La Nation Bénin...
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Les pays de la Cedeao
doivent changer de fusil d’épaule face à l’insécurité dans la sous-région.
C’est à cette conclusion qu’ont abouti les échanges du panel organisé, jeudi 15
février dernier au Chant d’oiseau. initié par l’Institut des artisans de justice
et de paix, ce panel avait pour principaux invités, les anciens ministres
Rogatien Biaou et Arifari Bako Nassirou, et le député Célestin Hounsou.
#Terrorisme et insécurité2 #une synergie d’actions2 #la sous-région2
La croissance de l’Afrique
est tombée à 3,2 % en 2023 contre 4,1 % en 2022, en raison de chocs multiples,
estime la Bad qui préconise le renforcement de la résilience à travers une
combinaison de politiques, pour booster l’activité économique.
#Croissance économique en Afrique2 #mesures de relance2
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), statuant en matière criminelle sur des faits commis à raison de sexe des personnes et protection de la femme, a infligé, ce lundi 19 février, 30 ans de réclusion criminelle à l’accusé Mathias Kouaro retenu dans les liens de l’accusation de viol sur mineure de moins de 13 ans commis à Natitingou en 2019.
#La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)2
Pendant les deux nouvelles années de leur coopération, le Pnud et le Bénin ont choisi d’intervenir sur deux piliers : « la résilience, la croissance durable et l’emploi » et « l’Etat de droit, la démocratie, la gouvernance et la cohésion ». Les retombées des actions prévues par ce nouveau cadre devraient fouetter, entre autres, la bonne gouvernance, la paix et la cohésion sociale et booster la croissance économique dont les dividendes seront profitables à tous.
#Nouveau cadre de coopération Pnud-Bénin2
Du 22 au 24 février se tient à Cotonou le quatrième Forum des mines et du pétrole de la Cedeao (Ecomof 2024). Les politiques visant à accroître les investissements et la contribution de ces secteurs aux recettes des Etats sont au centre des préoccupations.
#4e Forum des mines et du pétrole de la Cedeao2
En instance de réception, les travaux de dragage pilote ont été conduits suivant les normes environnementales et dans le respect de nos traditions, estime Martin Gbèdey, directeur général de l’Agence pour le développement intégré de la Zone économique du lac Ahémé et ses chenaux (Adelac). Il parle dans cet entretien, de la suite du Programme intercommunal de réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux (Pira) .
#Martin Gbèdey, Dg/Adelac2
« Quand le lac va, tout va et quand les activités autour du lac sont bloquées, l’économie locale est asphyxiée », fait remarquer Jean-Placide Agbogba, conseiller communal à Kpomassè. Il souligne la nécessité d’adopter des pratiques vertueuses qui garantissent la pérennité des ressources du lac Ahémé. « Le lac peut retrouver ses lettres de noblesse, mais on ne doit plus gérer les ressources par hasard», estime-t-il, suggérant la mise en place de mécanismes et d’organes efficaces de gestion du lac intégrant les communautés. Pour lui, il est question, comme autour du lac Léman en Suisse, de recenser tous les pêcheurs qui auront une autorisation, et les types d’engins qu’ils doivent utiliser et de définir les horaires de pêche, les types de poissons et la quantité que chacun peut attraper.
Le général Félix Tissou Hessou abonde dans le même sens pour déplorer les mauvaises pratiques autour du lac, notamment la pollution des eaux par tous types de déchets, la destruction des forêts galeries, toutes choses qui ont eu pour conséquences la dégradation de l’écosystème du lac et son appauvrissement en ressources halieutiques et par conséquent la baisse des rendements. « Le gouvernement a commencé à abattre un travail colossal et nous devons l’encourager à poursuivre les autres phases », salue-t-il. Il ajoute : « Le reste revient à nous-mêmes : nous les riverains, nous les exploitants du lac. Nous avons l’obligation de respecter le lac pour ne pas retomber dans la même situation que vit le lac aujourd’hui ».
Les instruments de pêche tels que les filets à mailles fines mèdokpokonou, mandovi, Gbagba-Loulou, les barrages à nasses xa, les pièges à poissons faits à base des matériaux végétaux et installés souvent dans les couloirs de migration des poissons, piègent les sédiments vaseux et exacerbent l’envasement du lac, selon le chercheur Ernest Amoussou de l’université de Parakou. En outre, ajoute-t-il, la pollution du lac par les ordures ménagères, les métaux lourds, les huiles et hydrocarbures, les dérivés d’engrais chimiques et de pesticides et la pollution bactériologique par les matières fécales entraînent la disparition des poissons tels que Parachanna obscura (Hotrou en langue locale Pédah ou mina), et Dasyatis magarita (Ozouin) de la lagune côtière et du lac Ahémé.
Plusieurs autres espèces y sont introuvables, à l’instar de Heterotis niloticus (Houâ), Pseudotolithus senegalensis (Djoké), Galeoïdes decadactylus (Tchicoué), Caranx senegalensis (Pampanvi), Pomadasys jubelini (Kokouin), Epinephelus aeneus (Toboko), d’après les études et témoignages recueillis sur le terrain.
Malgré le dispositif réglementaire, les mauvaises pratiques ont encore cours et les contrevenants corrompent des agents de sécurité et des élus locaux pour continuer leur besogne, dénonce Antoine Apétoh Djossou dit « Tout Coule », premier vice-président de l’Union nationale des pêcheurs continentaux et assimilés du Bénin (Unapecab) et trésorier de la Fédération nationale des acteurs de pêche (Fenapêche).
« Il reste à prolonger le dragage jusqu’à dépasser Avlô (Grand-Popo) et atteindre Djègbadji (Ouidah) puis continuer dans les autres cours d’eau du lac», plaide Cyprien Aziahounkoui, chef du village de Mèkô-Plage.
Dans cette même veine, Théophile Obénakou, environnementaliste, natif de Djondji, souligne qu’il importe « de stabiliser rapidement l’embouchure (la Bouche du Roy) qui bouge ». Depuis sa déstabilisation en 1995, sa vitesse de déplacement vers l’est a été estimée à 1 km/an et ce mouvement s’est accéléré en 1999, principalement à cause des crues importantes du Mono, d’après une étude menée en 2000 par Roche International. « Sinon, d’ici quatre ans, l’embouchure se retrouverait à Djondji-Plage, sous l’effet des moussons, des houles et des lâchers d’eau du barrage de Nangbéto qui drainent beaucoup de sable », alerte T. Obénakou.
Cet estuaire influence non seulement le régime hydraulique des systèmes lagunaires afférents, mais aussi module leur régime de salinité. Lorsque la Bouche du Roy est ouverte, elle permet en période de crue d’évacuer les eaux douces qui proviennent des fleuves Mono et Couffo, explique M. Obénakou. D’où, il importe de réguler les échanges entre la mer et la lagune.
L’opération de dragage du lac nécessitant d’énormes moyens financiers, M. Agbogba préconise d’inscrire le programme de réhabilitation dans un plan pluriannuel de financement pour le doter de ressources conséquentes. « Ainsi, au bout de dix ans, la situation du lac va changer positivement », estime-t-il.
« Une autre approche serait de solliciter les exploitants de carrière qui vont prélever le sable et le vendre, quitte à les encadrer, afin de ne pas être obligé de sortir plus de 20 milliards F Cfa comme lors de la phase pilote », suggère Théophile Agbofoun, consultant international en ingénierie de développement. Il insiste aussi sur une exécution participative des travaux qui impliquera plus que par le passé les populations des localités environnantes.
En attendant, le chef sous-zone de pêche de Grand-Popo dit tourner le regard vers le Programme de gestion du littoral ouest-africain (Waca) qui met l’accent sur la protection de la côte comme une urgence régionale de préserver les activités économiques et garantir la survie de millions de personnes menacées par la dégradation de l’écosystème.
Des pêcheurs rencontrés à Comè et Bopa, eux aussi, disent n’avoir pas encore ressenti les effets positifs du dragage pilote de Djondji-Houncloun, nœud gordien du problème du lac Ahémé. «Je reviens de la pêche avec un poisson et trois crabes, alors que j’y étais depuis le matin», confie, tout dépité, Romaric Houétonsi, pêcheur à Ouèdèmè-Pédah, commune de Comè. « La pêche ne donne plus du tout ; vous trouvez 500 F, parfois 800 F Cfa et ce, pour toute la journée et avec cela il faut nourrir les enfants et les envoyer à l’école», se désole le président de l’Association pour la restauration du lac Ahémé et de ses chenaux (Arlac-Ehintôladjôhoun). « Il importe de poursuivre le dragage vers le lac, mais aussi et surtout de continuer à lutter contre les engins prohibés qui prolifèrent malgré les sensibilisations et les répressions», conclut-il.
Entre Djondji et Guézin, le long du chenal Aho qui s’étend sur 10 km, à l’ensablement du bassin s’est ajouté l’envasement par endroits de la mangrove perturbant les poissons en quête de cachettes pour se reproduire et se développer. « Que l’Etat nous aide à parer au plus pressé, afin de nous permettre de continuer notre activité qui est déjà peu rentable », plaide René Mensah, conseiller de village à Nazoumè.
« Le programme de dragage du lac Ahémé et de ses chenaux est salutaire. Cela va permettre de limiter les effets de l’inondation du fleuve Mono et de développer la pêche continentale », espère Anselme Parfait Bidi.
Documents 20 févr. 2024#«Bouche du Roy» à Grand-Popo2
Si le dragage pilote au carrefour critique Djondji-Houncloun est un succès sur le plan technique, son déroulement laisse quelque peu un goût amer à une partie de la population dont les doléances à l’endroit des autorités sont restées lettre morte. « La population de Djondji est fâchée parce qu’elle n’a pas été associée aux travaux comme cela se doit ; elle n’est pas écoutée », fustige Théophile Obénakou, membre de l’association de développement local : l’Union pour le développement de Dondji (Uded-Miadjrado). « Le Comité de suivi mis en place par l’Union pour suivre les travaux et dont je suis le secrétaire général, a fait des suggestions qui n’ont pas été prises en compte », regrette-t-il. Il évoque, par exemple, l’emplacement de l’embarcadère - débarcadère installé non pas au lieu souhaité par les populations, mais plutôt sur la base de l’entreprise chinoise en charge des travaux.
« Ainsi, l’ouvrage construit à grands frais est un gâchis, puisqu’il n’est pas utilisé par les habitants du village », souligne Valère Aïmontché, membre de l’Uded.
Des membres de l'association pour le développement de Djondji plaident pour le dédommagement, suite aux désagréments causés par le dragage
La population riveraine a également souhaité, mais en vain, la construction de la clôture et la réfection de la toiture de l’école primaire publique, la construction de latrines et l’aménagement des pistes, le dédommagement des personnes affectées. « On ne nous a rien fait de tout cela. Nos parcelles sont occupées, les trous à poissons et les cocoteraies qui nous servaient de sources de revenus, sont détruits sans aucune compensation, entraînant le chômage de bon nombre de personnes », fustige Marc Akouété, organisateur de l’Uded-Miadjrado. « Pis, les tombeaux de nos parents et grands-parents sont piétinés sans égard », ajoute-t-il, tout furieux contre ce qu’il estime être une profanation.
« C’est bien de draguer la lagune, mais cela nous a créé peines, désolation et pleurs », se lamente Rita Ayaba Akouété, native de Djondji. Elle enchaîne : « Toutes nos activités sont bloquées. Nous sommes tous des citoyens de ce pays et nous avons des droits. Le minimum, c’était de faire quelque chose en direction des populations impactées par les travaux ».
Comme à Djondji, les cris de cœur s’élèvent à Houncloun et au-delà où sont entreposés des milliers de tonnes de sable à des endroits où se déroulaient les activités génératrices de revenus d'une frange de la population. « Malgré l’ensablement, il y a quelques activités qui se déroulaient mais qui sont hypothéquées avec les travaux de dragage », fait remarquer Théophile Agbofoun, natif de Dohi. « Si l’environnement qui doit permettre au riverain de faire son activité principale qu’est la pêche, est occupé par des travaux d’intérêt public, il faudrait en compensation, qu’on lui donne quelque chose pour sa survie pendant la période », insiste-t-il.
« Le drame, c’est qu’il n’y a pas eu assez de communication ou d’animation publique pour expliquer le bien-fondé de l’opération ; il n’y a pas eu d’information à large spectre pour permettre aux riverains concernés de savoir de quoi il est question», se désole Anselme Parfait Bidi, directeur exécutif de l’Ong Jeunesse engagée pour le développement de Grand-Popo (Jedgp).
Documents 20 févr. 2024#Réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux2
Le Programme intercommunal de réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux a pris corps avec le dragage pilote du carrefour critique de Djondji-Houncloun. Si les résultats de la restauration amorcée du complexe fluvio-lagunaire se font déjà sentir sur le terrain, les attentes des populations riveraines restent grandes.
#Réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux2