La Nation Bénin...
Nouvelles

Le ministre d’Etat, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, François Abiola a présenté hier une communication à l’Assemblée nationale. Il a partagé avec les députés la politique du gouvernement en matière du développement de l’Enseignement supérieur. Les députés ont salué les efforts qui se font au niveau de ce secteur avant de souhaiter qu’une attention accrue soit accordée aux problèmes décelés par le Plan de politique de développement.
Le gouvernement dispose d’une Politique nationale en matière de l’enseignement supérieur. Le ministre d’Etat, François Abiola en charge du secteur, a donné les grandes lignes du plan aux députés. Lequel plan, en attente d’adoption en Conseil des ministres, fait le diagnostic des problèmes de l’enseignement supérieur en mettant l’accent sur les forces, les opportunités, les faiblesses et même les menaces de ce secteur. Ce diagnostic s’est fait autour des sept principaux domaines tels que l’accès à l’enseignement supérieur, la qualité de l’enseignement, la promotion des technologies de l’information et de la communication, l’efficacité du système, les ressources du système, la gestion des œuvres universitaires et sociales et le cadre réglementaire.
Le document révèle que les tares de l’université béninoise proviennent de sa genèse et de son évolution. Selon le ministre, en optant pour la démocratie et le libéralisme économique en 1990, le Bénin n’a pas su adapter son système d’éducation et de formation de manière à lui permettre de faire face aux nouveaux défis du marché du travail. La formation dans les universités et centres d’enseignement supérieur demeure majoritairement encore orientée vers l’emploi public. Le système éducatif promeut peu l’entreprenariat et l’auto-emploi, relève le plan. Il y a lieu d’opérer une rupture, martèle François Abiola. Cette rupture, estime-il, doit s’opérer au niveau des mentalités caractérisées par la chute des valeurs morales, le défaitisme, le manque d’initiatives privées, la course aux diplômes, l’atteinte de l’offre d’emploi public, l’aversion au risque. Le ministre d’Etat reste convaincu que l’université du 21è siècle ne doit plus se borner à la transmission du savoir mais devrait être organisée pour être à l’écoute de la demande sociale, en créant les conditions optimales pour former les ressources humaines de qualité, en revoyant les méthodes de formation et les procédures de gestion et de travail afin de promouvoir la pratique de la recherche. En d’autres termes, il s’agit de former des citoyens créateurs de valeurs ajoutées capables d’entreprendre et de s’auto-employer et d’orienter le système national de recherche vers les priorités de développement. Le ministre d’Etat a plaidé pour que la mise en œuvre efficiente de la politique nationale de l’enseignement supérieur dont les garanties de succès passent par le maintien d’un environnement politique national et international favorable, l’adhésion réelle et effective des communautés universitaires aux engagements du sous-secteur de l’éducation, la non politisation de l’administration du système éducatif, ainsi que la mobilisation et la sécurisation des ressources financières suffisantes. Cette politique de rupture qui doit s’arrimer avec la nouvelle devise de l’université béninoise qui est «de former une nouvelle élite susceptible d’entreprendre et de s’auto-employer n’est pas une nouvelle option mais la seule». La vision de l’enseignement supérieur du Bénin, explique François Abiola, est de disposer d’ici à l’horizon 2015, d’un sous-secteur d’enseignement supérieur qui fournit des ressources humaines de qualité, adaptées à la résolution des problèmes de développement national.
Plus de 400 milliards F CFA de projections
Ce plan de développement actuellement en cours est mis en œuvre pour la période 2013-2017 et prend en compte 48 actions prioritaires organisées autour de douze axes stratégiques. Il est évalué à plus de 400 milliards FCFA, révèle le ministre d’Etat qui saisit l’occasion pour faire le point de la création des centres universitaires. A ce jour, 21 centres universitaires ont été déjà créés et opérationnels. Il est prévu la création d’un autre d’ici à la fin de cette année. Le ministre en charge de l’Enseignement supérieur a rappelé que la création de ces centres universitaires vise à désengorger les deux grandes universités publiques, en l’occurrence l’Université d’Abomey-Calavi et l’Université de Parakou, d’apporter une réponse structurelle à l’épineuse question de l’inadéquation entre l’offre de formation universitaire et les besoins de développement national et d’assurer l’occupation rationnelle du territoire national en offrant aux jeunes une voie de promotion sociale.
Dans leur intervention, les députés ont diversement apprécié la communication du ministre d’Etat. Certains députés saluent les efforts du gouvernement pour le développement du secteur de l’enseignement supérieur, d’autres trouvent inopportune la création des centres universitaires. Les députés Eric Houndété et Edmond Zinsou y voient une initiative politicienne, partisane et électoraliste. André Okounlola, pour sa part, comme beaucoup d’autres de ces collègues de la Mouvance présidentielle approuve la création des centres universitaires mais a insisté pour qu’une attention particulière soit accordée aux problèmes révélés par le diagnostic dont la qualité et la pénurie d’enseignants.

Conformément à l’article 114 du Règlement intérieur, l’Assemblée nationale a fait une batterie de recommandations sous forme de résolution à l’endroit des mairies, du gouvernement, des préfets et autres pour améliorer la gestion des ressources en général et ceux du FADeC en particulier. La proposition de résolution a été adoptée par 44 voix pour, 0 contre et 4 abstentions. Les abstentions sont surtout dues à la suppression du volet transmission du document à la justice pour la poursuite des mis en cause.
Mais avant d’en arriver là, les députés se sont penchés sur les discussions spécifiques thématiques du rapport et principalement au niveau de certaines communes où la situation est plus criarde. André Okounlola a trouvé l’examen de cette seconde phase impertinent. Pour lui, l’essentiel a été déjà dit lundi dernier sur ce dossier comme mauvaise gestion, surfacturation, et autres tares. Il n’était pas utile pour le Parlement de revenir sur la question. Et mieux, depuis la sixième législature, c’est la toute première fois que cette procédure veut être adoptée. Le deuxième secrétaire parlementaire ajoute que la mission de la commission n’est pas d’aller détecter des malversations financières et de châtier les mis en cause mais plutôt de voir comment sont gérés les fonds et de faire des recommandations pour améliorer leur gestion. Grégoire Akofodji craint que si on s’engage dans cette voie, le dossier ne puisse prospérer. Il serait inutile de vouloir se pencher sur le cas d’une commune spécifique alors que le rapport a épinglé presque toutes les communes. Il sera appuyé par Soulé Sabi Moussa qui n'est pas à la poursuite de l’examen du dossier.
Remuer la plaie
Louis Vlavonou prend pour sa part le contre-pied des interventions de ses collègues. Selon lui, on ne peut pas changer les règles du jeu au cours du jeu. D’autant qu’à l’entame de l’examen du dossier lundi dernier, le président de l’Assemblée nationale avait déjà annoncé que deux séances plénières seront accordées à ce point. Dans une première partie, les discussions générales et dans une seconde partie, les discussions particulières pour aboutir à des recommandations. Louis Vlavonou s’est intéressé au constat du rapport au niveau de la commune d’Ifangni où des cas de surfacturations et de délits d’initié ont été relevés par les députés enquêteurs. Il a remué le cas d’achat d’un domaine à 700FCFA/m2 par la mairie sur fonds FADeC et qui a été vendu par la suite à 350FCFA/m2. Il a dénoncé aussi le flou artistique entretenu autour de l’origine de l’acquisition d’un hôtel au profit de la mairie d’Ifangni toujours sur fonds FADeC. Louis Vlavonou a déploré les agissements de l’autorité communale qui a déclenché une chasse aux sorcières en affectant de façon illégale, irrégulière et fantaisiste tous les agents qui ont tenté d’aller contre son opération. Le député natif d’Ifangni a plaidé pour que le dossier soit transmis à l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) pour attribution à la justice.
Pertinence du contrôle parlementaire
Wakouté Saguifa a estimé que la démarche méthodologique de la commission a péché par endroits en n’écoutant pas les populations, les bénéficiaires des fonds. Ce qui leur permettra d’avoir le son de cloche critique des populations sur ce qu’elles pensent des ouvrages qu’on leur a réalisés. Rosine Vieyra Soglo a essayé de défendre la gestion de la mairie de Cotonou. Cette gestion serait exempte de toute critique sous la houlette du maire, Nicéphore Soglo.
Au regard de la qualité des débats, Candide Azannaï observe que le dossier en examen montre clairement la pertinence du contrôle parlementaire et la nécessité pour le Parlement d’en faire un instrument de travail. Pour lui, au nom de cette mission, l’Assemblée nationale doit aller contrôler le contrôleur qu’est l’Inspection générale d’Etat. Candide Azannaï a voulu savoir aussi ce que sont devenus les nombreux audits réalisés par l’IGE. Il se dit favorable à la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire et de contrôle pour obtenir tous les documents relatifs à tous les audits commandités depuis 2006 à ce jour.
Par rapport au contrôle juridictionnel, il se demande pourquoi les procureurs qui peuvent s’autosaisir ne font rien et ne veulent pas prendre leur responsabilité. En plus de l’ANLC, il a suggéré que l’ensemble du dossier soit transmis au gouvernement et à titre spécial au ministre en charge de la Justice pour traduire devant les tribunaux tous les maires et agents épinglés par le rapport fut-il administratif. Malheureusement, ce souhait de voir le dossier confié à la justice n’a pas été partagé par la majorité des députés. La proposition de résolution proposée par la commission a été amendée par les députés FCBE en ce qui concerne le 31e point et le dernier relatif à la transmission du rapport à la justice pour la poursuite des mis en cause. Ce point sera supprimé de la proposition de résolution après des débats houleux entre députés favorables et non favorables.
Soumise au vote, la proposition de résolution pour la transmission du document au gouvernement sera validée par la plénière.

La décision de la Cour constitutionnelle ayant donné jusqu'à demain 15 janvier au Conseil d'orientation et de supervision de l'actualisation de la Liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI) pour remettre la liste électorale à la Commission électorale nationale autonome (CENA) fait bouger les deux institutions.
Suite à une correspondance adressée par le président du COS-LEPI Sacca Lafia au président de la CENA Emmanuel Tiando, le lundi 12 janvier dernier pour l'informer de son intention du respect de la décision de la Cour constitutionnelle, c'est-à-dire remettre la liste électorale demain jeudi 15 janvier. Mais, la réaction ne s'est pas fait attendre. En réponse à cette correspondance, le président de la CENA, aurait été clair. Pour Emmanuel Tiando, la CENA ne recevra pas une liste provisoire.
En effet, dans la décision DCC 15-001 du 9 janvier 2015 en son article 5, la Cour constitutionnelle a indiqué qu'à défaut de la disponibilité de la liste actualisée pour le 15 janvier 2015, la Commission électorale nationale autonome est autorisée à organiser les élections législatives, municipales, communales et locales de 2015 sur la base de la liste électorale permanente informatisée (LEPI) ayant servi pour les élections de 2011. Voilà qui est claire.
Si dans sa réponse, le président de la CENA parle d'une liste provisoire, cela suppose que la liste électorale promise par le président du COS-LEPI à mettre à la disposition de la CENA dès demain conformément à la décision de la Cour constitutionnelle, n'est pas encore une liste électorale définitive. Dans ce cas, on est en droit de dire qu'on tend vers l'utilisation de la liste électorale de 2011 pour les élections de 2015 comme l'a prévu la Cour constitutionnelle.
Quelle sera donc la liste que le COS-LEPI transmettra à la CENA demain? Une liste provisoire ou une liste complètement actualisée? Dans tous les cas, les réactions de ce jour fixera les Béninois sur la liste qui leur servira de base pour les élections de 2015.
Bruno SEWADE

La construction de l’amphi Alassane Ouattara sur le campus d’Abomey-Calavi, démarrée il y a seulement quelques mois, est déjà achevée. Hier mardi 13 janvier, le président de la République s’est rendu sur le site pour constater de visu la fin des travaux.
Il aura fallu seulement huit mois pour que l’amphithéâtre en construction sous financement propre du président ivoirien Alassane Ouattara soit entièrement achevé. Hier, le président de la République s’est rendu en personne à l’Université d’Abomey-Calavi afin de se convaincre de la fin effective des travaux. «Nous avons ici un amphi qui peut contenir au même moment 1200 étudiants, à raison de 400 par niveau puisque nous avons trois niveaux», a indiqué François Abiola, ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur qui considère la construction de l’infrastructure comme une contribution importante pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement à l’Université d’Abomey-Calavi. Le coût global de l’ouvrage est estimé à 520 millions de francs CFA. Il s’agit d’un bloc pédagogique de type R+2 composé de trois amphis d’une capacité de quatre cents places chacun et présentant une architecture identique à celle de l’amphi UEMOA. Sa construction est la concrétisation d’une promesse du président de la République de Côte d’Ivoire annoncée le 9 mars 2013 lors de sa distinction au titre honorifique de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Abomey-Calavi.
«Je suis venu vous féliciter. L’argent aurait pu être utilisé pour autre chose. Vous avez rehaussé le Bénin et sa démocratie car le cri de cœur que nous lançons tous les jours est que nous renforcions la qualité de notre gouvernance. Dans l’enceinte de cette même université, certains partenaires ont voulu nous aider mais on n’a pas pu construire», déclare le président de la République. Boni Yayi a exprimé sa satisfaction et sa fierté de voir le bâtiment construit dans les meilleurs délais. «Ce qui nous reste est que nous puissions arrêter le jour où il viendra constater qu’en réalité cet amphi comme tant d’autres constitue des instruments d’intégration économique, politique et social de notre sous-région», affirme-t-il, annonçant que l’ouvrage pourrait être réceptionné en marge du sommet de l’UEMOA, prévu pour le 19 janvier prochain à Cotonou.
Ce geste du président Alassane Ouattara, expliquait Gnamian Konan, ministre ivoirien vise à accompagner les efforts du gouvernement béninois pour offrir à la jeunesse béninoise et celle de la sous-région les conditions d’études et de formations adéquates.

L’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB) et la Commission nationale de migration de l'analogique au numérique (CNMAN) organisent à Abomey, les 13 et 14 janvier, au profit des techniciens des médias du Sud et du Zou, un atelier d’information et d’échange sur le passage de l’analogique au numérique. Une rencontre qui vise à faire comprendre aux participants, les avantages et le besoin de réajustement nécessaire pour relever ce nouveau défi à leur porte.
La Commission nationale de migration de l’analogique au numérique mise en place par le gouvernement béninois travaille depuis des mois sur des actions urgentes, en vue du démarrage effectif du processus de passage de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique terrestre. A cet effet, les dispositions liées aux délais de transition contenues dans les dispositions internationales s’imposent aussi au Bénin qui devra tout mettre en œuvre pour une transition réussie à bonne date vers le numérique.
Dans leurs allocutions d’ouverture, le président de l’UPMB, Franck Kpochémé et Christian de Souza, secrétaire permanent de la Commission nationale de migration de l’analogique au numérique (CNMAN) ont fait le point du chemin parcouru pour sensibiliser les professionnels sur cette mutation afin qu’ils soient prêts pour ce rendez-vous technologique en prenant les dispositions qui s’imposent. Ils ont aussi mis l’accent sur les défis à relever pour aller à la conquête du numérique.
Abondant dans le même sens, le secrétaire général adjoint du ministère de la Communication et des TIC, Séraphin K Loussin met aussi l’accent sur ces nombreux défis qui sont essentiellement relatifs, entre autres, aux aspects d’ordres juridique, législatif et réglementaire; aux gros équipements et aux constructions; à la formation des ressources humaines; à la communication et surtout l’accompagnement social des populations.
A travers les communications présentées hier au cours de cet atelier par des techniciens béninois au fait de cette nouvelle technologie, les participants ont noté que le passage au numérique s’impose pour une meilleure gestion des fréquences, la promotion de la société de l’information, l’offre de nouveaux services et programmes dans la radiodiffusion et pour un meilleur accès des populations à la radio et à la télévision. Pour ce qui est spécifiquement de la Télévision numérique terrestre (TNT), il faut signaler que ses avantages sont variés. Les populations auront en effet la possibilité de recevoir un plus grand nombre de programmes de télévision avec une meilleure qualité de son et d’images. Et le Bénin fera aussi économie de ses fréquences.

En dépit des nombreuses luttes déjà entreprises depuis des lustres au Bénin dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, le mal n’est pas encore prêt à être éradiqué. Pour apporter sa pierre à l’édifice, le réseau Social Watch Bénin a mis en place une plate-forme numérique. C’est à travers le projet ‘’Opouto-Kounoudeto’’ lancé officiellement hier mardi 13 janvier à Cotonou. C’était en présence de la directrice de cabinet du ministre en charge de la Famille Roubatou Allassane Ali.
Contribuer au renforcement de la dénonciation et de la prévention de la violence sexuelle faite aux filles et le mariage forcé au Bénin. Voilà, le principal but visé par le projet ‘’Opouto-Kounoudeto’’ initié par Social Watch Bénin. Ledit projet se traduit par la mise en place d’une plate-forme numérique à partir de laquelle les témoins ou victimes des différentes violences faites aux filles pourront facilement dénoncer ces actes et décourager leurs acteurs.
Entièrement financé par le Fonds canadien aux initiatives locales (FCIL), ce projet qui va durer trois mois sera pris en compte dans cinq communes du Bénin, à savoir Adjarra, Avrankou, Dangbo, Ouinhi et Boukombé. Selon le concepteur de la maquette, ‘’Opouto-Kounoudeto’’ sera un canal à travers lequel des milliers de personnes des cinq communes cibles seront informés et sensibilisés sur les textes de lois réprimant les violences à l’égard des filles et leur mariage précoce. De même, par le biais de ce projet, au moins cinquante-quatre acteurs dans les communes cibles seront formés contre la violence sexuelle faite aux filles. Des actions de communication seront également menées à l’endroit d’au moins deux cent personnes dans les communes cibles sur la violence sexuelle à l’égard des filles et sur l’utilisation de la plate-forme numérique de dénonciation. Le projet officiellement lancé par Social Watch Bénin, une Organisation de la Société civile béninoise trouve sa genèse dans une étude réalisée en 2009 sur les violences faites aux filles et aux enfants dans laquelle le Bénin présente une situation multipolaire qui embrasse une diversité de victimes ainsi qu’une gamme variée de types de violences, une liste de causes et de déterminants de même que des conséquences nombreuses.
Pour le président de Social Watch Bénin, Gustave Assah, le présent projet vient renforcer les nombreuses luttes déjà menées par sa structure contre les violences faites aux filles et aux enfants. Cette plate-forme contribuera, poursuit-il, à la participation, à l’engagement des élèves pour un changement de comportement contre le mariage forcé et les violences sexuelles dans les communes cibles.
Dans son discours d’ouverture, la représentante du ministre en charge de la Famille, Roubatou Allassane Ali, s’est réjouie de l’initiative du réseau Social Watch Bénin. Elle a également saisi l’occasion pour réaffirmer l’engagement du ministre dans sa mission de conception, de mise en œuvre et de suivi de l’Etat en matière de développement social conformément aux lois et règlements en vigueur au Bénin, à soutenir le projet. Les violences basées sur le genre constituent notre cheval de bataille pour mettre hors d’état de nuire les auteurs de viloences faites aux filles, a-t-elle conclu.

Augmentation des prix des produits de la Société béninoise de brasserie (SOBEBRA) dans les buvettes. Qu’en est-il réellement? Qui en est responsable? C’est pour mieux éclairer l’opinion publique sur ces questions, qu’une équipe de la direction générale de la société a organisé, hier mardi 13 janvier à Cotonou, une conférence de presse pour annoncer qu’elle n’a à aucun moment procédé à l’augmentation des prix observés depuis quelques jours dans les points de vente de détails.
Depuis le début de la nouvelle année, des rumeurs de plus en plus persistantes font état de ce que les produits de la SOBEBRA seraient en hausse dans les points de vente de détails. A Porto-Novo, par exemple, certaines associations de consommateurs sont allées jusqu’à saisir les autorités départementales de l’Ouémé en charge de l’Industrie et du Commerce pour dénoncer cette augmentation de prix.
Après vérification sur le terrain, la direction générale de la SOBEBRA a tenu une conférence de presse hier, afin d’apporter «un démenti ferme» à l’information selon laquelle elle est responsable de cette augmentation de prix. Pour animer cette conférence, le directeur commercial et marketing de la société, Abdramane Timité, était entouré de la directrice des ressources humaines, Yolande Zossoungbo, et du directeur des relations extérieures Rodolphe Adanzounon.
A propos du constat fait sur le terrain, le directeur commercial et marketing déplore qu’actuellement, la bière «La Béninoise 66 cl» se vend à 700 francs CFA contre 550 francs CFA en décembre 2014. Le prix conseillé par la SOBEBRA pour ce produit, dit-il, est de 600 francs CFA.
Abdramane Timité précise que la SOBEBRA a une politique de prix de vente uniforme aussi bien pour les distributeurs agréés que pour les points de vente de détails.
Les conférenciers ont indiqué qu’à aucun moment, la société n’a procédé à l’augmentation des prix de ses produits. Les produits de la SOBEBRA, précisent-ils, sont proposés aux mêmes prix sur toute l’étendue du territoire national.
«C’est une volonté politique de la société de prendre en charge le transport et la livraison de tous nos distributeurs quel que soit l’endroit dans le pays», a expliqué le directeur commercial et marketing. A l’en croire, cette politique, bien que coûteuse pour la société, participe de la volonté de tenir compte du pouvoir d’achat de tous les Béninois.
Il a insisté sur le devoir de transparence de la SOBEBRA vis-à-vis des points de vente de détails. «Ce qui fait que nous devons combattre toute augmentation qui nous paraîtra injustifiée pour permettre à nos consommateurs d’avoir des produits de meilleur rapport qualité-prix», insiste-t-il.
A propos des prix conseillés par la SOBEBRA
Les journalistes ont notamment cherché à comprendre comment se fait le contrôle de la fixation des prix au niveau des détaillants. Par rapport à cette question, le directeur commercial et marketing explique que pour les produits de grande consommation, la société conseille aux détaillants une marge qui varie de 17 à 33%. «La fixation de cette marge tient compte de ce que le détaillant met en place un certain nombre d’investissements pour pouvoir commercialiser nos produits ; il va notamment louer un local, des chaises et tables», a-t-il fait savoir. Ce service supplémentaire, précise-t-il, justifie la fixation de cette marge de 17 à 33%.
Quand on parle de prix conseillés, renchérit le directeur des relations extérieures, Rodolphe Adanzounon, on tient compte du plus petit consommateur, la grande masse, c’est-à-dire les bars et buvettes populaires. Il souligne que le prix conseillé est le plafond à ne pas dépasser: «Nous ne parlons pas des prix dans les grands hôtels où il y a création de plus-value», a-t-il martelé.
Au cours de la conférence de presse, les responsables de la SOBEBRA ont montré que la société cherche constamment à répondre aux préoccupations des populations béninoises. «C’est pour cela que la SOBEBRA, depuis toujours, a décidé de mettre à la disposition des populations des produits de très grande qualité», a laissé entendre Abdramane Timité qui ajoute que depuis huit ans la société s’est inscrite dans la démarche qualité pour assurer aux consommateurs béninois des produits de qualité irréprochable.
Il a également montré que la société joue un rôle important dans le tissu économique du Bénin. Il donnera à cet effet quelques chiffres. Près de 600 employés de la SOBEBRA, 200.000 emplois indirects à travers les distributeurs, les points de vente de détails, plus de 300 petites et moyennes entreprises (PME) fournisseurs ou clients.
Au regard de ces chiffres, il fait comprendre que la SOBEBRA a une responsabilité qui ne lui donne pas le droit de faire quelque chose à l’encontre de l’intérêt des consommateurs et de l’Etat béninois.
Les conférenciers ont, par ailleurs, invité les consommateurs à être vigilants et à demander aux responsables des bars d’afficher les prix pour la transparence.
Ils ont également indiqué que la société ne saurait prendre des mesures de rétorsion contre les commerçants véreux qui augmentent les prix. C’est le ministère en charge du Commerce, rappellent-ils, qui est chargé de la régulation en la matière.

Les députés ont démarré hier lundi 12 janvier, l’examen du rapport de la commission parlementaire d’enquête, d’information et de contrôle de la gestion du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC). Un rapport volumineux qui met à nu la mauvaise gestion des ressources financières par les collectivités locales. En réaction, les députés recommandent vivement la nécessité d’une part de marquer une pause pour évaluer le processus de décentralisation au Bénin, et d’autre part d’amener les agents et maires indélicats devant les tribunaux.
Le rapport de la commission parlementaire d’enquête, d’information et de contrôle de la gestion du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) examiné hier par les députés est sans appel. Les fonds qui étaient destinés à la réduction de la pauvreté dans les communes sont dilapidés par certaines collectivités locales. En tout cas, le rapport a révélé que le gros des fonds va dans les poches des maires et autres agents communaux. A en croire le rapport exposé par la commission présidée par le député Félicien Zacharie Chabi, de 2008-2012, la rondelette somme de 82 milliards de FCFA a été mise à la disposition des communes par le gouvernement pour le compte du FADeC. 55% de ces fonds ont servi à payer les indemnités et les salaires aux maires et consorts, révèle le rapport qui rend compte de l’état des lieux dans chacune des 77 communes du Bénin. Lequel rapport a relevé plusieurs autres tares dans la gestion de ces crédits. Au nombre de celles-ci, il y a la non maîtrise du manuel de procédure relatif à la passation des marchés, le manque de qualification des gestionnaires de ces fonds constaté dans la plupart des communes, l’inexistence de relevés bancaires des communes, la disparité entre le point financier de gestion des maires et celui des receveurs percepteurs de la mairie. Aussi, le rapport constate-t-il, la surfacturation de certains ouvrages réalisés et équipements acquis sur les FADeC, plusieurs chantiers abandonnés, le délit d’initié surtout dans la passation des marchés, le favoritisme, le népotisme et l’inexistence d’un système d’archivage des documents financiers ainsi que l’inappropriation dans la plupart des cas des dépenses du FADeC avec les besoins de développement des populations. Il est plus que jamais impérieux que la gestion du FADeC qui représente entre 11 à 45% des prévisions des communes, se fasse dans la rigueur pour la réduction de la pauvreté au Bénin, conclut la commission parlementaire composée de dix membres. Le rapport n’a pas manqué de faire à cet effet quelques recommandations à l’endroit principalement des collectivités locales, et ensuite aux préfets des départements qui assurent la tutelle des maires, au gouvernement notamment au ministre en charge de la Décentralisation et son collègue chargé de l’Economie et des Finances. Les recommandations ont été également faites à la Commission nationale des finances locales (CONAFIL), à l’Assemblée nationale et à l’Inspection générale d’Etat pour que chaque acteur joue son rôle pour sonner le glas des ces dysfonctionnements dans les communes et permettre à l’atteinte des objectifs de la décentralisation.
Halte au pillage !
Dans leur intervention, tous les députés ont salué la qualité du rapport exposé par le rapporteur de la commission, le député Raphaël Akotègnon. L’honorable Daouda Takpara souhaite que d’ici à trois ans, qu’il y ait une autre commission parlementaire pour évaluer la mise en œuvre des recommandations faites par les députés. Son collègue Ali Camarou s’est dit scandalisé par le niveau de la mauvaise gestion des ressources publiques dans les communes surtout à statut particulier. Il a dénoncé un cas de deux kilomètres de pavé réalisés dans une commune à statut particulier à 3,9 milliards FCFA. La même déception sera partagée par Candide Azannai qui qualifie de calamiteux le profil des gestionnaires de ces crédits. Il accuse les structures de contrôle du ministère de l’Economie et des Finances dont l’Inspection générale des Finances de même que l’Inspection générale de l’Etat qui devraient veiller à la bonne exécution des fonds par les collectivités locales. «La décentralisation s’apparente à la décentralisation des tares de l’Etat central», constate Candide Azannaï avant de dire son pessimisme par rapport à la mise en œuvre des recommandations pertinentes faites par les députés pour voir le tir se corriger dans la gestion de ces ressources.
Et au député Babatundé Kakpo de s’inquiéter, au regard de l’ampleur des malversations financières, pour le transfert des ressources aux communes réclamé à cor et à cri par les maires.
Hélène Kèkè Aholou a dénoncé un cas de mauvaise gestion à Avrankou. Elle a révélé le cas du dispensaire de l’arrondissement de Ouanho mentionné dans le rapport de la commission comme ayant été construit grâce aux FADeC alors que ledit centre sanitaire était déjà réalisé des années avant l’avènement de ces fonds en 2008. Elle supplie ses collègues députés pour que le Parlement fasse quelque chose pour arrêter la saignée sur le terrain. Hélène Kèkè Aholou a insisté sur l’urgence pour l’institution parlementaire de poursuivre devant les tribunaux les maires indélicats qui ont détourné les fonds FADeC.
Grégoire Akoffodji, membre de la commission parlementaire, insiste pour recentrer le contexte de la mise sur pied de la commission d’enquête parlementaire. Selon lui, celle-ci a été mise en place dans le souci de l’amélioration de la gouvernance locale.
Présent aux travaux, le ministre en charge de la Décentralisation Isidore Gnonlonfoun s’est félicité de l’expertise et la méthodologie du rapport. Il a salué l’objectif de la commission d’enquête parlementaire qui vise à améliorer la qualité de la gestion des ressources du FADeC. Par rapport aux inquiétudes de certains députés, il dit avoir saisi l’Inspection générale d’Etat pour contrôler désormais la gestion de ces fonds.

Un meilleur fonctionnement de l’administration publique, plus d’efficacité et de promptitude, la culture du service bien fait et du résultat… Les attentes du ministre du Travail, de la Fonction publique, de la Réforme administrative et institutionnelle vis-à-vis de ses collaborateurs sont nombreuses. La rencontre organisée à ce propos, hier lundi 12 janvier, dans l’enceinte du ministère, a permis de dégager les grandes orientations qui doivent encadrer les actions en son sein pour le compte de l’année 2015.
Le premier motif de satisfaction qui laisse croire que tout ira sur les rails au cours de l’année 2015 au ministère du Travail, de la Fonction publique, de la Réforme administrative et institutionnelle (MTFPRAI), c’est la fin du bicéphalisme en son sein. En effet, depuis plusieurs mois, le ministère aurait souffert d’inefficacité du fait des doublons. Jusqu’à une certaine époque se côtoyaient deux directeurs de cabinet, deux secrétaires généraux… Devant cette situation qu’il n’a pas voulu laisser perdurer pendant longtemps, le ministre Aboubakar Yaya n’a pas hésité à taper du poing sur la table. Hier, face aux nouveaux membres de son cabinet, directeurs techniques et centraux nommés ou promus, il s’est réjoui de la fin de cette aventure qui ne lui permettait pas d’insuffler le dynamisme dont il rêvait au ministère. Maintenant que les écuries ont été nettoyées, il a clairement exprimé ses attentes. Le ministre de la Fonction publique dit attendre d’eux une obligation de loyauté, de professionnalisme, le respect de la hiérarchie et de la ligne hiérarchique et la fourniture des services de qualité aux usagers.
Ces éléments seront le lot quotidien au sein du MTFPRAI et le ministre Aboubakar Yaya promet en tenir rigueur. Selon ses explications, c’est la seule condition pour faire passer et aboutir les grandes orientations du ministère pour le compte de cette nouvelle année. Il entend faire du ministère une structure de qualité qui satisfasse les attentes liées aux demandes de service. Cette même année sera le point de départ pour la concrétisation de la vision du ministère, celle d’en faire «à l’horizon 2020, un ministère de référence en matière d’organisation et de gestion des services publics qui impulse la promotion de l’éthique et la culture de résultat en vue de la satisfaction de l’usager vue ici comme un client de l’administration béninoise».
Les grandes orientations pour 2015
A l’instar de certains de ses autres collègues, le ministre Aboubakar Yaya veut aller vite et bien au cours de cette année. Il entend respecter les exigences de gouvernance et les normes en matière de gestion. C’est d’ailleurs là, le premier point de ses actions. Et hier, face à ses collaborateurs immédiats, il n’y est pas allé du dos de la cuillère pour leur imposer le respect scrupuleux des nouvelles normes contenues dans le budget général de l’Etat exercice 2015. «Nous avons des contraintes avec les nouvelles réformes», soulignera-t-il, avant d’interpeller son directeur des Ressources financières et du matériel pour des détails et explications sur la situation exacte de la trésorerie, notamment en ce qui concerne les dettes et dossiers en instance.
S’agissant de l’organisation de la gestion administrative, il a par exemple mis en exergue la mise en place des manuels de procédure pour le traitement des dossiers par toutes les directions centrales et techniques, l’automatisation du traitement des dossiers conformément aux procédures définies dans les manuels de procédure, la mise en place effective du travail collaboratif, la mise en œuvre de la démarche qualité, la poursuite et la mise en œuvre de la généralisation de la Gestion axée sur les résultats (GAR). Des préalables restent néanmoins à lever pour parvenir à ces résultats et le ministre ne semble pas les ignorer.
Dans le domaine de la gestion du travail, Aboubakar Yaya a indiqué comme actions majeures, l’organisation des élections professionnelles, l’actualisation du code du travail, la dynamisation de la coopération internationale en matière de travail, la prise en compte des statistiques en matière de travail, la finalisation de la politique nationale du travail, la modernisation de la législation du travail, le suivi et le contrôle de la législation du travail, de la sécurité, la santé au travail et de la sécurité sociale, la mise en œuvre de la politique de formation professionnelle continue des travailleurs de différentes catégories socioprofessionnelles régies par le Code du travail, la mise en œuvre de la politique de protection sociale des travailleurs de l’économie formelle et informelle…
Actions prioritaires attendues
Mettre en œuvre la procédure de traitement des dossiers de retraite, actualiser et mettre en œuvre le statut des agents de l’Etat et faire voter le Code des pensions des agents civils, élaborer une stratégie de communication et de marketing sur le mécanisme de dotation des hauts emplois techniques, mettre en place un système d’informations statistique performant sur les ressources humaines de l’Etat, réformer le système d’organisation des concours, élaborer la politique de recrutement des agents de l’Etat, mettre en place le système de gestion prévisionnelle des ressources humaines de l’Etat, finaliser et mettre en œuvre la loi cadre sur la rémunération des agents de l’Etat constituent les actions prioritaires que le ministre Aboubacar Yaya dit attendre de ses collaborateurs en cette année. La finalité de cette série d’actions, c’est de parvenir à faire recouvrer au ministère qui a de moins en moins une bonne presse, sa crédibilité et redonner confiance aux usagers par la même occasion.
Le dernier pan des grandes orientations partagées hier en vue d’une bonne exécution du Plan de travail annuel (PTA) 2015 du MTFPRAI est relatif au domaine des réformes administrative et institutionnelle. A ce niveau, il est envisagé de poursuivre la mise en œuvre des résultats de la clarification des missions de l’Etat, de finaliser le cadre intégré de gestion des réformes, d’impulser la réforme des procédures, de l’organisation et des méthodes de l’administration publique, de concevoir et de mettre en œuvre un dispositif pour le suivi des délais de prestation de service conformément au décret portant relation entre l’administration et les usagers, de concevoir et mettre en œuvre le mécanisme de mise en œuvre de la charte nationale pour la gouvernance du développement du Bénin…

Un réseau de falsificateurs de bulletins de notes et des cachets des administrations scolaires a été démantelé à Parakou. Des dizaines d’élèves mais aussi des enseignants de plusieurs lycées et collèges publics et privés sont épinglés.
Une élève qui redouble normalement la classe de première au CEG Albarika, s’inscrit cette année en terminale au lycée Mathieu Bouké avec un faux bulletin de notes venant du CEG Gogounou. Ayant eu vent de la supercherie, le proviseur du lycée appelle le directeur du CEG Gogounou qui, après vérification, souligne qu’il ne connaît l’élève ni d’Adam ni d’Eve. Le directeur du CEG Gogounou fait alors ses investigations et découvre que c’est un enseignant de son établissement qui a fait faire son cachet nominal et le cachet administratif de l’établissement pour éditer des bulletins au profit des élèves paresseux, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Et ce n’est pas un cas isolé. Au lycée Mathieu Bouké, une vingtaine d’apprenants sont épinglés et renvoyés à la maison, en attendant d’être rappelés pour répondre de leurs actes avec leurs complices devant la police judiciaire au terme de l’enquête en cours, confie le proviseur Cha-Toko Narou N’gobi. Au CEG Zongo, plus de 10 élèves fraudeurs sont également démasqués et systématiquement exclus du collège, à en croire le censeur Abdoulaye Issifou. C’est tout un réseau et c’est une synergie d’actions entre collègues enseignants au sein de Parakou qui a permis de le découvrir, signale-t-il. Etant donné que ce sont les mêmes enseignants qui interviennent dans les établissements de la place, des soupçons se sont éveillés sur certains dossiers de transfert. Des enseignants ont reconnu certains visages et ont filé l’information aux responsables d’établissements et les vérifications auprès des établissements de provenance ont permis de se rendre compte que des élèves qui n’avaient même pas la moyenne de redoublement, se sont arrangés pour trouver des bulletins de notes portant des moyennes leur permettant de passer en année supérieure avec 12 ou 13 de moyenne. C’est le cas de cet élève qui n’a même pas 7 de moyenne mais qui détient un bulletin de notes portant une moyenne de 11 et plus.
Enseignants et parents complices
Dieudonné Kiati, directeur du CEG Albarika, confirme que le phénomène est réel dans son établissement. «C’est une triste réalité à laquelle nous assistons», souligne-t-il. «Ce sont des réseaux qui sont souvent extérieurs au système éducatif. Mais à l’intérieur du système aussi, il y a parfois des gens qui détiennent par devers eux des cachets et des bulletins des établissements», informe-t-il. «Ils établissent des bulletins au profit des élèves, y inventent des notes fantaisistes, imaginent des noms de professeurs, font de fausses signatures et qu’ils vendent entre 10 000 et 40 000 francs CFA», poursuit-il. «C’est dommage que des personnes adultes censées être responsables soient impliquées dans ces dossiers, en hypothéquant l’avenir des jeunes enfants», se désole le directeur du CEG Albarika. Il en appelle à la conscience des élèves mais aussi des parents afin qu’ils aident leurs enfants à avoir une personnalité plutôt que de les pousser à la fraude.
En effet, relève le proviseur du lycée Mathieu Bouké, le plus souvent, les parents, notamment les mamans, sont complices et prennent même le devant. «Il faut que les parents comprennent que ça n’arrange en aucune façon l’enfant. Si vous habituez votre enfant à la facilité, il va souffrir et vous allez souffrir aussi. Parce que si vous voulez une vieillesse paisible, c’est qu’il faut avoir construit une bonne jeunesse, une jeunesse studieuse, travailleuse. Si on aide cette jeunesse à faire du faux, on ne lui rend aucun service. Tout ce qu’on aura semé, ça va les rattraper», analyse Cha-Toko Narou N’gobi.
Les autorités de la direction départementale en charge de l’Enseignement secondaire du Borgou-Alibori se réjouissent de la synergie d’actions ayant permis de découvrir le pot aux roses et exhortent les responsables d’établissements à maintenir le cap, à être plus vigilants et surtout à renforcer le partenariat public-privé en vue de décourager la pratique. «Le milieu éducatif a besoin d’assainissement, ce n’est pas là où il faut chercher de l’argent en poussant les enfants qui resteront plus tard pendant plusieurs années sur les bancs en cherchant à décrocher des diplômes. C’est un milieu où l’affairisme doit être banni», insiste Bernardin Gnassounou, chef service Enseignement privé à la direction départementale de l’Enseignement secondaire du Borgou-Alibori. Dans l’immédiat, les preuves seront établies et tous les établissements fautifs et les responsables impliqués dans ces manœuvres, seront dénoncés publiquement, a-t-on appris.