le Bénin célèbre ce jour 19 février le 25è anniversaire de la Conférence des Forces vives de la nation. L’un des moments forts de la vie politique nationale qui a ouvert la voie au régime démocratique que connait actuellement le pays.
En 1989 le Bénin, petit pays du Golf de Guinée en pleine crise socio-économique, a eu l’intelligence de convoquer tous ses fils, toute obédience, toutes classes sociale et politique confondues à une grand-messe politique. C’était aux fins de régler les problèmes du pays, surtout la crise économique et financière à laquelle le Bénin "révolutionnaire" était confondu.
Ceci grâce à la clairvoyance du "grand camarade" de lutte, le général Mathieu Kérékou et ses fidèles de l’époque.
Les assises prévues pour durer dix jours ont pris le nom de «Conférence nationale», thème, jusque-là jamais utilisé auparavant, en tout cas, pour désigner une pareille rencontre. Alors que les Béninois étaient dans l’anxiété, tout le continent retenait son souffle. La grand-messe s’ouvre alors un vendredi 19 février pour dix jours. Y ont pris part 493 délégués dont 15 femmes.
Des débats houleux ont porté sur plusieurs questions importantes dont la souveraineté des assises. A ce propos le "grand camarade" de lutte a renvoyé simplement l’auditoire à son discours d’ouverture pour confirmer que la mission assignée à la Conférence consistait à élaborer une nouvelle Constitution.
«C’est à vous qu’il revient de mettre en place la commission qui sera chargée de faire ce travail d’élaboration d’une nouvelle Constitution, puisqu’il y a dans vos rangs des cadres et des juristes compétents pour accomplir cette tâche», leur a-t-il dit.
Il y a eu également au cours de ces assises, des moments de dénonciations des tares du passé par les participants. Certains délégués ont même indiqué qu’il faille liquider l’ancienne politique à travers les hommes, les structures et l’idéologie qui la portent». D’autres ont soutenu qu’il faut faire rendre gorge à tous ceux qui se sont enrichis illicitement sous le régime marxiste.
La question de la liberté de la presse était également débattue. Sévérin Adjovi a pris la défense de la presse et a soutenu que «la liberté de la presse doit être totale».
Comment occulter la présence inopinée à ces assises du chef de l’Etat, le président Mathieu Kérékou, pour répondre à certaines préoccupations de l’assistance. «La Conférence nationale doit déboucher sur des résultats concrets à la mesure des légitimes attentes de notre peuple», leur a-t-il indiqué, dans un long discours rassurant. Il précise, le ton ferme, que tant que la nouvelle Constitution n’est pas mise en place et les élections organisées, la Loi fondamentale reste en vigueur et les institutions de l’Etat demeurent.
«Si certaines sensibilités veulent faire l’apprentissage du pouvoir, en attendant les élections, je suis prêt à envisager un remaniement. Mais ne demandez pas la démission en bloc de l’actuel gouvernement».
Les assises ont débouché sur certaines décisions dont, entre autres, la fin du parti unique et le choix d’un régime démocratique. Nicéphore Soglo, cadre du pays exerçant à la Banque mondiale a été choisi pour conduire la transition d’une durée d’un an devant aboutir au régime démocratique.
C’est le début de l’ère démocratique que nous vivons.
L’expérience béninoise a fait école dans plusieurs pays du continent, sans jamais aboutir au même résultat. C’est ce que beaucoup appellent le génie béninois.
Actualités 19 févr. 2015

25 ans, soit un quart de siècle. Ce n’est peut-être pas grand-chose, sinon rien dans la vie d’une nation. Mais sans doute assez pour apprécier si l’on est sur la bonne voie, si des jalons solides ont été posés, dans la perspective de la construction d’un Etat moderne, d’une nation unie… Toutes ambitions qui tardent à trouver concrétisation. Ce qui explique les insatisfactions des populations, et leurs grandes attentes vis-à-vis des décideurs publics.
19 février 1990-19 février 2015. 25 ans donc ce jour que s’ouvrait l’historique Conférence nationale des Forces vives, dont l’annonce fut accueillie avec soulagement et espoir par les Béninois de l’intérieur comme de l’extérieur, convaincus qu’elle ouvrirait une nouvelle ère de prospérité pour le pays, tant le régime révolutionnaire, nourri de marxisme-léninisme, avait fini par lasser et exaspérer plus d’un. De fait, s’ils avaient rallié le PLM Alédjo avec quelque appréhension ce jour-là, les délégués n’étaient pas moins décidés à marquer l’histoire ; surtout que le «camarade président» Mathieu Kérékou avertissait que «si la Conférence échoue, le Bénin basculera dans le chaos.» Enorme responsabilité donc que celle qui était la leur.
Et c’est probablement en toute bonne foi que le 28 février, à la clôture des travaux, la Conférence ayant entre-temps proclamé sa souveraineté et le caractère exécutoire de ses décisions, les délégués croyaient avoir fait le job, celui d’écrire une nouvelle page de l’histoire du Bénin «enfant malade de l’Afrique». En témoigne le ton volontairement optimiste du rapporteur général Albert Tévoèdjrè, quand il s’écriait achevant la présentation de son rapport, «Au travail mes amis, nous avons vaincu la fatalité !»
Et pourtant…
Vraiment vaincue, la fatalité ? L’enthousiasme était probablement justifié mais, n’apparaît-il pas aujourd’hui précoce, au regard des avatars que nous traînons depuis 25 ans ? Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à considérer par exemple le paysage politique béninois. Pour constater que nous sommes passés d’un extrême à l’autre. Un parti unique officiel en 1990 quand s’ouvrait la Conférence nationale, le Parti communiste du Bénin étant alors contraint à la clandestinité, contre près de 200 aujourd’hui, au nom du multipartisme intégral ! Une suprême pagaille, quand on sait qu’il ne se dégage aucune idéologie forte de ses partis. On aura visiblement confondu multipartisme idéologique (qui devrait répondre au monolithisme politique) et multipartisme numérique… Là est le malentendu qui aura plombé l’animation de la vie politique béninoise depuis 25 ans, au point de rendre illisible le discours politique.
Dans ces conditions, le peuple attend désespérément des réformes hardies qui permettraient de rationnaliser le paysage politique et, du coup, de procéder à l’épuration du personnel politique et au réajustement du système politique lui-même, pour mieux l’adapter à notre histoire et à nos réalités. Souhait légitime quand on sait que les différentes consultations électorales connues par le pays n’auront pas, jusqu’ici, permis de changer fondamentalement la donne ; si ce n’est qu’elles donnent généralement lieu à des oppositions, non de style ou d’idéologie, mais juste verbales ; presque tous s’entendant par ailleurs pour recourir à la corruption électorale ou aux arguments bassement régionalistes voire tribaux, pour espérer s’imposer.
Si cette situation se nourrit du faible niveau d’instruction des populations, l’antidote serait une bonne éducation des masses tant au plan académique qu’au plan civique et politique. C’est ce qui pourrait d’ailleurs permettre d’endiguer l’incivisme ambiant qui nous caractérise. Une éducation qui magnifierait les vertus de la nation, de la patrie, de l’éthique… mais encore faudrait-il pour cela que nous ayons des dirigeants qui sachent donner l’exemple sans relâche, et qui ont eux-mêmes une tenue publique irréprochable afin de pouvoir, aisément, en imposer aux citoyens.
Actualités 19 févr. 2015

Pour gagner le pari d’une élection crédible, juste et transparente, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a entamé une série de rencontres. Après les échanges avec les représentants de partis et alliances de partis dans la matinée d’hier mercredi 18 février au Chant d’Oiseau de Cotonou, elle a rencontré dans l’après-midi les Organisations de la société civile (OSC). Pour la circonstance, le président Emmanuel Tiando était entouré de la secrétaire exécutive Noëlie Apithy et des commissaires Basile Fassinou et Moïse Bossou.
La forte pluie qui s’est abattue hier sur Cotonou a déteint sur la rencontre Commission électorale nationale autonome (CENA)/ Organisation de la société civile (OSC) dans le cadre des consultations pour une bonne préparation des élections législatives d’avril prochain. Seulement une dizaine d’ONG ont pu faire le déplacement sur la kyrielle attendue. Il y avait, entre autres organisations de la société civile «Africa Election», «Afrique Espérance», «Africa Obota», «Conseil national des associations de consommateurs» pour ne citer que celles-là.
Plantant le décor de la rencontre, le président de la CENA Emmanuel Tiando a souligné que l’organisation des élections crédibles, libres et transparentes dans tout système démocratique est un facteur essentiel de maintien de la paix, de la cohésion nationale et donc du progrès. Pour lui, les Organisations de la société civile sont au sein du peuple et bénéficient d’une proximité quotidienne avec les populations des villes et campagnes. Et pour cela : « on ne peut pas vous mettre en marge des échanges que nous faisons avec l’ensemble des corps constitués de la République. La CENA a besoin de votre contribution afin d’aider à sensibiliser les citoyens et à maintenir la veille citoyenne», a-t-il expliqué.
En clair, selon le président de la CENA, il est attendu des OSC des propositions qui visent à éduquer les citoyens sur les comportements à avoir ou à proscrire pour un bon déroulement du scrutin du 26 avril prochain.
A son tour, le chef de la cellule N°3, chargé du recrutement et de la communication Basile Fassinou, a fait le point de l’état d’avancement du processus électoral. On en retient que depuis son installation, la CENA a réalisé différentes activités dont le lancement et le recrutement des agents coordonnateurs d’arrondissement, le lancement et le recrutement des assistants des coordonnateurs, l’adoption du calendrier électoral avec la déclinaison de toutes les activités et de leurs dates. Ainsi du 20 au 24 février, la CENA va réceptionner les déclarations de candidature et la campagne électorale est prévue pour se dérouler du 10 au 24 avril à minuit.
Les OSC ont énuméré quelques préoccupations concernant les moyens éventuellement prévus par la CENA pour les accompagner dans cette mission de veille citoyenne, l’absence d’une plate-forme dynamique et d’un site internet au niveau de la CENA, la sensibilisation des électeurs sur le code électoral, etc. Le président de la CENA les a rassurés de la ferme volonté de mettre à leur disposition ce qui est essentiel pour la réussite de leur mission. Pour cela, il recommande aux ONGs présentes de se retrouver pour faire ensemble des propositions à soumettre à la CENA.
Il sera soutenu dans cette démarche par le commissaire de la cellule N°4 chargé de l’étude et de la conception des documents électoraux Moïse Bossou. Pour celui-ci, les élections reposent principalement sur deux volets, le recrutement des agents électoraux et leur formation. Et pour cela, «La CENA espère compter sur la société civile car vous êtes la bouche qui crie à la misère mais qui participe à la réduction de cette misère», a-t-il expliqué.
Actualités 19 févr. 2015

Les membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) étaient hier, mercredi 18 février, face aux acteurs des partis et mouvements politiques, notamment ceux impliqués dans le processus électoral actuellement en cours. Les discussions entre les deux parties leur ont permis de s’entendre sur l’essentiel à faire par chacune d’elles, afin que le processus électoral se passe sans anicroches. La séance a eu lieu au Chant d’oiseau à Cotonou.
L’exercice auquel les partis et alliances de partis politiques ont été invités hier relève de la routine en période électorale et vise, d’une part à écouter les doléances et suggestions des acteurs politiques, et d’autre part, à les tenir informés de l’avancement des opérations inscrites dans le calendrier électoral. « Nous avons estimé que le moment est venu pour nous de vous rencontrer parce que vous êtes à la fois les acteurs et les bénéficiaires de l’aboutissement du processus électoral », leur a donc dit à l’entame de la rencontre le président de la CENA, Emmanuel Tiando, tout en les rassurant de l’engagement de ses pairs et lui à travailler à l’organisation dans la transparence et la crédibilité des élections à venir. Selon ses explications, la commission dont il a la charge, cheville ouvrière de l’organisation des élections au Bénin, ne pouvait réussir sa mission sans tendre la main aux acteurs politiques qui constituent un chaînon important, surtout que le Code électoral leur confère un rôle essentiel à cet effet.
« A la CENA, nous avons besoin de votre soutien et de votre confiance parce qu’ils vont nous permettre de conduire à bon port le processus », martèlera par la suite Emmanuel Tiando.
Pour ce qui est des objectifs même de la rencontre d’hier, il les a situés sur trois points. Le premier, c’est de faire le point de l’état d’avancement du processus d’organisation et de tout ce que la CENA a entrepris en vue d’une bonne organisation des élections. Secundo, le président de la CENA a proposé à ses invités un rappel des dispositions du Code électoral et en dernier ressort, il était question d’échanger avec eux, en vue de recueillir leurs suggestions pour l’organisation réussie des élections, gage de paix sociale et de cohésion. Si l’on s’en tient aux détails fournis par le commissaire Basile Fassinou, le processus d’organisation des élections législatives du 26 avril prochain suit son cours.
Et en dehors des tâches administratives internes, le processus de recrutement des acteurs devant aider la CENA dans sa mission est déjà engagé sur plusieurs points. S’agissant des coordonnateurs d’arrondissement par exemple, le dépouillement des dossiers est bouclé, selon lui, et il ne reste que la plénière valide ce dépouillement et rende publique la liste. Le recrutement des assistants des coordonnateurs d’arrondissement et des membres des postes de vote est aussi très avancé, annonce-t-il. Le dépouillement des dossiers des assistants a commencé et sera suivi de celui des membres de poste de vote, soutient également Basile Fassinou.
La CENA a adopté déjà le calendrier électoral et à compter du 20 février prochain, la réception des dossiers de candidatures commencera. Quelques dispositions relatives aux déclarations des candidatures et aux pièces constitutives des dossiers ont été aussi rappelées par lui aux acteurs politiques invités. A sa suite, le commissaire Moïse Bossou s’est appliqué à partager avec l’assistance quelques innovations introduites dans le Code électoral. Mais c’est beaucoup plus le mode de calcul des sièges qui a été le point culminant de l’intervention de ce dernier. Et comme il fallait s’y attendre, les questions des représentants des partis et alliances de partis ont tourné prioritairement autour de ce mode de calcul, ceux-ci voulant comprendre, entre autres comment la CENA compte gérer les cas d’égalité de suffrages, de ballotage et autres. Les assurances des commissaires à ce propos sont explicites. Cela n’est pas évident, à priori, ont-ils dissipé, rappelant au passage que la CENA ne donne que des résultats provisoires.

La secte nigériane Boko Haram menace de frapper le Bénin à travers les régions frontalières du pays. A sa réunion mensuelle tenue hier mercredi 18 février, la Conférence administrative départementale (CAD) s’est prononcée sur ce péril terroriste dans l’Atacora-Donga.
Boko Haram serait sur le point de commettre des actes terroristes sur le territoire béninois en représailles à la décision du gouvernement de combattre cette secte dont les incursions au Cameroun, au Tchad et puis récemment au Niger suscitent l’émoi de la communauté internationale. Cette information que Baguidi Yérima, directeur départemental de la Police nationale, tient de ses supérieurs, a été partagée à la réunion mensuelle de la CAD pour inviter les populations des départements de l’Atacora et de la Donga à la vigilance. A ses dires, les services de sécurité nationale prennent au sérieux cette information et n’entendent pas laisser une quelconque faille à leur niveau pour favoriser une éventuelle mise en exécution de la menace de ce groupe qui a mis à feu et à sang les régions du nord du Nigeria et nourrit des ambitions d’expansion de ses exactions. Déjà cette secte aurait ciblé les postes frontaliers pour commettre ses crimes. Les villes de Malanville, de Parakou et de Djougou seraient sous la menace de ces terroristes. Relevant la porosité des frontières béninoises, le directeur départemental de la Police nationale a souligné la nécessité pour eux de renforcer le dispositif sécuritaire et de contrôler toute entrée suspecte d’étrangers dans les départements de l’Atacora et de la Donga. Tout récemment des nomades voyageant à chameau et qui se réclameraient vendeurs de médicaments ont été refoulés de la ville de Porga sur instruction des services sécuritaires. Leurs comportements prêtant à espionnage, ils ont été passés à la loupe. « Ces gens dormaient à la belle étoile, n’allaient ni à l’église ni à la mosquée et passaient le clair de leur temps à épier. Si l’on admet que des armes sont acheminées par voie terrestre et qu’il nous est parvenu que ceci se fait à dos de chameaux, nous ne sommes pas à l’abri d’une menace de Boko Haram », précise-t-il. Gervais N’dah Sékou, préfet des départements de l’Atacora et de la Donga, a appelé à une vigie populaire. « Personne ne peut dire qu’elle maîtrise le mode opératoire de Boko Haram et il ne faut pas attendre le coup avant de réagir. Il nous faut faire l’effort de parer à tout risque», prévient-il.
Société 19 févr. 2015