La Nation Bénin...
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Le président du Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) était face à la presse hier jeudi 2 avril à Cotonou. Augustin Ahouanvoébla a donné sa part de vérité sur la crise actuelle au sein de la famille du football et les conséquences négatives de la décision de retrait de l’agrément à l’instance faitière du sport roi. Il a bénéficié du soutien de la Ligue professionnelle de football.
Appuyé par la Ligue professionnelle de football, le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) s’est prononcé, hier jeudi 2 avril, sur la crise générée par le retrait par le gouvernement de l’agrément. Augustin Ahouanvoébla a tout d’abord parlé des désagréments engendrés par cette décision. Mais pour lui, le chef de l’Etat, Boni Yayi qui aime si tant la jeunesse et le football n’a pas eu connaissance des tenants et aboutissants de ce dossier. «Le premier magistrat a été manipulé dans cette affaire et nous en appelons à sa clairvoyance», poursuit-il. Selon le conférencier, les reproches faits à la Fédération ne sont pas fondés au regard de la gestion transparente et ambitieuse de ses activités.
Il attribue ces décisions à des acharnements sans fondement. Augustin Ahouanvoébla a invité les présidents de clubs à la patience. «Tout va se stabiliser et on s’en sortira», a-t-il lancé. Par ailleurs, il se dit surpris de ce que le siège de l’association soit militarisé et fermé au point de vouloir procéder à l’inventaire de son patrimoine sous prétexte de sa sécurisation. Les risques encourus par la décision gouvernementale sont à identifier à plusieurs niveaux, dira t-il. D’abord, la sanction de la FIFA risquerait de créer l’isolement total du Bénin sur la scène internationale de football.
Aussi, va-t-elle occasionner la rupture des contrats des salariés de la FBF, la cessation d’activités des entraîneurs, des arbitres et des joueurs mais surtout la perte par le Bénin d’importants accords de financement de construction d’infrastructures sportives. A l’en croire, cette décision ne repose sur aucune base juridique car, le décret du 24 mai 2013 évoqué dans l’arrêté portant retrait de l’agrément n’existe nulle part. « Il n’y a aucune trace de ce décret non seulement dans les documents administratifs de la Fédération mais également dans les archives nationales », dira le président de la FBF. « C’est une méconnaissance volontaire de la Charte des sports en République du Bénin », martèle t-il. Augustin Ahouanvoébla a cité quelques réformes porteuses d’espoir pour le sport béninois mises en œuvre par son équipe qui seront en sursis à cause de cette décision. Il s’agit de la reprise du championnat du football féminin stoppé depuis 2009, l’organisation pour la première fois des tests et des formations pour les entraîneurs, le partenariat avec l’ORTB pour la diffusion des matches afin de renforcer les actions pour le sponsoring, les réformes au niveau des centres de formation, l’organisation de l’examen de passage de grade des arbitres, l’installation d’une direction technique nationale avec un cahier de charges précis.
Le 27 mars dernier, le ministère de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, dirigé par Safiou Idrissou Affo, a par arrêté, retiré l’agrément à la Fédération béninoise de football.
Le gouvernement béninois reproche à l’instance faitière, la non-exécution des instructions de la CAF et de la FIFA relatives à la réunification de tous les acteurs du football; la gestion discriminatoire du football, l’absence de transparence dans la gestion administrative, financière et technique de la FBF ; violation délibérée des règlements et dispositions de la CAF et de la FIFA relatifs à la tricherie sur les âges et les nationalités des joueurs ; mésintelligence entre les membres du Comité exécutif de la FBF entraînant une cacophonie en son sein ; mauvaise organisation du championnat national et l’absence remarquable de politique et de compétition en faveur des catégories d’âge.
Sports 03 avr. 2015

Dans sa quête de devenir le quartier numérique de l’Afrique, le Bénin vient de franchir un autre pas de géant. Hier mercredi 1er avril, le ministre en charge de la Communication a reçu officiellement la bouée d’or qui consacre l’atterrissement du câble sous-marin Africa-Coast to Europe (ACE).
Plus de 12 ans après l’avènement du premier câble sous-marin au Bénin, le SAT3, le Bénin vient de franchir un autre pas avec l’atterrissement d’un deuxième, le câble sous-marin ACE. Lequel constitue une opportunité pour l’intégrer dans un réseau de télécommunications à haut débit en vue du développement des TIC. Pour ce faire, une station d’atterrissage a été construite et équipée au quartier Fidjrossè à Cotonou et le personnel devant y servir a été déjà recruté et formé à cet effet. De même, le navire câblier qui doit effectuer la jonction de la portion terrestre du câble et de la partie marine du câble est actuellement au large des côtes béninoises et le raccordement du Bénin est déjà fait.
Et c’est dans ce cadre que le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication, Jean Gbéto Dansou, s’est fait remettre officiellement hier, la bouée d’or qui consacre cet atterrissement. Il dira alors que « le Programme régional des infrastructures de communication en Afrique de l’Ouest (WARCIP), projet d’infrastructures qui vise l’atterrissement du câble sous-marin ACE apparaît comme une réelle opportunité dans le secteur des TIC au Bénin ».
Il permettra aussi, se réjouit le ministre, « d’accroître la portée géographique des réseaux à large bande et de réduire le coût des services de télécommunications dans notre pays ». La vision du gouvernement en raccordant le Bénin au câble ACE, est d’assurer la redondance et la baisse progressive du coût des services télécoms et TIC, annoncera-t-il par ailleurs.
Pour Jean Gbéto Dansou, «ce second câble va augmenter la productivité des entreprises, faciliter l’accès des populations aux ressources du Web et améliorer les conditions des professionnels de tout bord». Pour jouir davantage de cette innovation technologique assez attendue et offrir un «accès ouvert et non discriminatoire», une structure de gestion en mode partenariat public-privé, le groupement d’intérêt économie dénommé Bénin ACE Gie, composé de Bénin Télécoms SA, Moov, Mtn, Isocel, Oti, Eit, Libercom et Univercell. A l’endroit de ceux qui n’avaient pas cru à la concrétisation d’un tel projet, son administrateur, Robert Awad et le coordonnateur du projet e-benin, Olivier Capo Chichi ont fait savoir sa concrétisation, expliquant les péripéties qui ont conduit à son aboutissement.
Que d’avantages !
La remise d’une bouée d’or aux autorités béninoises hier, pour matérialiser la connexion du Bénin au câble sous-marin ACE est l’aboutissement d’un long processus. En effet, c’est le gouvernement béninois qui a sollicité le soutien de la Banque mondiale pour bénéficier du projet WARCIP, qui le lui a accordé sous forme de crédit pour un montant de plus de 17 milliards de francs CFA.
Depuis hier, l’une des phases les plus importantes dudit projet, la connexion du Bénin est devenue une réalité. «Ce câble en fibre optique a une capacité maximale de 5,12 Terra bit par seconde et une longueur de 17000 kilomètres. Le multiplexage en longueur d’onde permet d’augmenter sa capacité initiale». Fort de ces caractéristiques, il offre au Bénin une pléiade d’avantages et fait de lui «le nerf central numérique région». Il permet également «de faciliter les échanges au plan régional et d’augmenter pour le Bénin, l’opportunité de devenir plus compétitif au plan international». Par ailleurs, il assure la redondance du câble sous-marin existant, le SAT 3. Sa durée de vie est estimée à 25 ans.

«L’on assiste de façon effarante à la promotion de la médiocrité à la tête des administrations scolaires : des agents subalternes sont promus directeurs, censeurs, surveillants généraux et comptables voire directeurs départementaux, sur fond de régionalisme, d’ethnocentrisme, de népotisme et de clanisme au détriment du mérite et en foulant au pied les aptitudes».
C’est ce qu’a déclaré hier mercredi 1er avril à Parakou un collectif d’enseignants réunis au sein du Mouvement des enseignants engagés pour le renouveau du système éducatif résidant à Parakou. Le prétexte trouvé par certaines autorités départementales qui apportent leur caution morale à cette situation, souligne le porte-parole Gratien Ahossinou, c’est que «La fonction appartient à l’Etat et le métier, à l’individu».
Par sa sortie médiatique d’hier, le mouvement entend dénoncer «la prise en otage du système éducatif par des acteurs politiques ignorant des pratiques pédagogiques en cours et des réalités de l’école béninoise, l’humiliation et le dénigrement des enseignants ... à travers des tournées d’insulte, de sabotage et de médisance». Tout ceci ne fait que «conduire le système éducatif dans l’abîme», selon ces enseignants. Ils n’en veulent pour preuve que les mauvais résultats qu’engrangent les départements de l’Alibori et du Borgou ces dernières années aux différents examens nationaux et qui sont, à les en croire, le résultat de la frustration, de l’humiliation, de la gabegie dont sont victimes certains enseignants, notamment les responsables syndicaux qui ont fait récemment les frais de «mutation punitive et de règlement de comptes à travers des affectations abusives, fantaisistes et arbitraires». Aussi, s’insurgent-ils contre le fait que la plupart des recommandations issues des journées de réflexion sur l’éducation dans les deux départements, assises tenues depuis septembre dernier, sont «restées jusqu’à nos jours des vœux pieux».
Les enseignants engagés pour le renouveau du système éducatif et résidant à Parakou prennent l’opinion publique à témoin et appellent ceux qui sont soucieux de l’avenir de la jeunesse béninoise à se joindre à eux pour le combat en vue «non seulement de redorer le blason du système éducatif mais aussi sortir le pays de l’ornière».
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori
Société 02 avr. 2015

Son retrait de la scène politique l’avait conduit, il y a quelques années, à regagner sa mythique demeure des ‘’filaos’’. Mais aujourd’hui le grand MK fait son come-back à travers la personne de Bertrand Fibadenda Sika.
A l’opposé de celui qu’il imite, Bertrand Fibadenda Sika n’est pas aussi grand de taille. L’allure pas aussi classe que son idole mais il se plaît dans son rôle. De sa voix et de son air bien drôle, il en impose à ses vis-à-vis. Tel un commandeur. Dans les lieux où il imite le général Mathieu Kérékou, l’homme sait se faire écouter, manipulant à sa guise ceux qui pourraient satisfaire à ses doléances. Même le dos tourné à la scène, il continue de faire recette. On lui obéit au bout des doigts. En plus de déclencher l’hystérie à ses apparitions et de se faire gratifier de billets de banque, Bertrand Fibadenda Sika fait lever des personnalités et pas des moindres. Le président Boni Yayi y passe aussi sans pour autant froncer les soucils. En dépit des grommellements de sa garde. « Il est difficile de ne pas répondre aux ordres d’un général qui plus est un ancien chef d’Etat dont le charisme et les œuvres ont fortement marqué l’histoire sociopolitique de notre pays », ironise Bertrand Fibadenda Sika, se prenant pour le personnage qu’il imite. Un jeu amusant qui lui réussit à merveille lors des grands fora. Parfois, ses interlocuteurs s’étonnent de son audace mais très vite, ils sont emballés. L’air sérieux et autoritaire que lui confère son personnage, le conforte.
Comme support à son rôle, des discours cultes de l’ancien président de la République, Mathieu Kérékou et des improvisions circonstancielles prêtant bien à l’ambiance du moment. Ancien employé de la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB), il a dû démissionner, jugeant ses heures de travail assez exténuantes et tenant coûte que coûte à donner corps à son rêve d’immortaliser dans le cœur de ses contemporains, cette personnalité éprise de paix dont la décision a changé le cours de l’histoire de son pays.
Dans ses shows qui ne durent qu’un laps de temps, Bertrand Fibadenda Sika relève les tares et avatars de la société et de la classe politique béninoises avec une pointe de fierté à défendre les idéaux du ‘’Kaméléon’’, le grand K. Captiver l’attention du public sans l’ennuyer tout en lui donnant de la matière. Des bribes d’histoire d’un pays qui aura marqué le monde par son système révolutionnaire et sa décision d’opter pour le processus démocratique. Le même timbre vocal avec cette quinte d’humour et de sarcasme qui caractérisent les interventions de Mathieu Kérékou, l’imitateur aura réussi presque son rêve. Et point n’est à préciser tout le succès qu’il en tire. «S’il en est arrivé à démissionner de son poste pour se consacrer à l’imitation, c’est qu’il a trouvé ses marques dans l’art», insiste Géraud Adoukonou alias ADK, animateur à Nanto FM.
Dans l’air du temps
Résidant à Parakou, il est assez connu dans le septentrion. Sa tête bariolée de blanc n’est pas étrangère aux ‘’aficionados’’ et autres friands de meetings politiques aussi bien dans la région que dans le sud du pays, Cotonou en particulier. On se délecte des prestations de cet artiste hors-pair qui a choisi de faire du parcours atypique du général Mathieu Kérékou son gagne-pain. Ses apparitions sont facturées à des centaines de milliers de francs CFA avec en prime, des invitations en privé par de grandes personnalités du pays. Victime parfois de ces intermédiaires qui n’arrivent pas à transmettre avec foi les présents des personnalités quand il manque d’être dans leur loge, l’artiste n’abdique pas, redoublant de répartie et d’audace à chaque intervention. Dans ses grands jours il s’en tire avec des millions de francs CFA, louant la générosité de ces grands admirateurs qui l’encouragent dans cette forme d’hommage vivant à l’ancien chef d’Etat béninois.
Tiré à quatre épingles avec un costume impeccable, col Mao, verres fumés cerclant sa vue et l’inséparable canne du ‘’Vieux’’, Bertrand Fibadenda Sika emprunte modestement à son idole tout l’apparat qui le distinguait. S’il s’est permis le 25 avril 2005 de demander à son idole ce qu’il pense de ses prestations, il n’en est pas moins sorti meurtri tant la réplique du chef de l’Etat d’alors, l’a renversé. «Est-ce qu’un être humain peut se fâcher contre un singe?», lui avait-il dit au palais de la présidence.
La quarantaine à peine effleurée, le natif de Pouya dans la commune de Toucountouna a frôlé le renvoi au Collège d’enseignement général de Tchaourou en classe de 5è. «On me reprochait d’inciter à l’insurrection les camarades pour les avoir mobilisés à revivre les temps forts du général, sans que je n’ai eu à penser qu’il reprendrait le pouvoir plus tard», se rappelle-t-il. «Les gens sortaient du système révolutionnaire pour la démocratie et nostalgique que j’étais, j’en rajoutais à leurs amertumes par mes imitations. C’était difficile», ajoute-t-il.

La Fondation MTN Bénin a célébré 20 personnalités, samedi 21 mars dernier à Cotonou, au cours d’une soirée riche en couleurs et dénommée «La soirée Hall of farme célébrons nos héros». Celles-ci, estime la fondation, ont marqué soit leur temps, soit leur secteur d’activités. Curieusement, sur la vingtaine de récipiendaires, onze émanent du secteur culturel, ce qui n’est pas passé inaperçu.
Au cours de «La soirée Hall of farme célébrons nos héros», la Fondation MTN Bénin a récompensé 20 personnalités avec un trophée, un certificat et une toge. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux invités de marque, des responsables au plus haut niveau de cette société de téléphonie mobile et d’une délégation gouvernementale conduite par le ministre d’Etat, François Abiola. Une audience bien constituée pour une soirée de révélations que personne n’a vu venir. Même les organisateurs de l’évènement n’ont pas aperçu entre les lignes, la forte présence des acteurs culturels parmi les distingués. Plus de la moitié, soit onze acteurs culturels sur 20 héros célébrés. Le pourcentage est à la fois élevé et impressionnant. Et si besoin en était, il illustre à merveille combien le Bénin doit à sa culture. Musiciens, auteurs, cinéastes, actrices… Ce sont là, les personnalités dénichées et primées par la fondation MTN, un peu comme pour dire à ces vaillants messieurs et dames, qu’ils n’y ont pas travaillé en vain.
Suppléant ainsi à la patrie pas toujours reconnaissante, un opérateur privé vient ainsi montrer le chemin et ceci à double titre. D’abord, la fondation MTN invite les pouvoirs publics à reconnaître les mérites des citoyens qui se distinguent par leurs contributions au développement et à la visibilité du pays. Ensuite, elle leur montre la voie de la valorisation de la culture et de ses composantes. Et comme si ces deux raisons ne suffisaient pas, le directeur général de MTN Bénin, Malik Melamu embraye dans son mot introductif qu’«il nous revient de les honorer, de les célébrer, d’exprimer notre gratitude à ces hommes et femmes qui ont posé des actes exceptionnels dans leurs domaines respectifs…»
Des tresseurs de corde oubliés, puis dépoussiérés
Gnonnas Pedro, l’abbé Gilbert Dagnon, Gustave Gbénou Vikey, Marcelline Aboh, Wally Badarou, Olympe Bhely Quenum, Jean Pliya, Djimon Hounsou, Angélique Kidjo, Pascal Abikanlou, Pierre Dassabouté. Ce sont là, les onze acteurs culturels distingués le samedi 21 mars dernier, sur les 20 personnalités retenues à cet effet. Pour le directeur général de MTN, ce catalogue des 20 nominés non exhaustif se veut être une mémoire inoubliable pour la jeunesse, tandis que le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur y voit, au-delà d’une récompense, «une invite à la culture de l’excellence».
Jean Pliya demande pour sa part de considérer «les nominés comme une catégorie de citoyens», mais comme des gens ordinaires qui ont cru à ce qu’ils ont entrepris.
Mais au-delà de la joie suscitée au sein du monde culturel par ce témoignage vivant du travail bien accompli, des grincements de dents existent aussi. «Depuis bientôt 55 années de souveraineté nationale dont 25 de renouveau démocratique, deux constats s'imposent. Le premier, c’est que notre système éducatif public n'a pas mis en place la moindre institution de formation (Conservatoire ou Institut) dans les métiers d'art. Le second, c’est que notre système institutionnel est incapable d’ériger, d’animer et de gérer une seule infrastructure (médiathèque ou salle de spectacle dûment équipée) dédiée à la culture», déplore l’acteur culturel Gratien Ahouanmènou. Estimant ainsi comme bien d’autres que la culture est délaissée au profit d’autres secteurs qui visiblement n’en rapportent pas pour autant à la visibilité et même au développement du pays, il suggère de revoir la copie. «Nos cadres extravertis ont manqué tous les rendez-vous du développement culturel, pourtant cardinal», poursuit-il enragé. Ces mêmes cadres qui, visiblement manquent le rendez-vous d’écrire ou du moins d’accompagner l’histoire culturelle du pays ont même récemment fait l’objet d’une chronique écrite par le journaliste et écrivain Jérôme Carlos. Lequel estimait que ceux-ci sont «omniprésents sur le terrain du paraître». Ils mènent, souligne-t-il, «un train de vie sans commune mesure avec leur salaire. Aussi cherchent-ils à gagner de l'argent à tout prix ou à n'importe quel prix. Le service des autres, sous l'angle de leur utilité sociale, peut attendre ». Les mêmes, retient cette chronique, «sont absents des chantiers du développement… et de la scène de l'histoire».

« Création des partis politiques au Bénin : entre liberté d’expression et nécessité de rationalisation du paysage partisan », c’est le thème d’un atelier organisé en septembre 2014 par l’ONG Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD), pour engager la réflexion publique sur la problématique du foisonnement des partis politiques au Bénin et la nécessité d’une rationalisation du paysage partisan. L’actualité électorale, nous y ramène. Si avec 171 partis politiques dénombrés au 6 août 2014, il n’y a qu’une vingtaine de partis et alliances de partis qui prennent part aux législatives du 26 avril prochain, c’est que cela traduit un besoin de rassemblement, un manque d’implantation nationale de la plupart des partis, et une urgence de réforme conséquente.
C’est, sans doute, pour chasser les démons du système du parti unique instauré sous le régime de la Révolution populaire que le constituant de 1990 a entendu célébrer la liberté d’expression et d’association en rétablissant le système pluraliste. Le pluralisme politique tellement dévoyé aujourd’hui que l’on désespère de la capacité des acteurs politiques à générer de grands ensembles politiques viables. Comme justification, nous avons coutume de dire que la Conférence nationale des Forces vives de février 1990 a instauré le multipartisme intégral. C’est dans le préambule de la Constitution du 11 décembre 1990 qu’on lit : « Nous, peuple béninois, affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste…» Mieux, l’article 5 de cette Constitution prescrit que «Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la Charte des partis politiques… ». Il faut bien comprendre que cette disposition constitutionnelle véhicule l’idée que les partis se forment librement et exercent librement leurs activités. Voilà ainsi identifié, le germe constitutionnel du multipartisme intégral. Mais le constituant de 1990 peut bien opposer qu’il n’a jamais prôné le multipartisme tel que nous le comprenons et le vivons. Peut-être, par opposition au monolithisme idéologique, envisageait-il un multipartisme qui n’aurait d’intégral que du point de vue de l’offre idéologique et non du nombre de partis. Ce qui aurait conduit, raisonnablement, à n’avoir que deux, trois ou tout au plus cinq grands blocs de partis au Bénin. Le constituant de 1990 pourrait aussi faire valoir, à sa décharge, que la Constitution ne pouvant tout prévoir, il a laissé le soin au législateur de déterminer, à travers la loi portant Charte des partis politiques, les conditions de formation et d’exercice des partis politiques. Mais le législateur aura manqué d’ambition de rationalisation du paysage partisan ou même de courage.
En effet, aux termes de la loi portant Charte des partis politiques, «Le nombre des membres fondateurs d’un parti ne doit pas être inférieur à dix (10) par département» (article 15). Ce qui postule qu’avec 120 membres fondateurs seulement, un parti politique peut se constituer. Pis, au sens de cette Charte des partis politiques (article 18), il faut entendre par «département de provenance, le département dans lequel toute personne a son centre d’intérêt familial ou celui dont elle est originaire» et non exclusivement son département originel. En clair, point n’est besoin même, dans la pratique, de rassembler des membres provenant effectivement de tous les départements du pays. Ceci peut, cependant, être bémolisé par les stipulations de l’article 5 alinéa 2 de la Charte qui pose : «Aucun parti politique ne peut fonder sa création et son action sur une base et/ou sur des objectifs comportant : le sectarisme et le népotisme ; l’appartenance exclusive à une confession, à une philosophie, à un groupe linguistique ou à une région ; l’appartenance à un même sexe, à une ethnie ou à un statut professionnel déterminé ; l’appartenance à une association de développement ou à une organisation non gouvernementale». Aujourd’hui, il s’observe aisément que la pratique politique béninoise jure avec le souci d’une rationalisation du paysage partisan.
Timides efforts de rationalisation du paysage politique
La classe a agi par le biais de l’Assemblée nationale ; les partis y représentés ayant bien souvent ressenti les effets nocifs de la prolifération. C’est ainsi que, s’agissant des élections législatives par exemple, le législateur a souvent retenu que l’attribution des sièges se fasse selon le système du quotient électoral et, surtout, que les sièges restant en ballotage soient attribués selon la règle de la plus forte moyenne (qui favorise les grands partis) et non du plus fort reste (qui arrange bien les petits partis). Voir la loi N° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin édicte en son article 352.
Cette même tendance est maintenue en ce qui concerne les élections communales, municipales et locales. Ainsi, «dans les circonscriptions électorales comptant plus d’un (01) siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin de liste à un (01) tour » (article 399-1 du code) et « Dans les circonscriptions électorales comptant un siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Dans ce cas, le candidat qui a obtenu le plus de suffrage exprimés est proclamé élu» (article 399-7).
De la lecture combinée de ces deux articles, il se déduit que le souci du législateur, en n’exigeant pas la majorité absolue, ni une élection à deux tours, est de permettre aux grands partis nationaux ou locaux, de tirer leur épingle du jeu. Mieux encore, le Code électoral prévoit que «Les sièges sont attribués aux candidats d’après l’ordre de présentation sur chaque liste. Il est attribué à la liste qui a obtenu la majorité absolue ou à défaut 40% au moins des suffrages exprimés, un nombre de sièges égal à la majorité absolue des sièges à pourvoir» (article 399-2). Qu’«Au cas où deux listes de candidats obtiendraient chacune au moins 40% des suffrages exprimés, il est attribué à la liste ayant obtenu le plus fort suffrage, la majorité absolue des sièges à pourvoir» (article 399-3). Qu’ «Une fois effectuée l’attribution visée à l’alinéa précédent, les sièges restants sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne à l’exclusion des listes ayant obtenu moins de dix pour cent (10%) des suffrages exprimés» (article 399-4).
Que «Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l’attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages » (article 399-5). Que «Si aucune liste n’a recueilli ni la majorité absolue ni les quarante pour cent (40%) au moins des suffrages, les sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne à l’exclusion des listes ayant obtenu moins de dix pour cent (10%) des suffrages exprimés » (article 399-6). Et enfin que «Dans les circonscriptions électorales comptant un siège, les membres du Conseil communal ou municipal sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Dans ce cas, le candidat qui a obtenu le plus de suffrages exprimés est proclamé élu » (article 399-7).
Le choix du législateur
La lecture combinée de ces dispositions pertinentes du Code électoral confirme le choix du législateur d’accorder la prime aux grands partis même si l’option de procéder à la répartition des sièges quand bien même aucune des listes n’aurait obtenu au moins les 40% des suffrages exprimés tempère cette perspective. Ce choix procède probablement du souci de confinement des dépenses électorales.
Dans la même logique de rationalisation du paysage politique, il peut être relevé la possibilité offerte par le Code électoral autant que par la Charte des partis, de constituer des alliances ou groupes de partis. Mieux, la disposition selon laquelle « Les partis politiques sont tenus de participer aux élections nationales et locales. Tout parti politique perd son statut juridique s’il ne présente pas, seul ou en alliance de candidats à deux élections législatives consécutives » (article 7 alinéas 1 et 2 de la loi 2001-21 du 21 février 2003, portant charte des partis politiques, si elle était effectivement appliquée, serait d’un grand secours pour la clarification et la rationalisation du paysage politique.
Plus encore, les conditions de remboursement des frais de campagnes aux partis et candidats peuvent s’analyser en une prime aux partis crédibles. En effet, aux termes de l’article 113 alinéas 1 et 2 du Code électoral, «Pour le remboursement des frais de campagne électorale aux partis et candidats individuels, l’Etat alloue un forfait par candidat élu en ce qui concerne les élections législatives et locales. En tout état de cause, le forfait à rembourser ne peut être inférieur à cinq millions (5.000.000) de francs pour les élections législatives. Pour les élections présidentielles, le remboursement forfaitaire est fait à tout candidat ayant obtenu au moins 10% des suffrages exprimés et ne saurait être inférieur à cinq cent millions (500.000.000) de francs».
A tout ceci on peut ajouter la formalisation du statut de l’Opposition à travers la loi N° 2001-36 du 14 octobre 2002, portant statut de l’Opposition. L’apport substantiel de cette loi à la rationalisation du paysage politique s’apprécie notamment à l’aune des conditions qu’elle fixe pour être considéré comme chef de file de l’Opposition. En effet, aux termes de son article 7, «Est considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef d'un parti politique de l'Opposition dont le nombre de députés à l'Assemblée Nationale constitue de façon autonome un groupe parlementaire.
Est également considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef d'un groupe de partis de l'Opposition constitué en groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale.
Est enfin considéré comme l'un des chefs de l'Opposition, tout chef de parti, alliance de partis ou groupe de partis de l'Opposition représentés ou non à l'Assemblée nationale mais ayant totalisé à l'issue des dernières élections législatives, 10% des suffrages exprimés.
Les chefs de l'Opposition choisissent en leur sein un porte-parole. »
Si en dépit de ces efforts, quoique timides, la problématique de la rationalisation du paysage politique reste posée, c’est que de plus grands efforts restent à faire.
Une pratique politique désespérante
A l’absence d’idéologie véritable sous-tendant la création des partis politiques ou l’engagement de leurs créateurs en politique, s’ajoute une pratique politique ou politicienne affligeante. L’appât du gain, le clientélisme politique, le désir de reconnaissance… et sans doute le défaut de démocratie à l’intérieur des partis, sont quelques raisons évidentes de la prolifération des formations politiques. Tel se sent-il frustré dans le parti auquel il appartient pour n’avoir pas eu telle position? Tel autre a-t-il l’illusion d’être populaire dans son village ou sa commune ? Tel autre encore aspire-t-il à un positionnement qu’il ne saurait espérer ou obtenir sur la base de sa valeur intrinsèque ? Ils vont penser, en priorité, à s’affranchir du parti auquel ils appartiennent ou à en créer directement. De fait, à quelques nuances près, les dénominations des partis et leurs textes fondamentaux, parfois même leurs logos, se rejoignent. En somme, les partis se multiplient par scissiparité ou comme par clonage, traînant les mêmes faiblesses rédhibitoires : absence d’assise nationale, hégémonie du fondateur-bailleur principal ou unique… et une même ambition affichée pince-sans-rire: la conquête et la gestion du pouvoir, seul ou en alliance…
Une remarque importante : les partis forts ou alliances de partis consistantes se forment conjoncturellement, à la faveur de l’accession au pouvoir d’un homme généralement étranger aux partis, que ceux-ci ont tôt fait de rallier. Et qui, une fois aux affaires est élevé au rang de «leader charismatique ou naturel» par ses thuriféraires, si ce n’est que lui-même prend l’initiative de créer une large coalition de partis autour de sa personne et de sa politique. Des tentatives de regroupement qui ne résistent pas souvent à la fin du règne. Les exemples de la RB, de l’UBF et actuellement des FCBE de plus en plus minées par des querelles internes, l’attestent. Quel que soit le sort qu’ils subissent, ces divers regroupements des forces au pouvoir, comme des forces d’Opposition, traduisent une certaine volonté d’acteurs politiques d’unir les forces, de réduire la balkanisation du paysage politique. Le souci de réduire l’émiettement a parfois aussi été celui du législateur. Qui a quelque peu tenté d’encourager ou d’obliger au regroupement.
Pour une meilleure rationalisation du paysage
Les efforts à faire relèvent tant de la loi que de la pratique politique.
Il s’agirait par exemple de relever le nombre minimum de membres fondateurs d’un parti politique pour le faire passer de 10 à 100 au moins par département, avec la précision que chaque département administratif doit bien comporter au moins cent ressortissants parmi les membres fondateurs. Ceci correspondrait à viser le lien naturel avec le département et non le centre d’intérêt familial.
Il s’agirait aussi, relativement aux élections locales, d’obliger désormais les partis, les candidatures indépendantes étant proscrites, à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales. En réalité, avec la possibilité offerte actuellement aux partis de présenter des candidats à l’échelle de la circonscription électorale (l’arrondissement, le village ou le quartier de ville), les petits partis ont encore de beaux jours devant eux, tant ils peuvent toujours briguer des sièges dans un espace réduit. Mais avec l’obligation de présenter des candidats partout, soit ils s’obligent à réaliser des alliances viables, soit ils se condamnent à disparaître ; ce qui laisserait un plus grand champ d’expression aux grands partis.
A l’appui de cette suggestion, la loi portant Charte des partis devrait être rigoureusement appliquée en sa disposition qui voudrait que le parti qui n’a pas pris part, seul ou en alliance, à deux élections législatives consécutives, perde son statut juridique. Elle pourrait même être amendée pour exiger aussi la participation aux élections locales, faute de quoi les partis devraient aussi être rayés du répertoire. Autant que tout parti qui n’obtiendrait pas au moins 5% des suffrages pourrait être rayé de la liste des partis politiques.
Par ailleurs, s’agissant des législatives, il serait intéressant d’explorer la possibilité d’une circonscription unique, le territoire national, les sièges devant alors être attribués au prorata des pourcentages obtenus. En outre, l’on pourrait envisager de relever le seuil du pourcentage de suffrages nécessaires pour ouvrir droit au remboursement des frais de campagne, pour le porter à 20% par exemple s’agissant des législatives dans l’hypothèse d’une liste nationale, et à 15% pour ce qui est de la présidentielle..
De même, il peut être institué la pratique des parrainages, qui consisterait pour tout parti, tout groupe ou alliance de partis, et même pour tout candidat à la présidentielle, à recueillir un nombre minimum de signatures d’élus et/ou de citoyens. Ceci permettrait de justifier l’implantation nationale des partis et la représentativité des candidats à la présidentielle.
Davantage, il peut être institué la pratique suivant laquelle les membres du gouvernement proviendraient essentiellement des partis représentés à l’Assemblée nationale. Une marge de 10 ou 20% pourrait être laissée dans un premier temps au président de la République pour choisir des personnalités n’appartenant pas à des formations politiques, avant d’être, à terme, supprimée.
En sus, le statut de l’Opposition pourrait être amélioré pour inciter les partis qui s’en réclament à y rester et à œuvrer pour l’alternance.
Enfin, l’on pourrait mentionner les réflexions de dame Célestine Zanou sur le système partisan au Bénin, rendues publiques le 28 février dernier. Selon elle, en effet, «requalifier l’échiquier politique national et l’univers partisan, c’est redéfinir les perspectives, c’est-à-dire poser de nouvelles balises, de nouveaux repères, de nouvelles bornes… d’ordre idéologique» sans perdre de vue l’esprit de la Conférence nationale. Pour cette personnalité politique, on aurait ainsi pu avoir, au sortir de ces assises de février 1990, des «plus ou moins POUR ou plus ou moins CONTRE le système marxiste-léniniste, plus ou moins à droite ou plus ou moins à gauche de ce système…» Ce qui aurait généré « un système proprement béninois ou tout au moins africain dès lors que la Conférence nationale peut être considérée, dans la plupart des pays francophones d’Afrique, comme le principal détonateur des changements opérés ce dernier quart de siècle…»
Droits et Devoirs 02 avr. 2015

Alexis Sènou, Xavier Sokènou Wachinou, Olivier Donouvossi et Nouréini Oyédélé étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, assassinat, complicité d’assassinat et complicité de vol à main armée. Ils ont comparu, mardi 31 mars dernier, devant une cour présidée par Thierry Damase Ogoubi, appuyés par Emmanuel Opita et Wilfrid Araba. La mémoire de l’audience était tenue par Me Edouard Zavonon.
Alexis Sènou, Xavier Sokènou Wachinou, Olivier Donouvossi et Nouréini Oyédélé dans l’ensemble ont déclaré qu’ils ne se connaissaient pas. C’est seulement en prison, qu’ils se seraient rencontrés. Si l’expertise médico-psycho psychiatrique des accusés ne révèle aucune anomalie, ils sont bien connus des services pénitentiaires et judiciaires bien que leurs casiers judiciaires soient vierges.
Les faits
Pour les faits, ils remontent à courant septembre 1997. Le nommé Alexis Sènou, conducteur de Mangharam Chandwany Ganshyam est licencié pour vol de carburant dans l’un des véhicules de la société de son patron. Après son licenciement qu’il considère abusif, Alexis Sènou aurait joint son employeur au téléphone pour le menacer en ces termes : «apportez l’argent, apportez l’argent sinon c’est fusil».
Par ailleurs, il aurait informé son ami Olivier Donouvossi que Mangharam Chandwany Ganshyam, le directeur général de la société Mohanco Agencies, rentre souvent chez lui avec beaucoup d’argent qu’il emballe dans un sachet noir.
A son tour, Olivier Donouvossi aurait porté l’information à son ami Xavier Sokènou Watchinou alias «Aladji Djibiti» qui aurait sollicité l’aide de Tony Albert Adantchédé Kpoviessi, propriétaire du véhicule peugeot 505 immatriculé 3569 RB pour le déplacement de la bande qu'il formera plus tard. Ainsi, le 15 septembre 1997, Xavier Sokènou Watchinou dit «Aladji Djibiti» en compagnie des nommés Waliou Ladjo Massiou, Djèlili Tahiwo, Nouréini Oyédélé alias Baba bédji, Tony Albert Adantchédé Kpoviessi se seraient tous rendus au quartier Missèbo à bord de la voiture Peugeot portant une fausse immatriculation pour la circonstance et conduite par son propriétaire.
Ce dernier aurait stationné non loin de la boutique de vente en gros de la société Mohanco Agencies où travaillait Mangharam Chandwany Ganshyam.
A la fermeture de la boutique et grâce aux indications qu’auraient fournies le nommé Waliou Ladjo Massiou, ils ont réussi à identifier la voiture de Mangharam Chandwany Ganshyam. Ils l'auraient suivie jusqu’à son domicile à la Haie vive au lot H, maison Barthélemy Ohouens. A la vue du véhicule de son patron, le gardien Marcel Soglo a ouvert le portail. Mais avant qu’il ne referme le portail, les nommés Xavier Sokènou Watchinou, Djèlili Tahiwo et Nouréini Oyédélé seraient descendus de leur véhicule et seraient rentrés dans la maison.
Le nommé Djèlili Tahiwo se serait rapproché de Mangharam Chandwany Ganshyam avec une arme à feu de type AKM et aurait demandé à celui-ci de lui remettre l’argent. Le nommé Marcel Soglo s’est opposé et s’en est pris à Djèlili Tahiwo qui aidé de Xavier Sokènou Watchinou cherche à se débarrasser du gardien. Pour atteindre leur but, Djèlili Tahiwo n’aurait pas hésité à faire usage de son arme à feu pour tirer sur le gardien, ensuite sur le patron qui rendit l’âme sur le champ et le gardien plus tard au CNHU de Cotonou.
Pendant ce temps, Nouréini Oyédélé aurait réussi à prendre le sachet noir contenant une somme de cinq millions de francs. Une fois le butin pris, les trois se seraient retirés de la maison et auraient rejoint les deux autres à savoir Waliou Ladjo Massiou et Tony Albert Adantchédé Kpoviessi qui les auraient attendus dans la voiture. Les inculpés auraient ensuite pris la fuite.
Après l’opération, la bande s’est retirée à Porto-Novo plus précisément au domicile de Xavier Sokènou Watchinou, chef de la bande, où aurait attendu Olivier Donouvossi qui aurait pris part au partage du butin. Il n’aurait pas suivi le groupe, parce qu’ayant l’habitude de rendre visite à Alexis Sènou sur son lieu de travail, il aurait peur d’être identifié. Le bulletin n° 1 du casier judicaire des accusés ne porte aucune condamnation antérieure. Par contre Waliou Ladjo Massiou et Djèlili Tahiwo sont connus des services judiciaires et pénitentiaires. L’enquête de moralité effectuée n’est pas en leur faveur. Le rapport médico-psychiatrique et psychologique ne note aucune anomalie judiciaire chez les accusés au moment des faits.
Les témoignages et réquisitions
Dans un arrêt de disjonction, la cour, suite aux observations de Mes Yaya Pognon et Sakariyaou Nourou Guiwa qui défendent les intérêts de Djèlili Tahiwo, Tony Adantchédé Albert Kpoviessi et Waliou Ladjo Massiou qui n’ont pu se présenter malgré les diligences, a disjoint leurs cas de ceux de leurs co-accusés, sur la base des articles 265, 266 et 267 du Code pénal.
Premier à venir témoigner, en réalité simple sachant comme l’a précisé le président de la cour, ami de Alexis Sènou, Cyprien Kouton, technicien hydraulique, est marié et père de 2 enfants. Il a déclaré qu’il fréquente souvent cet accusé, dans le cadre des relations de recrutement de joueurs qu’ils entretenaient. Mais qu’il ne connaissait même pas chez lui. Il a expliqué avoir été abusivement détenu et a déploré les méthodes qu’utilisent souvent les commissaires ou policiers pour leurs enquêtes. Par rapport au dossier, il a suffi qu’il informe un indicateur de la police sur les rumeurs qu’il a reçues sur Alexis Sènou pour qu’on vienne le chercher un matin tôt à la maison. Malgré son insistance sur sa non participation, il est resté plus de trois ans en détention avant d’être libéré.
Aimé Dovonon, venu également éclairer la cour a expliqué qu’il exerce en tant que garçon de course dans la boutique de Chandway Ganshyam Mangharam. Mais qu’il était souvent avec le vieux qui ne comprenait pas français ou les langues de chez nous.
Dans le cadre de ses réquisitions, Cyriaque Edouard Dossa a retenu qu’il existe des voies légales et normales pour s’enrichir. Mais que, de plus en plus, il y en a de tortueuses et donc non recommandées que certains choisissent malheureusement. Les accusés du jour ont choisi curieusement la mauvaise. Il a rappelé les faits. Pour lui, un Indo-Pakistanais répondant au nom de Mangharam Chandwany Ghanshyam a embauché, dans le cadre de ses activités, un conducteur appelé Alexis Sènou. Ce dernier a l’habitude de siphonner le réservoir du véhicule du patron. Il a formé une bande, ayant été informé par le cuisinier que le patron vient souvent à la maison avec beaucoup d’argent. Ils se sont associés pour filer le commerçant jusqu’à son domicile. Lorsque le gardien lui a ouvert le portail, il a été suivi par les assaillants qui l’ont menacé. Ils lui ont arraché le sachet contenant de l’argent après lui avoir tiré dessus. Puis, Marcel Soglo son gardien a subi le même sort parce qu’il aurait reconnu l’un d’entre eux. Il est décédé au CNHU plus tard.
Sur l’accusation d’association de malfaiteurs basée sur l’article 265 du Code pénal, Cyriaque Edouard Dossa développe que cela reflète une bande organisée pour attenter à la vie de plus d’une personne ; ce qui suppose à le suivre, qu’une entente spontanée et momentanée peut être constitutive d’association de malfaiteurs.
En ce qui concerne le vol à main armée qui leur est reproché et dont le fondement résulte de l’article 285 du Code pénal, il est établi.
Par rapport à la complicité tirée des articles 59 et 60 du Code pénal, elle se rattache à un fait principal punissable, qui est ici le vol à main armée.
Quid de l’assassinat ?, s’interroge-t-il ; l’assassin et le meurtrier ont le même dessein mais l’un requiert le guet-apens que le représentant du ministère public a démontré.
Pour lui, l’association est établie et résulte de leur concertation ; l’AKM a été utilisée, lors du vol qualifié marqué par la soustraction du sachet d’argent sous la menace de l’arme.
Au regard de cette chaine de déclinaisons, poursuit le représentant du ministère public, les infractions sont établies.
Les responsabilités situées
A l’enquête préliminaire, ils ont reconnu les faits ; en détention, ils ont renoué avec la dénégation systématique ; pour lui, les membres de la cour ont l’intelligence et le génie de tirer le faux du vrai. «Vous devez rendre justice au sang de l’Indo-Pakistanais qui est venu développer notre pays.
Je fais appel à votre commune intelligence qui a une tâche difficile à accomplir», a-t-il souligné.
Au total, Alexis Sènou a fourni l’information puis les autres membres de la bande ont joué chacun une partition.
Olivier Donouvossi sera retenu pour association de malfaiteur, vol à main armée et assassinat ; Nouréini Oyédélé pour association de malfaiteur et vol à main armée, car il a apporté son appui à Xavier Sokènou Wachinou, a formé l’association incriminée, a soustrait la somme de 5 millions et participé à la mort de Mangharam Chandwany Ganshyam. Les accusés ne souffrent d’aucune anomalie, les rapports de moralité leur sont largement défavorables, leurs casiers judiciaires sont étonnamment vierges. Au regard des circonstances de commission de ces infractions et des désastres occasionnés par ce qui leur est reproché, Cyriaque Edouard Dossa a requis les travaux forcés à perpétuité. Ainsi, vous aurez à faire face à une grande technicité de droit, indique-t-il. «Vous avez une porte de sortie ; il n’y aura pas cumul de peine mais vous aurez en les condamnant aux travaux forcés à perpétuité, à appliquer la plus élevée des peines», a-t-il requis.
Il n’en fallait pas davantage pour susciter la réaction de la défense.
«J’ai retenu qu’au Bénin, la République n’est pas laïque, mais moi je suis un laïc ; la République et la justice deux mamelles inséparables, les jurés vous représentez la justice ; nous avons des pièces dans le dossier qu’il faut utiliser», fera remarquer. Me Ogan Bada qui défendait Alexis Sènou. L’accusé Alexis Sènou était un employé modèle. L’enquête de moralité milite en sa faveur. Il était droit, au service de son employeur, poursuit-il. Pendant 18 ans, il l’a servi, l’accompagnait à l’étranger, faisait des courses à la banque. On lui a payé ses droits, après son licenciement. Le ministère public, selon lui, ne nous a pas dit quel rôle il a effectivement joué ; il traîne une prostate avec d’autres maladies. Pour justifier d’après lui le mobile, un montage a été fait. Cela ne repose sur rien, selon le représentant du ministère public. Il n’y a aucune menace, relève-t-il. Le ministère public a défini l’association de malfaiteurs. Il l’a définie, mais il faut qu’ils se soient connus, qu’ils se soient concertés. Mais ici, relève Me Ogan Bada, il n’y a pas de preuve».
Le crime a été commis lundi
Pour être complice, il faut avoir fourni une aide. Soit, mais il a été dit que les mardi et vendredi, le patron ramenait de l’argent à la maison mais fort curieusement, le crime a été commis lundi ; «Je plaide donc la liberté de mon client parce qu’il n’a rien apporté pour la commission du double crime».
A sa suite, Me Générick Ahouangonou pour Olivier Donouvossi a retenu que c’était une journée laborieuse, mais le clair obscur persiste. Le ministère public réclame le sang mais faut-il punir pour punir ?, s’interroge-t-il. Chaque société a ses divorcés sociaux mais il faut leur donner leur chance. Vous devez donner la juste peine, pas punir parce qu’ils n’auraient pas véritablement commis le crime. Pour lui, son client n’a pas commis les fautes qu’on lui reproche. «Par les décisions rendues, il faudra demander à chacun de bien faire son travail ; nous ne resterons pas dans une solidarité judiciaire suicidaire. Les témoins ont dit qu’il s’agit d’un dossier de vengeance», relève la défense.
Et il poursuit que les charges ont évolué du côté de son client au fil des ans ; puisqu’on lui reproche d’avoir des amis. «Le représentant de la société est seul et isolé mais vous êtes sept. On n’a pas pu caractériser l’acte posé par mon client. A cette allure, ils passeront par la suite pour ceux qui ont tué Dangnivo ; aucun acte positif n’a été posé par mon client ; la décision que vous allez rendre renseignera sur ce qui s’est passé aujourd’hui», rapporte-t-il.
Contrairement à ce qui a été dit, il ne vous sera pas difficile de rentrer si vous ne condamnez pas, ou si vous n’acquittez pas purement et simplement mon client, rappelle-t-il.
Il a été soutenu dans son argumentaire par Me Raphiou Paraïso pour Nouréini Oyédélé. Pour lui, en 1998 il venait de sortir de l’université et était intéressé par l’affaire Financial Bank. «J’étais accroché par le commentaire qui en était fait. Le film des événements était captivant ; en lisant ce dossier, je suis étonné que mon client n’ait été interrogé qu’une seule fois ; je n’ai pas noté une seule confrontation ; je ne dirai pas que je suis déçu mais je suis surpris», souligne-t-il. Leur sort était scellé avant qu’ils ne viennent ici, poursuit-il. Parce qu’en 1998, rappelle-t-il, il y avait eu beaucoup d’événements troubles et parce que coûte que coûte il faut retrouver les coupables, un montage a été fait. Il a rappelé les faits de licenciement ; car après avoir lu les pièces du dossier, il n’a jamais menacé son employeur et il a cité des passages de l’interrogatoire au fond. «J’ai reçu mes droits et c’est de cela que je me contentais pour nourrir ma famille», rappelle-t-il. Il ressort ainsi qu’il y a des contradictions parce que c’est mardi et vendredi que le patron ramène l’argent à la maison or il se fait que c’est lundi que l’infraction a été commise. Le beau frère n’a pas eu les appels de sa sœur qui l’aurait vainement appelé, il était subitement tombé malade alors qu’il ne sentait aucun malaise au cours de la journée, rappelle-t-il.
De plus, le conducteur selon lui, n’a pas une heure exacte de sortie. Et il ne pouvait pas savoir qu’on avait apporté de l’argent à la maison. Il n’a transparu nulle part que ces 4 personnes se connaissaient. Je suis resté sur ma faim concernant les faits qui leur sont reprochés.
Du verdict
Pour Me Raphiou Paraïso, il y a pour reprendre les termes du ministère public un consortium de peines ; son client a reconnu avoir participé au braquage de la Financial Bank et opérait au Nigeria ni plus ni moins.
L’information qui a conduit au braquage du lundi ne vient pas de Alexis Sènou. La démonstration du ministère public est assise sur du vent, «nous sommes en matière pénale et il faut être sûr avant de condamner. Je sais compter sur vous pour acquitter purement et simplement mon client parce qu’il n’a pas participé. Je vous prie de l’acquitter purement et simplement au principal; mais lorsque vous aurez le moindre doute, je vous invite à le libérer au bénéfice du doute», retient-il.
Pour clôturer, Me Elvis Didé a rappelé que c’était son 3e dossier. Pour les 2 premiers, il a expliqué avoir remué les méninges pour sortir ses clients d’affaire. «Pourquoi suis-je venu défendre quelqu’un qui est condamné à mort ? Parmi ces 4, 3 sont condamnés à mort ; où se trouve l’utilité de mon ministère ? », s’interroge-t-il. Nous ne sommes pas là, selon lui, pour juger leur réputation ? Ce n’est pas le prolongement du procès de Financial Bank, a-t-il indiqué. Même pas pour retrouver le degré de culpabilité des accusés. «Mon client a été arrêté le 18 juin mais n’a été présenté que le 20 juillet ; il est resté donc un mois dans les mains du commissaire qui a conduit les enquêtes ; il faut rechercher les éléments de culpabilité objectifs. Le véhicule n’a jamais été présenté, encore moins le fusil AKM ; dans ce dossier aucun élément physique pour la confrontation surtout la veuve», rapporte-t-il. Il a été déclaré qu’ils ont attendu à la station Cadjèhoun, tantôt devant la boutique de l’Indo-Pakistanais. Le ministère public a voulu couvrir les erreurs du système ; le dossier est composé de plusieurs feuillets mais il est léger. Ce qui est révélateur, dans l’arrêt de renvoi, poursuit Me Elvis Didé, on a utilisé le conditionnel. «Acquittez-les purement et simplement mais si vous avez le moindre doute vous les acquitterez au bénéfice du doute ; rumeurs, allégations supputations, voilà le dossier. Il n’y a pas eu de prélèvements», déplore Me Elvis Didé.
Après délibérations de la cour, il résulte un doute, a-t-elle conclu des suites de son analyse. La cour présidée par le président Damase Thierry Ogoubi a donc acquitté les quatre accusés au bénéfice du doute, et ordonné qu’ils soient libérés immédiatement s’ils ne sont retenus pour aucune autre cause.

Le président de la République a procédé, hier mardi 31 mars, à la pose de la première pierre pour la construction de la liaison autoroutière Carrefour Sèmè-Porto-Novo. Le projet porte la marque du partenariat public-privé.
« Chaque matin et chaque soir, les populations souffrent le martyr pour sortir ou entrer dans Porto-Novo, à cause des embouteillages monstres ». Moukaram Badarou, préfet de l’Ouémé et du Plateau salue l’avènement du projet de liaison autoroutière Carrefour Sèmè-Porto-Novo, tout comme les maires de la commune de Sèmè-Podji et de Porto-Novo. La transformation de ce tronçon en 2X2 voies, soulignent-ils, viendra désengorger le trafic entre Cotonou et Porto-Novo, qui constitue l’axe routier le plus emprunté du pays. La liaison autoroutière qui a connu hier sa première pierre est placée sous le sceau du partenariat public-privé, entre l’Etat béninois et le groupe français Eiffage. Gérard Sénac, PDG de l’entreprise a tenu à rassurer du professionnalisme de sa boîte qui capitalise une quarantaine d’années de présence dans les travaux publics sur le continent africain. «Ce projet nous tient à cœur parce que c’est un projet de développement. Le partenariat public-privé suppose que l’entreprise va se mettre aux côtés du gouvernement et des banquiers pour financer la construction », précise-t-il. Pour lui, la décision du gouvernement béninois de confier la réalisation de cet ouvrage à son groupe résulte surtout des dernières prouesses de Eiffage au Sénégal. C’est cette entreprise, en effet, qui a réalisé l’autoroute qui part de Dakar à l’aéroport Blaise Diagne, sur une distance de 40 km, permettant surtout d’offrir un réel contournement aux habitants de la banlieue de la capitale sénégalaise. «Aujourd’hui, en 20 minutes, ceux qui vivent dans la banlieue de Dakar rentrent facilement chez eux alors qu’avant il fallait passer des heures dans les bouchons pour traverser la ville », témoigne-t-il. Le partenariat qu’il propose à l’Etat béninois, appuie Gérard Sénac, prend aussi en compte la sécurité des populations à qui il a annoncé la construction des passerelles pour leur faciliter la traversée de l’autoroute.
«Le projet de liaison autoroutière s’inscrit dans le vaste programme d’infrastructures lancé par le gouvernement pour assurer une meilleure circulation des personnes et des biens et faire jouer au Bénin son rôle de pays de transit », déclare Aké Natondé, ministre des Travaux publics et des Transports. Il indique que cet ouvrage auquel s’ajoutera un nouveau pont à l’entrée de Porto-Novo viendra soulager l’accès à la capitale qui accueille, avec 20 000 véhicules par jour, le trafic le plus chargé dans la circulation routière au Bénin. «Pour faciliter la circulation, il apparaissait urgent d’harmoniser la configuration du gabarit actuel de cette route avec celui de Cotonou, en attendant d’étendre vers le Nigeria via Pobè-Kétou-Illara», poursuit le ministre.
Projet futuriste !
«C’est un projet à dimension sous-régionale et continentale, c’est pourquoi il était utile de faire appel à des professionnels pour animer ce partenariat», dira le président de la République qui rappelle aussi que Eiffage a fait ses preuves dans des pays comme le Sénégal et le Kenya. Pour Boni Yayi, la construction de l’autoroute de Porto-Novo, du pont de Porto-Novo, du passage supérieur au Carrefour SOBEBRA et au Carrefour Akossombo à Vèdoko constituent des projets futuristes. «Nous sommes en train de construire le futur, avec la détermination de nos amis qui ont accepté de nous accompagner dans la vision Alafia 2025 et au-delà », martèle-t-il. Le chef de l’Etat qualifie l’investissement annoncé de mobilisateur parce que porteur de prospérité pour le Bénin et la sous-région ouest-africaine. «Ce projet vient nous conforter qu’en 2025, le Bénin sera une plate-forme régionale de services à forte valeur ajoutée», projette-t-il, annonçant le positionnement du groupe Bouygues sur le projet autoroutier qui traversera la ville de Porto-Novo pour déboucher sur Pobè-Kétou-Illara.
Eiffage se chargera aussi de la construction d’un autopont au Carrefour SOBEBRA et au Carrefour Akossombo. La première pierre de ces deux ouvrages a été également posée par le président de la République.

Ce jour, mercredi 1er avril, s’ouvre à Togbin, un atelier de formation au profit de jeunes artistes plasticiens du Bénin. La rencontre dure jusqu’au 9 avril et est porté par le plasticien de renom, Charly d’Almeida. L’objectif visé, est de permettre à la génération émergente de plasticiens de s’outiller et de se doter des outils indispensables pour la réussite professionnelle.
Comme nombre de ses pairs, l'artiste Charly d’Almeida aurait pu ne pas songer à la formation d’une relève de qualité. Mais ce peintre de renom à qui il est reconnu un talent certain et un travail de haut vol a choisi de voir autrement l’après-lui. Et c’est là, toute la raison d’être de «Cénacle expérimental», une résidence qu’il a initiée au profit d’une dizaine de jeunes peintres dont les travaux, selon ses explications, sont prédestinés à un avenir prometteur, si on les encadre et leur donne les outils de réussite. Car, le talent seul ne fait plus les artistes et cela, «Charly» comme on l’appelle affectueusement, fort de son parcours, a fini par le comprendre. « Dans une corporation, il y a plusieurs générations qui se succèdent et parviennent quelques fois à se côtoyer. Moi je suis d’une certaine génération et cette formation s’adresse à une ou deux générations après celle à laquelle j’appartiens», explique l’artiste.
Toute fausse modestie gardée, il soutient : «au cours de ma modeste carrière d’artiste plasticien, j’ai eu l’occasion de beaucoup voyager et de rencontrer plusieurs artistes et acheteurs de l’art à travers le monde. Cette expérience m’a édifié; mon ambition est de partager mes expériences avec mes jeunes frères artistes et de les informer sur les exigences du marché de l’art et sur certains pièges auxquels sont confrontés les artistes dans la gestion de leur carrière».
C’est donc un rudiment essentiel, un nutriment de réussite artistique qu’il compte léguer à la jeune génération des plasticiens et artistes à travers «Cénacle expérimental» qui, est selon lui, un évènement conçu autour d’une trilogie, relative à la rencontre, l’échange et la création dans le domaine de l’art plastique. Le projet est pensé et conçu par l’association Mibo, dont il assure la présidence depuis quelques années et ambitionne à terme, de contribuer à l’éclosion de nouveaux talents artistiques dans le domaine de l’art contemporain. Son vœu le plus cher, c’est «qu’à la fin de cette résidence d’artistes, les participants soient plus professionnels et capables de mieux se prendre en charge». Cette première édition du «Cénacle expérimental» mobilise autour du formateur, des noms assez et peu connus dans le domaine comme Adjélè Sika da Silveira, Constantine Gbétoho, Elon-m Catilina Tossou, Mahoussi Pierre Ahodoto, Achille Adonon, Damas Joseph, Lionel Férrèol Yamadjako, Eliane Aïsso, et Sébastien Boko. Puisqu’il est question ici de résidence, ils seront hébergés sur le site de l’événement, et disposeront d’un espace et d’instruments de travail. Chacun se laissera aller à son inspiration sur une période de huit jours au cours de laquelle ils travailleront sur un thème relatif à la liberté. Des échanges thématiques, le langage des couleurs dans l’expression artistique, la confection des couleurs, les techniques de marketing et de vente, les techniques appropriées pour l’emballage, l’entretien, la sauvegarde et la pérennisation de leurs œuvres... meubleront les échanges. A la suite des travaux en atelier, une journée porte ouverte sera organisée le 9 avril prochain et le public visitera le site de la résidence. Ensuite, le 11 avril, les œuvres des artistes seront en exposition à l’Institut français de Cotonou, où elles seront soumises à l’appréciation des sponsors et autres personnalités du marché de l’art.

Le chef de l’Etat a tenu, hier mardi 31 mars, une séance de travail avec des jeunes diplômés sans emploi du secteur de la Santé. Il leur a annoncé son projet de les enrôler pour combler le déficit en personnel de santé.
Le déficit en personnel de santé sera bientôt comblé avec le recrutement de plus de 7000 agents de santé parmi les diplômés sans emploi. Cette annonce a été faite hier par le président de la République, lors d’une séance de travail avec les jeunes diplômés sans emploi du secteur de la Santé. Selon Dorothée Kindé Gazard, ministre de la Santé, l’Observatoire des ressources humaines en santé de son ministère révèle un gap de 7521 agents de santé, allant du corps médical aux paramédicaux en passant par le personnel administratif. En 2014, poursuit-elle, 1154 agents de santé ont été recrutés par le gouvernement. Le ministère sera également pourvu en personnel au travers du Programme de volontariat et des stages de l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE). Néanmoins, ces attentes ne suffisent pas toujours pour satisfaire les besoins.
«Il faut que vous soyez disponibles car dans deux semaines, on va vous faire appel», a lancé le président de la République aux jeunes diplômés sans emploi. Boni Yayi estime que la décision de son gouvernement de régler le déficit en personnel de santé dénote du prix qu’il accorde à l’administration d’un service de santé de qualité au Bénin. « Nous avons voulu observer la flexibilité avec des recrutements par poste. Progressivement nous allons pouvoir animer nos centres de santé et nos hôpitaux », insiste-t-il, invitant les agents de santé à faire correctement leur travail. Boni Yayi prône une nouvelle gouvernance syndicale dans le secteur de la Santé avant d’indiquer la disponibilité de son gouvernement à discuter avec les agents de santé en grève au sujet de leurs revendications. Le chef de l’Etat a également annoncé que le gouvernement réfléchit à la mise en place d’un mécanisme de gestion privée des nouveaux hôpitaux construits, afin de limiter les mouvements sociaux qui paralysent souvent le système sanitaire.
Actualités 01 avr. 2015