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Nouvelles

20e Journée des droits des femmes à l’INMES:Les dispositions du Code des personnes et de la famille au menu

L’Union nationale des sages-femmes du Bénin (UNASAF-Bénin) a animé, hier jeudi 2 avril, une conférence-débat au profit des sages-femmes et étudiantes de l’Institut national médico-social (INMES). L’initiative marque la célébration de la 20e édition de la Journée internationale des droits des femmes et a été animée par Marie-Elise Gbèdo, avocate à la Cour, dans les locaux de l’institut.

Loin des réjouissances folkloriques pour célébrer la Journée des droits des femmes, l’Union nationale des sages-femmes du Bénin (UNASAF), a opté pour une célébration en mode réflexion.
La conférence-débat animée à cet effet, par l’ancienne Garde des Sceaux, Marie-Elise Gbèdo, avocate à la Cour a mobilisé des sages-femmes et des étudiantes de l’Institut national médico-social (INMES). Durant plus de deux heures, elle a entretenu l’assistance sur un large éventail de sujets relatifs au Code des personnes et de la famille avec pour centre d’intérêt, le mariage, le divorce et la filiation.
Pour la secrétaire générale de l’UNASAF, Laurence Houndonougbo, au-delà des actions engagées pour promouvoir la loi n°2002-07 portant Code des personnes et de la famille en République du Bénin, la liberté et la dignité des femmes ne doivent pas être l’engagement d’une seule année, encore moins d’une journée. Ce combat, suggère-t-elle, doit se poursuivre chaque jour autour de trois principaux axes. Il s’agit de la place de la femme dans la sphère publique et politique, l’égalité professionnelle et la lutte contre les stéréotypes sexistes.
Le Code des personnes et de la famille faisant l’objet d’interprétations à géométrie variable, il importe de partager certains détails avec la jeunesse pour renforcer ses capacités dans le domaine du droit. Contrairement au Code coutumier, il présente plusieurs avantages pour les femmes. Il leur garantit plus de droits au niveau du cercle familial et sur le plan socioprofessionnel. Lesquels avantages ont été exposés dans les moindres détails par la conférencière principale, dont l’apport, selon les organisateurs, est inestimable en matière de célébration de la Journée de la femme au Bénin.
Etait aussi présent à cette rencontre, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), Dieudonné Lokossou. Pour lui, les sages-femmes et les femmes de façon générale sont des actrices incontournables de la vie. Aussi bien les Saintes écritures que les institutions nationales et internationales leur reconnaissent ce privilège, dit-il. Mais dans les faits, les pouvoirs publics contournent ce droit par tricherie en s’arrogeant certaines de leurs prérogatives. «Il n’est pas bon que vous nous donniez la vie et que nous vous rendions la vie dure», souligne-t-il. C’est pourquoi, il importe pour les femmes de connaître leurs droits pour mieux agir. D’où l’organisation de cette journée au profit des sages-femmes et étudiantes de l’INMES. Cet évènement qui est la première d’une série d’activités de l’UNASAF a permis aux participantes de cerner les contours du Code des personnes et de la famille, afin d’agir efficacement. Cette rencontre est d’autant plus importante que les tares dénoncées dans l’ancien code sont toujours d’actualité. Raison pour laquelle, Dieudonné Lokossou plaide un changement de comportement à tous les niveaux. Son adresse est allée notamment à l’endroit de la gent féminine, qui souligne-t-il, doit briser les tabous en innovant pour cesser d’être un complice passif.

Société 03 avr. 2015


ODD et agenda de développement post 2015 :La jeunesse béninoise exprime ses priorités et attentes

Mobiliser la jeunesse béninoise dans le cadre du processus d’élaboration des Objectifs de Développement durable (ODD) qui succèderont sous peu aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Tel est le but de l’atelier de réflexion organisée hier, jeudi 2 avril à Cotonou et au cours duquel l’intégration des politiques favorables au bien-être et à l’épanouissement de la jeunesse dans l’agenda post 2015 a été largement débattue. L’initiative est le fruit du partenariat ministère en charge de la Jeunesse -Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Elle est portée par un panel de Jeunes constitué par des Organisations de jeunes et des jeunes leaders des Organisations de la société civile (OSC).

La voix des jeunes, auparavant peu perçue dans l’élaboration des politiques nationales et des agendas de développement internationaux est actuellement amplifiée. Le mouvement d’ensemble qui a vu le jour dans ce cadre, et qui prospère grâce aux réseaux sociaux et organisations juvéniles n’épargne pas le Bénin dont la population jeune est estimée à plus de 49% de personnes âgées de moins de 15 ans. La participation de cette frange juvénile à l’avenir du pays, du continent et du monde se dessinera dans les prochaines années. Et l’ayant compris, ceux-ci multiplient les opportunités et donnent de la voix pour la prise en compte de leurs besoins.
Hier à Cotonou, l’atelier de réflexion organisé sur la participation des jeunes leaders des Organisations de la société civile (OSC) du Bénin au processus d’élaboration des Objectifs de développement durable (ODD) a mobilisé plus d’une centaine de jeunes garçons et filles. Face à eux, le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) au Bénin, Dr Koudaogo Ouédraogo a mis l’accent sur le rôle qui leur revient dans la construction du monde futur, et s’est interrogé de savoir s’ils seront passifs à une heure où le monde deviendra réellement un village planétaire et où la notion de souveraineté est appelée à disparaître, avec l’universalité et l’internalisation de beaucoup de choses. Plus affirmatif, le ministre en charge de la Jeunesse, Safiou Affo fait confiance à la jeunesse et voudrait compter sur son sens d’engagement.
Ce sens d’engagement s’est d’ailleurs traduit à travers les deux communications présentées à l’occasion par deux jeunes dont l’implication dans ledit processus est reconnue et saluée. Le premier, Loukman Tidjani s’est prononcé sur « Le processus de consultation et de participation des OSC dans le développement des ODD et l’agenda post 2015 » et la seconde, Joannie Bewa a planché sur la « Restitution des rencontres d’Istanbul et de Nairobi » et à la présentation de la coalition de la société civile africaine pour la population et le développement. Lesquelles seront suivies d’un panel de discussions.

Que préconise-t-on à travers la campagne «Bénin post 2015» ?

La campagne «Bénin post 2015» dont le lancement officiel a eu lieu hier au cours de l’atelier sur la participation des jeunes leaders des Organisations de la société civile est le condensé d’une série de propositions et de vœux, portée et nourrie par ces jeunes qui entendent être mieux pris en compte dans les programmes de développement à venir. Non seulement ils nourrissent cette ambition, mais ils voudraient être aussi des acteurs de ce monde, dont ils seront les principaux et majoritaires occupants, et dans lequel rien ne doit se faire et se décider sans eux.
En réalité, ladite campagne vise à « promouvoir la participation et le plaidoyer des jeunes dans l’agenda post 2015, à travers les médias sociaux, avec un focus sur les questions de santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes ». Ce faisant, ladite campagne entend « informer les jeunes sur le processus d’élaboration des ODD et l’agenda Post 2015 via les réseaux sociaux, fournir aux jeunes les outils de communication nécessaires pour faire du plaidoyer à l’endroit du gouvernement béninois, de l’Union africaine, des Nations Unies et autres institutions pour une meilleure inclusion des thématiques Jeunes et Santé sexuelle et reproductive dans l’élaboration des ODD et de leurs indicateurs, faire un appel à l’action à l’endroit des OSC pour des actions simples qui impactent les communautés et accroître la visibilité des OSC du Bénin sur le plan international en termes d’engagements relatifs au processus d’élaboration de l’agenda post 2015.
Plusieurs constats ont en effet conduit à la formation de ces objectifs prioritaires. «Les jeunes sont une grande force. De façon individuelle et collective, ils jettent les bases de l'avenir du monde. Les jeunes ne sont pas le problème, ils sont des atouts», estiment les participants à cet atelier. Plus exigeants en ce qui concerne l’avenir, ils stipulent clairement que «ignorer les jeunes dans l’agenda post 2015, c’est ignorer les acteurs clés du développement». Mais avant, il leur faut, reconnaissent-ils, une éducation sexuelle pointue et «la santé de la reproduction doit être au cœur des priorités de tous les gouvernements». Investir dans les jeunes, surtout les filles, est aussi une préoccupation à laquelle les jeunes leaders du Bénin entendent veiller puisqu’ils y voient, une autre condition essentielle pour le monde dans lequel ils se projettent dans les prochaines années.

Société 03 avr. 2015


Poursuivis pour assassinat et non dénonciation de crime :15 ans de travaux forcés pour Zinsou Ezinnayé et 3 ans fermes pour Guillaume Ahouandjinou (21e dossier)

L’examen du 21e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou a eu lieu mercredi 1er avril dernier. La composition de la cour qui a connu du dossier est composé du président Nicolas Biao ; assesseurs, Emmanuel Opita et Euloge Akpo ; jurés titulaires, Nestor Hounkpatin, Firmin Gankpa, Kouessi Antoine Hossou et Bernardin Narcisse Marcos ; juré suppléant, Akodé Maurice Gbénou ; ministère public, Gilles Sodonon.

Sur les quatre accusés, Zinsou Ezinnayé, Guillaume Ahouandjinou, Eric Fassinou et Idohou Fatoyé qui devraient être à la barre mercredi 1er avril dernier dans le cadre du 21e dossier de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, seuls les deux premiers étaient dans le box. Julien Tiamou, représentant du ministère public à l’ouverture de l’audience a précisé que Fatoyé Idohou serait décédé et que Eric Fassinou serait en fuite. Ce dernier serait activement recherché, a fait observer d’entrée le ministère public. Sur cette base, Julien Tiamou a requis la disjonction de leurs cas, de ceux de Zinsou Ezinnayé Guillaume Ahouandjinou.
La défense représentée par Me Séverin-Maxime Quenum et Gustave Anani Cassa, appelée à réagir sur ces observations a estimé que les diligences n’ont pas été effectuées par le ministère public dans les règles de l’art. Selon Me Séverin-Maxime Quenum, cette situation nuit à la bonne administration de la justice et donc à la manifestation de la vérité. La cour s’est retirée et a rendu un arrêt de disjonction des cas de Fatoyé Idohou et de Eric Fassinou en application de l’article 348 du code pénal.
L’accusé Zinsou Ezinnayé à l’entame de l’audience a déclaré à la barre qu’il ne sait rien de la mort du petit Armand Hounkonnou qui les a conduits en prison
En ce qui le concerne, Guillaume Ahouandjinou a confié qu’il était soucieux du développement des activités de la boutique dans laquelle il vendait du poisson. C’est pourquoi il s’est fait aider par Eric Fassinou pour entrer en contact avec un charlatan. Ce dernier devait composer des ingrédients pour satisfaire sa préoccupation. C’est à cette étape que le charlatan a exigé un crâne humain pour faire le nécessaire, explique-t-il.

Les faits

C'est Nicolas Biao, le président de la cour qui, dans son résumé, a relaté à l’assistance la quintessence des faits déférés devant la cour. Pour lui, le nommé Guillaume Ahouandjinou, gérant d’une poissonnerie à Azowlissè dans la commune d’Adjohoun a expliqué que face à la mévente à laquelle il était confrontée, il décida de recourir aux services d’un charlatan. Pour ce faire, il se confia à son cousin Eric Fassinou, qui le rassura pour, dit-il, avoir entendu parler d’un grand charlatan et féticheur pendant qu’il fréquentait à Ikpinlè dans la commune d’Adja-Ouèrè. Ensemble, ils se rendirent au domicile de Fatoyè Idohou dit «Adjanna» le charlatan. Celui-ci remit à Guillaume Ahouandjinou, une poudre qu’il devait passer sur le corps après s’être lavé. Ayant eu satisfaction après avoir utilisé le produit que le charlatan lui a donné, il sollicita à nouveau son cousin pour le raccompagner chez Fatoyé Idohou pour le remercier.
Il saisit l’occasion de cette deuxième visite pour demander au charlatan de l’aider à devenir riche. Mais le charlatan lui rétorqua que certes, il existe des moyens pour devenir riche mais qu’ils sont très jeunes pour trouver ce dont on a besoin pour faire le travail. Mais c’est sans compter avec la détermination des deux visiteurs lorsque Eric Fassinou répliqua au charlatan qu’ils sont effectivement jeunes, mais qu’ils ont des idées de grands et qu’ils agissent comme tels. Après un court silence, Fatoyé Idohou leur fit savoir que s’ils trouvaient un crâne humain, leur problème serait réglé.
De retour à Dangbo, ils se mirent chacun de son côté à chercher le crâne humain. C’est ainsi que le 1er mars 1999, l’occasion se présenta.
En effet, ce jour-là, les petits frères de Eric Fassinou jouaient dans la cour de la maison avec le jeune Armand Hounkonnou alors âgé de 5 ans lorsque Eric Fassinou remit la somme de mille francs à son frère Romain pour lui acheter de la glace pour 25 francs. Les enfants, au nombre de 4 voulaient partir ensemble lorsque Zinsou Ezinnayé interpella Armand Hounkonnou qu’il traina derrière les habitations dans un bâtiment inachevé où il fut étranglé. Pour le dissimuler, Zinsou Ezinnayé jeta le corps inanimé de l’enfant dans une fosse septique en attendant de revenir prélever le crâne.
La disparition du petit Armand ayant été remarquée, les recherches entreprises par la population ont permis de découvrir le corps du petit au fond de la fosse septique.
L’enquête diligentée par la Brigade de gendarmerie de Dangbo a permis d’appréhender les nommés Zinsou Ezinnayé, Eric Fassinou, Fatoyé Idohou dit Adjanna, Guillaume Ahouandjinou et Tankpinnou Ezinnayé. Seul Eric Fassinou a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction et a indiqué Zinsou Ezinnayé comme étant l’auteur des faits. Quant aux nommés Tankpinnou Ezinnayé, Zinsou Ezinnayé et Fatoyé Idohou, ils ont nié les faits à toutes les étapes de la procédure.
Par arrêt n° 163/2009 du 10 août 2009, le nommé Tankpinnou Ezinnayé a bénéficié d’un non-lieu. Seuls les nommés Zinsou Ezinnayé et Eric Fassinou, Guillaume Ahouandjinou et Fatoyé Idohou sont renvoyés devant la cour d’assises.
Fatoyé Idohou poursuivi pour complicité d’assassinat serait décédé en cours de procédure. Mais l’acte devant constater le décès de l’intéressé n’a pu être produit au dossier. L’enquête de moralité des inculpés leur est défavorable.
L’expertise médico-psychologique et psychiatrique des accusés conclut qu’ils sont responsables de leurs actes.
Le bulletin n°1 du casier judiciaire des accusés ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.

Les réquisitions du ministère public

Après la lecture des pièces, le ministère public qui a changé de main (entre temps son représentant), en la personne de Gilles Sodonon a été invité à prendre ses réquisitions. Pour lui, la cour est amenée à juger la société, car l’affaire inscrite au rôle reflète la physionomie de la société actuelle dont certains membres sont aujourd’hui, à la recherche effrénée du gain facile sans labeur. Il rappelle les faits pour dire que courant 1998-1999, les accusés entreprirent de visiter un charlatan à la recherche d’ingrédients pour devenir riche. Le guérisseur consulté, selon lui, a réclamé un crâne humain. Puis, le petit Armand Hounkonnou a été sacrifié de la manière que vous connaissez, retient-il. Les faits reprochés à Zinsou Ezinnayé tombent sous le coup de la qualification d'assassinat prévue par les articles 296 à 298 du code pénal. Ainsi, pour lui, le dessein a été longuement mûri avant le passage à l’acte.
Il est donc clair que la mort de l’enfant n’est pas naturelle, relève Gilles Sodonon.
Quant à Guillaume Ahouandjinou, explique Gilles Sodonon, il est retenu pour non dénonciation de crime prévue par l’article 62 alinéa 1er du code pénal. Pour les faits, Guillaume Ahouandjinou a sollicité Eric Fassinou pour l’amener chez le charlatan. Les deux amis avaient besoin du crâne humain pour se faire produire les ingrédients. Il était bien informé de la consommation du crime mais s’est abstenu de dénoncer cela aux autorités. C’est la peur de la mort par feu qui a fait qu’il a fini par parler, poursuit Gilles Sodonon. C’est à cause d’un élément extérieur qu’il a fini par parler, a relevé le ministère public. Guillaume Ahouandjinou est convaincu des faits de non dénonciation de crime, a souligné le ministère public. «Son casier judiciaire est vierge mais il n’a pas une bonne moralité. Comme il n’était pas en état de démence au moment des faits, il est donc accessible à la sanction pénale. Vous le retiendrez donc, dans les liens de la détention, et le condamnerez à 3 ans fermes», a-t-il requis.
«En ce qui concerne Zinsou Ezinnayé coupable des faits d’assassinat, vous le condamnerez à 20 ans de travaux forcés», a ajouté Gilles Sodonon

Plaidoiries de la défense

Et à Me Mousbaye Padonou-Aminou de répondre pour la défense de Guillaume Ahouandjinou que son client travaillait à Azowlissè. Contrairement aux réquisitions du ministère public, déclare-t-il, cet accusé avait le souci de la rentabilité. Il s’est adressé à son oncle maternel qui l’a conduit chez le charlatan. Pour la défense, il s’est débattu et avait le souci de la rentabilité, mais le diable est rentré par le besoin de fourniture d’un crâne humain. Le petit Armand Hounkonnou a été tué. «J’ai eu peur», a-t-il réagi. Il a été dépeint comme un paresseux mais ce n’était pas exact, rectifie Me Mousbaye Padonou-Aminou. «J’exerce dans une poissonnerie, aidez-moi à rendre cette activité florissante», relève l’avocat de la défense.
Ainsi, il a rappelé que le ministère public a demandé 3 ans, mais que son client a collaboré, il a déjà fait plus de 5 ans. La preuve, selon lui, est qu’il était loin mais quand il a été invité, il s’est présenté. «Il est devant vous, je souhaiterais que vous en teniez compte pour lui faire une douce application de la loi et ce serait justice», conclut-il.
A sa suite, Me Séverin Quenum a rappelé qu’« A chacun son métier et les vaches en seraient bien gardées». Pour lui, l’avocat est un auxiliaire de justice qui a pour mission de rappeler sans cesse celle-ci au respect des règles de fond et de forme établies par la loi, et de l’éclairer sur les points de droit dont dépend la sentence, de discuter les preuves produites par l’accusation. Et surtout de veiller au respect de la présomption d’innocence. C’est pourquoi, retient-il, les preuves, les allégations au soutien de l’accusation doivent être soumises à discussion même si a priori tout paraît évident.
Plaidant la même cause à côté de son aîné, Me Robert Hounkpatin a rappelé la procédure. Pour lui, à l’origine de l’affaire en jugement, une croyance aussi stupide que sordide «Le corps humain qui n’est pas dans le commerce est susceptible de procurer la fortune au moyen de pratiques occultes : le crâne humain pour réaliser la potion magique. Le petit a été distrait pour aller acheter de la glace», a-t-il confié. Ainsi Me Robert Hounkpatin a relevé des incertitudes et des doutes dans le dossier.
Sur les doutes et incertitudes, l’amitié et la fréquentation de Zinsou Ezinnayé et Eric Fassinou n’ont jamais été prouvées. De plus, la présence de Zinsou Ezinnayé sur les lieux du crime au moment des faits n’a pas été rapportée.

Un passé délictueux

En ce qui concerne les constantes, seul Eric Fassinou connaissait Fatoyé Idohou à Ikpinlè où il avait été scolarisé. De même, Eric Fassinou et Guillaume Ahouandjinou étaient des amis pour avoir en partage un passé délictueux (vol d’une somme de 500 000 F CFA). Il y a également, rappelle-t-il que Guillaume Ahouandjinou et Eric Fassinou ne sont pas des amis et ne se fréquentent pas.
De même, au jour de l’assassinat de l’enfant, et en allant informer Guillaume Ahouandjinou, Eric Fassinou n’a évoqué nulle part le nom de Zinsou Ezinnayé qui aurait été intéressé par la recette miraculeuse. En enlevant l’enfant à son jeu, Eric Fassinou était seul. Et le lieu de la découverte du cadavre (fosse septique) et celui de l’assassinat (case inhabitée) se trouvent dans le périmètre du domicile de Eric Fassinou où ont été découverts les objets mis sous-scellés. C’est au regard de ces constantes et ces incertitudes que Zinsou Ezinnayé a plaidé non coupable, par la voix de Me Séverin-Maxime Quenum.
Pour Me Séverin-Maxime Quenum, Zinsou Ezinnayé devra être acquitté au bénéfice du doute. Ce qu’il s’est évertué à montrer. En droit être pénal, dit-il, la responsabilité de la personne poursuivie doit être fondée sur le fait qu’elle a commis une faute et que la preuve de cette faute soit incontestablement établie. Donc pour Me Séverin-Maxime Quenum, la preuve de l’implication ou de la participation doit établie ou dûment rapportée. A défaut, insiste-t-il, l’acquittement s’impose.
En l’espèce, l’accusé, a été mis en cause par Eric Fassinou qui a prétendu que c’est lui qui a commis l’acte homicidaire sur la personne de l’enfant Armand Hounkonnou.
S’agissant de la déclaration d’un co-accusé, elle ne peut être tenue pour un témoignage, relève la défense. Au demeurant, elle n’est pas davantage corroborée, souligne-t-il, par un aveu de Zinsou Ezinnayé, ni par le moindre indice ou tout autre témoignage fait par des tiers. Dès lors, fait observer Me Séverin-Maxime Quenum, celui-ci mérite d’être acquitté, la preuve de son implication matérielle n’étant pas rapportée.
Au total, Me Séverin-Maxime Quenum a plaidé l’acquittement pur et simple au principal et au subsidiaire, l’acquittement au bénéfice du doute.
On est responsable que d’un fait personnel si aucun fait matériel ne se rapporte aux actes qu’il a posés, on ne peut donc le punir. Dans quel pays deux mille francs peuvent acheter le silence pour un crime pendant que les mœurs ont été aussi galvaudées ?, s’interroge la défense. En présence d’autant d’incertitudes lorsque les faits ne sont pas suffisamment établis, il y a doute et en matière criminelle, le doute profite toujours à l’accusé. En présence d’un doute, si vous condamnez, vous aurez commis une erreur judiciaire. Me Séverin-Maxime Quenum a rappelé aux jurés le texte du serment qu’ils ont prêté pour retenir qu’une décision d’acquittement s’impose. Rendez à Zinsou Ezinnayé sa liberté, acquittez-le et ce sera justice, plaide-t-il.

Le verdict de la cour

La cour revient après délibérations et déclare les nommés Zinsou Ezinnayé et Guillaume Ahouan-djinou, coupables, le premier pour homicide volontaire commis avec préméditation régi et puni par les articles 295 à 298 du code pénal et le second coupable de non dénonciation ; et les condamne respectivement à 15 ans de travaux forcés et 3 ans fermes et les condamne également aux dépens.
Guillaume Ahouandjinou est libre au prononcé de ce verdict pour avoir passé plus de trois ans en détention préventive tandis que Zinsou Ezinnayé y retourne encore pour purger quatre ans qui lui restent.
La partie civile, Paul Hounkonnou, le père du petit Armand a déclaré être sous le choc mais ne se constitue pas partie civile. La cour lui en a donné acte.

Société 03 avr. 2015


Instrument au service du développement:La Banque internationale du Bénin célèbre ses noces d’argent

2 avril 1990-2 avril 2015, cela fait exactement 25 ans que la Banque internationale du Bénin (BIBE SA) a ouvert ses portes au public. Hier jeudi 2 avril, à son siège à Cotonou, une série de manifestations a été organisée pour marquer la célébration de ses noces d’argent.

Vingt ans de vie pour la Banque internationale du Bénin (BIBE. SA). C'est un évènement qui mérite d’être célébré. A défaut du grand faste, les responsables de l’institution bancaire ont opté pour la sobriété afin de marquer l’évènement. Le sang étant le liquide le plus précieux pour vivre, cette banque a organisé une opération de don de sang au niveau de son personnel pour mieux coller à la devise «Être au service du développement».
Bien avant cela, le 26 mars dernier, son Conseil d’administration a tenu une session sous l’égide de son président Zacharie Yomètowu.
Selon le directeur général par intérim de la BIBE, Romain Boko, qui parlait au nom du président du Conseil d’administration, la banque dispose aujourd’hui d’un capital qui s’élève à 9 milliards de francs CFA entièrement libéré. Il précise que depuis son entrée en activité en avril 1990, la banque a toujours fait preuve d’un grand dynamisme sur la place financière nationale et sous-régionale. «Elle contribue activement au financement du développement et à l’accompagnement des opérateurs économique. Ses points de vente sont bien répartis sur le territoire national. Et elle propose une large gamme de produits à une clientèle diversifiée », a-t-il confié.
Parlant du fonctionnement de la BIBE, Romain Boko ajoute qu’à la suite des mesures structurelles mises en œuvre, elle est à ce jour entièrement administrée et dirigée par des cadres nationaux tant au niveau du Conseil d’administration que de la direction générale. «A l’instar des autres banques, elle est gérée comme une entreprise privée, suivant les règles de l’OHADA et de la règlementation bancaire en vigueur dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine.»
Après la pluie le beau temps !
La BIBE est une banque qui a connu ses heures de gloire au cours de la décennie 1990- 2000. Elle était classée troisième du paysage bancaire béninois et a contribue à financer de nombreuses activités de certains opérateurs économiques dans le pays, explique Théodule Gbaguidi, responsable du département des Services généraux, et l’un des cadres qui ont pris fonction au démarrage des activités de la banque en 1990. S’il reconnaît que la banque a connu des périodes difficiles, il s’empresse de rassurer que tout a été remis en ordre depuis que l’Etat béninois a pris les taureaux par les cornes pour conduire l’institution à l’étape actuelle de « transition pour sa cession».
Les difficultés de la BIBE relèvent maintenant du passé, rassure Théophile Gbaguidi. A l’endroit des clients, il rappelle que leur banque se porte bien et jouit d’une santé robuste. «Faites-nous confiance, l’espoir est permis», a-t-il conclu.
Des acquis certains

Pour le directeur général par intérim, Romain Boko, la BIBE dispose d’atouts certains pour un partenariat fructueux avec les opérateurs économiques, même les plus exigeants. Pour décliner ces atouts, il parle de la longue expérience acquise durant ses 25 ans d’activités bancaires; son fonds de commerce avec une clientèle diversifiée ; son positionnement stratégique sur le marché bancaire béninois ; sa bonne connaissance de la place financière du Bénin ; son réseau de correspondants extérieurs à travers le monde entier ; sa large gamme de produits et services performants; ses conditions de taux et de commissions très compétitives ; ses points de vente bien répartis sur le territoire national et tous fonctionnels, sans oublier la qualification et le professionnalisme de son personnel.

Société 03 avr. 2015


Etat d’application de la convention collective de la presse privée:L’UPMB préoccupée par les conditions salariales des journalistes

Le traitement salarial du personnel de la presse préoccupe l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB). Ensemble avec le Conseil national du patronnat de la presse et de l’audiovisuel (CNPA), elle a commandité un rapport sur l’état d’application de la convention collective applicable au personnel de la presse. Hier jeudi 2 avril à la Maison des médias «Thomas Mégnassan», il a été procédé à la validation du rapport provisoire.

La convention collective est un accord ayant pour objet de régler les rapports professionnels entre les employeurs et les travailleurs, soit d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises, soit d’une ou plusieurs branches d’activités. Le rapport sur celle applicable dans la presse privée au Bénin et signée le 20 mars 2008, réalisé par l’administrateur de travail et expert en législation sociale Adrien Massessi et le journaliste Jacques da Matha, montre que bon nombre d’acteurs ne connaissent pas la convention collective applicable au personnel de la presse. Il a porté sur 51 organes de presse à Cotonou et 20 organes à l’intérieur du pays. Sur un total de 284 personnes enquêtées, soit 213 professionnels des médias et 71 directeurs d’organes de presse, 63,51% ont une connaissance de la convention, 64,03% des employés ont reconnu ne pas avoir de bulletin de paye, 62,33% ne sont pas déclarés à la CNSS et pour ceux qui le sont, 89,93% ne bénéficient pas de prestations familiales tout simplement parce que les responsables de presse n’honorent pas leurs engagements. Au niveau des conditions salariales, le présentateur du rapport Adrien Massessi a fait une comparaison avec la convention collective applicable au personnel de l’ORTB. Il en ressort que si le plus bas salaire à l’ORTB est de 48 000 FCFA et le plus élevé 249 000 FCFA, au niveau de la presse privée, le plus bas salaire est de 28 000 FCFA et le plus élevé 40 000 FCFA. Il en déduit que même le salaire le plus élevé au niveau de la presse privée est en dessous du salaire le plus bas à l’ORTB, bien que la convention collective de cet organe de service public date déjà de plusieurs années et est en train d’être dénoncée.

Les débats

Après l’exposé du rapport, les participants ont fait des remarques qui vont de la problématique de l’exigence des délégués du personnel et de leur formation à la méconnaissance par les employés de leurs droits. Selon le juge Gilbert Togbonon, le Code de l’information trouvera son répondant dans la convention collective parce qu’il n’y aura plus de rédaction «dans un sac». Il a souligné que le droit de travail protège presque toujours l’employé et de ce fait, il a suggéré aux responsables d’organe de presse d’avoir des conseils. Pour Maître Brice Houssou, le problème subsiste au niveau de la presse écrite. Selon lui, tant que le patron, au bout de cinq ans, change de véhicule, construit une maison alors que l’employé n’a même pas 40 000 FCFA de salaire par mois, on assistera toujours à la multiplication des organes de presse et cela dans une atmosphère générale de précarité.
Quant au président de l’UPMB Franck Kpochémè, il avoue s’être retrouvé dans l’étude puisque n’ayant jamais été déclaré, et n’ayant jamais bénéficié de congés durant toute sa carrière bien qu’il ait travaillé dans des organes de renom.

Société 03 avr. 2015


Regards croisés sur un patrimoine en péril :Etat des lieux, plaidoyer et propositions pour une valorisation du conte

L’état des lieux du conte au Bénin, son importance dans les programmes d’études au niveau des enseignements primaire et secondaire, son utilité dans l’enseignement de la langue française, les faiblesses de la didactique du conte… et les approches de solutions à envisager. Ce sont là les éléments qui ont meublé le colloque international organisé dans le cadre de la quatrième édition des Rencontres internationales des arts de l’oralité (RIAO). Lesquelles ont mobilisé à Cotonou, des pays comme la Belgique, la France, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Burkina Faso.

« Le conte africain est un fait de civilisation, le reflet de valeurs idéologiques, un mode d’expression et de pensée, un art et une forme de littérature ». Cette vue du conte, proposée par l’inspecteur à la retraite, Magloire Cossou qui avait pour but de replonger les participants au colloque international organisé dans le cadre de la quatrième édition des Rencontres internationales des arts de l’oralité (RIAO) dans l’esprit même de ces contes racontés jadis au clair de lune, et qui ont amorcé depuis peu leur apogée. Pour lui en effet, le conte africain est d’abord une manifestation de la société traditionnelle dans laquelle la communication orale est privilégiée et donc un phénomène d’oralité. Mieux, les contes africains sont merveilleux et procèdent en fait d’une mentalité animiste avec des hommes, des animaux, des végétaux, des êtres surnaturels et des divinités montrés en interaction. Mais de plus en plus, le conte perd de sa superbe. Même si pour le conteur et cinéaste Claude Balogoun, il est comme une matière première pour toutes les disciplines artistiques. «Son insertion dans les œuvres de création garantit un succès indiscutable que ce soit en cinéma, en musique, au théâtre», souligne-t-il. Il n’en veut pour preuve que le premier film réalisé au Bénin par le Père Aupiais dont la substance n’est que le conte. Autant de prestiges en perte, qui ont conduit à l'organisation des RIAO par l’association Katoulati, avec Partenari'arts & Culture Bénin. Ce colloque dont la contribution à une valorisation du conte se passe de commentaires.

Trop de faiblesses…

En termes de faiblesses, les communicateurs invités par les RIAO pour se pencher sur la problématique du conte au niveau des programmes d’enseignement, en ont identifié plusieurs. Ceux-ci ont estimé par exemple que « l’apprentissage du conte devrait être la porte ouverte à l’éducation morale, à l’édification intellectuelle et une récréation didactique pour les élèves ». La situation d’apprentissage du conte, ont-ils souligné, devrait susciter des vocations et semer l’émotion. Malheureusement, constate l’inspecteur Apollinaire Agbazahou, «la rigueur religieuse qui caractérise la discipline scolaire contraint l’enseignant non averti à maintenir la grisaille des classes et à enseigner le conte comme il enseigne tout autre texte narratif». Ce qui ne soulève pas souvent l’enthousiasme des élèves qui se contentent alors d'un catéchisme habituel, constate cet expert. Lequel est fait de l’étude des personnages, du résumé du texte, de l’intention de l’auteur, et un peu de saupoudrage d’ordre lexical et grammatical, poursuit-il, avant d'indiquer qu’il s’agit au finish d’un enseignement «stérile et infécond». Ceci, d’autant plus que les dimensions artistique et ludique sont toujours sacrifiées.
En réalité, observe Apollinaire Agbazahou, «le conte devrait être un genre composite qui exploite tous les outils des arts et de la scène, qui convoque le jeu d'acteur, surtout la diction, la mimique et la gestuelle pour donner vie au texte étudié ». Il peut avoir distribution de rôles si plusieurs personnages sont mis en espace dans un conte en étude, martèle-t-il.
Au-delà, de ces observations, l’inspecteur et sans doute l’enseignant et acteur culturel qu’il est également, note plusieurs autres insuffisances. Il s’agit par exemple de l’absence des conteurs béninois dans les programmes.
En effet, sur les sept recueils de conte au programme, seulement un auteur béninois est étudié, regrette-t-il. Pourtant, il existe des recueils de contes comme «La fille têtue» de Jean Pliya, «Les épouses du fâ» du professeur Mahougnon Kakpo «qui défendent bien nos valeurs endogènes et qui sont d’excellentes factures» mais qui sont délaissés.

«Il urge que l’école s’ouvre sur le monde des arts»

Créer un binôme école-secteur culturel pour barrer la voie au mimétisme ambiant qui gangrène le secteur culturel béninois, trouver des solutions pour forcer une jeunesse ouverte et portée vers la culture endogène. Ce sont là, quelques-unes des raisons pour lesquelles, le colloque des RIAO a scruté l’horizon, en penchant notamment pour une autre approche de l’introduction de la culture dans le secteur éducatif. Les participants à la rencontre ont été d’ailleurs unanimes sur le fait qu’il faille «ouvrir l’école sur le monde des arts pour une initiation des enseignants aux métiers de la scène et faire descendre de temps à autre des conteurs professionnels dans les classes».
On pourrait également, ont-ils suggéré, «exploiter l’expertise des enseignants-artistes pour des séminaires de formation et susciter un partenariat entre les ministères en charge de l’Education et celui de la Culture pour une action concertée dans ce sens ».
Mais de telles actions, sans une valorisation des acteurs des arts oratoires, notamment les conteurs ne peuvent prospérer. Raison pour laquelle, les participants ont émis le vœu qu’il soit institué un prix d’excellence annuel pour récompenser les meilleurs conteurs et auteurs de conte. Ils pensent aussi faire un lobbying en direction du Fonds d’aide à la Culture pour la promotion de toute entreprise agissant dans le cadre de la valorisation du conte. La création d’un cadre juridique facilitateur de production de contes est aussi envisagée. Pour eux, il faut « arguer de la décrépitude morale ambiante avec pour corollaire la cybercriminalité, la fréquence des braquages, les jets de nourrissons par leurs génitrices, l'assassinat froid des forces de sécurité par la pègre, les vols à main armée, l'émoussement du droit d’ainesse, l’incivisme, la recherche des solutions de facilité… et proposer des solutions de masse dont le conte est un dépositaire fiable et efficace ».

Quelles perspectives alors?

La première série de propositions en vue de faire du conte un outil de développement et mieux travailler son intégration dans les programmes et activités scolaires est venue de l’administrateur culturel Espéra Donouvossi. Celui-ci estime en effet qu’il « urge que les acteurs culturels et de la Société civile se mobilisent et initient des activités et programmes». Lesquelles « promeuvent plus et mieux le patrimoine culturel dans les créations artistiques avec mention spéciale au conte».
Pour Espéra Donouvossi en effet, il faut mettre en place des mécanismes de recherche pour évaluer, quantifier l’apport de la culture dans le processus du développement car « l’absence de données affaiblit les programmes de plaidoirie et des activités de groupe de pression dans le secteur culturel et artistique». Ensuite, préconise-t-il, d’initier des rencontres culturelles, créatives et thématiques pour discuter et analyser les données sur la culture et faire des propositions pour une meilleure gestion de la culture au Bénin, de tisser des liens solides avec les universités pour faciliter et encourager les recherches non sur l’importance de la culture mais sur les chiffres et données qui certifient son importance économique.
Pour sa part, l’inspecteur à la retraite, Magloire Cossou établit des perspectives en tenant compte de l’existant. Celui-ci soutient que des efforts se font pour transcrire et conserver les contes. Dans une Afrique en évolution rapide, «il est tout à fait probable que les séances de contes au clair de la lune dans les villages risquent de devenir de plus en plus rares, mais le conte ne périra pas». Il survivra, dit-il, grâce à l’écrit des livres, bandes dessinées, journaux, à l’audiovisuel via la radio, la télévision et même grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication et autres supports numériques et diverses applications comme You Tube, WhatsApp...
Pas étonnant alors qu’il ait été décidé à l’issue dudit colloque de la mise sur pied d’un comité de suivi de ses actes et recommandations du colloque et d’un comité scientifique pour la recherche et les réflexions sur l’apport économique de la culture au développement au Bénin.

Culture 03 avr. 2015


Fonction publique,Les nouvelles conditions d’admission à la retraite

Juste après l’ouverture de la session ordinaire, les députés ont tenu dans l’après-midi d’hier une séance plénière. Ils ont examiné et adopté à l’unanimité le projet de loi portant statut général de la Fonction publique au Bénin en remplacement de la loi n° 86-013 du 26 février 1986 qui régit jusque-là le statut des Agents permanents de l’Etat.

Composé de 392 articles, le projet de loi portant statut général de la Fonction publique est désormais adopté. Ce texte vient remplacer la loi n° 86-013 du 26 février 1986 vieille de près de trente ans et antérieure au renouveau démocratique. Il comporte beaucoup de dispositions aujourd’hui inadaptées aux exigences de performance dans l’administration publique. C’est d’ailleurs ce qui a amené le gouvernement à initier le projet de loi adopté hier à l’unanimité des députés. Cette nouvelle loi vise à améliorer les performances de l’administration.

Elle fixe le régime juridique applicable à l’ensemble des agents de la fonction publique ainsi que les principes fondamentaux de gestion des emplois publics. Il s’applique aux personnes qui, nommées dans un emploi permanent, sont titularisées dans un grade de la hiérarchie des administrations et services de l’Etat et des collectivités territoriales décentralisées, des établissements publics à caractères social, culturel et scientifique. Le nouveau statut ne s’applique pas aux magistrats de la Cour suprême, aux magistrats des cours et tribunaux et aux greffiers, aux personnels militaires et paramilitaires, aux agents des organismes parapublics et des établissements publics à caractère industriel et/ou commercial et à ceux des entreprises publiques ou semi- publiques, aux personnels parlementaires ; aux personnes autres que les agents de l’Etat nommés dans des fonctions politiques.

Ce texte comporte beaucoup d’innovations. Les plus importantes concernent les conditions générales de recrutement dans la Fonction publique. Notamment en ce qui concerne les limites d’âge de recrutement. Ils sont désormais fixés à 35 ans au plus pour les agents des catégories C et D, 40 ans au plus pour les agents des catégories B et A au 31 décembre de l’année au titre de laquelle le recrutement est organisé. La limite d’âge d’accès aux corps de l’enseignement supérieur et des corps correspondants de la recherche est fixée à 45 ans. L’autre innovation de ce texte touche l’âge d’admission à la retraite des fonctionnaires. Il est fixé à 65 ans d’âge pour les professeurs titulaires et les maîtres de conférences ; 63 ans d’âge pour les maîtres-assistants ; 62 ans d’âge pour les assistants des universités nationales du Bénin, les professeurs des corps autonomes et les autres fonctionnaires de la catégorie A ; soixante (60) ans d’âge pour les fonctionnaires de la catégorie B; 58 ans d’âge pour les fonctionnaires des catégories C et D. Toutefois, le fonctionnaire justifiant de cinquante-cinq (55) ans d’âge au moins peut demander à être admis à la retraite.
Les députés ont manifesté un grand intérêt au vote de cette loi. Eric Houndété, Grégoire Laourou, Edmond Zinsou, Boniface Yéhouétomè, Gaston Yorou, Djibril Mama Débourou et autres ont trouvé cette loi importante. Surtout qu’elle règle le problème du statut des agents des collectivités locales au Bénin.
Toutefois, pour le député Lucien Houngnibo, cette réforme législative manque de pertinence. Pour lui, quoi qu’on dise, elle va geler le recrutement des milliers de jeunes aujourd’hui diplômés sans emploi. L’autre chose sur laquelle le député a mis le doigt est qu’à l’âge de 60 ans, l’agent n’est plus performant et ne rend plus rien. Pour cela, il soutient qu’on maintienne le statu quo pour donner de chance aux milliers de jeunes sans emploi.

Le Code des pensions et le statut des policiers, douaniers et autres adoptés

Cerise sur le gâteau, les députés ont adopté deux autres textes de loi. Le premier concerne la loi portant statut spécial des forces de sécurité publique et assimilés. Cette loi vise surtout à améliorer les conditions de vie et de travail des agents de la Police nationale, des Douanes et des Eaux et Forêts et Chasse. Ces trois catégories de fonctionnaires disposent désormais d’un Code unique qui traite de leurs statuts.
Le second dossier porte sur la loi n° 86-14 du 26 septembre 1986 portant code des pensions civiles et militaires de retraite. Le texte modifié hier par les députés vise à résorber progressivement le déficit du Fonds national de retraites du Bénin, à assurer la pérennité de la liquidation des pensions aux hommes et aux femmes qui ont servi la nation. Aussi, vise-t-il à harmoniser la législation nationale en matière de critère d’âge d’admission à la retraite avec celle des pays de la sous-région. Ainsi désormais, les agents de l’Etat peuvent, sur leur demande et à partir de 55 ans d’âge au moins, faire valoir leurs droits à la retraite proportionnelle avec une pénalité de 2% par année d’anticipation jusqu’à 10% au maximum. Cette pénalité cesse à l’âge d’admission à la retraite. La condition d’âge devient le seul critère d’admission à la retraite comme c’est le cas déjà avec les magistrats et les enseignants du supérieur, souligne le nouveau code adopté à l’unanimité des députés présents ou représentés.
L’adoption de cette loi a mis définitivement un terme aux activités des députés de la 6e législature qui se retrouvent désormais sur le terrain. Les regards sont tournés vers la 7e législature.
Th. C. N.

Actualités 03 avr. 2015


Retrait d'agrément à la FBF, Les explications du Comité exécutif de la FBF

Le président du Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) était face à la presse hier jeudi 2 avril à Cotonou. Augustin Ahouanvoébla a donné sa part de vérité sur la crise actuelle au sein de la famille du football et les conséquences négatives de la décision de retrait de l’agrément à l’instance faitière du sport roi. Il a bénéficié du soutien de la Ligue professionnelle de football.

Appuyé par la Ligue professionnelle de football, le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) s’est prononcé, hier jeudi 2 avril, sur la crise générée par le retrait par le gouvernement de l’agrément. Augustin Ahouanvoébla a tout d’abord parlé des désagréments engendrés par cette décision. Mais pour lui, le chef de l’Etat, Boni Yayi qui aime si tant la jeunesse et le football n’a pas eu connaissance des tenants et aboutissants de ce dossier. «Le premier magistrat a été manipulé dans cette affaire et nous en appelons à sa clairvoyance», poursuit-il. Selon le conférencier, les reproches faits à la Fédération ne sont pas fondés au regard de la gestion transparente et ambitieuse de ses activités.

Il attribue ces décisions à des acharnements sans fondement. Augustin Ahouanvoébla a invité les présidents de clubs à la patience. «Tout va se stabiliser et on s’en sortira», a-t-il lancé. Par ailleurs, il se dit surpris de ce que le siège de l’association soit militarisé et fermé au point de vouloir procéder à l’inventaire de son patrimoine sous prétexte de sa sécurisation. Les risques encourus par la décision gouvernementale sont à identifier à plusieurs niveaux, dira t-il. D’abord, la sanction de la FIFA risquerait de créer l’isolement total du Bénin sur la scène internationale de football.

Aussi, va-t-elle occasionner la rupture des contrats des salariés de la FBF, la cessation d’activités des entraîneurs, des arbitres et des joueurs mais surtout la perte par le Bénin d’importants accords de financement de construction d’infrastructures sportives. A l’en croire, cette décision ne repose sur aucune base juridique car, le décret du 24 mai 2013 évoqué dans l’arrêté portant retrait de l’agrément n’existe nulle part. « Il n’y a aucune trace de ce décret non seulement dans les documents administratifs de la Fédération mais également dans les archives nationales », dira le président de la FBF. « C’est une méconnaissance volontaire de la Charte des sports en République du Bénin », martèle t-il. Augustin Ahouanvoébla a cité quelques réformes porteuses d’espoir pour le sport béninois mises en œuvre par son équipe qui seront en sursis à cause de cette décision. Il s’agit de la reprise du championnat du football féminin stoppé depuis 2009, l’organisation pour la première fois des tests et des formations pour les entraîneurs, le partenariat avec l’ORTB pour la diffusion des matches afin de renforcer les actions pour le sponsoring, les réformes au niveau des centres de formation, l’organisation de l’examen de passage de grade des arbitres, l’installation d’une direction technique nationale avec un cahier de charges précis.
Le 27 mars dernier, le ministère de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, dirigé par Safiou Idrissou Affo, a par arrêté, retiré l’agrément à la Fédération béninoise de football.

Le gouvernement béninois reproche à l’instance faitière, la non-exécution des instructions de la CAF et de la FIFA relatives à la réunification de tous les acteurs du football; la gestion discriminatoire du football, l’absence de transparence dans la gestion administrative, financière et technique de la FBF ; violation délibérée des règlements et dispositions de la CAF et de la FIFA relatifs à la tricherie sur les âges et les nationalités des joueurs ; mésintelligence entre les membres du Comité exécutif de la FBF entraînant une cacophonie en son sein ; mauvaise organisation du championnat national et l’absence remarquable de politique et de compétition en faveur des catégories d’âge.

Sports 03 avr. 2015


Accès aux télécommunications:Le Bénin désormais doté de son deuxième câble sous-marin

Dans sa quête de devenir le quartier numérique de l’Afrique, le Bénin vient de franchir un autre pas de géant. Hier mercredi 1er avril, le ministre en charge de la Communication a reçu officiellement la bouée d’or qui consacre l’atterrissement du câble sous-marin Africa-Coast to Europe (ACE).

Plus de 12 ans après l’avènement du premier câble sous-marin au Bénin, le SAT3, le Bénin vient de franchir un autre pas avec l’atterrissement d’un deuxième, le câble sous-marin ACE. Lequel constitue une opportunité pour l’intégrer dans un réseau de télécommunications à haut débit en vue du développement des TIC. Pour ce faire, une station d’atterrissage a été construite et équipée au quartier Fidjrossè à Cotonou et le personnel devant y servir a été déjà recruté et formé à cet effet. De même, le navire câblier qui doit effectuer la jonction de la portion terrestre du câble et de la partie marine du câble est actuellement au large des côtes béninoises et le raccordement du Bénin est déjà fait.
Et c’est dans ce cadre que le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication, Jean Gbéto Dansou, s’est fait remettre officiellement hier, la bouée d’or qui consacre cet atterrissement. Il dira alors que « le Programme régional des infrastructures de communication en Afrique de l’Ouest (WARCIP), projet d’infrastructures qui vise l’atterrissement du câble sous-marin ACE apparaît comme une réelle opportunité dans le secteur des TIC au Bénin ».

Il permettra aussi, se réjouit le ministre, « d’accroître la portée géographique des réseaux à large bande et de réduire le coût des services de télécommunications dans notre pays ». La vision du gouvernement en raccordant le Bénin au câble ACE, est d’assurer la redondance et la baisse progressive du coût des services télécoms et TIC, annoncera-t-il par ailleurs.
Pour Jean Gbéto Dansou, «ce second câble va augmenter la productivité des entreprises, faciliter l’accès des populations aux ressources du Web et améliorer les conditions des professionnels de tout bord». Pour jouir davantage de cette innovation technologique assez attendue et offrir un «accès ouvert et non discriminatoire», une structure de gestion en mode partenariat public-privé, le groupement d’intérêt économie dénommé Bénin ACE Gie, composé de Bénin Télécoms SA, Moov, Mtn, Isocel, Oti, Eit, Libercom et Univercell. A l’endroit de ceux qui n’avaient pas cru à la concrétisation d’un tel projet, son administrateur, Robert Awad et le coordonnateur du projet e-benin, Olivier Capo Chichi ont fait savoir sa concrétisation, expliquant les péripéties qui ont conduit à son aboutissement.

Que d’avantages !

La remise d’une bouée d’or aux autorités béninoises hier, pour matérialiser la connexion du Bénin au câble sous-marin ACE est l’aboutissement d’un long processus. En effet, c’est le gouvernement béninois qui a sollicité le soutien de la Banque mondiale pour bénéficier du projet WARCIP, qui le lui a accordé sous forme de crédit pour un montant de plus de 17 milliards de francs CFA.
Depuis hier, l’une des phases les plus importantes dudit projet, la connexion du Bénin est devenue une réalité. «Ce câble en fibre optique a une capacité maximale de 5,12 Terra bit par seconde et une longueur de 17000 kilomètres. Le multiplexage en longueur d’onde permet d’augmenter sa capacité initiale». Fort de ces caractéristiques, il offre au Bénin une pléiade d’avantages et fait de lui «le nerf central numérique région». Il permet également «de faciliter les échanges au plan régional et d’augmenter pour le Bénin, l’opportunité de devenir plus compétitif au plan international». Par ailleurs, il assure la redondance du câble sous-marin existant, le SAT 3. Sa durée de vie est estimée à 25 ans.

Actualités 02 avr. 2015


Administrations scolaires dans le Borgou-Alibori:Des enseignants dénoncent «la promotion de la médiocrité»

«L’on assiste de façon effarante à la promotion de la médiocrité à la tête des administrations scolaires : des agents subalternes sont promus directeurs, censeurs, surveillants généraux et comptables voire directeurs départementaux, sur fond de régionalisme, d’ethnocentrisme, de népotisme et de clanisme au détriment du mérite et en foulant au pied les aptitudes».

C’est ce qu’a déclaré hier mercredi 1er avril à Parakou un collectif d’enseignants réunis au sein du Mouvement des enseignants engagés pour le renouveau du système éducatif résidant à Parakou. Le prétexte trouvé par certaines autorités départementales qui apportent leur caution morale à cette situation, souligne le porte-parole Gratien Ahossinou, c’est que «La fonction appartient à l’Etat et le métier, à l’individu».

Par sa sortie médiatique d’hier, le mouvement entend dénoncer «la prise en otage du système éducatif par des acteurs politiques ignorant des pratiques pédagogiques en cours et des réalités de l’école béninoise, l’humiliation et le dénigrement des enseignants ... à travers des tournées d’insulte, de sabotage et de médisance». Tout ceci ne fait que «conduire le système éducatif dans l’abîme», selon ces enseignants. Ils n’en veulent pour preuve que les mauvais résultats qu’engrangent les départements de l’Alibori et du Borgou ces dernières années aux différents examens nationaux et qui sont, à les en croire, le résultat de la frustration, de l’humiliation, de la gabegie dont sont victimes certains enseignants, notamment les responsables syndicaux qui ont fait récemment les frais de «mutation punitive et de règlement de comptes à travers des affectations abusives, fantaisistes et arbitraires». Aussi, s’insurgent-ils contre le fait que la plupart des recommandations issues des journées de réflexion sur l’éducation dans les deux départements, assises tenues depuis septembre dernier, sont «restées jusqu’à nos jours des vœux pieux».
Les enseignants engagés pour le renouveau du système éducatif et résidant à Parakou prennent l’opinion publique à témoin et appellent ceux qui sont soucieux de l’avenir de la jeunesse béninoise à se joindre à eux pour le combat en vue «non seulement de redorer le blason du système éducatif mais aussi sortir le pays de l’ornière».

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 02 avr. 2015


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